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ode à la mémoire ...

Ode à la mémoire ...

Je re-regardais sur Facebook une oeuvre qui y est régulièrement partagée et que j'aime énormément (et pour cause!) il s'agit de la célèbre Ode à l'oubli de l'artiste grande s'il en est Louise Bourgeois. On peut en voir l'histoire sur ce lien , et sur quelques autres.

 

L'esprit dans lequel ce livre est  créé, ce rôle des tissus comme vecteurs de mémoire et témoins de notre vie est pourtant aussi présent dans d'autres oeuvres moins médiatisées, moins relayées pour ne pas dire inconnues du public, ce que je trouve dommage. Le rôle de ce blog est principalement de faire connaître ce qui l'est peu, ou l'est moins.

 Alors j'ai voulu en parler pour mémoire ,  non seulement des étoffes mais de toutes celles qui ont travaillé autour de leurs fragments comme témoins de leur passé, tissage de leurs vies souvent  humbles ou jugées ordinaires.

Et d'abord évoquer cette oeuvre faite à l'initiative de l'association ATD quart monde , et dont je me suis rendu compte que très peu la connaissaient dans le monde du patchwork et de l'art textile. Ne parlons pas du reste du monde de l'art ! J'ignore les raisons de cet oubli, qui n'est pas seulement d'un  medium (le tissu) mais d'une oeuvre.  On l'a appelé le Family quilt  ou le patchwork de nos vies. "morceaux d'histoire de familles du Quart Monde, des cinq continents."

 Le principe était de demander, à des personnes de milieu défavorisé  dans des pays variés, un morceau d'étoffe qui avait compté dans leur vie, accompagné d'une phrase disant pourquoi. Ces morceaux ont été ensuite réunis dans une surface -on a utilisé un block  log cabin libre pour les présenter. Il est à noter que les Guildes de patchwork en ont très peu parlé , en France notamment , elles n'en ont peut-être pas eu connaissance. J'en ai découvert  l'existence par une amie qui m' avait envoyé une des cartes du coffret et j'ai voulu en savoir plus. . L'oeuvre pourtant a été présentée aux Nations Unies le 17 octobre 1994. Atd quart monde a vendu alors un coffret contenant l'histoire de ce patchwork , et des cartes postales représentant les morceaux d'étoffes et les phrases d'accompagnement. J'ai acquis plusieurs coffrets dont il m'est resté un -presque entier ! Je donne aussi le lien de l'association ATD quart monde , qui n'édite plus ce coffret . C'était il y a plus de vingt ans, il est vrai . Mais on peut, si on le désire l'aider à aider, d'une autre façon.

Quelques fragments....

Failiy quilt 1 001 bout jpg

Failiy quilt bout 2Et quelques phrases :

Brassière d'été de nos enfants d'avant qu'on ne nous les retire...

 Bleu de travail d'un jeune sans travail ...

Morceau de robe, j'aimerais qu'on en prenne grand soin :  il est le témoin de tout ce que j'ai enduré

Pan de rideau pour faire un chez nous dans notre caravane.

Toutes sont touchantes , certaines sont déchirantes.

Cette oeuvre pourtant est bien dans la lignée de celle de la grande Louise , à l'exception du fait qu'elle est collective et populaire ...faite par des non-artistes , qui plus est (les couseuses sont restées anonymes ). Je ne dispose pas ou plus d'image en couleurs de l'ensemble, mais ce cliché en noir et blanc qui donne une idée de l'aspect général. (cliquer pour mieux voir)

 

Family quilt entier rec red 001

 

 Je vous laisse juge de leur importance .

Au delà j'évoquerai aussi une fois de plus  -j'y tiens-  toutes ces anonymes ou inconnues  dont -par le patchwork- le tissu a été le medium et qu'on a réduites le plus souvent à leur fonction utilitaire ou décorative . Surface ne vaut pas livre pour la caution intellectuelle de la chose et je le sais d'autant mieux que créant les deux, je vois combien la forme magnifie le fond et l'accueil n'est pas le même.. J'aimerais quand même qu'on y voie un jour, dans ces surfaces comme des pages juxtaposées de livres de vies ordinaires puisque jugées telles,  ce qu'on y a mis de travail de mémoire par les étoffes ...car s'il y a "oubli" on peut se demander de quel côté il se trouve. Oubli du tissu certes que des grandes ont eu raison de souligner e d'illustrer splendidement , mais oubli surtout de tout ce passé textile jugé sans nos démarches importantes et donc voué à ce que je nomme "ghettoïsation" .

J'espère par cet article inviter à regarder dans le medium tissu,  vecteur de mémoire et matière pour créer, expressive et tellement empreinte de vie,  tout  ce que des femmes-le plus souvent - en  ont fait . Pas seulement les plus grandes, qui n'ont pas trop besoin qu'on les promeuve et que je salue,pourtant !

 

cahier de technologie - publication début

Comme promis, j'ai commencé de retranscrire le cahier de technologie évoqué au billet précédent.

Les articles sont dans la rubrique Articles divers : (descendre l'ascenseur ...)

pages 1 à 4

pages 5 à 9

 

pages 10 à 16

 

Cahier d'élève en technologie textile (années 1929-1931)

Cahier technologie textile 1 redDans ma série Petits Trésors, je présente ici ma dernière trouvaille : deux cahiers  datant des années 1929 à 1931, contenant un cours manuscrit pris par une élève de  seconde industrielle,corrigé et noté par son professeur . Excellente élève si on en juge par les notes et le peu de fautes d'orthographe ! Sans compter l'élégance des écritures ...

Les deux cahiers ne se suivent pas , mais ce que je possède est suffisamment riche et complet pour se faire une idée de l'industrie textile à cette époque  qui m'est chère car ce fut la jeunesse de mes parents, qui se sont mariés en 1929. J'ai retrouvé au passage des  noms d'étoffes évoqués par ma mère, qui les connaissait très bien - cette science faisant partie alors de ce qu'on nommait "économie domestique" - et notamment le Tobralco.... et beaucoup d'autres.

L'intérêt de ce document, outre de donner une idée dont la technologie textile était enseignée à l'époque , est  aussi d'en expliquer très clairement les matières et les modes de fabrication. On y apprend beaucoup si on lit attentivement. C'est très différent des autres catalogues d'échantillons commerciaux que je possède de la même époque, et quasiment complémentaire.

 

 Mais le merveilleux de la chose c'est les échantillons -il y en a des centaines -  certains en mauvais état , certes, que j'ai dépoussiérés délicatement et placés sous un tulle de protection , mais la plupart encore très frais. Taches de colle aussi , bref c'est comme on dit "dans son jus" .

 

Technologie du textile velours red

Outre les tissus on trouve aussi ce qui les complète et  est utilisé dans la couture ou la chapellerie et  l'art de la fourrure. Ames sensibles s'abstenir, à l'époque personne ne se préoccupait de "sensibilité animale" , et encore moins de préservation des espèces . Il n'y a pas d'échantillons de fourrure naturelle, mais plusieurs  pages consacrées aux différentes sortes de cuirs.

Page cuirs red

Dans les matières utilisées dans la décoration , on croise le celluloïd -que les anciennes ont connu -j'ai eu une poupée en cette matière- et la galalithe, issue de la caséine de lait, d'où son nom (gala signifie lait en grec ancien et lithos pierre ).On notera aussi que l'usage de l'ivoire ne semble pas un crime, non plus , mais que l'ivoire végétal existe déjà .

 

Page ivoire galalithe red

 

 

Des pages aussi très intéressantes sur les dentelles et le passage du manuel au mécanique (et la farouche concurrence, à cet égard , les modèles qu'on se "piquait" , déjà !) .

 A ce point que, si j'ai le temps , je me propose de retranscrire ce qui est manuscrit et de publier  l'essentiel de ce livre-ci -avec photos de l'original, bien sûr -, au moins ce qui concerne le textile à proprement parler, dans une série d'articles, parce que je trouve qu'il possède un intérêt réel pour toutes les personnes  qui ont une passion pour le tissu qu'elle soit scientifique, historique ou artistique .Cela pourra se faire dans les mois suivants. pour la transmission, comme on dit .

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Entre autres manies, j'ai celle d'adorer les échantillons d'étoffes, que j'ai souvent utilisés dans mes quilts; il m'arrive aussi de rechercher des catalogues anciens ,  que je garde à titre documentaire en quelque sorte. Certains comme celui-ci, ont servi de cahier de jeux et coloriage à des enfants d'alors. Bien que sans date apparente, d'après la mode et les motifs des étoffes, je le situerai volontiers à la fin des années 40  ou les early fifties. Il m'a été vendu à un prix très réduit en raison des gribouillages, mais comme "complet" c'est à dire sans manque.

De fait, complet, il l'est, mais la petite fille qui l'a "amélioré" d'une façon charmante a visiblement comblé les manques à sa façon avec des étoffes de coton plus ordinaire que les belles soies annoncées (dans les collections d'échantillons c'est souvent le plus grand morceau qui a  été récupéré) mais il  est à noter qu'elle l'a fait avec un sens des couleurs et de ce que je nomme l'assortissage  remarquable. Visiblement elle avait l'oeil ! Témoin la photo ci-dessous où l'imprimé à carreaux ne jure pas avec les petits bouts de soie d'origine.

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Comme pas mal de catalogues de l'époque, celui-ci comporte un certain nombre de modèles de robes et tenues , dessinées ,  par un ou une styliste anonyme. Là encore notre petit lutin transformeur a frappé ... la plupart des dames ont été adornées d'une moustache .

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Parfois les silhouettes ont été habillées  de tulle noir, comme celle-ci :

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Ou celle-ci, qui, épargnée par la pilosité supplétive des autres figurines , est drapée avec beaucoup d'adresse et je sais des artistes textiles qui ne la renieraient pas dans leurs propres créations Sourire

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Enfin sur les pages vierges de l'album , la petite fille prénommée Martine  a dessiné .... ses rêves :

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En résumé une acquisition qui m'a touchée et amusée plus qu'un catalogue intact et sans défauts....

Vous pouvez sur la suite du billet voir quelques images de plus .

Lire la suite

Stitching resistance

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Livre écrit par un collectif dirigé par Marjorie Agostin
éditeur : Solis press 2014

Après une préface de Marjorie Agostin, le livre se présente comme une série d'articles écrits soit par des artistes textiles et parfois  poètes  soit par des universitaires  et il est assez éclectique, de ce fait.

 Le but est de montrer les différentes facettes de cette résistance des femmes par l'art textile.  Chaque article développant un aspect de cette résistance aussi bien aux problèmes du quotidien qu'aux persécutions politiques. Le point commun serait le courage dans l'endurance , qu'on a si souvent confondue avec une patience "passive', dans une vision masculine de la société, l'action c'est toujours quelque chose de rapide, de vif, voire de violent . Les femmes au cours des siècles ont dû développer d'autres voies d'action où les travaux textiles tiennent une grande part. C'est un point qui en France du moins , n'est guère exploré.

Il repose aussi pour certains articles sur une rétrospective  de ce que fut l'art textile au féminin depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. On y croise Pénélope, Hélène de Troie et Philomèle (qui on le sait m'est chère!)  et également la moins connue-en France s'entend-  Mariana Pineda héroIne espagnole du XIX siècle,qui  broda  une devise libérale sur un drapeau et qui fut exécutée pour cela, à l'âge de 26 ans..Lorca en fit une pièce de théâtre que j'ai lu (et relue!) jadis.

Il est impossible de résumer un  tel ouvrage composé de nombreux articles évoquant des aspects très divers de cette résistance, entre autres lors de   la guerre en Bosnie  (massacre de Srebrenica), résistance aussi d'une artiste juive  néérlandaise Netty Schwarz Vanderpol à un souvenir terrible de sa déportation par la réalisation  des tapisseries à l'aiguille que j'ai trouvées très fortes  ..mais plus humblement au quotidien, comme l'histoire d'une mère et de son fils délinquant et de l’œuvre textile qui  est lien entre eux. Beaucoup d'autres aspects que je ne peux tous citer et des abords que je dirai donc éclectiques.

Quatre articles sont consacrés  aux arpilleras  ces tableaux en appliqués rebrodés notamment du Chili -mais aussi d'autres pays- témoins de la résistance des femmes à la dictature et une mention est faite aussi de l'action actuelle des mouchoirs brodés contre la violence au Mexique à laquelle nombre d'entre nous ont participé . Broder pour la paix.

Je voudrais faire un zoom sur un article  d'un universitaire historien de l'art  Roger Dunn . Cet article  intitulé The changing status of fiber work within the realm  of visual art -le changement de statut du travail textile dans le domaine des arts visuels) confirme mes modestes réflexions, et je me sens donc, un peu moins seule quand je lis par exemple la sous-partie  intitulée :  "Breaking down the artistic hierarchies"  qui ne peut que m'interpeller !

L'article  dépeint la place des femmes dans l'art et l'art textile depuis l'Antiquité mais avec un élargissement sur l'époque contemporaine.Il repose sur l'analyse de nombreux exemples d'oeuvres, de livres ou de parcours d'artistes en faisant la recenson de plusieurs oeuvres ou livres traitant du problème. Notamment il est fait mention de l'oeuvre de  Judy Chicago the Dinner Party

On peut voir de quoi il s'agit ici

et d’un  livre de dont le titre est en lui -même éloquent Anonymous was a woman de Mirra Banks ,consacré aux arts féminins et domestiques travaux d'aiguille et aquarelle, toujours minorés, quels que soient leur réelle valeur .

L'auteur salue la création en 1987 d'un  musée réservée au oeuvres féminines à Washington DC  mais suggère qu'une vraie égalité serait mieux obtenue dans des lieux mixtes, mais où oeuvres féminines et masculines seraient représentées  dans une égalité numérique plus juste      qu'actuellement.

J'en retiens surtout ces passages , à méditer : "de tels arts utiles sont devenus connus comme  "arts mineurs" "arts décoratifs" ou simplement "artisanat" avec le corollaire qu'ils valaient moins  que la peinture, la sculpture ou l'architecture,  les ouvrages en textiles sont rarement inclus dans une philosophie de l'esthétique  ainsi que dans l'histoire et la critique d'art"

ou bien encore

 "l'histoire 'de l'art a démontré encore et encore que la reconnaissance se fait selon le genre et le medium "

et enfin " si on considère les quilts Amish faits par des femmes en Pennsylvanie au XIX et au début du XX siècle, on peut voir que de simples compositions   centrées sur les relations entre couleurs , dans lesquelles les nuances de tons, de couleurs et d'intensité et leur interactions sont antérieures  à un travail comparable en peinture et gravure des maîtres plus tardifs et des styles célébrés de l'op art, du  minimalisme, comme Joseph Albers ou Victor Vasarely."

Tout ça c'est pas moi, humble quilteuse ,  qui le dis c'est un professeur émérite d'université , alors j'espère que lui on le croira car chez nous la reconnaissance se fait aussi selon le genre et/ou le diplôme :-)  et non toujours selon la pertinence et l'argumentation des idées énoncées .

Je soulignerai que si on cite les Amish c'est justement à mon avis un  peu un piège : on reconnaît ce qui ressemble à un mouvement de peinture ultérieur et les pauvres petits tissus imprimés en font encore les frais .. même si l'intention est toujours louable...

En effet  reste ouverte la question de savoir si les femmes, en faisant ressembler leur démarche aux oeuvres des hommes donc aux grands arts, n'ont pas  contre leur gré contribué au mépris des arts  domestiques (tricot, broderie , patchwork) où les femmes excellaient et qui restent donc considérés comme des sous-catégories dont il faut sortir pour créér valablement ou tout au moins qu'on peut exercer à condition  qu'elles ne ressemblent plus trop aux arts d'origine ..'ainsi un quilt en sachets plastiques passera pour révolutionnaire par le simple fait qu'il n'est pas en  tissu -cette autre tare!- etc ..même s'il a moins de valeur esthétique qu'un autre fait en matériaux dits  traditionnels .)  . Le livre ne tranche pas il propose des approches très différentes, relate des expériences variées et ouvre vers des sujets peu connus comme par exemple un article intitiulé text -tiles (tile est la tesselle de mosaique) illustrant les rapports entre art textile et poésie dans le tradition judeo-hispanique .

A noter pour l'ensemble du livre l'excellente bibliographie après chaque article.

Un livre, dense, riche et rare. on pourra aussi lire    sur un thème proche The Subversive Stitch de Rosika Parker  qui pose aussi la question, côté brodeuses, de la dévalorisation de l'art au féminin dès qu'il devient domestique , de l'exploitation des femmes comme petites mains,ouvrières anonymes pour réaliser, et de la gloire acccordée aux grands brodeurs -souvent des hommes- chose qui n'a guère évolué depuis le Moyen -Age côté reconnaissance de la part d'art expressive et créative qui existe dans une oeuvre, Sans compter les allusions dans les deux livres aux impacts  positifs comme négatifs  sur les arts d'aiguille  des  divers mouvements féministes.

Un site intéressant sur l'histoire ds blocs

Sur ce  site (en anglais) on explique comment les blocs se sont partagés et distribués aux USA , pas tout à fait toujours comme on le croit.

Ainsi l'auteur explique quelorsqu'on retrouve des liasess de blocs on pense que c'était pour faire un sampler. Selon elle, pas toujours, c'était plutôt parfois des moyens de montrer aux autres soit un nouveau dessin (dont on était probablement  l'auteur ) soit comment assembler (ainsi certains blocs sont-il juste "bâtis" pour montrer aux autres comment les monter 'pas "de tutoriels en couleurs à l'époque !)  .Donc des objets pédagogiques ou des "aides-mémoire"  de transmission entre femmes.

Cet article est des plus pertinents (et des plus documentés) que j'ai lus sur la manière dont les géométries "américains" en bloc se sont répandues d'abord par le partage entre amies; Selon l'auteur il y avait peu de revues donnant des patrons avant la fin du XIX siécle et ces recueils de blocs parfois reliés entre eux comme un livre servait de base O y note que, parfois, il y a crédit pour l'amie qui l'a partagé (et peut-être dessiné elle-même -  -c'est moi quil 'ajoute )  ou des blocs assemblés entre eux qui servaient d'aide mémoiire pour d'autres créations .

L'auteur retrace aussi l'essor des revues (the Ladies art, notamment) et souligne qu'à partir de ce moment (fin du XIX siècle il ya pu y avoir une influence entre quilteuses géographiquement éloignées.

On renvoie évidemment sur les travaux de Barbara Brackman et son encyclopédie de blocs . qui reste un "vivier" pouir les quilteuses d'aujourd'hui, même si certains blocs n'ont été que très peu utliisés. Mon sampler délicat est aussi un hommage  actuel (sinon contemporain !) à ce passé et à ces femmes qui traçaient ou réutlisaient des formes pour les interpréter en tissus.

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QUILT INDEX

 Cette fois-ci un site et non un livre . Je ne doute pas que certaines d'entre vous le connaissent .

mise à jour de fin 2016 : le lien vers le site ne fonctionne plus mais il ya une page FAcebook

Un site qui recense nombre de quilts anciens ou contemporains avec pour chacun une fiche de renseignements.Le site possède aussi une page sur Facebook toujours en vigueur.

Je dirai évidemment c'est en anglais , c'est aux USA ..et j'ajouterai : à quand une telle initiative en France ? Pour ma part j'y ai souvent songé et j'aurais été toute prête à mettre la main à la pâte. Ce qui me retient , vous le savez : c'est bien souvent cette habitude  qu'ont les quilteuses de confondre réalisation d'après un ou plusieurs modèles et création d'après une source graphique (un bloc n'est pas un  modèle..un plan tout fait avec couleurs tissus et pas à pas oui ) et pour moi un tel projet vu l'investissement de temps que cela représente ne se concevrait que dans l'honnêteté et la transparence  la plus totale sur les sources d'inspiration et les personnes qui ont réellement conçu, assorti les tissus, cousu et matelassé. Bref un générique de l'ouvrage, ou l'oeuvre , y compris en contemporain les emprunts aux Beaux-arts ...même si là on parle d'"inspiration" légitimée par le fait que ce serait "innovant"ou totalement fortuit . On sait ce que j'en pense .

Malheureusement ... je crains bien encore d'être seule ou presque à voir les choses ainsi. Et tant pis si je froisse des susceptibilités.

Mais quand même ce lien pour le partage des quilts , aussi , et saluer l'initiative

l'art textile une nouveauté

Exceptionnellement,     je mets ici en lien pour commentaires éventuels (l'espoir fait vivre!) mon dernier article de la rubrique Opinions.

Lien vers l'article

Wild by design

wild-by-design-001.jpgTitre :   Wild by design  two hundred years of innovation and artistry in American quilts

Auteurs :  Janet Cartherine Berlo and Patricia Cox Crews

Contributeurs : Michael James, Jonathan Holstein , Carolyn Ducey

International quilt study center of the university of Nebraska.

2009 (en anglais)

Après une préface de Michael James, et une présentation des collections sur lesquelles le livre est fondé , une introduction au catalogue explique de de manière très fouillée ces deux cents ans d'innovation en matière de quilts. Vous avez bien lu "deux cents ans" .. Il est impossible de résumer mais je peux vous dire que ça met en cause beaucoup d'idées  reçues. Une étude très fouillée des quilts, de leurs origines et de la manière dont ils sont composés et non seulement cousus, permet à l'auteur qui est historienne de l'art (on rêve en France d'un historien de l'art ès patchwork et quilt) de fonder ses affirmations sur une argumentation sans faille. Par  exemple elle démontre que non les quilts ne sont pas toujours signe de pauvreté et de récupération, que même en piécé certaines bourgeoises achetaient des tissus exprès pour  ou tout au moins utilisaient des retailles  en tissus neufs issues de la confection des vêtements ,et qu'au fond tout dépend de l'époque  de l'Etat et du milieu social  où le quilt a été créé. Preuve encore qu'on ne peut parler de l'art des quilts en  généralisant . Une grande partie est aussi articulée autour des influences du féminisme et là encore c'est très nuancé . On y retrouve l'idée de la position déterminante du quilt quand on le regarde debout et sur un mur laquelle est associée à un certain masculinisme . De fait je m'étais souvent fait la réflexion que travailler assise et mettre les surfaces sur lits et fauteuils  contribuaient à ce regard dévalorisant sur notre art, mais le voir écrit par une spécialiste  me rassure !

Entre autres beaucoup de choses j'y ai appris qu'au début du XIX siècle et en milieu bourgeois, on réservait le terme de  bees aux corvées collectives, il n'y avait donc pas de quilting bees mais des quilting frolics. Frolic signifiant espiègle, il est associé à une idée de liberté créative dont le titre du livre témoigne. L'auteur explique que pour ces femmes les Quilting frolics étaient l'équivalent artistique des académies et salons de peinture et d'art pour leurs époux dont elles étaient, sauf exceptions rarissimes, exclues.

A noter aussi que cette histoire ne concerne que les USA même s'il est parfois fait allusion à d'autres continents et notamment à  l'Afrique, l'Asie   et leurs influences multiples.  On y trouve aussi une étude intéressante des influences de l'art indien.  Dans une dernière sous-partie intitulée the new internationalism on aborde le rayonnement du patchwork dans le monde. C'est évidemment un livre américano-centriste, mais c'est le sujet !

La partie la plus  accessible du livre est constituée des photos de quilts des trois collections, 47 en tout,   balayant donc cette période et traités comme des oeuvres d'art dans l'esprit de l'exposition du Whitney à laquelle il est beaucoup fait allusion, Jonathan Holstein étant un des contributeurs et commentateurs des quilts. .Quilts contemporains et anciens ont droit à la même analyse sous forme de dialogue entre les contributeurs de l'ouvrage. C'est une merveille pour qui veut apprendre à regarder un quilt ancien autrement que comme un élément du patrimoine ou un exercice de couture. Tout y est épluché et éclairé et on s'aperçoit alors que  la valeur artistique  n'est nullement affaire de style ou de choix du design de départ, ni même de soin dans la confection, mais qu'elle dépend  surtout de la composition d'ensemble et de  l'usage des étoffes  très finement analysé non seulement au plan historique mais au  plan esthétique.

En résumé un ouvrage très documenté dans sa première partie, très intéressant, fourmillant d'idées et d'informations qu'on ne trouve que rarement et un vrai regard sur notre art  qu'on souhaiterait voir étendu aussi aux quilteuses contemporaines gardant la géométrie comme source .On en trouve quelques exemples du reste . Une mention sera faite des très beaux logs cabins et ananas montrés et dont pas deux ne se ressemblent vraiment ...

Quilting patchwork and appliqué a world guild

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Titre : Quilting patchwork and appliqué, a world guild

Auteurs: Caroline Crabtree et Christine Straw

 Editeur: Thames and Hudson 2007

en anglais

Parmi les livres traitant de l'histoire des arts textiles, j'avoue que j'ai eu un coup de coeur pour celui-ci. D'abord parce qu'il porte bien son titre et arrive à balayer  de façon sinon exhaustive au moins suffisamment complète beaucoup d'aspects dont certains ne sont guère développés dans les autres ouvrages que je possède.

Surtout , s'il accorde une place de choix à la tradition américaine, elle n'est pas au centre du livre, ce qui change assez. Qu'on n'y voie pas d'anti-américanisme primaire, on sait suffisamment combien j'admire cette tradition-là et combien une part de mon oeuvre lui doit, mais j'aime aussi regarder ailleurs!

La présentation est assez inhabituelle, après une Introduction qui redéfinit les techniques et en  présente un bref aperçu historico-géographique, le livre comporte quatre grandes parties et les différents ouvrages sont donc montrés et expliqués tantôt dans une optique, tantôt dans une autre, ce qui permet des recoupements intéressants. C'est un livre surtout magnifiquement illustré mais il serait dommage de ne regarder que les images, pas moins de cinq par double page, parfois davantage. et des photos qu'on ne voit pas partout ailleurs ce qui indique une recherche aussi éclectique qu’approfondie de la part des auteurs.

La première grande  partie  (Materials) est consacré aux  textiles incluant aussi cuir et peaux, les détaillant l'une après l'autre : cotons, synthétiques, soies et velours -même si le velours est un mode de tissage-  une partie est consacrée aux imprimés et aux modes de teintures. c'est  illustré par de très nombreuses photos :  époques et pays mêlés ce qui peut déconcerter, au début, quand on a l'habitude d'un plan plus strictement chronologique et géographique.

La deuxième partie (Uses) , très fournie,  est consacrée aux usages  domestiques,  d'habillement et rituels   le tout très détaillé avec nombre de sous-parties dont on ne peut rendre compte ici, une mention pour les couvertures d'animaux qu'on ne voit guère ailleurs -du moins dans ce que  j'ai lu- et un très intéressant chapitre sur le recyclage qui ne date pas d'aujourd'hui et qui est remis dans un contexte historique et géographique précis. Une mention aussi à la partie consacrée aux implications politiques dans les quilts et ce, ailleurs qu'aux USA aussi.

 La troisième grande partie s'intéresse aux techniques sous le titre :   Constructions

Quilting,  appliqués et patchwork  sont traités séparément ce qui clarifie les notions et en montre mieux les séparations et les jonctions, à lire absolument pour toutes celles qui croient que matelasser est une obligation (voire une pénitence de mortification ) qu'on s'imposerait pour la tradition. Laquelle ? a-t-on envie de dire quand on voit la variété des ouvrages dans la partie consacrée aux patchworks .. Le livre consacre aussi une sous-partie à la géométrie en blocs plus proprement américaine qui est différenciée de la géométrie tout court ( ce n'est pas si souvent fait), Une  section notable aussi sur les quilts à formes libres incluant les crazy quilts.

 Le livre se termine par des conseils d'entretien  très avisés, pour les collectionneurs mais aussi pour les personnes qui créent des quilts. 

Une fois refermé  ce livre, surtout si on a l'habitude de ne lire que des ouvrages  consacrés au patchwork en Amérique et/ou en Europe, on a une toute autre vision de notre art, on s'aperçoit aussi que comme je ne cesse de le répéter l'expression "dans le respect de la tradition" n'a strictement aucun sens si on ne précise pas laquelle . Au niveau des formes on voit aussi assez que parler de composition "contemporaine", quand on peut retrouver le même genre de construction bien avant n'a pas non plus de sens , surtout si on se sert de ce moyen pour exclure et se valoriser. et également le fameux mélange des matériaux soi disant révolutionnant l'art textile , quand on mêlangeait cuir, métal,  tissus et autres matières avant Jésus Christ...

Le livre fait mention à plusieurs reprises d'une découverte importante  en Chine dans les Caves des mille Bouddhas sur la route de la soie dans les années 1920 de pièces en patchwork géométrique monté de façon analogue à nos méthodes de couture main et avec des formes ressemblantes, datant probablement du VIII siècle de notre ère.

La lecture de ce livre m'a aussi fait plaisir plus égocentriquement je l'avoue, parce qu'elle confirme pas mal de mes rubriques "Opinions" dans la lutte contre les poncifs, les idées reçues etc.  J'appelle idée  reçue quelque chose que les faits contredisent et qu'on répète sans vérification parce qu' 'on l'a entendu dire ou qu'on a l'habitude d'y croire. Là il y a de quoi décaper  pas mal de certitudes sans  fondement .Mais j'y ai aussi appris énormément et ce n'est pas fini le livre est si fouillé et si éclectique qu'il ne se lit pas d'une traite, on y flâne, on y revient . Je ne parle pas de sa valeur comme source d'inspiration .. C'est aussi montrer que  notre art touche à tous les domaines partout et depuis longtemps . Pourtant il reste confiné au rôle de curiosité folklorique; on s'aperçoit pourtant à chaque page que bien des objets dans une autre optique pourraient et tout en gardant leur valeur ethnique, historique etc être regardés pour leur valeur esthétique aussi qui est patente à chaque photo.

Le cloisonnement admis actuellement ne le permet pas et je persiste à trouver cela injuste et dommage.

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