Livre pour elle

J'ai commencé ce livre textile quelques années après le décès de ma mère qui eut lieu en 1999. Rien d'original dans l'idée je le précise, qui vient d'artistes Outre-Atlantique .

J'ai réuni quelques photographies que j'ai imprimées sur tissu, et j'ai commencé à composer mes pages sur un tissu de fond, lequel a toujours été choisi en fonction de la période de la vie de ma mère évoquée , et parfois dans l'étoffe d'un vêtement lui ayant appartenu. Pour moi le textile -ma mère les gardait  à des fins utitaires comme je les collectionne à des fins artistiques)

 Il m'a fallu beaucoup de temps pour le faire, parce qu'à chaque fois les souvenirs et les émotions m'en vahissaient et aussi parfois l'idée qu'elle n'aurait peut-être pas aimé non que je lui rende cet hommage, mais que je le fasse de cette façon. Lorsqu'elle devint âgée notamment ,ma mère n'aimait plus trop qu'on la photgraphie;, et il  n'était pas dans son caractère de se montrer

 J'ai regroupé ces photos par période de sa vie. 

Le livre comporte  11 pages, en plus de la couverture qui représente ma mère en costume de Lakmé, vraisemblement le jour où elle rencontra mon père à un bal masqué.. Le diadème qu''elle porte(soies et verroteries) a été conservé -enfant j'ai joué avec, il était déjà en mauvais état et ça n'a pas arrangé les choses!-  Je l'ai nettoyé après l'avoir débarrassé d'un horrible carton ondulé qui constituait son armature , et je l'ai laissé tel quel, plutôt que de le restaurer, ainsi s'inscrit-il plus justement dans le temps qui passe ;et l'idée que jamais le passé, lui ne se restaure tel quel. L'objet  est fixé par un ruban sur le deuxième de  couverture

le diadème

La première photo

le texte :

1908  (ma mère est née en mai 1907)

 "Premier visage de toi  effacé mais précieux ."

deuxième page

L'école avant et pendant la première  guerre mondiale

Photo de détail

 le texte :

Epoque de l'école, galoches, noeud dans les cheveux, disputes avec la grande soeur ..juste avant la prise de la photo, tu sembles tourmentée . Plus tard, le cours suprieur et le Dumas "livre unique de français . ce poème que tu m'as appris. Chaque printemps ma mémoire en retrouve trace.

 NB  j'ai toujours le livre et le poème est Le premier sourire du printemps de Théophile Gautier .

 Troisième page : L'adolescence

Visages de  ton adolescence : 14 ans, 16 ans, 17 ans .souriante ou rêveuse, parfois tu joues à la gravure de mode avec ta robe que tu disais "bayadère" et dont le tissu m'est resté .

Quatrième page :

La page des vingt ans et du  mariage- 1927- 1929

Texte :

 Là où  vraiment tu fus princesse . vingt ans dans la vapeur du tulle et de tes cheveux,  souveraine au jour de tes noces,  dame élégante et amusée . comme tu étais belle en ces jours, maman !"

 

 

Cinquième page : La page de L'Afrique

1931-1932

Texte :

 Tu décrivais tes deux années de vie au Togo,comme la plus heureuse période de ta vie. Dans tes belles robes on t'appelait : "la dame en rose"

NB la "dame au rose" était un portrait au pastel je crois, célèbre à l'époque et dont j'ai évidemment oublié l'auteur. Ma mère en gardait une reproduction, qu'elle m'a montrée.

 sixième page

Juste avant guerre - les temps difficiles

1933-1940

Tu aimais beaucoup ton cheval Bichette. A l'époque mon père était charbonnier .

Ton premier né  naquit à Amiens en 1935. tu y connus la pauverté extrême , puis la guerre qui te prit ton frère - le jeune homme de la photo - et te rendit ton mari mutilé.

NB : A leur retour d'Afrique  c'était la crise et mon père fut  longtemps au chômage. IL reprit un fonds de charbonnier, mais peu doué pour le commerce,il était en faillite quand la guerre éclata. Le jeune frère de ma mère René fut brûlé vif par une bombe incendiaire (j'ignore la date exacte mais c'était au début de la guerre ) , mon père lui perdit une jambe en tentant de sauver un camarade  (il était ambulancier).

 

septième page - années 1950

Le Médoc. La fratrie dite "les quatre Gouverneur"

Texte :

L'évacuation t'amena épargnée mais dépourvue du peu de biens qui te restait en Médoc . Je suis née dans cette maison, dernière de tes quatre enfants .

Huitième page

Saint Denis de Pile 1956 -1965

Texte :

 Peu à peu la jolie dame en robe qui aimait encore les chapeaux et ne sortait pas  "en cheveux"  devint la dame aux chemisiers et , surtout, aux tabliers. Je n'en porte jamais !

 Neuvième page :

La page des petits-enfants 1970-1990.

Tes petits-enfants étaient ta joie, tes préoccupations  auussi, comme  ce fragment de lettre en témoigne. Tu en eus  dix .

 

Dixième page : la page des fêtes 1975-1979-1997

 "Tu n'aimais pas beaucoup les fêtes , mais tu t'y pliais de bonne grâce...Mon mariage , tes noces d'or, et la dernière de toutes pour tes 90 ans."

Onzième page

 La dernière... décembre 1998.

Et puis la toute dernière, celle où je t'ai vue pour la dernière fois, en décembre 98. En janvier 99, tu es partie , je l'espère pour  "le pays bleu ".

 NB : le bleu était la couleur préférée de ma mère , et le "pays bleu" le souvenir d'une chanson que nous aimions  Etrangers au Paradis"...."perdus dans le pays bleu .."

 

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