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cahier de technologie - publication début
- Le 07/08/2016
- Dans petits trésors
Comme promis, j'ai commencé de retranscrire le cahier de technologie évoqué au billet précédent.
Les articles sont dans la rubrique Articles divers : (descendre l'ascenseur ...)
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Cahier d'élève en technologie textile (années 1929-1931)
- Le 02/08/2016
- Dans petits trésors
Dans ma série Petits Trésors, je présente ici ma dernière trouvaille : deux cahiers datant des années 1929 à 1931, contenant un cours manuscrit pris par une élève de seconde industrielle,corrigé et noté par son professeur . Excellente élève si on en juge par les notes et le peu de fautes d'orthographe ! Sans compter l'élégance des écritures ...
Les deux cahiers ne se suivent pas , mais ce que je possède est suffisamment riche et complet pour se faire une idée de l'industrie textile à cette époque qui m'est chère car ce fut la jeunesse de mes parents, qui se sont mariés en 1929. J'ai retrouvé au passage des noms d'étoffes évoqués par ma mère, qui les connaissait très bien - cette science faisant partie alors de ce qu'on nommait "économie domestique" - et notamment le Tobralco.... et beaucoup d'autres.
L'intérêt de ce document, outre de donner une idée dont la technologie textile était enseignée à l'époque , est aussi d'en expliquer très clairement les matières et les modes de fabrication. On y apprend beaucoup si on lit attentivement. C'est très différent des autres catalogues d'échantillons commerciaux que je possède de la même époque, et quasiment complémentaire.
Mais le merveilleux de la chose c'est les échantillons -il y en a des centaines - certains en mauvais état , certes, que j'ai dépoussiérés délicatement et placés sous un tulle de protection , mais la plupart encore très frais. Taches de colle aussi , bref c'est comme on dit "dans son jus" .
Outre les tissus on trouve aussi ce qui les complète et est utilisé dans la couture ou la chapellerie et l'art de la fourrure. Ames sensibles s'abstenir, à l'époque personne ne se préoccupait de "sensibilité animale" , et encore moins de préservation des espèces . Il n'y a pas d'échantillons de fourrure naturelle, mais plusieurs pages consacrées aux différentes sortes de cuirs.
Dans les matières utilisées dans la décoration , on croise le celluloïd -que les anciennes ont connu -j'ai eu une poupée en cette matière- et la galalithe, issue de la caséine de lait, d'où son nom (gala signifie lait en grec ancien et lithos pierre ).On notera aussi que l'usage de l'ivoire ne semble pas un crime, non plus , mais que l'ivoire végétal existe déjà .
Des pages aussi très intéressantes sur les dentelles et le passage du manuel au mécanique (et la farouche concurrence, à cet égard , les modèles qu'on se "piquait" , déjà !) .
A ce point que, si j'ai le temps , je me propose de retranscrire ce qui est manuscrit et de publier l'essentiel de ce livre-ci -avec photos de l'original, bien sûr -, au moins ce qui concerne le textile à proprement parler, dans une série d'articles, parce que je trouve qu'il possède un intérêt réel pour toutes les personnes qui ont une passion pour le tissu qu'elle soit scientifique, historique ou artistique .Cela pourra se faire dans les mois suivants. pour la transmission, comme on dit .
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Selmy Accilien, un poète haïtien
- Le 21/06/2016
Exceptionnellement, je présenterai ici un poète, que j'ai eu la chance de rencontrer-virtuellement, comme on dit- et dont les textes m'ont beaucoup remuée. je partage avec vous cette émotion ...
Selmy Accilien , une âme et l’univers.
Lorsque j’ai lu un poème de Selmy Accilien pour la première fois, en Décembre 2015, j’ai eu tout de suite conscience qu’il se passait en moi quelque chose d’inhabituel .
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Plongée en apnée tout d’abord dans un univers , à la fois matériel où faune et flore sont si présentes qu’on croit sentir et toucher constamment tous les éléments évoqués ,qui ne le sont pourtant que par rapport à une âme qui les fait sa propre chair. « L’épiderme de laurier-rose » ou « je suis un chiendent d’herbivores » et le « vent des mots » évoqué par le poète haïtien alors nous emporte au cœur d’autre chose qu’un décor qui serait,pour nous, exotique .
Il y a une assimilation quasi constante de cette âme à cet univers à la fois réel et rêvé. Et moins rêvé qu’évoqué puissamment.
Les images recèlent toujours une profonde originalité et surprennent le lecteur par une sorte de choc constant du concret et de l’éprouvé , on songe parfois à des collages mais moins surréalistes que symboliques.
Quand on lit Sur la tige de l’amour, on a conscience d’une force essentielle qui amène les mots , d’un contact avec un être qui s’éveillant, ébranle le monde. Ce n’est pas si ordinaire, cette puissance d’évocation, ce souffle, sans grandiloquence aucune, qui ne viennent ici d’aucune rhétorique, d’aucun procédé, mais du profond d’un être qui sait trouver en lui cette dynamique et la métamorphoser en mots, en expressions justes. Un peu comme une montagne qui surgirait de terre dans la simplicité de son irruption.
Mais ces poèmes sont aussi des poèmes d’amour et de désir . . Jalonnée de prénoms de femmes aimées , évoquées chantées et même « incantées », infusées dans une ardeur tendre ..
Ton sourire est une brise inédite
Tatouant ma peau d’un baiser extatique
Le désir se dit sans ambages, mais sans crudité provocante, la tendresse est derrière chacun des mots :
L’alose aura envie de ton ventre velouté
Pour une natation sublime
Ma langue attendra le couloir de tes seins
Pour un voyage éternel
Pourtant tout le recueil est aussi empreint d’une souffrance, mais pas d’une souffrance romantique de convention , celle de quelqu’un que le malheur et la tragédie de sa famille et de son peuple ont touché, souffrance aussi des incompréhensions du monde et de l’amour.
Oui je couds
Je cours mort
Il est vrai que le vent m’emporte en exil.
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A travers cet univers, est souvent évoqué l’appel d’un autre monde , le désir d’un départ.
Je t’emmènerai là-bas
Où les outardes étendront leurs ailes
Rien non plus de statique dans ces textes : tout se transfigure, et le lecteur à l’impression étrange d’un texte d’animation, comme il existe des films d’animation (anima étant le souffle vital qui donne la vie et le le mouvement )
Sur la tige de l’amour
J’ai vu des rouges à la place des noires
J’ai vu des blondes la place es brunes
Le texte convie à cette mouvance, à ces émotions diverses et essentielles .Laissons-nous porter !
Jacqueline FISCHER
Selmy Accilien Sur la tige de l’amour, Quand le temps est en vertige éditions du Pont de l’Europe. Pour acheter le recueil : editionsdupontdeleurope@orange.fr
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fréquentation
- Le 02/06/2016
D'après Google Analytics, mon site est fréquenté par quelques centaines de personnes tous les mois et même visiteurs fugaces qui quittent tout de suite (la majorité) - , je les remercie; Je n'en tire ni gloire, ni profit, mais personne n'aime écrire dans le désert .. ou presque. Ce site est fait dans un désir de partage et le partage sans écho, ni retours, même s'il est existant, est très dur. Frustrant.On se demande au moins une fois par mois dans les bonnes périodes, plus en cas de coup de blues : pourquoi et surtout pour qui continuer.
Je remercie les 35 à 40 personnes qui passent d'une à dix minutes sur mon site. C'est déjà pas mal vu la durée d'attention moyenne virtuelle.
Mais ma tendresse et mon amitié va surtout -qu'on ne m'en veuille pas !- à ces 3 à 7 inconnus qui passent de 10 minutes à une demi-heure sur mon site et ce, régulièrement . Ce n'est peut-être pas les mêmes, mais le chiffre reste constant . Alors je les remercie : tous me donnent envie de continuer, mais ceux-là , mes endurants et mes fidèles, plus que les autres encore.
Je ne suis pas complaisante : je ne cherche pas à séduire un public , ni à le "fidéliser" ; je l'ai dit : je n 'ai rien à vendre.mais beaucoup à donner. Las : ce qui est gratuit se dévalorise de soi-même .
Je tiens pas non plus à forcer un intérêt en simplifiant ce que j'ai à dire de complexe.
Alors voilà : merci à ceux et celles qui me suivent, m'accordent un peu de leur temps que je sais précieux .Mes inconnus, de loin, je vous salue amicalement ! Et un merci de plus au deux ou trois très fidèles qui se reconnaîtront et me communiquent de temps à autre -en privé- leur ressenti sur mes publications. Le désert n'est plus désert où un seul coeur bat.
offrande
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Street art et art textile
- Le 27/05/2016
- Dans opinions
Depuis quelques années se dessine une tendance à investir la rue avec des oeuvres d'art textile : tricotées, crochetées ou même parfois peintes, témoin une artiste qui reproduit sur un trottoir un motif de dentelle géant.
J'ai moi-même participé en Belgique à deux manifestations de cet ordre, où on m'avait aimablement conviée . Et j'ai beaucoup apprécié !
La grande lessive en 2013Je le précise pour que ce qui suit ne soit pas pris pour un refus figé et conservateur psycho-rigide. Je trouve que c'est une excellente chose de montrer l'art textile ailleurs que dans le cadre domestique, le temps d'une prise de conscience qu'il existe, tout simplement.
Cela me réjouit donc et en même temps je m'interroge.
Ce qui est montré doit se plier aux exigences, précisément de la rue et du plein air, ce qui évidemment réduit un peu le champ des matériaux utilisables.C'est une contrainte à laquelle j'ai aimé me plier, pour sortir justement de mes habitudes, sans les renier pour autant.
Ensuite dans les oeuvres que je vois il y a souvent des sortes de poncifs géants en couleurs primaires, sans doute parce que la situation en extérieur ne permet pas la délicatesse et le fragile.Les matériaux qu'on peut utiliser doivent tenir le coup au vent, à la pluie, aux pollutions . Eventuellement au "tripotage". Voire aux déprédations.
Et justement c'est là que pour moi le bât blesse : c'est que censée mettre en valeurs nos arts, l'expérience en relègue toujours une bonne partie dans les tiroirs : tout ce qui n'est pas assez solide (voire fait grossièrement) , tout ce qui n'est pas de grande taille, tout ce qui n'est pas exposé en milieu citadin, bref on suit toujours peu ou prou les valeurs en vigueur imposées par l'époque. Le regard ira-t-il de l'extérieur vers l'intérieur (les oeuvres non exposables de cette façon ) ? Rien n'est moins sûr.Bref on est toujours dans l'optique arts majeurs-arts mineurs d'autant plus la définition même des arts dits mineurs touche toujours à la position par rapport à cette problématique : extérieur (c'est grand-noble et si longtemps réservé aux hommes) et intérieur : c'est petit, sans autre valeur que "décorative" . Je me suis toujours étonnée qu'on refuse de considérer que même dans le choix de motifs décoratifs, il puisse y avoir une expression personnelle et authentique. Tout motif déjà peut se lire comme une écriture ...
A partir de là montrer en extérieur des travaux d'art textile adaptés c'est éminemment louable, mais ça ne résout aucunement ce problème de relégation, le regard absent vers ces oeuvres en version intérieure,qu'on n'essaiera pas forcément davantage de connaître vraiment. J'y adhérerai sans rserve si cette tentative louable, je le répète, amène à mettre aussi des oeuvres textiles à côté des tableaux dans les musées Beaux-arts ...Je doute que ce soit le cas !
Je songeais regardant le motif de dentelle peint devant lequel posait fièrement une jeune artiste, à une merveille vue en 2004 au musée de Bayeux , fait par une créatrice dont je n'ai retenu que le prénom : Brigitte . Il s'agissait bien d'une création d'une grande subtilité, pas d'un poncif simplement exécuté,et qui évidemment ne pouvait être exposée aux intempéries et chronophage ( il faut aller vite , aussi ) . Et je me disais que la seconde avait beaucoup plus de chances d'être oubliée de la postérité que la première artiste et que pourtant la subtilité de son oeuvre et le travail requis -qui n 'était pas que de la seule virtuosité fabricatrice, mais une technique difficile mise au service d'une expression remarquable, aurait mérité qu'on s'y arrête et qu'hélas toujours pas de livres qui recense artiste par artiste ce qui se fait puisqu'on l'a classé abusivement "artisanat" d'art sans mouvements, sans démarche voire sans imagination . Ce n'est pas non plus du contemporain conceptuel et le moindre ramassis de fil informe adorné d'un beau discours philosophique aurait, lui aussi, plus de chances d'être remarqué et gardé .. On me dira on ne doit pas comparer, la visée n'est pas la même . Soit, mais ça me chiffonne quand même ; non pas toutes ces tentatives pour faire du street art plus ou moins textile, mais le fait que ça ne rend pas pour autant plus visibles et plus appréciées les merveilles délicates des artistes sans nom ...
Ces mouvements ne sont pas sans me rappeler le mouvement Pattern painting que j'ai souvent évoqué et qui s'appuyait sur les poncifs -motifs empruntés aux artisanats, dans une visée aussi de réhabilitation . Seulement, si les artistes ayant adhéré au mouvement sont dans les livres d'art, et les encyclopédies, tous ceux et celles qui ont créé en deça et au delà n'y figurent toujours pas, la réhabilitation on l'attend toujours ! Et le pire c'est que ça semble normal à tout le monde et que lorsqu'on évoque ce sujet on rencontre une indifférence phénoménale , une fausse attention polie (cause toujours c'est ton dada, mémère !) ou des sourires un peu ironiques. Alors une fois de plus, je demande qu'on aille y voir qu'on vide aussi les fonds de tiroirs de greniers et qu'on s'interroge . Pourquoi de l'art d'un côté et des chiffons négligeables de l'autre ?? Qu'on mette en regard les arts dits majeurs et les arts dit mineurs, ce que je fais parfois à la salle des machines.Sur cette photo, un quilt abstrait du XIX siècle antérieur à l'oeuvre de Paul Klee. ebvidemment la première oeuvre, cataloguée "art mineur " ne figure pas dans les histoires de l'art général puisque ces oeuvres en sont exclues comme étant décoratives. Est-ce si différent ?
L'architecture est un des Beaux-arts mais l'architecture intérieure elle est reléguée au rang d'art mineur. Décoratif est devenu progressivement synonyme de superficiel, sans imagination, superflu même. Il y aurait aussi le Beau réservé à une sorte de caste et le juste "joli" -le mot qui tue- pour ce qui sort d'imagination différentes et non formatées , côté délicat et nuancé on est sûre d'être cataloguée "joli" le Beau c'est exclusivement le fort ce qui tape à la gueule (pardon à l'oeil !) . L'extérieur donc est le domaine des hommes, l'intérieur assigné aux femmes. . Mais déjà tout ce qui est fait et doit rester pour des raisons de conservation protégé (on ne met pas non plus une peinture dehors , encore moins une aquarelle sous la pluie !) , l'intérieur ne devient artistique si c'est un lieu consacré à (galerie- musée ) voir édifice religieux . On a l'impression d'un culte dont les vernissages sont les cérémonies ...Qui a besoin de grands pêtres : commissaures d'expositions, décideurs divers, critiques , ce donne drroit à être pris au sérieux ! .Tant pis pour qui n'a droit ni à l'un, ni à l'autre ou ne souhaite pas se soumettre au protocole admis .Tout ce qu'il ou elle pourra bien créer sera nul et non avenu et l'intérieur des maisons reste un lieu à reconsidérer à cet égard. Je ne parle pas d'une jolie décoration style "maison et jardin "mais des oeuvres qui sont par force ou par choix personnel assignées à résidence. C'est tout différent.
Et puis, rêvons un peu ...
J'ai eu envie à côté et de façon complémentaire de créer un mouvement intitulé cas'art , de casa la maison et de toutes ces choses qui sont créées pas forcément en objets "utiles" mais pourquoi pas aussi des objets utiles puisque le design est un art à part entière, que le ready made est déjà de la vieille histoire .. Un lieu de reconnaissance artistique et non seulement autre qu'historique et patrimoniale, pour ces créations qui qui sont beaucoup trop fragiles pour être exposées dehors dont la maison (pourquoi la maison est-elle à ce point un non-lieu artistique adéquat ?) Avoir un lieu au moins virtuel centralisant les artistes oeuvres , leurs parcours ...: qui a fait quoi et comment ? Renseignements à donner : avec quelles techniques quels matériaux, quand , avec quelle visée ... collecter aussi les recensions sur quand il y en a eu - c'est le cas de celles qui exposent mais on peut créer dans a maison des merveilles pas juste jolies, sans avoir le désir d'expositions officielles et mondaines ...- et en osant enfin combler ce fossé creusé absurdement et artificiellement entre le soi disant "traditionnel" et le soi disant "contemporain" . juste cela : des créations et des artistes présentées , au sein d'une oeuvre et non une série d'ouvrages qu'on explique pour l'imitation éventuelle.Il ya beaucoup de parcours individuels éclatés , des groupes qui fonctionnent un peu comme des chapelles, mais il n' y rien qui regroupe globalement ces arts cachés de fonds de tiroirs.
S'il y avait d'aventure des personnes intéressées qu'elles me le fassent savoir , nous pourrions en discuter, voir si c'est faisable . .Je précise une fois de plus : je parle de créations (ou d'interprétations libres et avec source reconnues- interpréter ce n'est pas mettre du rouge à la place du bleu ou changer une bordure c'est métamorphoser le point de départ - )non de modèles exécutés à la lettre ou de très près d'après revues ou en kit . Sauf si c'est la créatrice du kit ou du modèle qui se manifeste . .Et c'est là, je le crains que ça risque de coincer. Je connais bien les us et coutumes de nos milieux textiles .
Mais tant pis : je tente. Silence réponds-moi !
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La grande parade 3
- Le 25/05/2016
- Dans présentation
Comme promis, un regard de plus près sur quelques panneaux.
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La grande parade -2
- Le 18/05/2016
La grande parade - 2
Considérant donc ces étoffes qui évidemment n'étaient pas faites "pour le patchwork", c'est à dire pas faites pour être mises ensemble dans une surface ,mais pour créer des vêtemnts Haute-Couture, d'époques et de styles très différents, avec des graphismes particuliers,de très grands motifs,; des contrastes parfois violents, très "typés" pourrait-on dire , J'ai cherché une idée qui leur donne à la fois unité, en respectant leur variété, leur côté caverne d'Ali-Baba .. C'est leur aspect, il faut le dire un peu "clinquant" parfois -on pourra dire "bling bling" mais qui m'a évoqué ces parades des cirques de mon enfance, avec fanfare et coups de cymbales...
J'ai d'abord cherché un plan qui me permette de mettre en valeur les motifs des étoffes, restant en admiration devant le travail des créateurs "premiers" , même s'il s'agit d'essais et parfois de "ratés" . J'avais toujours à l'esprit ce qu'il a fallu d'inventivité et de travail -souvent pénible- pour que je puisse, moi tenir ces étoffes. Et j'ai opté pour des lignes droites et simples et une surface modulable où les éléments étaient interchangeables, avec des surfaces assez grandes pur y inclure les motifs de plus grande échelle . Ensuite pour chaque panneau , j'ai choisi un schème de couleur allant du presque monochrome, à la polychromie parfois délirante sans complexes.
Chaque futur panneau a été plié sous forme de petit rouleau et numéroté.
Le travail technique a surtout consisté à stabiliser les étoffes : doubler les voiles notamment de coton uni . Et comme une quarantaine de panneaux étaient prévus, ce fut long !
En fait pour le moment seuls 24 sont achevés. Mais c'est suffisant pour une première édition . Donc à l'automne 2015 j'ai finalisé cette première série .
Et en mai 2016 un jour de grand beau temps j'ai déployé en plusieurs fois ces panneaux dans mon jardin . Exposition donc pour les nuages, les oiseaux ..pour le moment mais bien sûr outre que les photos sont partageables, j'espère bien étaler mes chiffons somptueux pour quelques visiteurs : concept d'exposition champêtre in situ et à la demande ... Et s'il pleut , la salle des machines est équipée d'un fil pour pavoiser ...en couleurs .
Idée que l'art peut exister même en dehors de tout regard officiel qui avalise, adoube et sanctifie. Je ne suis d'ailleurs pas hostile au principe d'exposer ces surfaces officiellement, si d'aventure on me le propose :-)., ce dont je doute.
Pas officielle donc mais bien réelle avec panneaux tangibles pour qui veut venir les voir et toucher, autour d'un café ou d'un thé comme d'habitude, l'exposition est donc déclarée - quand même- officiellement ouverte ce jour 18 mai 2016. Et ce, pour le temps que je trouverai des personnes intéressées à la voir.
Le détail des panneaux , du moins de certains pour ne pas lasser sera ajouté dans un troisième article.
NB : Dans mon esprit cette mise en scène aurait dû être synchronisée à la sortie de mon second livre consacré à ces belles soies. Mais outre qu'écrire un livre à contre-courant de ce qui se vend en la matière quand on est hors circuit art textile officiel reste une gageure , à la fois boudée par les "traditionnelles" et regardée avec dédain ou condescendance par les vraies artistes textiles qui font du vrai contemporain conceptuel novateur ... c'est dur dur .... c'est la rançon de l'indépendance que j'ai choisie, je ne m'en plains pas . L'énergie m'a manqué pour mener tous ces projets à bien alors j'ai privilégié la création, n'étant guère encouragée par l'idée d'avoir du mal à caser mes exemplaires, outre que l'aspect financier de l'entreprise joue aussi : je ne suis pas Crésus ... (ne pas compter trouver un éditeur si on ne fait pas du "pratique à copier" , ou si on ne hante pas les salons de vente de loisir créatif , donc si livre il y a, ce sera plus tard et seulement si je rencontre assez d'adhésion pour que ce soit viable. Je précise pour les adeptes de la pensée positive que la lucidité sur ce que je fais est réalisme et non manque d'espoir ou de courage.
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La grande parade - 1
- Le 16/05/2016
I. L'histoire de la collection
A la fin de l'année 2004, j'ai acheté sur un site d'enchères en ligne un lot d'échantillons issus des rebuts de la maison, Abraham, qui fut fournisseur de maints grands couturiers. Récupérés tout à fait licitement , je le précise, par un employé, dans les années 60 à 80 -peu de tissus étaient datés...
Certains portaient le logo ou le nom du couturier auxquels ils étaient destinés et beaucoup notamment l'abréviaion LAC pour Lacroix - ce que j'ai compris pour avoir trouvé le nom en entier plusieurs fois...
Les inscriptions techniques sur ces morceaux soigneusement découpés ont été le point de départ de la série Stigmates. Un autre quilt comme le Manteau de Flore a été construit quasiment exclusivement avec ces étoffes à l'exclusion du fond.
Bien que comportant parfois des défauts -d'où leur mise au rebut- ou étant des essais de teinture ou tissage, la plupart des étoffes étaient magnifiques, un vrai rêve de mille et une nuits et au fil des années j'ai récupéré tout ce que je pouvais de cette merveilleuse collection. Je me souviens de l'émerveillement au déballage quand me parvenait un carton ... et puis toute la "manutention" autour était elle-même une joie défroisser, trier, et déjà associer du regard, et ressentir ce que je nomme les visions de ce que je pourrais créer avec toutes ces merveilles.
Parfois je n'avais qu'un tout petit fragment d'une étoffe et parfois un grand morceau, j'ai aussi récupéré pas mal de bandes . Caprice a été fait en, grande partie avec ce "matériau" :
Naturellement, j'en ai glissé aussi ça et là dans beaucoup de mes surfaces en cours (et aujourd'hui encore) , j'en ai donné aussi et échangé selon la coutume des textiliennes !
Malgré tout devant l'abondance de ce stock, j'ai eu le sentiment que j'aurais du mal à tout utiliser, même un bout de chacune de ces étoffes et notamment de merveilleux voiles en mousselines de soie brochée et avec du lurex et avec lesquelles j'avais déjà composé le panneau Cocktail (offert depuis à l'ami qui m'a vendu cette merveilleuse collection ..à prix d'ami, justement !)
Alors l'idée m'est venue de ce que j'ai nommé La grande parade ( à suivre )