Art textile contemporain suite .

Le débat évoqué précédemment a eu un prolongement , dont il ressort que je suis "agressive" -ce n'est pas faux, je le reconnais, devant des ukases assénés sans exemple pour les fonder et présentés  comme des vérités indiscutables ,-c'est le catéchisme de l'art textile dit contemporain officiel!-  c'est vrai que j'ai tendance à manier l'ironie. C'est toujours dans l'espoir de faire sortir l'autre de ses certitudes assénées comme des préceptes, mais sans exemples.à ne pas démentir. D'inciter aussi à lire autre chose que les blogs des amies art textile qui pensent comme vous, font comme vous, ont la même conception de l'art textile "contemporain" que vous. On pose une question presque rhétorique, alors, si on  attend les réponses bien-pensantes et convenues !!

Autre chose : il est impossible -une fois de plus- de discuter avec une personne qui confond un fait et une opinion un fait ne se discute pas , il s'établit , certes on peut le nier mais ça ne l'empêchera pas d'exister.
Or la manière dont le mot "contemporain" est utilisé dans les milieux art textile et ce, depuis les années 90 et hors milieux arts textiles  ce n'est pas une opinion : c'est un fait il suffit de lire comme je l'ai fait pas mal de livres et d'articles. Je les tiens à disposition et déjà on peut en lire des citations et en voir des exemples dans mon article le Bonheur en lisière .Je me fonde sur des expositions qui ont eu lieu et surtout je regarde les oeuvres .et les "discours"  qui les accompagnent .

Il y a eu des définitions successives du contemporain en art textile .

 D'abord il s'est défini au sein même de l'activité patchwork,qui l'a accueilli   comme une utilisation  prétendûment  innovante et   différente des formes et des étoffes : abandon notamment des blocs répétitifs pour une abstraction plus improvisée, abandon aussi des tissus spécifiques -les fleufleurssi décriées!- pour préférer l'uni ou le teint artisanalement plus proche de l'aspect peinture .. Cela donnait de fort belles oeuvres,  mais là où le bât blesse c'est quand on met en regard d'une part les peintres abstraits du début du XX siècle,on s'aperçoit de ressemblances certaines ,de "à la manière de" non déclarés   d'autre part  qu'on relève les propos méprisants ou condescendants  au sujet de ce qu'on nomme déjà le "traditionnel. ce faux respect du travail et de la patience .Car dès le début le quilt dit contemporain s'est voulu plus artistique que celui inspiré de  la tradition  souvent caricaturée , simplifiée et mal connue dans sa prodigieuse diversité .D'où le terme d'art quilts venus des USA. cette scission traditionnel- contemporain puis art textile n'existe bien que chez nous , les textilieennes. Les autres artistes disposant d'histoires de l'art , de critiques , et d'innombrables mouvements d'art auxquels se rattacher, ne peuvent entrer dans cette optique réductrice. Nous nous n'avons place que dans des études patrimoniales, historiques  non esthétiques  De plus les artistes en ces domaines sous-évalués sont anonymes, ou inconnues aujourd'hui à de très rares exceptions près .à une époque où le nom fait la gloire, partout ! ou au mieux connues en milieu spécialisé -ce qui leur suffit, mais n'arrange rien à la relégation de leur art en général- 

Faire reconnaître nos mosaïques d'étoffes, quand elles sont bien une émanation de nous , de nos émotions, de nos imaginations par le choix personnel des étoffes et des formes n'a jamais été fait ou si peu de temps. et dès les débuts, on a allègrement mélangé copie de revue, démarque, et création.

Pourtant les expositions  d'alors-des années 90-  montrent que la structure en blocs est très loin d'être abandonnée,  et si répéter des bandes en les mettant un peu de travers pour faire contemporain,ou faire du Vasarely en tissus,c'était alors le fin du fin de la contemporanéité .. on comprendra que j'ai eu des doutes. Je n'ai pas suivi.Je n'admets pas qu'il y ait une géométrie artistique parce qu'ultilsée par des peintres après les quilteuses "premières"  et ensuite par les "contemporaines" -  à peu de frais!- je n'admets pas  des formes peintes soient jugées supérieures parce que peintes  par des hommes.

Ensuite vers les années 2000 sont venues les oeuvres en 3 D et le plus souvent en mixed media avec un peu de fil ou de textile . Entre nous soit dit le  mixed media en peinture était déjà utilisé depuis belle lurette ,  encore une fois et en allant plus loin puisque certains peintres  sont allés jusqu'à user d' excréments. Je trouve nos novatrices textiliennes  françaises  bien timides. C'est là qu'on a parlé de texture ce mot si commode ! Le tissu, lui, matière première   n'en avait pas assez, de texture,  à lui tout seul . J'ai signalé déjà cet intitulé assez surréaliste de concours invitant à quitter le "carcan de la fibre" pour faire du mélange de matières, tellement plus artistique et contemporain, lui que le mélange d'étoffes.Mon tableau Réflexions est une protestation contre cette absurdité que tout le monde a gobé côté contemporaines. On devrait se souvenir que Claude Fauque a écrit Le patchwork ou la désobéissance mais qui oserait désobéir quand la seule possibilité d'être exposée et reconnue tient au jugement  des expertes. Il ne fait  pas bon leur désobéir, et avoir de son art une autre vision que l'officielle.Fondée sur quelles connaissances ? On l'ignore un diplôme Beaux-arts ne me convainc pas dans la mesure où côté Beaux-arts, le patchwork demeure inconnu  puisque méprisé (ou l'inverse).

D'autre part il faut savoir que côté Grands arts, les disciplines classiques  Beaux-arts et notamment dessin et peinture commençaient à passer sérieusement pour ringardes Et  ce,  dès les années 90..IL suffit d'ouvrir des livres d'histoire de l'art ou même d'écouter encore maintenant les artistes  peintres qui se plaignent que le contemporain (entendez par là le conceptuel, tout ce qui est là pour faire "penser" .). prend toute la place et  leur ôte tout subside officiel . Que dirions-nous, alors ? Nous qui n'existons même pas !!

Résultat certain(e)s transfuges des arts plastiques sont gentiment venus nous squatter , nous expliquant au passage que les vrais artistes textiles cétait eux -et surtout elles . La création du mouvement Artextures-mais pas seulement - en marqua le début en France   , aux USA evidemment c'était avant ...On nous disait bien respecter le patchwork , comme  un stade à dépasser en somme, car  enfin avec ça "on ne pouvait rien faire ni d'artistique , ni de contemporain ".  Péremptoire ... Même l'assemblage de tissus jugé contemporain la décennie d'avant s'est trouvé relégué sous l'étiquette "classique" .J'ai lu des refus au concours justifiés par  ces simples mots "trop classique" . Il y a de la musique classique contemporaine ! mais chez nous, non !!

J'aimerais qu'on interrroge vraiment le sens des mots par rapport aux pratiques artistiques, j'espérais que la question posée le ferait, mais la réponse qui m' est donnée prouve que même si cette question ne comporte pas de jugement de valeur, elle entérine les clivages ordinaires de la corporation "art textile" . C'est de ce fait une question quasi oratoire , puisque mon avis est considéré comme  disant le contraire de ce qu'on attend.C'est normal si contemporain veut dire pour mon interlocutrice "qui n'est pas dans la représentation" . -sic- Même l'abstrait, dans cette optique  représente  quelque chose . Mais tout ce que je vois, moi dans les installations contemporaines textiles  c'est souvent de l'abstrait passé en 3 D. On change,   on passe de la surface à la sculpture pour "innover" . J'ai dénoncé maintes fois ce  procédé pour  accéder à la cour des grands arts dès que ce qu'on fait  perd de sa valeur ou considération ,  hop, on change ! On appelle cela évolution ou ouverture . Admettons que demain sous un effet de mode conceptuelle, un cerveau génial et novateur impose l'idée  que ces fragmentations d'étoffes  nommées patchwork sont une tentative pour recoudre un monde à feu et à sang , ou quelque chose de plus abstrait ou abscons ; que cent galeries d'art le montrent comme étant le fin du fin et le nouveau de chez nouveau :  je vous parie qu'un bon pourcentage de nos contemporaines actuelles referaient du "classique" ou du  "traditionnel 'pour dames  des ouvroirs" comme il a été écrit !.

Le discours conceptuel cautionne le mot  contemporain, le fil ou la fibre cautionne le mot "textile" . On en reste là en surface., même si on prétend faire en relief !  Planquées derrière les étiquettes qui magnifient tout et protègent !

 Or tant qu'on ne s'attaquera pas au sens des mots au sein de notre art  et en liaison avec les autres disciplines, on peut débattre à l'infini : on ne fait qu'entériner un malentendu, une méprise. Une exclusion.

 

Mon interlocutrice conclut en disant "il ya de la place pour tout le monde" là, mille fois non . Il y a de la place dans les galeries d'art , revues d'art  pour tout ce qui a choisi de ressembler aux grands arts anciens (peinture sculpture-là le tissu sert de caution nouveauté et comme on l'a placé à côté du patchwork pour l'évincer  dans son essence même : celle d'un langage par les tissus assemblés- ou moderne (suspensions installations, performances )..

Certes j'admire  sincèrement  certaines oeuvres, mais parfois je me dis que si on avait mis par  exemple du bois ou du métal ou de l'osier  à la place du tissu , le tissu n'étant là que pour que cet art se dise textile, l'oeuvre n'aurait pas changé fondamentalement .Son intérêt essentiel ne réside pas dans l'usage du textile ou de la fibre mais dans ses formes, et dans le discours conceptuel qui souvent l'accompagne. Tandis que ce que je fais (moi et d'autres assembleuses) ne peut  se dire qu'en tissus assemblés .Ces tissus-là et pas d'autres . Un texte se dit avec des mots, ces mots-là et pas d'autres. , si on remplace les mots par autre chose est-ce encore un texte ?

  Il faut savoir aussi que l'art contemporain officiel va bien plus loin que que ne le feront jamais nos textiliennes dans le vent du "ce qui se fait et le fait" ..Que pourrait par exemple une artiste qui tricoterait des foetus en laine-probable que ça s'est fait !-  contre la performance qui a réellement été montrée de dévorer des foetus réels... Si on veut s'nscrire dans cette course au " m'as tu vu c'est du jamais vu  "  forcené , on part forcément battues, à moins d'avaler des écheveaux de laine en public,  si on est à court d'idées  : m'écrire ce n'est pas  ce qui me manque . .Il est dans mes projets de montrer que si je ne mange pas de ces fibres-là, je peux pondre du concept de la sorte au kilomètre ; c'est une tournure d'esprit qui n'est pas si difficile à prendre .J'ai fait plus compliqué en matière de brain storming !. J'appellerai  cela oeuvre probatoire, j'écrirai tout cela sur un bout d'étoffe pour la caution textile et j'espère qu'ensuite, on considérera que ce n'est pas par  indigence artistique à accomplir  ce genre de prouesse  géniale et contemporaine  que j'ai choisi d'assembler des étoffes de toutes les manières qui me plaisent pour m'exprimer, mais par choix artistique délibéré.

 Ce qui me manque c'est l'envie de le faire, et la place aussi. et puis je n'ai pas envie d'encombrer le monde de  créations avec lesquelles je ne serai ni en accord, ni en harmonie.  

Qu'on ne me reproche pas mon ironie, je n'en use que contre les outrecuidantes et les condescendantes.ou  celles  qui ne questionnent jamais leur art que dans leur cercle de bien-pensance contemporaine !  . Et comme elles ne me lisent pas, ça ne risque  guère de les blesser. Je connais d'ailleurs leurs oeuvres, J'en apprécie certaines. La réciproque n'est evidemment pas vraie Ce n'est pour elles que du traditionnel sans intérêt et imagnation.   L'effort de connaître et de comprendre ne marche que dans un sens.

Cela me serait égal si on ne confisquait pas les mots "art" "textile" et contemporain à son seul profit. Et c'est le cas, le plus souvent .

 

repr"sente quelue chose c'est traditionnel.

 
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