Articles de textpatch

Michel henry carte 001

Rions un peu

Par Le 02/09/2019

Ecrit hier sur Facebook dans une discussion pour expliquer une fois de plus que non je suis pas malheureuse dans ce que je crée, mais côté compréhension et  regard sur voilà ce que parfois, souvent , trop souvent  ça donne :

Petits sketchs :

- Ah vous écrivez ?

-Oui .

- Vous publiez chez qui ?

-Euh,  suis auto-éditée .

Gros silence  :-)

ou bien:

- T' as publié un livre ?

-Oui, même plusieurs .

- Tu en as as vendu combien ?

- Ben euh,  20 .

-Ah bon (sourire gêné, comme si on venait de déclarer une maladie grave !) ) .

Note pour plus tard toujours répondre : " quand on aime on ne compte pas " . Un truisme reste encore une bonne panade euh pardon parade !

  - Vous êtes artiste textile , comme c'est intéressant , vous faites quoi?

- Du patchwork

- Euh ?

- Des tapisseries en tissus assemblés .

- Ah oui c'est comme du tricot, quoi ... .

Tu es peintre ?

-Non, je peins sur écran c'est de l’art numérique .

(grimace garantie)

-Ah oui c'est le logiciel qui fait tout  , alors

varia nte plus récente : ah oui c'est généré par une IA quoi !

 

 Toute une vie comme ça , ou tout au moins plusieurs décennies, à entendre les mêmes choses, c'est vrai, mieux vaut en rire n'est ce pas  ? .

Mais demander qu'on comprenne que ce n'est pas si facile à vvre n'est pas "se plaindre" , c'est juste rappeler une réalité . Qui ne le vit pas jour après jour sur tant d'années   ne saisit pas combien ça peut être lourd, usant (et ce, dans les trois domaines où je crée ) même si je ne me décourage jamais. 

MAIS le mais est de taille :

 Le corollaire c'est peu de lecteurs peu de public pour les oeuvres d'art textile et numérique  mais ..des personnes RARES rares à tous les sens du mot et que je voudrais une fois de plus remercier. Elles sont rares , mais je ne saurais les citer toutes. Elles se reconnaîtront avec mention spéciale à l'âme du philosophe Michel Henry dont les encouragements venus à mes débuts m'ont tant aidée .J'ai publié ici sa carte comme un viatique spirituel, et aussi,  car je sentais un doute quand j'en parlais. Avec hésitation, ce n'est pas trop dans ma façon d'être de faire cela, moi il me suffisait de le savoir. Mais publier quoi que ce soit implique un public et le public, lui, a besoin semble-t-il de caution pour se faire une idée  même de ce qu'il ne lira regardera jamais.  Dit sans amertume. Je me borne à constater des faits et un fait c'est têtu. Moi aussi !

Dans opinions
Oblique3 jacqueline fischerjplus dessinpg

Impressions , motifs, langage : une autre lecture des patchworks-quilts

Par Le 27/08/2019

Etant classés objets décoratifs -utilitaires les patchworks   ou quilts géométriques à base de motifs réguliers sont rarement analysés pour ce qu'ils sont d'autre !  C'est à dire des surfaces dans un art particulier, qui pourrait s'étudier  -si toutefois l'art d'assortir les étoffes imprimées n'était pas, précisément évincé des recensions de la sorte puique non-art aux yeux de la plupart (occupe doigts,  loisir, hobby etc .).

Je voudrais évoquer ici une élaboration qui n'est pas de "couture" ni  de divertissement pour passer le temps. Mais un travail spécifique à un art.

Au départ donc une composition  

Cette composition je l'ai souvent préférée géométrique, justement pour permettre d'autres lectures. Un foisonnement dans un foisonnement ça se remarque mal tandis qu'un foisonnement dans une structure stricte parle tout autrement. C'est donc un choix d'expression personnelle, non un choix "pour faire du traditionnel" .

Il y a un premier jeu de lignes et de bâti . J'aimerais qu'on le regarde comme un plan d'architecte ;  par exemple le carré de base nommé "bloc"  peut se modifier par ajout ou suppression de lignes , se déformer, être utilisé avec des tailles différentes , être associé à un ou plusieurs  autres, étiré, inclus dans un cercle, un cadre , disposé sur la pointe  ...  Par exemple je peux partir de ce "bloc" qui ,on l'accordera est simplissime ,   c'est juste un point de départ :

 

Bloc demo

Avec ce bloc j'ai construit ce plan -ce qui est déjà, j'espère qu'on me l'accordera, un travail personnel, non négligeable et d'autant moins qu' à ce stade on le pense déjà parfois  et en couleurs et en textile et en faisabilité "couturière" :car tout cela devra être mis en oeuvre pour obtenir ce qu'on appelle un patchwork ou un quilt (si c'est matelassé )

Plan quilt demo

Mais très exactement avec le même point de départ , j'aurais pu tout aussi composer ainsi et je vous épargne les dizaines d'autres possibilités .

Demo plan quilt 2

 

 

Ce plan en lui-même n'est évidemment qu'un guide, une structure, une armature .Ce n'est pas un art textile en lui même on pourrait très bien le peindre ou faire une mosaïque un vitrail ou une marqueterie. Ou du papier collé. Cela reste toutefois un travail personnel.
Il va falloir ensuite le faire vivre en'étoffes. Je dis faire vivre  pas colorier.C'est vraiment tout autre chose.

Revenons donc à ce qu'est le patchwork depuis ses origines quand il est textile . Il est assemblage de tissus différents.Il a toujours eu ces deux valences quasi contradictoires : celle de récupérer des étoffes pour les réutiliser à une époque où le tissu coûtait très cher =, l'autre étant au contraire de montrer la richesse ( "je suis riche puisque je peux m'offrir plusieurs étoffes souvent précieuses pour faire mon vêtement.) .

Ambivalence sur laquelle déjà on n'a guère réfléchi , le côté récupération étant tendance actuellement  pour faire à la fois "arte povera" et ecolo . En réalité une grande majorité de quilts est aujourd'hui faite avec des tissus spécifiques spécialement "créés pour l'usage", l'aspect commercial par derrière n'est pas négligeable, mais  c'est surtout l'idée de "lavabalité" et de facilité à ajuster les montages délicats de cet art . Il existe maints designers qui créent des gammes en fonction des kits ou modèles qu'ils vendront et qui seront imités à x  exemplaires  ce qui n'aide evidemment pas à un regard sur la création originale de celles qui ne font pas ainsi et ont des tissus assemblés un tout autre abord. Ce qui est mon cas .

On peut user de tissus unis et dans ce cas , cette architecture simple et les couleurs qui vont parler- . J'ai une grande admiration pour les quilts  gallois,  Amish et ceux  des Modern quilts  unis, simples sans tomber dans le simplisme ou le procédé.

Mais pour moi dans ces quilts si le graphisme du plan et couleurs et valeurs  parlent, le tissu se tait ou presque ;  en papier on aurait quasi exactement le même effet . On en voit tout juste le tissage souvent discret comme dans tous les calicots fins "spécifiques" ou les lainages fins. Sur ces quilts qui en sont à proprement parler (quilter veut dire matelasser) c'est les motifs de matelassage qui jouent le rôle de seconde lecture graphique .

J'ai rarement travaillé avec des unis seuls, sauf quand ils comportaient une texture particulière dentelles par exemple la texture offrant des touchers différents , et des dessins visibles comme par exemple dans ce  patchwork dentelles décalées où la variété des textures a remplacé celle des motifs. La lecture de ces 'signes" tissés  reste cependant plus tactile et moins visuelle que dans l'usage des imprimés .

Dentelles decalees art textile jacqueline fischer 2

 

Quand y ajoute les motifs sur les étoffes on choisit ses étoffes comme une sorte de vocabulaire . Les motifs m'ont toujpurs fascinée  , quels qu'ils soient. Sans me soucier des règles du bon goût ni  de l'esthétique souvent enseignée justement dans un but décoratif, je les ai toujours  élus par rapport à que moi je voyais et voulais signifier avec eux . Sans me soucier du reproche de 'trop chargé" qui évidemment n'a pas manqué de m'être fait . Mais une forêt n'a jamais trop d'arbres, un jardin trop de plantes et un texte trop de mots .Donc mes surfaces n'ont pas pour moi "trop de tissus, tropd de motifs trop de couleurs".

De plus j'aurais trouvé ennuyeux d'assembler vingt fois le même carré avec le même tissu au même endroit ou un tissu analogue, ce que  je voulais c'était justement que ces motifs contruisent quelquee chose,de particulier qui corresponde à une vision en moi . En plus des couleurs et valeurs (on me dit bonne coloriste cependant) mais la couleur pure sans cette forêt de signes, ça ne m'allait guère.

Pour montrer qu'on pourrait lire les quilts ainsi aussi j'ai donc passé certains détails en image numérique façon "sketch" . On voit bien que le plan initial seul ne parle pas , et que même en l'absence des couleurs les motifs eux tracent tout un réseau de codes, de correspondance sans  eux mes quilts seraient des quilts mais ce ne serait pas ma voix ni ma voie c'est eux qui la portent et c'est aussi ce qui différencie le plus mon art le patchwork des autres arts de mosaïque  et evidemment de la peinture . Il faut  que ce soit lisible de près et de loin il faut que chaque découpe puisse se lire comme une page. C'est ce que je veux, c'est ce vers quoi je tends. Pas vers un joli travail avec de jolies couleurs .

 

Choix de guillaume motf detailIci le choix de Guillaume dont le plan a été tracé par mon second fils quand il avait huit ans , vu  sous cet aspect(en couleurs il est dans l'index)

ou encore ce  Feuilles en folies :

Feuilles en folie detail motifsLà les motifs de feuilles et branches imprmées créent des motifs secondaires en écho aux feuilles "géométriques" et si on regarde attentivement on verra que les lignes de matelassage réalisé par Simone Struss ajoutent cet effet de tourbillon de vent que j'avais souhaité .

Il est donc pour moi ou plus exactement il serait important pour moi (et sans doute quelques autres) qu'on apprenne à regarder cet art méconnu pour ce qu'il est :  un art où les tissus jouent de tous leurs atouts , l'impression des motifs en étant une et non négligeable ; surtout quand on essaie d'harmoniser une variété considérable de motifs en plus des couleurs et nuances . Avant de dire : c'est facile, essayez!

Car évidemment tout cela va jouer ensemble : le choix du plan initial , le choix des textures -s'il est signifiant, les couleurs, les valeurs (qui sont ce qu'on regarde le plus forcément) et mes chers motifs et leurs combinaisons, les oubliés de l'histoire. 

 

Un blog à visiter absolument !

Par Le 22/08/2019

 J'ai souvent parlé des ouvrages de dames et de l'image péjorative qu'ils généraient côté Beaux-arts et  grands arts,  des ricanements aussi de l'idée que c'était incompatible avec l'imagination et la création, que c'était aussi le symbole d'une certaine aliénation de la femme au foyer.

Ce blog absolument remarquable prouve que ce n'est pas simple, ni simpliste. Outre qu'il est incomparablement documenté, écrit de manière limpide, il offre des articles  passionnants  illustrés par des photos de très grande qualité.

Il vous fera découvrir entre autres choses des cahiers de couture, des samplers, mais ce qui est plus important à mes yeux, il interroge remarquablement sur ce couple aliénation/ asservissement par la couture et les travaux d'aiguilles "imposés" et l'évasion, aussi , qu'ils représentent (ce que le patchwork a si bien montré puisque, que comme le souligne Claude Fauque, il "désobeissait" .)

Le  blog  allie le passé et le présent par les ouvrages actuels perpétuant et renouvelant la tradition qui sont d'une beauté souvent à couper le souffle. même pour moi qui ne suis pas une adepte de la perfection (j'ai expliqué pourquoi), ça ne m'empêche pas de l'admirer quand je la croise !

 Si vous avez un moment allez lire même si comme on me dit souvent "je  ne couds pas alors ça ne m'intéresse pas" -je ne peins pas et l'histoire de la peinture me passionne . Dépaysement garanti et rinçage essorage des idées reçues à ce sujet, aussi . Merci à l'auteur Sylvaine dont je ne connais que le prénom pour ce si beau partage.

Lien ves le blog Ouvrages de dames

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Série faux semblants

Par Le 18/08/2019

La série faux semblants est venue d'une idée simple expliquée  sur le site d'art-up galerie en ligne , du temps de son fonctionnement 

Je reproduis le texte qui expliquet la démarche :

Faux semblants : de vrais -faux objets textiles.

Au départ sont des ouvrages textiles parce que  c’est en matière de création ce que je nomme ma « valence » première .
Ensuite, une photographie  souvent de détail de ces ouvrages textiles . Ces photos ont été prises soit pour illustrer mon livre Jeux d’étoffes, soit pour la parution en revue ou en album d’images.
Ces clichés  ne se veulent pas photos d’art, mais généralement ils obéissent quand même à une esthétique de composition et à des impératifs de netteté.
L’objet représenté est primordial pour l’étape suivante,  j’entends par là que sa qualité de réalisation influe aussi sur le résultat final. La disposition des points en broderie notamment, tous les choix de couleurs, textures, motifs et formes qui ont  présidé à la réalisation de l’objet « premier » sont importants. Si je le souligne c’est parce que cet objet premier dans un art premier (parfois au sens primitif du terme) va être très vite « oublié » et aura du mal à être perçu, lui, comme une oeuvre d’art.
Sans cette filiation (sans jeu de mots !) aucune de ces images n’existerait comme telle. Ce travail manuel et réel préalable du fil et du tissu est pour moi fondamental, au sens propre du terme.

J’ai eu l’idée de retravailler  ces clichés avec le filtre d’un logiciel de retouche de photos,
Le travail numérique consiste à régler des paramètres et à faire des choix , pour un détail donné il existe des centaines, voire des milliers de métamorphoses possibles. C’est à ranger techniquement dans la catégorie photo altérée.
C’est comme une photo de quelque chose qui n’existe pas, mais qui pourrait exister.
 D'où le titre de faux-semblant.
Images de nouveaux possibles  ou de nouveaux impossibles .
 Certaines semblent vraies c’est à dire qu’on pourrait faire croire qu’il s’agit de la photo d’un vrai objet existant vraiment  (et l’image en contient une part) et ce n’est que partiellement faux puisque le point de départ est réel -mais différent, D’autres s’éloignent davantage vers des effets graphiques où l’ouvrage de départ disparaît  quasiment. Les deux possibilités sont intéressantes. puisqu’on joue sur  l’écart entre la proximité et l’éloignement, entre réel et illusion comme avec les fonctions focales des filtres.
Comme  à chaque fois dans un travail d’image numérique, existe l’ouverture vers ce qu’on pourrait en faire d’autre. Il n’est pas interdit (et je l’envisage pour certaines) de les imprimer sur étoffe et de les réintégrer à un nouvel ouvrage qui mêlerait alors le faux-semblant et le vrai textile et ainsi de suite, créant une composition potentiellement  en abyme.
C’est aussi une réflexion sur le temps d’exécution d’une oeuvre. Il existe en effet une distorsion entre la lenteur du travail manuel de la brodeuse ou de la quilteuse , et la rapidité du travail numérique, écart que l'on retrouve aussi entre une conception calculée,  travaillée voire contrôlée et le jeu avec un certain heureux hasard.(même si le travail sur l’image numérique ne saurait être réduit à cela).
C’est très différent de mes autres images  numériques où le plus souvent je crée tout à partir d’un écran blanc et des différents outils à ma disposition. de manière souvent beaucoup plus complexe. Ici je ne  cache pas que le travail numérique à proprement parler est basique .
 Ce sont des oeuvres de passage. Des  oeuvres totalement hybrides entre deux arts qui n’ont guère de lien dans l’esprit des spectateurs éventuels. On peut même dire qu’elles ne s’adressent pas au même public, elles ne provoquent pas du tout les même réactions, les mêmes regards en milieu artistique.
 Hybrides aussi en ce qu’elles relient un art ancestral, un matériau des plus anciens :  le tissu fondé dans sa structure sur le numérique,  et des techniques récentes sinon nouvelles.
Passage entre le réel et le virtuel qui se voudrait aussi conciliation , et réduction de l’exclusion que je persiste à trouver injuste des ouvrages faits selon les normes de l’artisanat d’art , entre la  « belle ouvrage » et l’absence de manipulation (c’est à dire au fond entre deux reniements des activités que  j’exerce : l’une étant parfois rejetée comme superficielle et purement décorative, et la seconde parce qu’elle céderait à la facilité du  « tout en deux clics .. ».)
C’est donc une  invitation, aussi, à regarder autrement .A interroger la notion de vrai et de faux, d’artificiel ou de factice. A réfléchir sur le rapport entre le temps mis à un ouvrage, le travail et la « valeur »., sur l’importance de la lenteur de l’élaboration et le plaisir quasi enfantin  de l’immédiateté .
Travail d’illusionniste où la tricherie est honnête, le trucage avoué. Il ne s’agit pas de  « faire illusion. »

A l'heure qu'il est et quelque huit ans plus tard le impressions sur tissu n'étant pas satisfaisantes, j'ai donc laissé cette série à l'état virtuel sur écran, comme les autres elle peut être complétée à l'infini.


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Série Triangulations

Par Le 16/08/2019

 Comme l'index de mes oeuvres et ouvrages  montre mon travail  de façon alphabétique , ce qui en accentue le côté on va dire "éclectique" (il faut bien de temps à autre être indulgent envers soi-même !) , j'ai décidé de présenter ici soit des oeuvres qui peuvent se regrouper par thèmes , soit des séries , soit des regroupements par techniques

 

Triangulations , c'est une idée qui m'est venue à partir d'images numériques personnelles (il y a donc tout un travail préalable de composition de ladite image qui n'est pas une photographie altérée ) à laquelle j'ai appliqué un effet de triangles (qui se règle lui aussi ! rien n'est automatique, ce n'est pas fait en deux clics.) Et précisément, il me fallait obtenir un équilibre entre la géométrie et le dessin  abstrait au centre de la composition .

 Ensuite certaines images m'ont semblé adaptables en art textile et numérique donc , moyen pour moi d'utiliser des échantillons assez épais puisque j'ai travaillé sur un fond. Le plus grand plaisir c'est toujours de choisir les étoffes pour "dire" .

Le plus difficile fut d'obtenir une impression corecte et à échelle de l'image numérique, j'ai dû passer par le scanner après impression sur papier et "bidouillé" pas mal pour arriver à un résultat qui me satisfasse.

J'aimais bien cette alliance entre le côté structuré dépouillé des triangles et celui plus évasif des impressions sur soie du centre et l'ide  de maruer eux arts si éloignés dans l'esprit du public : mon cher patchwork rangé côté couvertures, tradition, ouvrages de dame  et les images numériques (qui restent mal connues), deux arts donc sur lesquels au fond  le public non spécialitse   ne sait pas grand chose côté culture générale partageable .

Le tout a été placé sous un tulle  fixé par un point machine large et serré, j'ai rajouté parfois des détails en tissu plié ou broderies main pour rendre tel ou tel aspect .

La série comporte 10  tableaux format  A4 la plupart sont dans les tiroirs ou exposés en salle des machines.

Petits formats donc mais grand plaisir . Il est évident que  je pourrais en faire des centaines d'autres sur ce principe, exploiter le "filon" mais je suis ainsi faite que je préfère découvrir d'autres voies- il en est tant ! .Quand l'envie disparaît, je m'arrête et je passe à autre chose !

Voir les tableaux sur la page suivante.

 

Dans opinions
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Valeurs

Par Le 04/08/2019

Histoire de valeurs
C’est en étudiant l’histoire de l’art textile que cette idée m’est venue.
Tout le monde l’a constaté et des plus savants que moi un art qui émane essentiellement des femmes –et parfois du peuple (les deux c’est une double peine !) - ne peut être prestigieux,, réellement reconnu. On lui concède cependant des qualités ; lesquelles sont liées toujours à une vision de la féminité bien rangée à la place qu’on lui attribue : soin , patience, jolie décoration, manifestation d’amour envers les siens, souci d’économie (ne rien gaspiller).
Toutes vertus qui sous la déferlante du féminisme ont été contestées. Justement, s’il s’agit d’y enfermer les femmes et de borner leur rôle dans la société à ces seules valences. Injustement s’il s’agit de dévaloriser ce qui aurait dû rester des valeurs et ce, détachées du genre de qui crée ou conçoit .

Donc dans cet art textile tel que je l’ai vécu et le vis encore , je vois les hommages et les plus grandes reconnaissances à aller soit aux hommes qui sanctifiant automatiquement ce qu’ils touchent (grands brodeurs, grands couturiers )ont plus d’aval que la créatrice restée anonyme ou oeuvrant à faire des « modèles pour les autres » en petit en somme, soit aux femmes qui imitent les hommes et ont l'honneur d'être aux Beaux-arts. C'est à dire dans un système hiérarchique patriarcal accepté dont le reste est exclu ou toléré avec condescendance, sauf retour d'une mode .
Or si on considère les œuvres en les détachant du genre de la personne –en les regardant pour ce qu’elles sont et non selon qui les a créées- on s’apercevrait à quel point c’est injuste.
Mon site comporte maints articles qui le démontrent (et ce n'est pas fini !)
Le même phénomène existe aussi en peinture, mais moins accentué car la peinture reste le plus souvent connotée Beaux-arts et non domestique , sauf si le peintre homme ou femme a le malheur de pas user d’un support « noble » comme toile et châssis. La même chose sur une porte d’armoire pfft c’est dévalué .et là la valeur ne tient pas à l’œuvre mais au support et à l’usage (on voit bien que c’est aussi absurde que ridicule, mais c’est)
Soit en imitant les arts définis comme majeurs sculpture et non surface, usage de matériaux comme fil de fer etc qui masculinisent la divine souplesse du tissu (à laquelle moi j’ai la faiblesse de tenir : roseau contre chêne et même contre chaînes , horizontalité souple et non forcément molle et faible contre érection ) ou plus exactement :" à côté de", n’étant ni plus, ni moins mais questionnant ces critères d'évaluation admis.
Au-delà, j’ai réfléchi aussi à cette phrase de la sociologue Evelyne Sullerot : “quand une tâche se féminise elle se dévalorise ,quand elle se dévalorise elle se féminise »
Qui reste malheureusement encore vraie trop souvent.
Et pour que cela change, il faudrait sinon inverser un système de valeurs du moins déplacer la valeur vers l’acte, le fait, la réalisation et non vers l’origine de cette même réalisation. L’essence pas l'emballage, la présentation, le milieu social, le sexe, l'âge qui sont à l’oeuvre et l’acte critères secondaires passant pour primordiaux .


J’en suis venue à l’idée qu’on prenait les choses à l’envers et qu’ayant échoué à revaloriser les subalternes, les obscurs et les sans grades, si on essayait de valoriser la tâche en elle-même, de la regarder autrement que comme négligeable, inférieure, méprisable parce qu’exercée par des subalternes, des catégories jugées inférieures en tout cas.
C’est une logique de castes et nous avons nos « intouchables", partout.
Prenez les fonctions de nettoyage et d’hygiène pourtant éminemment utiles à tous. Et quand je dis utile, on pourrait comptabiliser combien de vies sauvées …Eh bien le mépris qui les entoure rejaillit sur ceux et surtout celles qui les exercent soupçonnés de ne « pas savoir faire autre chose » que ces choses que tout le monde saurait faire, alors .
Ce qui est faux, parfaitement, faux . Il existe pour tout activité une compétence à la réaliser et même une excellence
Qu’on me comprenne bien : je ne suis pas relativiste extrémiste et j‘entends bien qu’un chercheur qui fait des études difficiles que très peu sont capables de faire et comprend ce que jamais malgré mes efforts désespérés je ne saurais comprendre ne soit pas à mettre sur le même plan qu’un génie du passage de la serpillière.(que je ne suis pas non plus !)
N’empêche que les deux ont leur utilité, les deux ont droit au respect de leur compétence (et sinon le monde serait un cloaque !) .
Entre une démagogie qui consiste à dire que tout se vaut et un juste regard sur le : « toute compétence en quelque domaine que ce soit, utile aux hommes, est à valoriser », il me semble qu’il y a voie à réflexion.
Or, on en est très loin, très loin .
On pourrait au moins ne pas mépriser les tâches , peut-être lors le regard sur les personnes qui les exerce changerait .
ça on ne l’a pas vraiment essayé . Un : “OK c’est chiant ,OK on n’aurait pas envie de le faire mais aussi un “ OK bravo à ceux et celles qui le font bien” (avant que des robots le fassent partout – ce qui reste à discuter aussi coût, pollution de ces machines ? )
Juste mes petites idées de Madame Toutlemonde comme ça.
(article publié sur  Facebook)
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tapisserie à l'aiguille : sampler et métrique

Par Le 30/07/2019

La tapisserie à l'aiguille m'intéresse de plus en plus.

 Il existe diverses raisons à cela . J'ai fait comme  beaucoup de femmes de ma génération du canevas et même un alphabet en rouge sur un canevas, à l'école primaire (sans beaucoup d'enthousiasme).

 Ensuite cette tapisserie était assez en vogue dans les années 70 où plusieurs amis (il y avait un homme inclus!) brodaient de grandes réalisations pré -imprimées style Lurçat ou encore scènes de genre dans la tradition des tapisseries dites de Berlin. Au demi-point quasi exclusivement.

ça ne me tentait guère,  comme tout ce qui est remplissage "automatique"de quelque chose que je n'ai ni voulu, ni imaginé  mais  j'ai réalisé sur cartons dessinés par d'autres (une amie et mon mari) deux canevas au demi-point , l'un en laine et l'autre au coton retors. Ils sont encore quelque part, dans la maison 

Le coton retors , c'est pour moi tout un souvenir de lycée. C'était le seul fil qu'on nous donnait pour broder sur de la grosse toile de jute pour des raisons d'économies et  comme je détestais le professeur (qui nous terrorisait !) , j'ai fait une sorte de fixation négative sur ce malheureux fil.

Une amie me donna quelques écheveaux et je m'en servis ça et là , en fils à coucher notamment en bords d'appliqué -il est impeccable pour cet usage, notre coton retors.

  Puis l'an dernier, une autre amie -qui se reconnaîtra!- me propose de m'envoyer un gros stock de ce retors à broder et comme j'avais plusieurs   tentatives de samplers , à des stades divers d'achèvement (ou d'inachèvement , plutôt!) je me dis que c'est sans doute une occasion  de m'y remettre !

Mais me voilà  au lieu de les terminer, selon ma mauvaise habitude, à en mettre un nouveau en route. Entre temps j'avais découvert comme raconté précédemment  les points dits fantaisie . Lesquels sont illimités : on peut combiner des points droits par exemple différemment et je compte bien explorer en ce sens .

 

 

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ces petits carrés délimités (j'aime aussi les samplers irréguliers improvisés , j'en ai un en gestation !)  m'évoquent à la fois les jardins à la française mais surtout le rythme et l'orientation des points qui rappellent le tissage, me semble lié à la métrique, et la mesure du vers ou de la phrase , élément de prosodie  aussi points longs points courts comme les voyelles en poésie.

Quelque chose de très formel contre laquelle  mon âme rêveuse et fantaisiste  se révolte parfois un peu mais qui étrangement l'attire dans le même temps, et si j'y réfléchis un quilt géométrique demande un peu cette rigueur mais lui parle aussi par les impressions sur les étoffes ... à cet égard .

J'ai donc ouvert cette série dite "métrique ".. certes exercices d'entraînement mais également ouvertures vers d'autres "possibles" Et il demeure le jeu des couleurs , l'équilibre des lignes (je choisis les points partie par envie (et si j'essayais celui-là), partie en fonction de l'effet final .et par derrière, je l'espère quelque chose qui se dit .

J'ai écrit ailleurs que, si on ne  reproduit pas intégralement un modèle,  un sampler personnel c'est  une création et une mini-aventure . Certains en points comptés sur toiles qui nous ont été transmis sont de purs chefs d'oeuvre. Cela se compose , s'harmonise , là encore sur différences et ressemblances . Du fil qui cherche à ressembler à du tissu.

Les boutons  c'est pour le plaisir , parce que je les aime et qu'ils se trouvent bien là, à mon avis . plaisir aussi de trouver pour la bordure et doublure juste l'étoffe qui se mariera avec le tout (pas si facile, si on exclut l'uni ).

 

67456782 10214785374734433 4797585190979371008 o 1Un deuxième est presque achevé, depuis le début de la rédaction de cet article . Histoire à suivre, donc ...

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Touches : le livre

Par Le 25/07/2019

Touches, c'est d'abord un objet textes-textiles qu'on peut voir ici

et à la salle des machines, si on passe  par là !

 C'est aussi un livre que j'avais d'abord prévu artisanal , mais j'ai dû y renoncer car les photos des tissus n'étaient pas de bonne qualité avec ma petite imprimante domestique.

 Donc j'ai opté pour une impression professionnelle .

 

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Si on désire se le procurer m'écrire sur chiffondart@aol.com ou via Facebook pour ceux qui sont inscrits sur ma messagerie personnelle..

On peut lire aussi  cette chronique .

 

 

 

 

 

 

 

Premier livre

Le premier livre

Par Le 30/06/2019

Il ya toujours une première fois ... et les histoires de débuts sont souvent plus plaisantes que celles des fins, c'est évident .

Je voudrais montrer ici mon premier livre, non pas le premier que j'ai écrit (mais je n'ai jamais songé à l'époque à chercher un éditeur pour mes poésies dites de jeunesse).

 Nous étions au milieu des années 80, j'avais donc la trentaine,vers son mitan,  et à l'époque , je faisais des rêves que je pourrais nommer de "signifiants" ;  j'entends par là, bien que rêves , ils avaient une certaine cohérence narrative et surtout au réveil, ils me laissaient une forte impression. Je prenais des notes pour en fixer les temps forts , et puis j'allais travailler . Je n'avais alors qu'un enfant , et il était encore petit.  Vie de femme, vie de professeur , vie de mère , mais l'envie d'écrire restait là . Et dès que je le pouvais j'écrivais , à la main dans un cahier que j'ai aussi conservé .

Donc je rédigeais ces nouvelles  en 86 , si j'ai bonne mémoire , sur quelques mois . Je peaufinais pas mal . J'appelais mon recueil Mélodrames à l'eau de rêve,  ce qui est au singulier le titre du premier texte .Signé de mon pseudo  d'alors Lise Alexandre  (oui c'est bien moi) , celui sous lequel mes poèmes  avaient été publiés en revue.

Et puis une publicité dans un magazine  me tenta, c'est fait à cet usage, du reste. Un éditeur parisien qui travaillait aussi, à côté , en saisie de textes , proposait ses services pour faire d'un manuscrit un livre. Pas du compte d'auteur, juste de la fabrication, comme on peut la trouver de nos jours sur les sites d'impression sauf que là je n'avais pas Internet, bien sûr . Ce n'était pas bon marché du tout, à l'époque, mais je décidai de m'offrir cette petite folie .  Il ne m'était pas venu à l'esprit, là non plus, de chercher un éditeur. Du moins pas encore.

Mais je disposais déjà d'un traitement de textes-un des tout premiers, un Amstrad, qui me rendit de signalés services et que bien des années plus tard parce qu'il ne fonctionnait plus, j'ai échangé , contre ... une citrouille. On ne me croira pas, comme toujours, quand c'est vrai.

 Cela n'a rien à voir avec notre histoire, mais ce détail me fait encore rire . Donc  grâce à mon Amstrad , je fournis un beau manuscrit et l'éditeur-prestataire de service me renvoya les volumes (une mince plaquette) dans un nombre d'exemplaires que j'ai oubliés . (sûrement pas plus d'une vingtaine , vu le prix ). Celui qui me reste est un peu abîmé, la couverture a été tachée (j'ai dû renverser du café dessus ) .

Premier livre

Je n'ai pas oublié la joie, quand j'ai reçu le paquet de "mes  " livres à moi, mêlée d'un peu de remords pour la dépense "inutile" que cela constituait.

 Mes collègues et quelques amis (ça ,ça a peu changé!) me servirent de public.  C'était un public exigeant , pas complaisant , qui ne me passait pas grand chose , et c'est très bien comme ça.

 Seulement, il y eut plus, ce que  j'ai déjà raconté ailleurs et de nombreuses fois, mais j'en suis si "fière comme un pou" que je recommence (on n'est jamais si bien servi que par soi-même)  . L'éditeur  avait joint une  carte dont je sais encore les mots par coeur

 "Nous tenons à vous dire que certaines de vos nouvelles sont des chefs d'oeuvre en miniature, et nous aimerions à vous lire en roman (souligné de deux traits) dans le cadre de notre département d'édition ." (scan disponible pour les sceptiques)

 Là, vous pensez, j'ai marché toute la journée sur un petit nuage mais avec du soleil au fond des yeux .

 J'y croyais, que voulez-vous ! On a beau se vouloir lucide, combattre sa vanité en souvenir d'une  éducation stricte à cet égard , on est humain, tout de même.

Mais voilà le roman ce fut La Demeure Mentale , qui fut édité bien plus tard  non par l'éditeur demandeur mais par la LGR . sous mon vrai nom..  ce fut d'ailleurs  une autre hstire, pleine d'espoirs et de déceptions dont j'ai conté déjà les grandes lignes. Ce fut surtout une expérience d'écriture passionnante.

 et là que je suis sinon au terme de ma vie, mais plus de 30 ans plus tard,  avec depuis quelques écrits de plus dont tous ne sont pas des livres matérialisés , parce que  faire ses livres soi-même , c'est un gros travail ..  et que je vais plus lentement et que mes yeux se fatiguent plus vite.

Pourtant j'éprouve toujours cette première joie, quand je reçois  mes petits tirages d'auteur obscur, à tenir un vrai livre voulu par moi dans mes mains . Mais cette joie si parfaite du premier livre est sur le rayon des si bons souvenirs. Le textes eux existent toujours à l'état de lecture  possible et actuelle si on le veut . La plupart ont été publiés sur Facebook dans  la partie Commentaires .

Et si je vous parle de tout ça, ce n'est pas par nostalgie seulement -je regrette du reste pas le passé et n'éprouve nulle envie de revenir en arrière- mais parce que j'ai eu l'idée  aujourd'hui de quelque chose de textes et textiles autour . (à suivre donc, si le projet aboutit ) .

Premier livre ouvert

Dans opinions
Livre broderies d artistes

Femmes de l'ombre

Par Le 16/05/2019

 

Livre broderies d artistesTitre / broderies d'artistes

Intimité et créativité dans les arts textiles de la fin du XIX° au milieu du XX °siècle

Auteur : Danièle Véron-Denise

Silvana Editoriale -cité internationale de la tapisserie d'Aubusson.

2018

en français

 

Livre en trois parties après  diverses présentations, une  partie éclaire avec beaucoup de photos  les notions techniques de tapisserie à l'aiguille (ce qui n'est nullement inutile pour qui ne la pratique pas ou de manière dilettante !) et même les brodeuses confirmées apprendront par exemple l'existence du "point de Nantes",Il est à noter que les applications sur étoffes sont rangées-là ... alors que c 'est tout autant sinon davantage du patchwork (j'y reviendrai car ce point me titille!) .Il  est vrai: patchwork et appliqué sont rattachés tantôt à la broderie, tantôt à la tapisserie . Et le mot "patchwork" continuant de susciter des ricanements absurdes, il est évident qu'il vaut mieux, pour l'aura de l'activité "appliqué" la rattacher à la noble "tapisserie" .

La seconde présente donc les  artistes et leurs  partenaires d'exécution textile  et la genèse des oeuvres est developpée aussi -c'est sans doute à mes yeux, celle qui nous apprend le plus tant elle est fouillée et précise  , parfaitement documentée - comme l'ensemble du livre du reste.

La dernière est le catalogue des oeuvres textiles  exposées .

Les oeuvres présentées dans ce catalogue d'exposition sont donc  souvent "duelles"...Il s'agit de rendre hommage aussi  aux compagnes de grands artistes textiles (brodeurs et tapissiers surtout) et de montrer leur importance dans ce travail de l'ombre, si on peut dire, car elles n'ont évidemment pas souvent laissé trace dans l'histoire de l'art autre que fugitive  et "au service" de leur  mari, fils, d'amant ou de compagnon...ou en tout cas elles sont beaucoup moins connues -à part des spécialistes! Et, je souligne, ledit compagnon n'est pas non plus toujours  très connu, non plus.

Chaque parcous est détaill , de manière extrêmement précise , avec détails sur les techniques utilisées , et aussi la mention d'oeuvres disparues.

Je ne peux résumer le parcours de tous ces  artistes et de leurs "interprètes"  et j'invite à lire le livre qui est passionnant sur le sujet . Je focalise(arbitrairement!)  sur ceux qui ont retenu mon attention par une opinion ou une réflexion sur l'art textile en duo  qui  me porte à méditer et sur cet art , et sur le rôle et la place et...la reconnaissance surtout des femmes dans un art  moins  prestigieux que la peinture ou la sculpture  notamment .

Emile Bernard  selon les auteurs broda un peu lui-même réalisa  un tableau intitulé les Bretonneries (en patchwork) IL fit broder  ses oeuvres -à grands points drpits le plus souvent- par ses diverses compagnes : Maria dont le nom de famille est resté inconnu, Haneanah Saati et Andrée  Fort soeur du poète Paul Fort . Oeuvre dont on nous dit qu'elle reste mal connue .  L'article conclut "aucune pièce ne figure dans un musée français" ..Et à voir les oeuvres en question , c'est bien dommage !

Aristide Maillol (qui fut tapissier et céramiste avant d'être sculpteur ) écrivit : "J 'ai inventé un point très simple (le point lancé! )  de telle façon que je  puis faire exécuter mes tapisseries par les femmes les moins intelligentes "-sic - ! mais il appréciait quand même que ses ouvrières aient été " très jolies". Il abandonna la tapisserie en raison de problèmes de vue et devint le sculpteur que l'on sait ; sa compagne Clotilde Narcis lui servit de brodeuse et de modèle et devint sa femme.
 

  On connaît bien Jean Lurçat pour ses tapisseries tissées, on sait moins qu'il s'intéressa aussi la tapisserie à l'aiguille  en créant des cartons pour "canevas" , sa mère fut l'exécutante de sa première broderie . Il est noté que la tapisserie  à l'aiguille a des exigences propres et justement celle qui l'interprète n'est pas dans la simple exécution (il faut penser la surface en matières et en points sans parler des couleurs qui ne jouent pas de la même façon sur les points que sur de la peinture)   Il semble notamment que Marthe Hennebert qui broda  beaucoup des tapisseries à l'aiguille du maître et  qui fut amie du poète Rilke, puis  l'épouse de Lurçat  ait été bien plus qu'une simple exécutante .Il s'agit bien de donner vie et une vie textile à un carton  qui est un dessin essentiel certes mais il existe une part indéniable de création par points et fils dans le passage d'un art à un autre.

La compagne de Roger Bissière dite Mousse  -les tapisseries de Roger Bissière sont des patchworks d'appliqués -mais on dit tapisseries puisque le mot patchwork reste, hélas dépréciatif- elle, créait carrément ... en composant avec des étoffes choisies par son partenaire. j'avoue avoir un coup de coeur pour  ces tableaux-là. Et ce sont même les rares patchworks que les musées accueillent , -(il suffit de ne pas  dire  que ça en est et surtout qu'il y ait un grand art exercé comme caution artistique du travail d'étoffes. Le travail d'étoffes seul lui,  surtout si c'est du patchwork, s'avouant tel,   n'est pas considéré de la même façon , surtout s'il est hors courant et intelligentsias.

Pourtant Bissière lui-même écrivit :" Le tableau qu'il soit à l'huile, à l'eau ou qu'il soit fait d'étoffes, de ciment ou de la boue des chemins n'a qu'une signification  la qualité de celui qui l'a créé".

J'ajouterai : ou de celles et que les celles en question  ont  été à travers les siècles étellement plus nombreuses à créer avec fils et étoffes pas seulement à reproduire ou interpréter  des modèles  ... qu'on aille y voir , bon sang qu'on aille y voir !

Dans cette partie Jeanne Kosnick Kloss  Freundlich est la seule a être présentée comme  créatrice "à part entière" encouragée toutefois par son mari l'artiste   Otto Freunlich qui périt en camp de concentration . On la connaît surtout comme peintre , mais elle a  créé dans d'autres disciplines avec bonheur et réussite y compris celui du chant lyrique. Son Apthéose des couleurs est une tapisserie brodée magniqfique.

il faudrait citer aussi :

Paul Eliee  Ranson et France Rousseau, Laure Lacombe.

Fernand Maillot et  Fernande Sévry

Paul Deltombe et  Yvonne Berthault

Georges Braque et Octavie Eugénie dite Marcelle Lapré

 Henry de Waroqiuier et Marie Joséphine Louise "Suzanne" Plassard

Bernard Pomey et Madelene Biardot dite Manon et un dernier chapitre intitulé : et quelques autres (prmmi lesquels Blanche Ory Robin (qui créait seule

et Sophie Tauer-Arp dont il est dit qu'elle créait tellementet en symbiose avec Jean Arp qu'il est impossible de savoir qui a créée quoi (et sans doute inutile !)

Et j'en ai sûrement oublié !

Et on conclut par un chapitre sur le rôle de ces femmes insistant sur leur  qualité d'interprètes  et la part active prise à l'exécution de l'oeuvre.

 Ce livre est  magnifique et il nous apprend énormément sur une partie peu connue de l'art textile..Les photographies sont également de grande qualité.


 Je suis pour ma part  dans une position plus militante ... on le sait.

 J'aimerais qu'un travail soit fait sur les artistes femmes qui créent seules leurs surfaces textiles,  en commençant par une étude des oeuvres qui ne soit plus uniquement histirique ou de technique, mais s'interroge et interroge sur l'expression artistique qui s'en dégage. Il est vrai : très peu de personnes en France   semblent juger que c'est nécessaire et même simplement pertinent ("c'est comme ça depuis des siècles et donc si c'était vraiment un art,ça se saurait"et autres arguments aussi peu fondés .)   Et dans ses parties les plus ignorées (comme le patchwork, la tapisserie à l'aiguille ou la  broderie  de création- création en broderie pas forcément en dessin ! )on en est très loin.

On est toujours dans l'optique pour être artiste en art textile il faut à côté avoir exercé un grand art (  ou l'execer en imitant les grands arts),  ou encore être la compagne de quelqu'un qui exerce un grand art . Seule dans son coin notre  "anonymous woman" reste niée et dans sa création et dans son expression personnelle, on lui concèdera toujours un bel ouvrage et  :"ah quel travail !"  qu'on sert aussi à celle qui ne crée pas . Au pire on lui préferera la parfaite exécutrice virtuose d'un kit difficile.

Ce livre fait la part belle au travail des interprètes (et dans ce type de passage d'un art à un autre il y a effectivement ue grande part de création pas uniquement technique  L'auteur fait une comparaison avec l'artiste interprète en musique .Et sur ce point  la comparaison est juste : il s'agit de donner une vie textile  au carton d'origine.. Il ya création donc dans le passage d'un art à un autre et création à part entière,  surtout quand  l'interprète y introduit des modifications qui viennent d'elle, de ses décisions propres.
Je soulignerai toutefois  que si une composition musicale a besoin d'interpètes pour être entendue, un carton a besoin  d'interprètes textiles pour exister en tant que pièce unique, on donne vie à quelque chose qui n'existait pas , une oeuvre en kit ou en modèle style "pas à pas" à suivre, non :  on refait  ce qui existe déjà . C'est rappelé aussi dans ce livre et c'est bien.

Le livre souligne aussi que, pour beaucoup d'oeuvres, on ne sait pas on où elles se trouvent et en quel état .Alors pour des complètemet anonymes vous pensez !

Les oeuvres textiles, il est vrai,  exigent une manutention coûteuse et dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres on ne fait d'efforts que pour ce qui est ancien ( ou au contraire dans la dernière mouvance au goût du jour ) . On conserve mieux  les échantillons d'étoffes du patrimoine industriel -et on a raison- que les oeuvres créées avec des tissus et des fils.  Il faudrait un travail d'indexation et un travail honnête , reconnaissant sources, emprunts. Et des analyses côté art à visée expressive et esthétique pas seulement technique ou historique. Seul  moyen que ça glisse un jour côté  culture générale et non oeuvres qui n'auraient d'intérêt que pour les   spécialistes .. Comment savoir si on refuse d'aller vraiment y voir ?