statut du patchwork en France-

A propos du temps....

  Temps, patience etc. en art textile

Souvent les questions qu'on me pose tournent autour du temps qu'il faut, du temps que "ça prend" pour créer  tel ou objet ou surface textile. On entend souvent uniquement le temps matériel de "fabrication"qui semble voiler tout le reste, et aussi et surtout la "patience" qu'il faudrait pour obtenir de telles surfaces. Certes il y faut du temps et de la patience, mais j'aimerais tellement qu'un jour on l'oublie !

  Imaginez par exemple la surface ci-dessous, avec le même nombre et formes de pièces, la même technique d'assemblage, mais sans recherche personnelle sur les étoffes et leur placement en composition dans ladite surface. Sans la variété des motifs sur le même thème (les fleufleurs si décriées comme non contemporaines et que j'ai voulu, moi, sortir de leur prétendue niaiserie) Le travail de patience serait le même, le résultat certes pas ! A ce stade je suis consciente que seuls les artistes mosaïstes en étoffes sont obligés  d'en faire la démonstration, et de plus, avec le sentiment un peu doux-amer de le faire en vain et de devoir toujours se justifier ! 

 

Petites fleur detail

Petite fleur- détail matelassage Simone Struss

Comme  n'importe quel autre art,  : le temps de réalisation n'est pas le temps de création, pour un raison simple : la création commence bien avant..... par exemple dans le temps passé à collectionner les étoffes, trouver celles qui inspirent, recueillir les autres, rêver à ce qu'on pourrait  créer avec   ces trouvailles diverses, le temps passé à observer  à la fois les étoffes, les oeuvres des autres, le monde en soi autour de soi, prendre des notes, faire des ébauches, ou des plans plus structurés, à laisser infuser en soi toutes les sensations, impressions, envies. Parfois une idée jaillit plus impérieuse que les autres, elle s'impose ...on se met en route. Du temps s'est déjà écoulé.

 

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 un des carnets de travail sur les motifs des étoffes

Ce temps d'élaboration, de gestation est pour moi essentiel. C'est lui qui distingue mes ouvrages et oeuvres d'autres où il est "zappé" puisque on se sert d'un modèle , qu'on "suit" -- voire d'un kit et que le temps n'est plus alors que d'exécution et reproduction.  C'est lui qui me donne le droit de me dire conceptrice de la surface que je montre- je  voudrais dire "créatrice", mais  ce mot étant mis à toutes les sauces a fini par se vider de son sens -  et d'en reconnaître la "maternité". Et les sources, quand elles sont évidentes. J'accepte mal qu'on mette sur le même plan ce qui a nécessité ce temps de travail personnel et ce qui utilise celui des autres, pour obtenir un objet semblable ou ressemblant.

LIre à cet égard si on veut cet article.

 

Ce temps-là est  donc zappé dans le regard quand on ne loue dans une surface que le soin avec lequel  elle a été assemblée et "tout le temps que ça a dû prendre". Vous diriez la même chose à une dame qui vous montre le modèle réalisé grâce à une revue, voire un kit. Vous ne voyez pas, alors, ce qui pour moi, comme pour tout artiste-concepteur est l'essentiel. Je sais bien que c'est une forme de reconnaissance, de la gentillesse, souvent. Mais quelque part, ça irrite, ça brûle.

J'ai rencontré fort heureusement dans ma vie des personnes qui regardaient vraiment, me parlaient couleurs, motifs  composition ... symbolisme, lectures différentes de ma surface -c'est donc que c'est possible -et pas que sur les miennes et oui, oui même sur un quilt en blocs géométriques, car dans mes quilts de la sorte il n'y a pas que la structure "classique" à voir - et la façon dont ça tient ensemble, du moins, je l'espère et même je le sens, je le crois puisque d'autres l'ont perçu . Je vous assure : cela fait un bien fou...

 Ce temps, du reste est fragmenté, tout autant que les ouvrages d'assemblage. Je procède par  ce que je nomme des "sessions". J'ai un principe : ne jamais me forcer à travailler , lorsque je n'ai "plus de jus" , que l'envie et le désir  me quittent, car alors je serai dans une sorte de geste machinal, sans cette ardeur qui m'est nécessaire. Ce serait un ouvrage, il serait fini, mais il ne serait pas le même, l'ennui éprouvé à le faire s'y ressentirait. Je ne déroge que pour les tâches un peu mécaniques d'achèvement, finitions-que je n'aime pas . Car en fait entre le plan ou l'ébauche (même si elle est en couleurs) et la surface achevée il y a toute cette osmose avec les petits bouts d'étoffes, chez moi toujours aussi variés que possible non , je ne prévois pas tout au départ et j'organise l'ensemble de proche en proche; il n'est guère de surface que je n'ai modifiée, au cours de son exécution, alors que tout le monde croit que tout est "décidé" à l'avance parce que la structure en est régulière.  C'est que que pour moi l'essentiel des oeuvres ainsi composées vient  du choix des étoffes et de leurs relations les unes aux autres à l'intérieur de ladite surface c'est là qu'est mon rôle principal  :  faire parler, chanter  les étoffes entre elles . .

  Si mes ouvrages sont comme je dis "fils du temps" -et avec les deux prononciations et sens différents du mot "fils" , c'est bien parce ce sont des oeuvres de vie modifiables selon les circonstances de la mienne, aussi . Tout est fondé, au fond sur des rencontres ...ou des chocs, parfois.

Ainsi il m'arrive d'abandonner un ouvrage pendant de longues années et puis un matin, je me réveille avec l'envie de le finir -celui-là, pas un autre - ou bien il m'arrive un évènement fort - heureux ou malheureux - et alors j'ai envie de reprendre quelque chose d'oublié. Ainsi cette étoile dont je raconte ici l'histoire fut-elle reprise à un moment de ma vie où il m'est arrivé quelque chose qu'on ne souhaite pas, même à son pire ennemi- j'étais alors si mal qu'il me fallait l'envergure de ce travail (trois mètres ou presque de côté) et son côté  cyclique (la roue du temps-celle du "supplice intime " aussi) pour  oublier , ou plus exactement mettre à distance, tant le travail requérait d'attention.

 

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L'étoile des quatre saisons -matelassage Simone Struss-collection privée

d'après une création d'Evangéline Dillon -quilt d'interprétation)

S'il m'a  fallu beaucoup de temps, c'est aussi parce que cet ouvrage correspond à un stade d'évolution où je ne suis plus (je réinterprète rarement les surfaces des autres , à présent, mais je ne renie pas le travail personnel  qui consiste à "revisionner" le même plan de quilt autrement. Ainsi traîne encore dans mes "leftovers" et autre orphelins ou UFO , maints débuts de quilts réinterprétés de mes débuts.

 C'est pourquoi dès qu'un ouvrage me lasse , je le range et j'en prends un autre, soit un déjà commencé qui délaissé un moment retrouve alors presque un intérêt de nouveauté, soit un autre que je mets en route (je dois me freiner un peu côté mises en route). J'aimerais qu'on comprenne que ce n'est pas vanité quand je dis que j'ai trop d'idées . Il ne se passe guère de jours où je ne visionne quelque projet , où il ne me vienne une nouvelle  envie-idée d'assemblage , ou de broderie ...ou les deux associées . Je crayonne je prends des notes et quand je ccrée des plans de quilts via un logiciel c'est pire  Bien sûr ces idées  sont aussi initiées par mes lectures , ce que j'observe de la vie en moi, autour de moi. .C'est pourquoi j'ai établi ces cahiers d'élaboration puisque je garde depuis toujours tous  les documents de mise en route qui ont abouti au quilt ou à la surface textile, ce sont eux qui témoignent de l'élaboration et d'un cheminement personnel, des modifications , des errances ...des improvisations tout autant que des stratégies pré-établies. Des abandons parfois très longs, et des reprises.

 

 

Certains ouvrages sont imaginés , crées et réalisés en relativement peu de temps (quelques semaines  au mieux ) , pour d'autres il y faut comme pour ce Conservatoire deux décennies... dscf015red4.jpg

 

On voit aussi combien cette façon de procéder me marginalise à une époque où on exige d'aller vite ...de présenter des "perdreaux " de l'année, qui plus est . Je suis donc non seulement souvent à contre-courant, mais aussi à contretemps. J'ai fait ce choix de respecter en moi ce qui était essentiel à la manière dont moi j'entends mener à bien ce que je nomme "mon oeuvre", même si cela semble outrecuidant . Une oeuvre peut exister et être médiocre, le mot ne présume pas de sa valeur. Il désigne simplement un ensemble, pour moi cohérent , et je l'espère, signifiant .

De ces heures passées qui ne sont donc pas que de "couture" très loin de là , il ne restera rien , absolument rien dans la  nuit du temps puisque l'oeuvre n'est pas jugée telle qu'elle mériterait conservation. Donc cette pensée si fréquente : que deviendra-t-il de tous ces fragments de ma vie, après moi ?   C'est cela aussi le rapport au temps, parfois si douloureux à vivre . ça consiste juste  à mourir deux fois : de corps et d'oeuvre. Sort commun à bien des artistes je le rappelle, mais plus encore à ceux qui sont choisis par un art exigeant,  chronophage  et inexistant en tant que tel ...ou presque à l'exception de deux trois très grandes qui ont fait aussi autre chose fort heureusement pôur la partie purement textile de leur oeuvre. Et dont le milieu prêtait à la reconnaissance ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Encore !

 Pour ceux qui me croient parano quand je me plains du regard sur le mot patchwork (casse-pieds et radoteuse, oui je m'en rends compte, mais pas parano!) . Insistant encore et toujours sur cette absurdité qui perdure.

 

Ce matin comme souvent je faisais une recherche sur des artistes textiles croisées autrefois (notamment dans les revues spécialisées -peu ont accès à autre chose!), je trouve cette phrase (j'ai enlevé à dessein le nom de l'artiste que j'apprécie beaucoup du reste !)  :

Je cite :

 "

Je connais depuis longtemps le patchwork, cet art fait de tissus assemblés multicolores, souvent à forme géométrique.

Le jour où j'ai rencontré X j'ai découvert l'art textile!

 

 Mais ce que ce monsieur montre, c'est encore de la géométrie faite sur le principe des bandes cousues et recoupées ... une technique appelée Bargello, variante du "strip piecing"-qui ne date pas non plus de l'époque à laquelle l'oeuvre a été conçue et qui tout autant du "patchwork" que le reste ! -... Création dont   l'originalité résidait dans la recomposition par ce moyen d'un paysage semi-abstrait, avec  jeu de perspectives. L'oeuvre est très remarquable et m'a laissé un vif souvenir.  L'admiration de l'auteur de l'article, je la partage ! Mais ce que je n'aime pas, mais alors pas du tout c'est cette manière de dévaloriser d'autres façons  de s'exprimer tout autant textiles et tout autant artistiques mais conçues autrement .

On signale  donc  ce qu'il ne faut surtout pas faire : du géométrique répétitif (mais quand c'est de la peinture on peut !!! c'est même novateur, là ! même si les peintres s'y sont mis des siècles après les quilteuses!). Ni utiliser  comme point de départ quelque de chose de classé traditionnel  et ancien, même si on exprime avec cette "source" quelque chose de tout à fait personnel et particulier (je laisse le mot original aux vaniteux qui croient avoir tout vu et donc se démarquer de tout )

  Eh bien j'invite à apprendre à connaître avant de dénigrer car bien souvent ces  coups de griffe au passage au "patchwork" signent une immense ignorance de cet art appuyés sur préjugés multiples et connaissance très évasive ...

De plus l'arrivée du mixed media avec un peu de tissu et de fils  baptisé  "art textile"(moins y"a de tissu plus c'est de l'art novateur en textile !)  aurait sans doute aussi relégué cette belle oeuvre qui date du début des années 2000,  aussi au rang de "patchwork classique" -comme je l'ai vu faire plus tard.

 Alors je vais vous raconter quelque chose. Nous étions dans les années 90 , sur leur fin.


 Quand j'étais professeur de collège, j'apportais souvent les photos de mes quilts en salle des professeurs, car il y a avait quelques  collègues intéressées. Les hommes (surtout quand ils étaient professeurs  d'art plastiques ricanaient de mes prétentions à créer avec des tissus - je n'aurais pas osé me dire artiste textile à l'époque, tant on nous serinait que les vraies artistes textiles ne faisaient pas de "traditionnel".  Et que ce je faisais n'était qu'un "loisir" -quand on n'ajoutait pas "pour mémères" , j'étais chanceuse ou un "artisanat" ..Entendez par là utiliser un bloc (un carré dessiné et repertorié ) comme point de départ.

Et puis un jour  que je déballais mes photos, une collègue me dit qu'elle n'aimait vraiment pas, que c'était à ses yeux trop confus , désordonné. Ce qui ne m'a pas  blessée somme toute ce n'était pas faux. J'admets très bien qu'on n'aime pas, mais je n'admets pas qu'on décide que sous prétexte que c'est du patchwork géométrique en blocs (carrés) réguliers   cela ne saurait être de l'art textile. Et là surprise!

Un de mes  collègues d'art plastique qui ricanait habituellement quand j'évoquais ce qui n'est souvent pour les autres qu'une marotte, une manie au mieux un hobby, a donc pris les photos de mes quilts qui n'étaient que du patchwork, répétitif celui  qui précisément ne serait pas de l'art textile .

Et il en en a fait une analyse magistrale , montrant la construction et les "lectures" qu'il en faisait. Je n'en croyais pas mes oreilles. Je lui ai même demandé s'il était ironique  ou pas ... Non , il était sérieux .  Je ne pouvais pas le soupçonner non plus de dire cela "pour me faire plaisir", puisque auparavant il ricanait dès que  j'évoquais mes créations (qu'il navait jamais vues, c'est le mot patchwork qui faisait chiffon rouge) ) . C'est la première fois que j'ai eu une vraie reconnaissance côté "monde des vrais arts" alors je n'ai pas oublié.

Le quilt si ma mémoire est bonne était celui-ci , qui, quelques  années plus tard a été choisi aussi pour illustrer un de mes portraits d'artistes.

 

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country stars

 

 

 Pourtant je le répète ; il s'agissait  bien de patchwork avec ses petits bouts disposés dans des compositions géométriques répétitives ... celui qu'on n'aime pas , celui qu'il ne faut surtout pas faire si on veut être "artiste textile". Une surface  bâtie autour de tissus style "fermier" choisis par mon second fils, qui alors, les aimait .Une oeuvre humble et d'usage, qui plus est .Ce qui prouve que oui s'il le veut, un spécialiste des grands arts peut regarder une telle surface autrement que comme une couverture (ce qu'elle est restée, cependant ) .

J'ajoute que ce n'est certes pas l'oeuvre de moi que je préfère !

qu'on n'aime pas je l'admets , qu'on me dise "ce genre -là d'art textile ne me parle pas" OK . mais assez de définir l'art textile en excluant le patchwork géométrique à structure régulière. le fameux "tout sauf du patchwork, que m'écrivit une galeriste se disant pourtant "intéressée" par mon travail...Comment peut-on être intéressée par une artiste si on rejette un bon 80 pour cent de  ce qu'elle crée ? Si sa visée principale est "zappée" ?

 

 Juste pour rappeler  une fois encore : je fais de l'art textile incluant mes quilts fondés sur des géométries avec petits bouts multicolores, oui ... comme partie intégrante et essentielle d'une oeuvre globale -dont on ne voit d'ailleurs  ici que le dixième à peine- je ne fais pas de l'art textile et du patchwork à côté pour me détendre... Une surface avec comme point de départ une géométrie régulière, j'y mets autant de moi que dans du plus informel .

Et non mille fois non ce n'est pas que de la patience et un  "joli" travail gentillet . C'est une construction, une architecture de mes cathédrales païennes et intérieures, des pages de mon livre de vie élaborées avec passion , expression ...

ode à la mémoire ...

Ode à la mémoire ...

Je re-regardais sur Facebook une oeuvre qui y est régulièrement partagée et que j'aime énormément (et pour cause!) il s'agit de la célèbre Ode à l'oubli de l'artiste grande s'il en est Louise Bourgeois. On peut en voir l'histoire sur ce lien , et sur quelques autres.

 

L'esprit dans lequel ce livre est  créé, ce rôle des tissus comme vecteurs de mémoire et témoins de notre vie est pourtant aussi présent dans d'autres oeuvres moins médiatisées, moins relayées pour ne pas dire inconnues du public, ce que je trouve dommage. Le rôle de ce blog est principalement de faire connaître ce qui l'est peu, ou l'est moins.

 Alors j'ai voulu en parler pour mémoire ,  non seulement des étoffes mais de toutes celles qui ont travaillé autour de leurs fragments comme témoins de leur passé, tissage de leurs vies souvent  humbles ou jugées ordinaires.

Et d'abord évoquer cette oeuvre faite à l'initiative de l'association ATD quart monde , et dont je me suis rendu compte que très peu la connaissaient dans le monde du patchwork et de l'art textile. Ne parlons pas du reste du monde de l'art ! J'ignore les raisons de cet oubli, qui n'est pas seulement d'un  medium (le tissu) mais d'une oeuvre.  On l'a appelé le Family quilt  ou le patchwork de nos vies. "morceaux d'histoire de familles du Quart Monde, des cinq continents."

 Le principe était de demander, à des personnes de milieu défavorisé  dans des pays variés, un morceau d'étoffe qui avait compté dans leur vie, accompagné d'une phrase disant pourquoi. Ces morceaux ont été ensuite réunis dans une surface -on a utilisé un block  log cabin libre pour les présenter. Il est à noter que les Guildes de patchwork en ont très peu parlé , en France notamment , elles n'en ont peut-être pas eu connaissance. J'en ai découvert  l'existence par une amie qui m' avait envoyé une des cartes du coffret et j'ai voulu en savoir plus. . L'oeuvre pourtant a été présentée aux Nations Unies le 17 octobre 1994. Atd quart monde a vendu alors un coffret contenant l'histoire de ce patchwork , et des cartes postales représentant les morceaux d'étoffes et les phrases d'accompagnement. J'ai acquis plusieurs coffrets dont il m'est resté un -presque entier ! Je donne aussi le lien de l'association ATD quart monde , qui n'édite plus ce coffret . C'était il y a plus de vingt ans, il est vrai . Mais on peut, si on le désire l'aider à aider, d'une autre façon.

Quelques fragments....

Failiy quilt 1 001 bout jpg

Failiy quilt bout 2Et quelques phrases :

Brassière d'été de nos enfants d'avant qu'on ne nous les retire...

 Bleu de travail d'un jeune sans travail ...

Morceau de robe, j'aimerais qu'on en prenne grand soin :  il est le témoin de tout ce que j'ai enduré

Pan de rideau pour faire un chez nous dans notre caravane.

Toutes sont touchantes , certaines sont déchirantes.

Cette oeuvre pourtant est bien dans la lignée de celle de la grande Louise , à l'exception du fait qu'elle est collective et populaire ...faite par des non-artistes , qui plus est (les couseuses sont restées anonymes ). Je ne dispose pas ou plus d'image en couleurs de l'ensemble, mais ce cliché en noir et blanc qui donne une idée de l'aspect général. (cliquer pour mieux voir)

 

Family quilt entier rec red 001

 

 Je vous laisse juge de leur importance .

Au delà j'évoquerai aussi une fois de plus  -j'y tiens-  toutes ces anonymes ou inconnues  dont -par le patchwork- le tissu a été le medium et qu'on a réduites le plus souvent à leur fonction utilitaire ou décorative . Surface ne vaut pas livre pour la caution intellectuelle de la chose et je le sais d'autant mieux que créant les deux, je vois combien la forme magnifie le fond et l'accueil n'est pas le même.. J'aimerais quand même qu'on y voie un jour, dans ces surfaces comme des pages juxtaposées de livres de vies ordinaires puisque jugées telles,  ce qu'on y a mis de travail de mémoire par les étoffes ...car s'il y a "oubli" on peut se demander de quel côté il se trouve. Oubli du tissu certes que des grandes ont eu raison de souligner e d'illustrer splendidement , mais oubli surtout de tout ce passé textile jugé sans nos démarches importantes et donc voué à ce que je nomme "ghettoïsation" .

J'espère par cet article inviter à regarder dans le medium tissu,  vecteur de mémoire et matière pour créer, expressive et tellement empreinte de vie,  tout  ce que des femmes-le plus souvent - en  ont fait . Pas seulement les plus grandes, qui n'ont pas trop besoin qu'on les promeuve et que je salue,pourtant !

 

clarification

 

 J'aimerais clarifier ici quelques points sur lesquels je me sens en hiatus ou en état d'incompréhension permanente.

A propos de la notion d'art textile  dans son acception récente:

Un rappel historique :

La plupart des personnes qui viennent à l'art textile maintenant ignorent comment dans les années 90-2000 en France le terme a  été utilisé, pour se démarquer du loisir créatif et de l'ouvrage dit de dame (et ce, sous l'influence des USA où  le mouvement a commencé dès les années 70 !) .Mon blog fait la recension de livres qui expliquent cette évolution.Mon parcours "le bonheur en lisière" l'explique.

Je n'ai strictement aucune hostilité envers quelque manière de créer en textile (ou fil) que ce soit. Tout m'intéresse, même si, non , je n'aime pas tout . En  tant que "public", j'ai comme tout le monde mes préférences, qui correspondent à ma sensibilité. Il y a des démarches dans lesquelles j'entre et d'autres qui me laissent froide, et en tant que pratiquante,  certaines attitudes ou affirmations péremptoires -sans plus ample informé!- je l'avoue, m'agacent par leur suffisance.Même si je peux aimer l'oeuvre de qui les émet.

 Ce que je n'aime pas c'est tout simple :

  • Tout d'abord  qu'on appelle textile ce qui ne l'est pas - du mixed media reste du mixed media et  quand il m'arrive d'en faire, j'appelle cela par son nom-  d'une part et qu'on prétende que ce soit une évolution des arts textiles antérieurs par "innovation " et supériorité d'imagination .Une sorte de "progrès" alors que tous les historiens de l'art vous le diront : l'art ne progresse pas, il évolue. C'est comme la langue française qui évolue, mais ne "progresse pas"  et une évolution n'est pas du reste  forcément positive (avis des avant-gardistes!) , ni négative (avis des ringards!). Elle est juste ce qu'elle est le constat d'un déroulement, d'un  "process". Je rappelle que le mixed media existe en broderie, depuis la nuit des temps et que ce n'est pas à la fin du XX siècle qu'on a commencé  à peindre sur les étoffes pour les insérer dans une oeuvre textile, et à broder sur un support autre que l'étoffe:  cuir, écorce par exemple.. et on  y adjoint les inventions technologiques ou chimiques de son époque, on n'innove pas (l'inventeur, oui!)  :  on ne fait que faire ce qui s'est toujours fait : utiliser toutes les matières à sa disposition. Donc avant de prétendre "innover" , être humble et apprendre l'histoire de son art ne serait pas un luxe.
  • Je déteste d'autre part  qu'on accapare le mot d'art à son seul  profit, surtout..Ce n'est pas un "parti-pris" c'est la constatation d'un fait, de la manière dont historiquement s'est déroulée cette émergence d'un "art textile" qui a eu besoin des structures des arts  textiles classiques (je me refuse à dire  traditionnels ) pour émerger et en a gentiment exclu, souvent,  celles qui prétendaient créer  avec des matériaux et formes classiques de leur art : fils et étoffes, à  coups de petites phrases assassines et de prétentions style :  "nous qui avons une formation  artistique Beaux-arts" (mais quand on sait à quel point les Beaux-arts ont toujours tenu les arts textiles qui osent ressembler à du textile en lisière, côté arts décoratifs ou arts appliqués, jusque-là mais pas plus  Sauf si de  grands noms et personnes qui ont fait du textile et autre chose de bien plus glorieux à côté ! .Si ces personnes  n'avaient fait que du textile, de manière non pas utilitaire et domestique, mais discrète, et surtout si elles n'avaient pas eu autour d'elle ce que les anglo-saxonnes nomment un arrière-plan(background) favorable, leurs oeuvres seraient restées , je le crains, plus obscures, quels que soient leur valeur et leur intérêt.
  •  Je n'accepte pas en art textile le clivage contemporain-traditionnel tel qu'il s'est établi chez nous, en ayant vécu les débuts. Le mot "contemporain " en art déjà change forcément de sens,et est sujet à nombre de controverses.  Chez nous, textiliennes,   serait contemporain tout ce qui ne ressemble pas une structure dite "traditionnelle" dont le patchwork américain en blocs juxtaposés serait l'archétype, ou qui s'éloigne des "matières" dites traditionnelles ou qui encore choisit des sujets ou des formes "non traditionnelles". Le premier problème c'est que ce "traditionnel" est déjà bien trop varié pour se laisser cerner et enfermer dans ces classements plus que péremptoires, le deuxième , c'est que souvent on revendique comme "contemporain" en art textile ce qui a déjà été illustré auparavant en peinture, en sculpture, en conceptuel (d'où l'attrait actuel pour les suspensions, les installations, les performances  etc).   Quand il y a un débat sur ce qui serait "contemporain" en art textile, on a toujours l'impression que les personnes qui le suscitent savent déjà ce qui en serait, et surtout, ce qui n'en serait pas (patchwork, par exemple).Le contemporain en art textile c'est le plus souvent faire en tissu et en fils (avec parfois très peu de tissus et de fils!) tout ce qui a déjà été  fait en peinture et sculpture , etc. Les décennies d'avant. En ce moment, il y a tout un  courant conceptuel, alors qu'en art tout court on commence sérieusement à mettre en cause  certains excès de ce courant artistique ... il me frappe qu'isolées dans leur groupe d'appartenance très peu d'artistes le voient.On fait du figuratif réaliste en étoffes ou broderies  parce que  la peinture y est revenue, on tâte du minimalisme parce qu'il est "tendance";  auparavant, mais cela perdure, on a connu la période de l'amamgame informe sous-tendu d'un discours parfois indigeste  etc. Tout cela peut donner des oeuvres superbes, mais suivre ses voies sans trop se préoccuper des mouvances -sans en être dupe, surtout!- aussi bien. Déformatons les regards : ce serait vraiment une révolution, cela. Le but est de prouver qu'on peut "égaler" les grands arts en imitant leurs réalisations, plutôt que de chercher ce  que notre art a de singulier. Pour moi j'ai trouvé il y a longtemps : j'aime à créer précisément ce qui ne peut se dire qu'avec ces tissus-là et ces fils-là et non à créer quelque chose dont on se dirait qu'en papier, plastique , peinture ou pierre ce serait pareil ou presque. Je veux que les tissus y parlent comme les mots dans mes poèmes et croyez-moi , ce n'est pas si  facile. La matière chez nous ne peut pas "primer " puisqu'il faut en quelque sorte, la faire oublier en la faisant ressembler aux matériaux d'autres arts . Ce qu'on me répond le plus souvent c'est qu'on a bien le droit de "faire ce qu'on veut". Certes mais pas de se hausser du col avec des mots dont on n'a pas interrogé le sens comme "innovateur" ou "contemporain" qui vaudrait caution de génie et d'imagination à coup sûr !
  • On ajoute "il y a de la place pour tout le monde" . Eh bien non pas dans les mêmes lieux !Non, absolument non :   il n'y a pas égalité de réception et d'analyse des oeuvres,  non plus.Pour se poser en grand art, sans vraiment y parvenir,  l'art textile a eu besoin d'établir ses propres  sous-genres. ...Malheur à qui ose les affirmer comme art à part entière textile et contemporain tout autant ! On  sourira comme devant une inconséquence , et on continuera à fonctionner selon ses règles sans l'ombre d'un questionnement sur leur bien-fondé .

art -textile illustration d'un art obscur

Quand Boris Eloi Dutilleul de Lèse art m'a demandé d'écrire cette plaquette pour répondre à des artistes de sa connaissance prétendant que l'art textile est un art mineur, vous pensez bien que j'ai sauté sur l'occasion. C'est ainsi que j'entends illustrer  l'art textile, en allant le poser à côté des grands arts, et non en fonctionnant seulement en circuit fermé.

Pour rappel :

 En 1971 Jonathan Holstein, un collectionneur passsionné de quilts, ces surfaces textiles en étoffes assemblées et matelassées cousues par des femmes, tenta de faire reconnaître certaines pièces de sa collection comme œuvres d’art à part entière et pour ce faire il obtint les murs d’un des musées les plus prestigieux de New York, le Whitney Museum. L’exposition portait le titre suivant: Abstract Design in American quilts.Elle remporta un succès considérable, fit le tour du monde. En 1972 on put la voir à Paris mais ... au musée des Arts Décoratifs, ce qui souligne déjà une différence de considération. Dans un livre relatant l’histoire de cette exposition, Jonathan Holstein note avec humour que la France ignore les patchwork-quilts et n’a aucune culture à cet égard.
à partir de là il y eut un peu partout un engouement pour les quilts et le patchwork, qui évolua différemment selon les pays.
En 2015, on ne connaît toujours pas mieux cette partie de l’art textile concernant l’assemblage d’étoffes.  Avec la broderie, c’est celle que depuis 30 ans et en plus de 300 oeuvres, j’ai tenté d’illustrer.
 Or ce qu’on ignore c’est que de telles surfaces existaient aussi en France , on en découvre dans plusieurs collections spécialisées(voit l'article Mosaïques d'étoffes)  mais hélas confidentielles,  chez les antiquaires.  Il y a donc bien eu chez nous des oeuvres, que je me refuse à appeler ouvrages,  créées par des femmes avec des tissus, des surfaces uniques et dont certaines peuvent et devraient, tout comme les abstractions du Whitney être considérées comme des oeuvres d’art, expressif et non seulement décoratif. Rien ne l’empêche sauf le préjugé qui selon Einstein est plus difficile à détruire qu’un atome .
 Tentons donc cet impossible ...

lien vers la plaquette art textile-illustration d'un art obscur

 

 

Art textile contemporain -un sondage

Je viens de répondre à une demande émanant d'un collectif d'art textile "contemporain"

Voici la question posée :

« Vous êtes artiste textile et vous vous situez dans une démarche contemporaine? En quoi pensez vous que votre travail entre dans le champ de l'art contemporain? Réponse à (...)
Attention c'est une véritable "colle"! Ce qui parait évident devant un visuel est véritablement difficile à traduire en mot! Il ne s'agit pas de dire: ça a été créé en 2015 donc c'est du contemporain! C'est faux bien sûr.. il ne s'agit pas d'évaluer votre démarche, mais d'arriver à définir par des mots ce qui différencie l'art textile contemporain d'un art textile plus traditionnel en partant de votre propre pratique! à vos méninges! »

 

Voici ma réponse, sans utliser  mes méninges mais mes synpases .

Une fois de plus à mon avis l’art textile , qui est d’autant plus art qu’il s’éloigne parfois du textile, rattrape en route les querelles sur le « contemporain en art » .

Là vous devriez vous demander plutôt si nous sommes ou non « post-moderne » , car « contemporain » figurez-vous ça commence à faire démodé ! car enfin l’art contemporain , les historiens de l’art le font le plus souvent débuter en 1945 .

Je blague à peine. Mais puisque vous y invitez je grimpe au marronnier, une fois de plus !

Car enfin si on a vidé ce mot de son sens c’est à dessein d’exclure, de se démarquer de ce qu’on a appelé abusivement  traditionnel .

. Ce mot « contemporain », il n’a rien à voir avec une pratique sincère , authentique de la création, telle que moi je la conçois et vis.  Ni même avec son actualité, on a l’impression vu de l’extérieur d’une sorte de secte à laquelle il faudrait avoir été initié (e). Des codes en tout cas qu’il faut respecter .

 En art textile j’ai vécu son arrivée ainsi. dans les années 1990, on s’est mis à opposer le patchwork dit traditionnel au patchwork dit contemporain , lequel contemporain peinait à se définir (et pour cause !) , et beaucoup de ses œuvres étaient des « à la manière de » Klee,  Kandinsky, Vasarely et quelques autres  . Pour une personne qui ignorait tout de ‘histoire de l’art, ça pouvait passer pour une innovation, mais pas pour moi qui m’y connaissais un peu. J’aimais aussi et tout autant l’abstraction des quilts dits traditionnels (une tradition, mais laquelle ?)  et j’ai donc continué à m’en, servir comme source graphique et non comme modèle.. Je noterai qu’on m’a couvent demandé- dans les années 2000, notamment de faire   partie d’un  groupe d’art textile contemporain, j’ai refusé , parce qu’on refusait que j’ intègre mes patchworks géométriques jugés automatiquement « traditionnels » . J’ai vécu cette exclusion de l’arrivée du contemporain , puis de l’art textile., quand il a fallu là faire du mixed media avec caution vaguement textile ….ou tomber dans la marmite du conceptuel .C’est à dire au fond imiter les Beaux-Arts .Avec retard, comme je l’ai signalé.

 

Je me bats pour le contraire  pour un art textile unifié qui cesse d’être jugé selon la date de la source d’inspiration qu’on a choisie  ,et le genre de travail qu’on choisit . Un peintre qui fait un nu à la peinture à l’huile n’est pas qualifié automatiquement de  « plus traditionnel », le mot d’ailleurs n’existe que chez nous.

Et j’étaie ma lutte sur un savoir que je ne cesse de compléter et où je ne cesse de découvrir.  Le passé m’intéresse autant que le présent Je mets  l’art textile dit  contemporain et l’histoire de l’art textile en regard .C’est parlant !  Un peu long à expliquer ici mais mon site et mon blog développe Je vous mets quelques liens en fin de lettre.

Je suis  écrivain, artiste en tissus assemblés, brodeuse, et artistes en images numériques. Je m’exprime dans ces valences, n’y faisant pas carrière, mais une œuvre dont je me moque absolument qu’elle soit jugée contemporaine et à voir ce que certains font sous ce vocable je dirai très franchement que ça m’ennuierait plutôt. Je déteste le bluff, la frime et les pseudo innovations. Je déteste le snobisme aussi . Je ne suis pas convaincue non plus par les personnes qui se paient de grands mots pour faire savant. puisque pour être contemporaine au sens de « conceptuelle » il faudrait avoir une démarche…  Les mots c’est mon autre valence . et bien avant que ce ne soit tendance de relier textes et textiles. Je ne suis pas dupe des phrases creuses et ronflantes que je lis ça et là .

 Je ne tiens pas non plus à ce qu’on :me colle une étiquette de « traditionnelle »  Je ne reproduis pas des modèles anciens j’utilise des sources multiples dont certaines sont anciennes.. Or constamment dans mon parcours textile je me suis vue scindée en deux : contemporaine si je sors de la géométrie du patchwork , je redeviendrais traditionnelle dès que  j’assemble les étoffes autrement. C’est absurde . Mon œuvre n’est pas du saucisson qu’on tronçonne on me prend tout entière avec toutes mes valences ou on ne me prend pas (c’est la deuxième solution qui a prévalu je dérange, tel un ornithorynque qu’on ne sait où classer)

J’ai constaté que les artistes hors sérail textile  que je fréquente depuis quelques années  n’ont pas du tout la même façon de voir. Déjà ils ne se laissent pas prendre aux étiquettes et pour la plupart font comme moi ..  Les peintres savent bien qu’on n’est pas forcément traditionnel en utilisant un nu qui est un de leurs « poncifs » ou un « paysage » ;ils savent que c e qui compte ce n’est pas les classifications que d’autres après coup vont appliquer à ce qu’on fait . Autrement  dit, d’être on non contemporain ils s’en moquent , on ne parle jamais de cela, mais de nos œuvres, de nos manières de manipuler nos matières , d’accéder à la création . C’est un milieu  ou on ne vous pose jamais la fameuse question dont on ne sort pas depuis plus de trente ans : en art textile : « alors tu fais du traditionnel du contemporain  ou de l’art textile » -car c’est ainsi que l’histoire s’est déroulée chez nous : ne me dites pas le contraire j’y suis depuis 1986. Inféodée à personne et hors clan , mais j’y suis. En observatrice critique, lucide et attentive. Admirative de  ce que  je ne saurais créer quand du moins cela suscite en moi une véritable émotion, mais dubitative souvent.

A noter que lorsqu’une revue d’art a publié mon portrait d’artiste on ne m’a pas demandé si j’étais traditionnelle ou contemporaine et pas non plus quand j’ai exposé en 2004 en galerie d’art  . Non on m’a demandé comment je travaillais, on y est allé voir  … on a regardé vraiment et sans formatage .Un vrai regard que je n’ai jamais, ou si rarement trouvé en milieu art textile et surtout pas « contemporain »  au sens où les textiliennes actuelles l’entendent

 

 

IL m'est répondu qu'on n'est pas de mon avis (je m'en serais doutée!), et qu'on n'a pas le temps de répondre On sous-entend que c'est trop long.

 

Que je suis hors sujet en enfin que les artistes d'autres disciplines qui ne me demandent pas si je fais du traditionnel ou du contemporain , mes braves, c'est qu'ils sont tous traditionnels puisque l'abstraction et la figuration c'est du 'traditionnel" .-sic-   . Bref tout ce qui n'est pas contemporain étant traditionnel si on préfère la tautologie pourquoi donc poser la question ? Et comment se situer dans l'art contemprain sans connaître un peu les opinions et la pratique des artistes des autres arts ? Les mouvements si nombreux de  ce XX siècle ?? Mystère . Mais puiisqu'on n'a pas le temps ...Dommage , j'aurais essayé , mais comment discuter avec quelqu'un qui sait déjà tout !

 

Flicage, nous dit-on

Ce  billet d'humeur vient d'un propos qui m'a été rapporté de la part d'une amie qui comme moi est soucieuse d'exactitude et d'honnêteté dans les sources des ouvrages montrés sur blogs et sites. Alors qu'elle signalait , comme il m'arrive de le faire aussi , que l'oeuvre revendiquée par une   "confectionneuse" qui la signait était la copie d'un quilt connu, elle se vit assassiner en ces termes révélateurs "vous devez être bien malade, pour passer votre temps à fliquer les autres".

Moi même je me  suis vu taxer maintes fois de radotage ou de paranoÏa ...

Alors oui, je vais radoter encore une fois puisque la pratique semble diffcile à éradiquer et de plus on attaque celles qui      tiennent à cette rigueur.  En fait, ce n'est pas moi qui radote  mais l'histoire de la pratique du patchwork qui bégaie . Je dénonce, une fois encore, cette détestable habitude de confondre copie et création avec l'aval et les yeux fermés de tant d'animatrices de clubs ! Qu'on me prouve le contraire, je ferai amende honorable qu'on me montre les étiquetages précis,  les présentations honnêtes différenciant le modèle de sa copie ou de son interprétation, qu'on me montre surtout que le patchwork ce pauvre art -art du pauvre peut être autre chose qu'un  pur exploit de virtuosité couturière technique dont la création ne doit rien strictement rien à la main qui ose le signer. Oui,  qu'on me le montre. On me fera plaisir. Car c'est souvent le contraire  que je vois . Il ne s'agit pas de fliquer qui que ce soit mais de rendre à César ce qui lui appartient. Je suppose qu'un expert en peinture qui décèle un "faux" est aussi un maniaque pervers qui s'ignore ...

On peut s'inspirer de ce que fait cette quilteuse honnête, j'admire plus sincèrement quand je sais ce que je regarde.

D'autre part si on se sent victime de "flicage" c'est donc  qu'on a le sentiment quelque part de commettre quelque chose de pas très "réglo" non ? Ou bien et c'est plus grave, car cela repose sur une sorte de lâcheté consentie qui se réfugie derrière le nombre , qu'on estime cette malhonnéteté légitime, puisque "tout le monde le ferait" - on notera la pertinence et la loyauté de l'argument !

Mesdames, si vous reproduisiez un tableau de Renoir en peinture au numéro vous  n'auriez  pas, je présume, le culot de dire que c'est votre oeuvre (quoique à lire certains blogs j'en doute !)- évidemment Renoir est connu et bien reconnaissable -   et même si les créatrices de patchwork et broderie etc... ne sont pas estimées grandes artistes,inconnues et ignorées, que vu le nombre d'ouvrages inspirés sans le dire de l'original celui-ci est diffcile à discerner dans le lot,   leur travail, il me semble mérite tout autant le respect. Sans elles vous ne pourriez pas parader devant cette magnifique copie-baptisée parfois abusivement "interprétation "-  qui, oui, je sais vous a demandé x heures de travail et de dextérité et vous a valu le premier prix au club de X . Premier prix de couture certes.

Si maladie il y a celle de la sotte vanité en est tout autant une que l'exigence de sincérité d'honnêté et de rigueur .

L'amour de son art et non l'amour de la gloriole  personnelle usurpée .....

 

 Si tout le monde est sincère et rigoureux, pas besoin de "gendarmes". Ni de flicage. Confondre la cause et la conséquence est aussi une maladie de l'esprit . Prouvez-moi le contraire !

 

 

Une légende pour les brodeuses

Ecrit  dans le cadre d'un atelier d'écriture ce texte  qui peut-être  plaira à ceux et celles qui passent ici:

            Dans le nid, dès la sortie de l’oeuf  sa mère l’avait regardé d’une drôle de façon

             Ce n’était pas un oeuf de coucou qu’elle avait réchauffé sous ses plumes ,  tout de même, mais là de ses yeux ronds d’oiselle, elle mesurait l’anomalie vivante qui piaillait au milieu de sa couvée ordinaire.

            Ce rejeton hors normes était recouvert d’un  duvet   d’un drôle de jaune,  un jaune foncé, alors que ses frères étaient gris.

            Papa moineau lui aussi regardait tout cela d’un drôle d’air à moins que papa ne fût maman, J’entends par là  que les oiseaux se moquent un peu de la théorie des genres et dans cette famille-là , les parents  avaient couvé tour à tour ; et maintenant que le petit  dernier était sorti de sa coquille  ils  s’apprêtaient à les nourrir,  tour à tour,  tout aussi bien.

             Les autres oisillons ouvraient déjà large leur béjaune mais celui-là, il avait déjà le bec pointu,  plus mince, plus long que les autres, le cou aussi qu’il tendait pourtant avec autant de vigueur que ses frères et soeurs. De plus,  chétif, maigrelet plus encore que les autres. Quand il criait, c’était un couinement plaintif qui rappelait les lames de vieux ciseaux mal aiguisés.

            La mère et le père moineaux auraient bien,  d’un geste souverain , comme les pater familias dans la Rome antique, jeté la créature disgraciée hors du nid pour préserver la pureté de l’espèce, mais il faut croire que chez les oiseaux comme chez les hommes, il arrive que certains se montrent plus  pitoyables que d’autres, ou moins fermes, c’est selon le point de vue.

            Ils commencèrent donc à nourrir le petit  bizarre comme ses frères et soeurs et bien leur en prit car quelque temps plus tard toute la couvée mourut d’une maladie , sauf le rejeton au plumage jaune, quasi couleur  de fiente et   au grand bec.  Son cou s’était encore allongé , et ses plumes devenues d’un beau jaune d’or foncé, brillaient au soleil.

            Il grandit donc tout en inélégance, sauf si on veut considérer que ce bec long et fin et ce plumage brillant  recelaient des charmes. Les parents eux, mesuraient surtout la différence entre leur fils et les autres moineaux des couvées du voisinage : tous ronds, tous gris et bruns et chantant  gaiement , tandis que leur rejeton continuait ses couinements  ridicules ;  quelque chose comme un « wi «  « wi » très doux et obstiné , pourtant et qui finissait, invariablement par agacer les nerfs.

            Quand il voulut marcher on s’aperçut sur ses pattes  étaient recourbées  vers l’intérieur, les griffes de deux d’entre elles se touchaient presque formant une sorte de cercle, presque fermé ;  si bien que ses parents qui en avaient observé sur les patins à roulettes des enfants du jardin public se demandèrent si par hasard cet engin curieux ne s’était pas hybridé avec leur oeuf. Il est à noter que le père moineau, un moment, soupçonna  bien sa femelle oiselle de quelque infidélité avec un exotique échappé  du  jardin  animalier voisin, mais l’idée  ne resta pas longtemps dans sa cervelle de volatile .

 

            Et l’oiseau donc grandit, tant bien que mal, boitillant à terre , mais par chance, il volait  et plutôt bien .

            Sa couleur voyante surtout l’obligeait, plus que ses infirmités, à se tenir à l’écart. Il savait bien que le premier chat qui passerait par là le remarquerait ou bien quelque humain attiré par son plumage inhabituel, peut-être bien une de ces élégantes qu’il voyait dans les allées et  qui arboraient sur leur chapeau les restes de ses malheureux congénères.

            A terre, il ne restait que le temps de creuser le sol , et là, son bec très long lui était avantage. Il se fit même quelques amis, heureux qu’il puisse, en temps de sécheresse, dégoter des vers de terre un peu plus profond que la longueur de leur bec normal leur permettait d’atteindre.

             Le temps passe vite chez les oiseaux et  il voulut dès février suivant chercher compagne pour s’apparier. Ses parents (mais avait-il encore des parents ?)  , eux, avaient mis en route,dès sa sortie du nid,  une couvée supplémentaire.

            Inutile de vous dire qu’il n’y eut point d’oiselle qui dans son jardin natal voulut bien considérer ses avances . Il eut beau battre des ailes, chanter -enfin grincer serait plus juste - dès qu’elles le voyaient  brinquebaler en oscillant sur ses pattes malformées en battant des ailes pour s’équilibrer , elles s’esclaffaient à qui mieux mieux .  Et puis était-il bien de leur espèce ? Rien n’était moins sûr.

            Il n’avait pas de pair en son petit royaume , et dans ces cas-là ce qu’on a trouvé de mieux comme remède, c’est d’aller sous d’autres cieux voir si par hasard, la  vie n’y serait pas plus douce, ou si d’aventure on n’y trouverait pas davantage des oiseaux qui vous ressemblent . Ou tout au moins une oiselle qui voudrait bien faire nid commun avec lui .

             Je ne sais pas si notre animal avait lu le conte d’Andersen qui traite d’un cas un peu semblable, mais encore bien : il était resté trop petit, trop malingre pour avoir quelque espoir un jour de se métamorphoser en cygne . Avorton doré il était, avorton doré il resterait , et de plus sans descendance, donc sans utilité aucune au sein de la nature. Enfin c’est ce qu’il se disait aux moments inévitables de désespoir.

            Mais un jour différent, un jour d’envol vers les attentes, il se mit en chemin pour ne plus revenir.

 

            Il arriva ainsi dans un village où vivait une communauté d’artisans et de commerçants, un de ces petits villages  comme on en voit encore parfois , sous la neige, sur les cartes  postales de voeux. sauf que là c’était de nouveau, la belle saison. Un village , aussi, hors du temps , comme il n’existe plus que dans le contes, précisément.

             Il avisa dans la cour d’une demeure une haie de thuyas suffisamment dense à la base pour le dissimuler aux prédateurs, la terre semblait grasse et fertile , il n’aurait pas de mal à se nourrir. La nuit, comme il  en avait coutume, il se blottirait sous les branches, dans cet entrelacs inextricable que produisent ces conifères .

 

            La maison était celle d’une brodeuse . Une femme d’âge moyen, toujours vêtue de gris ou de bleu, une de ces femmes qu’on croise dans la rue sans rien en remarquer et qui sont comme des ombres vivantes . Elle habitait seule depuis son veuvage et n’avait pas d’enfant . Son atelier donnait sur la cour et était percé  d’une très grand fenêtre, car broder exige une bonne lumière , et il n’y avait pas de rideaux.. C’était pourtant une femme gaie et vive et souvent il l’écoutait chanter le matin quand elle se mettait à l’ouvrage .

             Notre oiseau se mit à observer la brodeuse tous les jours en tous ces gestes, il ne savait pas pourquoi ces activités-là le fascinaient à ce point :il aimait surtout quand elle déroulait les pièces d’étoffes et qu’elle prenait de grands ciseaux pour découper dedans , les morceaux qu’elles venaient de broder,après les avoir dégagés du métier , devant lequel elle se tenait le plus clair du temps.

             Les lames des ciseaux faisaient un  bruit que l’oiseau entendait quand la croisée était ouverte  une sorte de criaillement plaintif qui lui plaisait . Il lui venait alors des pensées un peu folles , il se disait que c’était bien dommage qu’il n’y eut pas dans le voisinage une moinelle qui eût chanté ainsi .

             La brodeuse décorait à longueur de journée nappes d’autel , chasubles mais aussi des ouvrages plus ordinaires ,  corsages ou tablier , bas de jupons  ou revers de gilets .Son atelier était bien  achalandé et il y voyait entrer plusieurs fois le jour bourgeoises et commerçantes pour leurs commandes . Ces dames discutaient beaucoup de couleurs , et effleuraient les écheveaux d’une main déjà pleine de désir de posséder la parure  que  d’autres mains plus laborieuses réaliseraient; la brodeuse écoutait, conseillait, et prenait note.

On arriva ainsi à l’automne

 

            Un soir, un jeune homme vint visiter la brodeuse. C’était le plus jeune fils de la filandière et la brodeuse le connaissait bien ,  sa mère lui fournissait une bonne partie du matériel nécessaire à son art . Un beau garçon , souriant et d’un naturel assez enjôleur. De son métier, ,il dessinait tout ce dont les artisans avaient besoin  comme motifs et son  talent était réputé. Il alliait le savoir faire sans lequel, à l’époque on n’eût point gagné le respect de ses pairs, à une prodigieuse imagination . Et  ce jeune homme venait de se fiancer, à la fille du forgeron. Son désir à lui était simple, était fou . Il avait vu dans un vieux livre , un dessin d’une broderie , inconnue en ce village et qui ressemblait à une dentelle par des découpures multiples et ses motifs intriqués. Il voulait pour sa promise un corsage de mariée et un bas de jupe fait de cette manière, il désirait  qu’elle fût une mariée dont on se souviendrait . Il lui montra les dessins qu’il avaient tracés : tout un enchevêtrement de tiges et de fleurs , mêlés d’oiseaux et d’animaux fantastiques. Du travail de ciseleur , d’orfèvre . C’était d’une beauté telle que le brodeuse en fut émerveillée et aussi touchée de l’amour sincère de ce grand garçon enthousiaste . Flattée aussi qu’il lui fît si totale confiance pour réaliser son projet . Elle réfléchit et donna ses conditions précises. Elle prit le temps en artisane consciencieuse d’examiner longtemps le dessin .

 Pour la broderie, je saurai,  dit-elle, mais il faudra du temps et que ta mère me fasse du fil selon mes recommandations . Pour le tissu de fond il me faudra une toile très fine et solide et si tu sais me la trouver, nous pourrons faire affaire. Le problème, ce sera les découpes...

Le jeune homme insista , il dit que les découpes, c’était pour lui , essentiel : il voulait cette légèreté pour sa bien-aimée , ces vides valorisant le relief des motifs. Elle hocha la tête ...L’affaire fut conclue.

 

            Les semaines suivantes, le matin dès qu’il faisait assez jour  elle se mettait devant les pièces de fin linon blanc , et avec un fil de même couleur et si mince et fragile qu’elle ne pouvait utiliser que des aiguillées courtes, aussi courtes que son souffle qu’elle retenait parfois dans un excès de concentration  sur un motif plus délicat encore que les autres , elle interprétait donc les dessins fous du jeune homme amoureux. Malgré la difficulté, elle avançait .

             L’oiseau lui, la regardait  et il s’était trouvé un poste d’observation sur le rebord de la fenêtre  Ce travail-là le fascinait, peut-être était-ce à cause des branches et des entrelacs ou bien encore de ces  bêtes qui  n’existaient que dans l’imaginaire.   Au travers  de la vitre , il n’avait  aperçu d’abord que cette grande blancheur, puis tendant son long cou,  il avait discerné  un peu mieux les motifs et reconnu tout un paysage  étrange , envahi de la neige, qui ne tarderait peut-être pas à tomber .Il se tenait tout près de l’artisane, tout juste séparé d’elle par la minceur froide du verre.

            Il  ne cherchait plus rien : lui aussi vivait au rythme du travail de la femme, ne s’en écartant que pour manger et dormir . Quelque chose en lui attendait .

             Une par une, la brodeuse acheva les pièces, et un jour, et il lui fallut se mettre au découpages et ciselures commanditées par son client . Elle avait plusieurs paires de ciseaux, tout ce que l’industrie d’alors avait pu inventer en la matière, mais rien qui fût assez  pointu pour de telles découpes.  Elle prit  cependant le plus affûté, mais au premier essai, elle se rendit compte qu’elle n’y parviendrait jamais avec un tel outil . Le mariage approchait , les autres commandes attendaient, il lui fallait pourtant finir son travail . Elle essaya de nouveau mais les découpes n’étaient pas nettes, les ciseaux inadaptés se plaignaient . et l’oiseau sur la fenêtre hochait la tête .

             Elle fut prise alors, malgré sa nature calme en apparence, d’un grand accès de doute et de découragement, comme si elle avait travaillé, habitée par la folie du jeune fiancé et que tout à coup la réalité reprît brusquement ses droits.

            La broderie était-là : presque féerique : toute une forêt qui courait sur les morceaux de corsage et le bas de la jupe, tout un  réseau de points soigneusement calibrés de fils amoureusement passés , tout ce travail qu’un geste maladroit, un seul, risquait de détruire . Comment faire ? Elle se jeta alors les ciseaux inadéquats par terre , et leva les yeux vers la fenêtre.

 L’oiseau se tenait là , sur ses pattes atrophiées, couleur d’or. Immobile, l’oeil intense cependant lui aussi fixait la brodeuse, qui ne voyait plus qu’une chose :  son  bec pointu , fin allongé , juste ce qu’il lui aurait fallu pour ce travail délicat :un outil qui n’existait pas encore et qui pourtant eût été tellement précieux, même dans les travaux requérant moins de soin . L’oiseau alors poussa un cri  différent de ce « wi » « ‘wi’ » habituel  et plaintif .

            La femme ouvrit la fenêtre , il se laissa saisir. Entre ses mains , le petits corps prit une froideur de métal, s’aplatit. Les doigts de la brodeuse se retrouvèrent dans les anneaux dorés des pattes, le bec était devenu deux fines lames tranchantes et pointues à souhait.
 Elle porta l’objet à ses lèvres  et le caressa de ce geste tendre de reconnaissance qu’ont parfois les ouvriers pour leurs outils . Et elle commença de découper, joyeuse, toute cette fantasmagorie de végétation  blanche  où notre oiseau doré  trouva enfin sa place .

            On dit que de  ce jour, les brodeuses de tous les pays du monde, réels ou imaginaires, ne voulurent plus pour découper leurs ouvrages que des ciseaux dorés en forme d’oiseaux au bec fin .

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Toujours méchante jamais contente

 On me faisait la remarquer sur un Forum récemment que je songeais toujours à critiquer et pas pas à encourager. Je le voudrais bien , mais comment le pourrais-je, souvent ?  quand j'admire, j'aime savoir déjà, ce que je regarde

Promenade sur les blogs au hasard de publications,je tombe sur un site adorné d'un quilt  présenté comme l'oeuvre "superbe" de X, une dame du club, probablement .

Le problème c'est qu'au premier coup d'oeil je reconnais, étant du métier, que l"oeuvre imputée à la quilteuse  X qui a si "superbement "travaillé en couture -je n'en disconviens même pas-  n'est pas.. "son" oeuvre comme affimé, ou alors le mot a changé de sens pendant la nuit sans que je m'en aperçoive !- mais la copie conforme d'une oeuvre de  l'artiste américaine bien connue Caryl Bryer Fallert   qu'on peut voir ici.sous le titre Flying free  2.

Certes l'artiste en vendant modèles, patrons et kits  autorise la copie de ses oeuvres, mais elle n'autorise pas qu'on s'en approprie la propriété intellectuelle  : le voudrait-elle, elle ne le pourrait pas , c'est "inaliénable" .Non  : le fait de payer le patron ne donne pas le droit  de se l'approprier en tant que créateur. Dans le même esprit sur un autre site on voyait naguère, une dame réclamer des copyrights sur ses "oeuvres" parmi lesquelles on reconnaissait entre autres  une oeuvre célèbre de Joan Colvin, faisant la couverture d'un de ses livres.   .. Copyright sur quoi ? Si on n'a pas conçu c'est à dire composé sa surface soi-même et surtout si on a utilisé  un dessin contemporain bien reconnaissable, pris , avec son aval ou non ,  à un(e) artiste connue,  Non même si on a payé, on n'a pas le droit de le publier comme oeuvre de soi-même ,

Nous avons peu de public, sans doute, mais ce n'est pas une raison pour l'induire en erreur. Tout au contraire, on éviterait par un abord honnête et sincère, les ricanements sur l'activité ou a contrario les admirations mal orientées de spectateurs qui croient, légitimement, que si on met son nom sur le tableau textile, ce n'est pas pour avoir acheté le kit ou le patron,mais pour avoir composé élu couleurs valeurs et étoffes soi-même. Comment pourrait-il savoir le public que ce qu'il regarde n'existe que par un autre travail réellement créateur celui-là -et non créatif!- puisqu'on le lui cache et souvent sciemment, pour se faire valoir?

Car je pense que nombre de quilteuses sont persuadées que "le coudre de ses mains, c'est le "créer" tant le mot loisirs créatifs si impropre a fait commercialement son œuvre.  Mais ce n'est pas le commerce qui fixe le sens des mots et qui change la réalité des faits ni le droit de la propriété intellectuelle  : il produit une illusion dans le but de vendre . C'est son rôle .

il suffit de réfléchir un peu . L'oeuvre superbe de madame X signalée plus haut d'abord existe déjà et sous cette forme exacte. donc Madame X ,n'en est pas l"'auteur , donc madame X ne peut signer , ni publier sous son nom. madame X et la responsable du site qui la publie devraient dire : conçu par Caryl Bryer Fallert et re- cousu par Madame X; d'autant que Madame X n'est pas non plus la "petite main attitrée de l’artiste, comme il en existe pour certains artistes hommes, qui conçoivent sans coudre. Non c'est l'acheteuse d'un kit ou d'un modèle qui a su le réaliser; Fort bien , certes, tout le monde n'en est pas capable OK; Mais ça n'empêche : ce n'est pas "son" œuvre.

Ce n'est que deux exemples, je ne passe pas mon temps à fliquer les autres, mais je voudrais pour admirer savoir ce que j'admire. Depuis des années je songe, je vous l'ai dit, à  créer un index sur le net des oeuvres textiles patchwork mosaïque inclus - et je ne puis le faire. J'envisage ce travail avec rigueur  et honnêteté sinon c'est du temps perdu et je ne me vois pas passer x heures à enregistrer des copies ou des kits réalisés comme "oeuvres originales" de la personne qui les a  juste cousues.Une telle entreprise ne pourrait reposer que sur ma confiance en l'auteur "déclaré". Comme on ne peut pas faire de reconnaissance de paternité pour les quilts ...on voit l'étendue du problème   Malheureusement, on voit du mépris dans ce que je dis, alors que c'est juste un  rappel de comment "scientifiquement" et légalement le monde de l'art - fût-il art appliqué ou décoratif- et son histoire en tant que science,  fonctionnent. Ce n'est pas anodin .C'est tout de même la manière dont fonctionne aussi ce qui dans d’autres pays (Royaume-uni, USA ) est tout de même considéré aussi comme un art. Mais ce n'est possible que par une certaine rigueur dans la reconnaissance des sources graphiques et autres "modèles" utilisés, même légalement .On peut faire comme on veut, mais à condition de ne pas mentir (et se mentir à soi-même non plus!) par omission!

Internet est un espace public !Pas votre maison où vous montrez en privé pour faire admirer votre talent de  couturière experte à votre famille et vos amis.

Il  y a fort heureusement des blogs honnêtes où on montre le livre ou la revue qu'on a suivie pour créer ce qu'on nous met sous les yeux.  Si c'est dit, c'est bien : on sait ce qu'on  regarde et nous pouvons toutes participer justement à revaloriser l'image du patchwork assez désastreuse en milieu artistique et pour cause. Il n'y a pas de honte à en faire un loisir de reproduction ou de démarque proche en revanche donner comme je le vois aussi des tutoriels d’œuvres où a juste changé un détail pour se les approprier sans mention du travail original ..et parfois même les vendre relève de la malhonnêteté.

 

Même si dans l'idéal, j'aimerais  mieux  qu'on montre plus souvent  des   élaborations vraiment personnelles , avec démarche  : le" comment on est arrivé à ce qu'on voit".  Normalement dans une création, même si la source graphique-le dessin , le bloc- n'est pas de vous, tout le reste -qui n'est pas rien- l'est et il vous reflète, vous : votre sens de la composition et des couleurs,  pas forcément du "dessin d'art qui est une autre discipline , votre choix d'étoffes -car oui un choix d'étoffes peut être une expression personnelle. C'est même l'origine de notre art : se dire par le moyen de tissus-qu'on choisit soi même- assemblés . sinon on  reste dans la simple compétence technique et  c'est tout autre chose.

Qu’on aime surtout coudre pour avoir de belles choses faites de sa main , qu'on soit fière de sa capacité à le faire ;  je le comprends aisément . Mais qu'on ne différencie pas une réalisation d'après kit ou patron d'une création authentique et qu'on fasse tout pour créer le doute en sa faveur me questionne sur les abimes soit de vanité, soit d'ignorance de ce qu'est un parcours artistique et réellement de création ...que cela présuppose.

Un artiste concepteur- je n'ose plus dire créateur tant la  création est mise à toutes les sauces - vous savez c'est quelqu'un qui travaille beaucoup et notamment au niveau de la conception  personnelle de ses oeuvres , c'est son travail que vous piétinez à chaque fois que vous agissez ainsi laissant croire que le patchwork ce n'est que cela : de la  belle couture d'après modèles dont on devient l'auteur parce qu'on le coud !

Si vous recopiez une page de Victor Hugo, même en  calligraphie vous n'êtes pas l'auteur du texte de Victor Hugo, mais vous pouvez revendiquer votre talent de calligraphe. Seulement, une exposition de calligraphie n'est jamais montrée comme étant de la création "littéraire" sauf si auteur et calligraphe coïncident .

Les activités d'un club quel qu'il soit sont evidemment publiables, mais celles qui gèrent les pages devraient avoir conscience un peu plus de leur responsabilité à la fois à l'égard du droit  (publier sous un autre nom la création d'un  autre reste illégal , même ci cet autre ferme parfois  les yeux pour ne pas perdre  son chaland !) et aussi à l'égard de l'activité que d'autres exercent autrement .Et qu'on ne se dédouane pas en disant "tout le monde le fait, alors "... d'abord c 'est faux (les blogs honnêtes que je signalais) et ensuite ce n'est pas une excuse c'est aggraver son cas par une sorte de lâcheté collective.

Ce que je signe, même si ce n'est pas "superbe" c'est au moins de moi , c'est' mes idées, mes rêves , ma passion, mes recherches, mes erreurs et mes errances, mes "ratés"  . Mes sources sont citées et mes emprunts aux autres œuvres textiles reconnus. Je me demande parfois si ce n'est pas pour cette raison, que reconnue, en milieu "quiltique", je le suis peu et exposée encore moins ! Le travail que je délègue l'est aussi.Permettez- moi d'en être plus fière que d'un bel ouvrage que j'aurais cousu grâce au travail d'une autre  sans le signaler. Je ne comprends même pas qu'on puisse agir ainsi et y trouver un quelconque plaisir, puisque mon plaisir à moi c'est d'imaginer ...non sans inspiration, certes mais je l'ai dit mille fois s'inspirer de, c'est s'imprégner non d'une œuvre unique qu'on reproduit quasi telle quelle, mais de tout ce qu'on voit et admire.

A quand un signalement et étiquetage  honnête de tous les patchworks et œuvres textiles exposées ? On me verrait alors, peut-être,  vraiment admirative.
 

le bonheur en lisière

Comme je fête mes trente deux ans d'art textile incluant patchwork et broderie de création...

 j'ai écrit cet article fleuve, et comme il est sujet à "réactions" je le mets en lien ici.  Un peu de dissonance pour réveiller le ronron des consensus mous à la "pensée unique" du patchwork ...

le bonheur en lisière

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