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Motifs

Motivations et motifs

 

Motivations est une série de petits formats fondés sur ce que m'inspirent les motifs sur les tissus en eux-mêmes et non en recomposition d'ensemble, comme en patchwork . C'est un autre abord , même s'il est lié.

 Dans ma collection de textiles, il m'arrive d'isoler un fragment , et d'avoir envie d'utiliser son dessin et sa composition  comme point de départ.

Le plus simple comme dans ce début de série intitulé  "Ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre", c'est le tissu métamorphosé. La tendance actuelle est plutôt de le faire avec force peinture et teinture, ce qui certes est intéressant, mais pour moi , l'art du peintre et du teinturier sont connexes à l'art des fils et du tissu qui constitue, lui; ma valence d'élection . Je ne m'interdis pas de le faire, mais j'essaie d'abord de transformer par la broderie et les méthodes  "classiques" de mon art. Je cherche  une réécriture de l'étoffe,  en gardant tout de même les caractéristiques.transformation et non défiguration, donc.

Tissus transformes art textile jacqueline fischer 2

Un autre abord consiste à établir un dessin d'ensemble à partir du fragment d'un motif. Le tissu d'origine est alors, en grande partie "oublié " et le travail consiste à trouver un moyen de rendre chaque élément du dessin de départ en textile (application, broderies) etc.

 

Art textile jacqueline fischer motivation motivation 1rec 2

D'autres fois, le motif lui même est découpé et réinterprété de diverses manières sur un fond avec présence d'un fragment du tissu d'origine, tel quel, intégré ( le petit rectangle en bas à gauche)

 

Motivation 2

D'autre pistes seront développées dans d'autres articles ...à suivre donc.

cahier de technologie - publication début

Comme promis, j'ai commencé de retranscrire le cahier de technologie évoqué au billet précédent.

Les articles sont dans la rubrique Articles divers : (descendre l'ascenseur ...)

pages 1 à 4

pages 5 à 9

 

pages 10 à 16

 

Cahier d'élève en technologie textile (années 1929-1931)

Cahier technologie textile 1 redDans ma série Petits Trésors, je présente ici ma dernière trouvaille : deux cahiers  datant des années 1929 à 1931, contenant un cours manuscrit pris par une élève de  seconde industrielle,corrigé et noté par son professeur . Excellente élève si on en juge par les notes et le peu de fautes d'orthographe ! Sans compter l'élégance des écritures ...

Les deux cahiers ne se suivent pas , mais ce que je possède est suffisamment riche et complet pour se faire une idée de l'industrie textile à cette époque  qui m'est chère car ce fut la jeunesse de mes parents, qui se sont mariés en 1929. J'ai retrouvé au passage des  noms d'étoffes évoqués par ma mère, qui les connaissait très bien - cette science faisant partie alors de ce qu'on nommait "économie domestique" - et notamment le Tobralco.... et beaucoup d'autres.

L'intérêt de ce document, outre de donner une idée dont la technologie textile était enseignée à l'époque , est  aussi d'en expliquer très clairement les matières et les modes de fabrication. On y apprend beaucoup si on lit attentivement. C'est très différent des autres catalogues d'échantillons commerciaux que je possède de la même époque, et quasiment complémentaire.

 

 Mais le merveilleux de la chose c'est les échantillons -il y en a des centaines -  certains en mauvais état , certes, que j'ai dépoussiérés délicatement et placés sous un tulle de protection , mais la plupart encore très frais. Taches de colle aussi , bref c'est comme on dit "dans son jus" .

 

Technologie du textile velours red

Outre les tissus on trouve aussi ce qui les complète et  est utilisé dans la couture ou la chapellerie et  l'art de la fourrure. Ames sensibles s'abstenir, à l'époque personne ne se préoccupait de "sensibilité animale" , et encore moins de préservation des espèces . Il n'y a pas d'échantillons de fourrure naturelle, mais plusieurs  pages consacrées aux différentes sortes de cuirs.

Page cuirs red

Dans les matières utilisées dans la décoration , on croise le celluloïd -que les anciennes ont connu -j'ai eu une poupée en cette matière- et la galalithe, issue de la caséine de lait, d'où son nom (gala signifie lait en grec ancien et lithos pierre ).On notera aussi que l'usage de l'ivoire ne semble pas un crime, non plus , mais que l'ivoire végétal existe déjà .

 

Page ivoire galalithe red

 

 

Des pages aussi très intéressantes sur les dentelles et le passage du manuel au mécanique (et la farouche concurrence, à cet égard , les modèles qu'on se "piquait" , déjà !) .

 A ce point que, si j'ai le temps , je me propose de retranscrire ce qui est manuscrit et de publier  l'essentiel de ce livre-ci -avec photos de l'original, bien sûr -, au moins ce qui concerne le textile à proprement parler, dans une série d'articles, parce que je trouve qu'il possède un intérêt réel pour toutes les personnes  qui ont une passion pour le tissu qu'elle soit scientifique, historique ou artistique .Cela pourra se faire dans les mois suivants. pour la transmission, comme on dit .

clarification

 

 J'aimerais clarifier ici quelques points sur lesquels je me sens en hiatus ou en état d'incompréhension permanente.

A propos de la notion d'art textile  dans son acception récente:

Un rappel historique :

La plupart des personnes qui viennent à l'art textile maintenant ignorent comment dans les années 90-2000 en France le terme a  été utilisé, pour se démarquer du loisir créatif et de l'ouvrage dit de dame (et ce, sous l'influence des USA où  le mouvement a commencé dès les années 70 !) .Mon blog fait la recension de livres qui expliquent cette évolution.Mon parcours "le bonheur en lisière" l'explique.

Je n'ai strictement aucune hostilité envers quelque manière de créer en textile (ou fil) que ce soit. Tout m'intéresse, même si, non , je n'aime pas tout . En  tant que "public", j'ai comme tout le monde mes préférences, qui correspondent à ma sensibilité. Il y a des démarches dans lesquelles j'entre et d'autres qui me laissent froide, et en tant que pratiquante,  certaines attitudes ou affirmations péremptoires -sans plus ample informé!- je l'avoue, m'agacent par leur suffisance.Même si je peux aimer l'oeuvre de qui les émet.

 Ce que je n'aime pas c'est tout simple :

  • Tout d'abord  qu'on appelle textile ce qui ne l'est pas - du mixed media reste du mixed media et  quand il m'arrive d'en faire, j'appelle cela par son nom-  d'une part et qu'on prétende que ce soit une évolution des arts textiles antérieurs par "innovation " et supériorité d'imagination .Une sorte de "progrès" alors que tous les historiens de l'art vous le diront : l'art ne progresse pas, il évolue. C'est comme la langue française qui évolue, mais ne "progresse pas"  et une évolution n'est pas du reste  forcément positive (avis des avant-gardistes!) , ni négative (avis des ringards!). Elle est juste ce qu'elle est le constat d'un déroulement, d'un  "process". Je rappelle que le mixed media existe en broderie, depuis la nuit des temps et que ce n'est pas à la fin du XX siècle qu'on a commencé  à peindre sur les étoffes pour les insérer dans une oeuvre textile, et à broder sur un support autre que l'étoffe:  cuir, écorce par exemple.. et on  y adjoint les inventions technologiques ou chimiques de son époque, on n'innove pas (l'inventeur, oui!)  :  on ne fait que faire ce qui s'est toujours fait : utiliser toutes les matières à sa disposition. Donc avant de prétendre "innover" , être humble et apprendre l'histoire de son art ne serait pas un luxe.
  • Je déteste d'autre part  qu'on accapare le mot d'art à son seul  profit, surtout..Ce n'est pas un "parti-pris" c'est la constatation d'un fait, de la manière dont historiquement s'est déroulée cette émergence d'un "art textile" qui a eu besoin des structures des arts  textiles classiques (je me refuse à dire  traditionnels ) pour émerger et en a gentiment exclu, souvent,  celles qui prétendaient créer  avec des matériaux et formes classiques de leur art : fils et étoffes, à  coups de petites phrases assassines et de prétentions style :  "nous qui avons une formation  artistique Beaux-arts" (mais quand on sait à quel point les Beaux-arts ont toujours tenu les arts textiles qui osent ressembler à du textile en lisière, côté arts décoratifs ou arts appliqués, jusque-là mais pas plus  Sauf si de  grands noms et personnes qui ont fait du textile et autre chose de bien plus glorieux à côté ! .Si ces personnes  n'avaient fait que du textile, de manière non pas utilitaire et domestique, mais discrète, et surtout si elles n'avaient pas eu autour d'elle ce que les anglo-saxonnes nomment un arrière-plan(background) favorable, leurs oeuvres seraient restées , je le crains, plus obscures, quels que soient leur valeur et leur intérêt.
  •  Je n'accepte pas en art textile le clivage contemporain-traditionnel tel qu'il s'est établi chez nous, en ayant vécu les débuts. Le mot "contemporain " en art déjà change forcément de sens,et est sujet à nombre de controverses.  Chez nous, textiliennes,   serait contemporain tout ce qui ne ressemble pas une structure dite "traditionnelle" dont le patchwork américain en blocs juxtaposés serait l'archétype, ou qui s'éloigne des "matières" dites traditionnelles ou qui encore choisit des sujets ou des formes "non traditionnelles". Le premier problème c'est que ce "traditionnel" est déjà bien trop varié pour se laisser cerner et enfermer dans ces classements plus que péremptoires, le deuxième , c'est que souvent on revendique comme "contemporain" en art textile ce qui a déjà été illustré auparavant en peinture, en sculpture, en conceptuel (d'où l'attrait actuel pour les suspensions, les installations, les performances  etc).   Quand il y a un débat sur ce qui serait "contemporain" en art textile, on a toujours l'impression que les personnes qui le suscitent savent déjà ce qui en serait, et surtout, ce qui n'en serait pas (patchwork, par exemple).Le contemporain en art textile c'est le plus souvent faire en tissu et en fils (avec parfois très peu de tissus et de fils!) tout ce qui a déjà été  fait en peinture et sculpture , etc. Les décennies d'avant. En ce moment, il y a tout un  courant conceptuel, alors qu'en art tout court on commence sérieusement à mettre en cause  certains excès de ce courant artistique ... il me frappe qu'isolées dans leur groupe d'appartenance très peu d'artistes le voient.On fait du figuratif réaliste en étoffes ou broderies  parce que  la peinture y est revenue, on tâte du minimalisme parce qu'il est "tendance";  auparavant, mais cela perdure, on a connu la période de l'amamgame informe sous-tendu d'un discours parfois indigeste  etc. Tout cela peut donner des oeuvres superbes, mais suivre ses voies sans trop se préoccuper des mouvances -sans en être dupe, surtout!- aussi bien. Déformatons les regards : ce serait vraiment une révolution, cela. Le but est de prouver qu'on peut "égaler" les grands arts en imitant leurs réalisations, plutôt que de chercher ce  que notre art a de singulier. Pour moi j'ai trouvé il y a longtemps : j'aime à créer précisément ce qui ne peut se dire qu'avec ces tissus-là et ces fils-là et non à créer quelque chose dont on se dirait qu'en papier, plastique , peinture ou pierre ce serait pareil ou presque. Je veux que les tissus y parlent comme les mots dans mes poèmes et croyez-moi , ce n'est pas si  facile. La matière chez nous ne peut pas "primer " puisqu'il faut en quelque sorte, la faire oublier en la faisant ressembler aux matériaux d'autres arts . Ce qu'on me répond le plus souvent c'est qu'on a bien le droit de "faire ce qu'on veut". Certes mais pas de se hausser du col avec des mots dont on n'a pas interrogé le sens comme "innovateur" ou "contemporain" qui vaudrait caution de génie et d'imagination à coup sûr !
  • On ajoute "il y a de la place pour tout le monde" . Eh bien non pas dans les mêmes lieux !Non, absolument non :   il n'y a pas égalité de réception et d'analyse des oeuvres,  non plus.Pour se poser en grand art, sans vraiment y parvenir,  l'art textile a eu besoin d'établir ses propres  sous-genres. ...Malheur à qui ose les affirmer comme art à part entière textile et contemporain tout autant ! On  sourira comme devant une inconséquence , et on continuera à fonctionner selon ses règles sans l'ombre d'un questionnement sur leur bien-fondé .

Selmy Accilien, un poète haïtien

Exceptionnellement, je présenterai ici un poète, que j'ai eu la chance de rencontrer-virtuellement, comme on dit- et dont les textes m'ont beaucoup remuée. je partage avec vous cette émotion ...

Selmy Accilien , une âme et l’univers.

 

Lorsque j’ai lu un poème de Selmy Accilien pour la première fois, en Décembre 2015, j’ai eu tout de suite conscience  qu’il se passait en moi quelque chose d’inhabituel .

.

Plongée en apnée tout d’abord dans un univers , à la fois matériel où faune et flore sont si présentes qu’on croit sentir  et toucher  constamment tous les éléments évoqués ,qui ne le sont pourtant que par rapport à une âme qui les fait sa propre chair. «  L’épiderme de laurier-rose » ou « je suis un chiendent d’herbivores » et le « vent des mots » évoqué par le poète haïtien alors nous emporte au cœur d’autre chose qu’un décor qui serait,pour nous, exotique .

Il y a une assimilation quasi constante de cette âme à cet univers à la fois réel et rêvé. Et moins rêvé qu’évoqué puissamment.

Les images recèlent toujours une profonde originalité et  surprennent le lecteur par  une sorte de choc constant du concret et de l’éprouvé , on songe parfois à des collages mais moins surréalistes que symboliques.

 Quand on lit Sur la tige de l’amour, on a conscience d’une force essentielle qui amène les mots ,  d’un contact avec un être  qui s’éveillant, ébranle le monde. Ce  n’est pas si ordinaire, cette puissance d’évocation, ce souffle, sans grandiloquence aucune, qui ne viennent ici d’aucune rhétorique, d’aucun procédé, mais du profond d’un être qui sait trouver en lui cette dynamique et la métamorphoser en mots, en expressions justes. Un peu comme une montagne qui surgirait de terre dans la simplicité de son irruption.

            Mais ces poèmes sont aussi des poèmes d’amour et de désir . . Jalonnée de prénoms de femmes aimées , évoquées chantées et même  « incantées », infusées dans une ardeur tendre ..

 

Ton sourire est une brise inédite

 Tatouant ma peau d’un baiser extatique

 

Le désir se dit sans ambages, mais sans crudité provocante, la tendresse est derrière chacun des mots :

 

 L’alose aura envie de ton ventre velouté

Pour une natation sublime

Ma langue attendra le couloir de tes seins

 Pour un voyage éternel

 

Pourtant tout le recueil est aussi empreint d’une souffrance, mais pas d’une souffrance romantique de convention , celle de quelqu’un que le malheur et la tragédie de sa famille et de son peuple ont touché, souffrance aussi  des incompréhensions du monde et de l’amour.

 

Oui je couds

 Je cours mort

Il est vrai que le vent m’emporte en exil.

.

A travers cet univers, est souvent  évoqué l’appel d’un autre monde , le désir d’un départ.

Je t’emmènerai là-bas

Où les outardes étendront leurs ailes

 Rien  non plus de statique dans ces textes : tout se transfigure, et le lecteur à l’impression étrange d’un texte d’animation, comme il existe des films d’animation (anima étant le souffle vital qui donne la vie et le le mouvement )

Sur la tige de l’amour

 J’ai vu des rouges à la place des noires

 J’ai vu des blondes  la place es brunes

 Le texte convie à cette mouvance, à ces émotions diverses et essentielles .Laissons-nous porter !

Jacqueline FISCHER

 

Selmy Accilien Sur la tige de l’amour, Quand le temps est en vertige éditions du Pont de l’Europe. Pour acheter le recueil : editionsdupontdeleurope@orange.fr

 

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fréquentation

D'après Google Analytics, mon site est fréquenté  par quelques centaines de personnes tous les mois et même visiteurs fugaces qui quittent tout de suite (la majorité) - , je les remercie; Je n'en tire ni gloire, ni profit, mais personne n'aime écrire dans le désert .. ou presque. Ce site est fait dans un désir de partage et le partage sans écho, ni retours, même s'il est existant, est très dur. Frustrant.On se demande au moins une fois par mois dans les bonnes périodes, plus en cas de coup de blues : pourquoi et surtout pour qui continuer.

 Je remercie les 35 à 40 personnes qui passent  d'une à dix minutes sur mon site. C'est déjà pas mal vu la durée d'attention moyenne virtuelle.

Mais ma tendresse et mon amitié va surtout -qu'on ne m'en veuille pas !- à ces 3 à 7 inconnus qui passent de 10 minutes à une demi-heure sur  mon site et ce, régulièrement . Ce n'est peut-être pas les mêmes, mais le chiffre reste constant . Alors je les remercie : tous me donnent envie de continuer, mais ceux-là , mes endurants et mes fidèles, plus que les autres encore.

 Je ne suis pas complaisante : je ne cherche pas  à séduire un public , ni à le "fidéliser" ; je l'ai dit : je n 'ai rien à vendre.mais beaucoup à donner. Las  : ce qui est gratuit se dévalorise de soi-même .

Je tiens pas non plus à forcer un intérêt en simplifiant ce que j'ai à dire de complexe.

 Alors voilà : merci à ceux  et celles qui me suivent, m'accordent un peu de leur temps que je sais précieux .Mes inconnus, de loin, je vous salue amicalement ! Et un merci de plus au deux ou trois très fidèles qui se reconnaîtront et me communiquent de temps à autre -en privé-  leur ressenti sur mes publications. Le désert n'est plus désert où un seul coeur bat.

 

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Street art et art textile

Depuis quelques années se dessine une tendance  à investir la rue avec des oeuvres d'art textile : tricotées, crochetées ou même parfois peintes, témoin une  artiste qui reproduit sur un trottoir un motif de dentelle géant.

J'ai moi-même participé en Belgique à deux manifestations de cet ordre, où on m'avait aimablement conviée . Et j'ai beaucoup apprécié !


La grande lessive en 2013

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Je le précise pour que ce qui suit ne soit pas pris pour un refus figé et conservateur psycho-rigide. Je trouve que c'est une excellente  chose de montrer l'art textile ailleurs que dans le cadre domestique, le temps d'une prise de conscience qu'il existe, tout simplement.

 Cela me réjouit donc  et en même temps je m'interroge.

Ce qui est montré doit se plier aux exigences, précisément de la rue et du plein air, ce qui évidemment réduit un peu le champ des matériaux utilisables.C'est une contrainte à laquelle j'ai aimé me plier, pour sortir justement de mes habitudes, sans les renier pour autant.

Ensuite dans les oeuvres que je vois il y a souvent des sortes de poncifs géants en couleurs primaires, sans doute parce que la situation en extérieur ne permet pas la délicatesse et le fragile.Les matériaux qu'on peut utiliser doivent tenir le coup au vent, à la pluie, aux pollutions . Eventuellement au "tripotage". Voire aux déprédations.
Et justement c'est là que pour moi le bât blesse : c'est que censée mettre en valeurs nos arts, l'expérience  en relègue toujours une bonne partie dans les tiroirs : tout ce qui n'est pas  assez solide (voire fait grossièrement) , tout ce qui n'est pas de grande taille, tout ce qui  n'est  pas exposé en milieu citadin, bref on suit toujours peu ou prou les valeurs en vigueur imposées par l'époque. Le regard ira-t-il de l'extérieur vers l'intérieur (les oeuvres non exposables de cette façon ) ? Rien  n'est moins sûr.

Bref on est toujours dans l'optique arts majeurs-arts mineurs  d'autant plus la définition même des arts dits mineurs touche toujours à la position par rapport à cette problématique  : extérieur   (c'est grand-noble et si longtemps réservé aux hommes) et intérieur : c'est petit, sans autre valeur que "décorative" . Je me suis toujours étonnée qu'on refuse de considérer que même dans le choix de motifs décoratifs, il puisse y avoir une expression personnelle et authentique. Tout motif  déjà peut se lire comme une écriture ...
 

A partir de là montrer en extérieur des travaux d'art textile adaptés c'est éminemment louable, mais ça ne résout aucunement ce problème de relégation, le regard  absent vers ces oeuvres en version intérieure,qu'on n'essaiera pas  forcément davantage de connaître vraiment. J'y adhérerai sans rserve  si cette tentative louable, je le répète, amène à mettre aussi des oeuvres textiles à côté des tableaux dans les musées Beaux-arts ...Je doute que ce soit le cas !

 Je songeais regardant le motif de dentelle peint devant lequel posait fièrement une jeune artiste, à une merveille vue en 2004 au musée de Bayeux , fait par une créatrice dont je n'ai retenu que le prénom : Brigitte . Il s'agissait bien d'une création d'une grande subtilité, pas d'un poncif simplement exécuté,et qui évidemment ne pouvait être exposée aux intempéries et chronophage ( il faut aller vite , aussi ) . Et je me disais que la seconde avait beaucoup plus de chances d'être oubliée de la postérité que la première artiste et que pourtant la subtilité de son oeuvre et le travail requis -qui n 'était pas que de la seule virtuosité fabricatrice, mais une technique difficile mise au service d'une expression remarquable, aurait mérité qu'on s'y arrête et qu'hélas toujours pas de livres qui recense artiste par artiste  ce qui se fait puisqu'on l'a classé abusivement "artisanat" d'art sans mouvements, sans démarche voire sans imagination . Ce n'est pas non plus du contemporain conceptuel et le moindre ramassis de fil informe adorné d'un beau discours philosophique aurait, lui aussi, plus de chances d'être remarqué et gardé .. On me dira on ne doit pas comparer, la visée n'est pas la même . Soit, mais ça me chiffonne quand même ; non pas toutes ces tentatives pour faire du street art plus ou moins textile, mais le fait que ça ne rend pas pour autant plus visibles et plus appréciées les merveilles délicates des  artistes sans nom ...
Ces mouvements ne sont pas sans me rappeler le mouvement Pattern painting que j'ai souvent évoqué et qui s'appuyait sur les poncifs -motifs empruntés aux artisanats, dans une visée aussi de réhabilitation . Seulement, si les artistes ayant adhéré au mouvement sont dans les livres d'art, et les encyclopédies,  tous ceux et celles qui ont créé en deça et au delà n'y figurent toujours pas, la réhabilitation on l'attend toujours ! Et le pire c'est que ça semble normal à tout le monde et que lorsqu'on évoque ce sujet on rencontre une indifférence phénoménale , une  fausse attention polie (cause toujours c'est ton dada, mémère !) ou des sourires un peu ironiques. Alors une fois de plus, je demande qu'on aille y voir qu'on vide aussi les fonds de tiroirs de greniers et qu'on s'interroge . Pourquoi de l'art d'un côté et des chiffons négligeables de l'autre ?? Qu'on mette en regard les arts dits majeurs et les arts dit mineurs,  ce que je fais parfois à la salle des machines.

Photo crazy et klee

Sur cette photo, un quilt abstrait du  XIX siècle antérieur à l'oeuvre de Paul Klee. ebvidemment la première oeuvre, cataloguée "art mineur "  ne figure pas dans les histoires de l'art général puisque ces oeuvres en sont exclues comme étant décoratives. Est-ce si différent ?

L'architecture est un des Beaux-arts mais l'architecture intérieure elle est reléguée au rang d'art mineur. Décoratif est devenu progressivement synonyme de superficiel, sans imagination, superflu même. Il y aurait aussi le Beau réservé à une sorte de caste et le juste "joli"  -le mot qui tue-   pour ce qui sort d'imagination différentes et non formatées , côté délicat et nuancé on est sûre d'être cataloguée "joli" le Beau c'est  exclusivement le fort ce qui tape à la gueule (pardon à l'oeil !) .  L'extérieur donc est le domaine des hommes, l'intérieur assigné aux femmes. . Mais déjà tout  ce qui est fait et doit rester pour des raisons de conservation protégé (on ne met pas non plus une peinture dehors , encore moins une aquarelle sous la pluie !) , l'intérieur  ne devient artistique si c'est un  lieu consacré à (galerie- musée ) voir édifice religieux . On a l'impression d'un culte dont les vernissages sont les cérémonies ...Qui a besoin de grands pêtres : commissaures d'expositions, décideurs divers, critiques  , ce donne drroit à être pris au sérieux ! .Tant pis pour qui n'a droit ni à l'un, ni à l'autre ou ne souhaite pas se soumettre au protocole admis .Tout ce qu'il ou elle pourra bien créer sera nul et non avenu et l'intérieur des maisons reste un lieu à  reconsidérer à cet égard. Je ne parle pas d'une jolie décoration style  "maison et jardin "mais des oeuvres qui sont par force ou par choix personnel assignées à résidence. C'est tout différent.

Et puis,  rêvons un peu ...

J'ai eu  envie à côté et de façon complémentaire de créer un mouvement intitulé cas'art , de casa la maison et de toutes ces choses qui sont créées pas forcément en  objets "utiles" mais pourquoi pas  aussi des objets utiles puisque le design est un art à part entière, que le ready made est déjà de la vieille histoire .. Un lieu de reconnaissance artistique et non seulement  autre qu'historique et patrimoniale, pour ces créations qui  qui sont beaucoup trop fragiles pour être exposées dehors dont la maison (pourquoi la maison est-elle à ce point un non-lieu artistique adéquat ?)  Avoir un lieu au moins virtuel centralisant les artistes  oeuvres , leurs parcours ...: qui a fait quoi et comment  ?     Renseignements à donner :  avec quelles techniques quels matériaux, quand , avec quelle visée ... collecter aussi les recensions sur quand il y en a eu - c'est le cas de celles qui exposent  mais on peut créer dans a maison des merveilles pas juste jolies,  sans avoir le désir d'expositions officielles et mondaines ...- et en osant  enfin combler ce fossé creusé absurdement et artificiellement entre le soi disant "traditionnel" et le soi disant "contemporain" . juste cela : des créations et des artistes  présentées , au sein d'une oeuvre et non une série d'ouvrages qu'on explique pour l'imitation éventuelle.Il ya beaucoup de parcours individuels éclatés , des groupes qui fonctionnent un peu comme des chapelles, mais il n' y rien qui regroupe  globalement  ces arts cachés de fonds de tiroirs.

S'il y avait d'aventure des personnes intéressées qu'elles me le fassent savoir , nous pourrions en discuter,  voir si c'est faisable .  .Je précise une fois de plus  : je parle de créations (ou d'interprétations libres et avec source reconnues- interpréter ce n'est pas mettre du rouge à la place du bleu ou changer une bordure c'est métamorphoser le point de départ - )non de modèles exécutés à la lettre ou de très près  d'après revues ou en kit . Sauf si c'est la créatrice du kit ou du modèle qui se manifeste . .Et c'est  là, je le crains que ça risque de coincer. Je connais bien les us et coutumes de nos milieux textiles .

Mais tant pis : je tente. Silence réponds-moi !

La grande parade 3

Comme promis, un regard de plus près sur quelques panneaux.

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La grande parade -2

La grande parade - 2

 

La grabde parade dbut 2 red

Considérant donc ces étoffes qui évidemment n'étaient pas faites "pour le patchwork", c'est à dire pas faites pour être mises ensemble dans une surface ,mais pour créer des vêtemnts Haute-Couture,   d'époques et de styles très différents, avec des graphismes particuliers,de très grands motifs,; des contrastes parfois violents,  très "typés" pourrait-on dire , J'ai cherché une idée qui leur donne à la fois unité, en respectant leur variété, leur côté caverne d'Ali-Baba .. C'est leur aspect, il faut le dire un peu "clinquant" parfois -on pourra dire "bling bling" mais qui m'a évoqué ces parades des cirques de mon enfance, avec fanfare et coups de cymbales...

J'ai d'abord cherché un plan qui me permette de mettre en valeur les motifs des étoffes,  restant en admiration devant le travail des créateurs "premiers" , même s'il s'agit d'essais et parfois de "ratés" . J'avais toujours à l'esprit ce qu'il a fallu d'inventivité et de travail -souvent pénible- pour que je puisse, moi tenir ces étoffes. Et j'ai opté pour des lignes droites et simples et une surface modulable où les éléments  étaient interchangeables, avec des surfaces assez grandes pur y inclure les motifs de plus grande échelle . Ensuite pour chaque panneau , j'ai choisi un schème de couleur allant du presque monochrome, à la polychromie parfois délirante   sans complexes.

 Chaque  futur panneau a été plié sous forme de petit rouleau et numéroté.

 

La grabde parade rouleaux 1redLe travail technique  a  surtout consisté à stabiliser les étoffes : doubler les voiles notamment de coton uni . Et comme une quarantaine de panneaux étaient  prévus, ce fut long ! 

 

En fait pour le moment seuls 24 sont achevés. Mais c'est suffisant pour une première édition . Donc à l'automne 2015 j'ai finalisé cette première série .La grabde parade montage des panneauxred

 

 Et en mai 2016 un jour de grand beau temps j'ai déployé en plusieurs fois ces panneaux dans mon jardin . Exposition donc pour les nuages, les oiseaux ..pour le moment mais bien sûr outre que les photos sont partageables, j'espère bien étaler mes chiffons somptueux pour quelques visiteurs : concept d'exposition champêtre  in situ et à la demande ... Et s'il pleut , la salle des machines est équipée d'un fil pour pavoiser ...en couleurs .

 

La grabde parade 2 redertv

Idée  que l'art peut exister même en dehors de tout regard officiel qui avalise, adoube et sanctifie. Je ne suis d'ailleurs pas hostile au principe d'exposer ces  surfaces officiellement, si d'aventure on me le propose  :-)., ce dont je doute.

Pas officielle donc mais bien  réelle avec panneaux tangibles pour qui veut venir les voir et toucher, autour d'un café ou d'un thé comme d'habitude,  l'exposition est donc déclarée   - quand même- officiellement ouverte ce jour 18 mai 2016. Et ce, pour le temps que je trouverai des personnes intéressées à la voir.

Le détail des panneaux , du moins de certains pour ne pas lasser sera ajouté dans un troisième article.

 

 

 

 NB : Dans mon esprit cette mise en scène aurait dû être synchronisée à  la sortie de mon second livre consacré à ces belles soies. Mais outre  qu'écrire un livre à contre-courant de ce qui se vend en la matière quand on est hors circuit art textile officiel reste une gageure , à la fois boudée par les "traditionnelles" et regardée avec dédain ou condescendance par les vraies artistes textiles qui font du vrai contemporain conceptuel novateur ... c'est dur dur .... c'est la rançon de l'indépendance que j'ai choisie, je ne m'en plains pas . L'énergie m'a manqué pour mener tous ces projets à bien alors  j'ai privilégié la création, n'étant guère encouragée par l'idée  d'avoir du mal à caser mes exemplaires, outre que l'aspect financier de l'entreprise joue aussi : je ne suis pas Crésus ... (ne pas compter trouver un éditeur si on ne fait pas du "pratique à copier" , ou si on ne hante pas les salons de vente de loisir créatif , donc si livre il y a, ce sera plus tard et seulement si je rencontre assez d'adhésion pour que ce soit viable. Je précise pour les adeptes de la pensée positive que la lucidité sur ce que je fais est réalisme et non manque d'espoir ou de courage.

La grande parade - 1

 

  I. L'histoire de la collection

A la fin de l'année 2004, j'ai acheté sur un site d'enchères en ligne un lot d'échantillons issus des rebuts de la maison, Abraham, qui fut fournisseur de maints grands couturiers.  Récupérés tout à fait licitement , je le précise, par un employé, dans les années 60 à 80 -peu de tissus étaient datés...

Certains portaient le logo  ou le nom du couturier auxquels ils étaient destinés et beaucoup notamment l'abréviaion LAC pour Lacroix - ce que j'ai compris pour avoir trouvé le nom en entier plusieurs fois...

 Les inscriptions techniques sur ces morceaux soigneusement découpés ont été le point de départ de la série Stigmates. Un autre quilt comme le Manteau de Flore a été construit quasiment exclusivement avec ces étoffes à l'exclusion du fond.

 

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Bien que comportant parfois des défauts -d'où leur mise au rebut- ou étant des essais de teinture ou tissage, la plupart des étoffes étaient magnifiques, un vrai rêve de mille et une nuits et au fil des années j'ai récupéré tout ce que je pouvais de cette merveilleuse collection. Je me souviens de l'émerveillement  au déballage quand me parvenait un carton ... et puis toute la "manutention" autour était elle-même une joie défroisser, trier, et déjà associer du regard, et ressentir ce que je nomme les visions de ce que je pourrais créer avec toutes ces merveilles.

Parfois je n'avais qu'un tout petit fragment d'une étoffe et parfois un grand morceau, j'ai aussi récupéré pas mal de bandes . Caprice a été fait en, grande partie avec ce "matériau"  :

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 Naturellement,  j'en ai glissé aussi ça et là  dans beaucoup de mes surfaces en cours (et aujourd'hui encore) , j'en ai donné aussi et échangé selon la coutume des textiliennes !

Malgré tout devant l'abondance de ce stock, j'ai eu le sentiment que j'aurais du mal à tout utiliser, même un bout de chacune de ces étoffes et notamment de merveilleux voiles en mousselines de soie brochée et  avec du lurex  et avec lesquelles j'avais déjà composé le panneau Cocktail (offert depuis à l'ami qui m'a vendu cette merveilleuse collection ..à prix d'ami, justement !)

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Alors l'idée m'est venue de ce que  j'ai nommé La grande parade ( à suivre )

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