histoire textile

Maison des arts textiles & du design

Je suis comme on le sait soucieuse de conservation et de rayonnement des arts textiles et je voudrais présenter ici la maison des arts  textiles et du design de Flavigny sur Ozerain,  dont le site se trouve sur cette page  :

http://www.algranate.com/

L'existence de tels lieux m'a toujours semblé une excellente initiative, je ne puis donc que soutenir notamment   tout ce qui a pour vocation de faire mieux connaître ce qui se rattache à notre art   et ici, donc , une structure à la fois respectueuse du passé et de ses transmissions, du contemporain ,  et de l'avenir .
 Cette année a été créée  une Académie (dont j'ai l'honneur d'être membre )

 Pour la présenter je laisse la parole à Marie Algranate :

 

Pour la Maison des Arts Textiles & du Design, l’Année 2016 se termine avec la remise en œuvre de l’ancienne association « IMAGINE » sous la nouvelle identité d’ACADÉMIE TEXTILE - Patrimoine, Art, Sciences et Techniques, afin d’œuvrer au mieux dans les différents domaines qui nous tiennent à cœur. Il devient important de tisser des liens entre les exposants, sympathisants, donateurs et autres visiteurs, et d’intégrer tous ceux qui gravitent autour des différents outils du Patrimoine que sont l’art, les sciences et les techniques, dans le cercle qui se constitue peu à peu autour du musée d’Algranate.
Le siège social est fixé à la Maison des Arts Textiles & du Design - 3, rue Lacordaire à Flavigny sur Ozerain, et l’ACADÉMIE TEXTILE se donne pour missions de veiller sur l’œuvre, la mémoire et les collections reliées à ALGRANATE, de fédérer les Amis du musée, de tisser des liens culturels entre Patrimoine, Art, Sciences et Techniques, et d’encourager la création contemporaine. Elle se compose de toute une diversité de membres, ce qui nous permettra d’accueillir, de valoriser, et d’honorer ceux qui, à des titres divers, contribuent à la notoriété du musée. Les cotisations ont été revues « large », pour que chacun puisse se sentir à l’aise et que rien ne vienne entraver les bonnes volontés.
L’ACADÉMIE TEXTILE démarre avec un fort pourcentage de membres bienfaiteurs, ce qui est un important signe de vitalité et atteste d’un capital de sympathie inestimable dont je remercie très chaleureusement tous ceux qui contribuent depuis quelques années à la densité et à l’intérêt des collections du Musée d’Algranate. Parmi les plus remarquables dons qui ont été faits au musée se trouvent des objets emblématiques du passé de Flavigny, des objets du patrimoine rural (textiles et autres) et des livres dédiés à la Bourgogne, mais il faut aussi vivement remercier les collectionneurs qui nous ont fait don d’éléments textiles Miao, chinois et indonésiens en excellent état, d’objets africains remarquables, de livres sur ces cultures, tout en enrichissant de commentaires, de conseils pertinents et de dialogues sympathiques, qui sont autant d’encouragements, leurs dons au musée.
Je remercie aussi pour leur soutien amical les amis qui, depuis des années, sont des fidèles du projet pédagogique de Daniel ALGRANATE.
L’ACADÉMIE TEXTILE se donne pour objectif de valoriser les arts du fil et tout ce qui s’y rattache, ainsi que les matières vivantes et leurs valeurs fondamentales, qui sont celles de notre mémoire collective. Nous souhaitons que cette ACADÉMIE rapproche tous les passionnés qui attestent de la vitalité d’une création dont la générosité et l’intelligence n’altèrent en rien les ressources de la terre, afin d’épauler ce domaine qu’il est important de soutenir et sur lequel il serait intéressant de veiller dans l’esprit d’ALGRANATE, c’est à dire pour la création première et non en « interface » de machine programmée ! Le fil est l’une des idées géniales de l’intelligence humaine, au même titre que le feu, la pierre taillée ou la roue. C’est le vêtement qui a protégé l’intelligence, permis les grandes migrations, et c’est le lien qui a développé les grandes coopérations entre l’humain, l’animal et le végétal. C’est sans doute la plus remarquable invention, celle dont découlent aujourd’hui toutes les ingénieries contemporaines. Que serions-nous sans les tisserands et les horlogers, sans le fil et la roue dentée, l’échappement, l’étoffe et la programmation, le lien et la maîtrise…. Il ne tient qu’à nous d’en extraire les éléments les plus positifs et de régénérer ces dialogues avec la Matière de l’Art, cette belle matière dont la Bourgogne est riche et généreuse.
L’ACADÉMIE TEXTILE s’attachera à faire le lien entre les valeurs du passé et celles qui en découlent, à veiller sur les techniques d’hier, souvent plus économiques et basées sur des complémentarités plénières, pour mieux les intégrer à celles de demain. Nous avons de beaux exemples de Design dans les collections du musée d’ALGRANATE, où la forme et l’ergonomie fusionnent pour mieux répondre aux besoins techniques, sans excès, en douceur, en suivant des chemins techniques concrets, objectifs et surtout parfaitement adaptés au réel qui est la clef de toute action vraiment durable. Ici, pas de machine qui ne réponde à la main. Tout ce qui vous est présenté dans la Maison d’ALGRANATE est en lien avec la vie, le rêve, l’intelligence non prédatrice, seuil de création libre, et proche de la beauté si particulière que l’on trouve dans la Nature.
Le travail d’ALGRANATE repose depuis toujours sur cet équilibre des bases, la qualité des matières, l’intelligence du métier, une certaine forme d’autonomie de l’artisan mais toujours en lien avec ses origines : la terre et le travail de la main au rythme du cœur. Il aura toute sa vie fait le lien entre ces domaines sans jamais rien rejeter des fondamentaux de ces intelligences. Il aimait sentir la terre sous sa main avec la même jubilation que pour la soie ou le métal. Et il avait coutume de dire que tout est lié. À ses étudiants, il avait à coeur de transmettre des bases, des langages d’intelligences techniques, des procédés aussi intuitifs que précis, tout en respectant les identités et les personnalités de chacun. Oui, c’est vrai, il était très exigeant pour la base technique qui devait être irréprochable, mais quelle humanité autour !
La Maison des Arts textiles & du Design émerge aujourd’hui de ses ateliers et de son travail, d’où la renaissance de cette association qui, tout en lui étant dédiée, est structurée pour dynamiser en réseau ces patrimoines de haute virtuosité qui ont beaucoup souffert de la progression des machines, du mépris des industriels et de l’inconscience de hauts responsables, sous couvert de progrès. L’ACADÉMIE TEXTILE est déjà un espace de dialogues référentiels et de rencontres, alliant saveurs et mémoires, création et reconnaissance des anciens. L’objectif est de travailler à la conservation active des patrimoines issus des arts & métiers, et d’attester d’une création toujours vivante, mystérieuse, attractive, dynamique…. dans les règles de l’art.
Cette Académie, donnez-lui sa forme. Vous y rencontrerez d’autres passionnés et des projets complémentaires aux vôtres. Nous espérons qu’elle portera vos couleurs, qu’elle sera vôtre, comblera vos vœux, vous apportera un espace amical et ouvert à vos rêves, à vos projets, qu’elle répondra à vos demandes et que vous y serez bien...
Marie Algranate
 
Donc, si vous avez des idées, n'hésitez pas à rejoindre cette structure qui me semble particulièrement ouverte et accueillante !
On peut consulter également la page Facebook 
Et si vous habitez la région toute bonne volonté pour aider est bienvenue !

Broderie et dessin

On lit souvent qu'un bon brodeur doit savoir dessiner... En fait c'est à mes yeux très vrai et très faux! et j'attends aussi avec impatience le jour où on exigera avec la même logique qu'un bon dessinateur sache aussi broder. Ou qu'un photographe qui en général sait composer sache aussi dessiner ...ce qui est parfois le cas, mais sans obligation !

 

Zola le note incidemment dans son roman le Rêve et Saint- Aubain le célèbre théoricien de l'art du brodeur l'affirme aussi.C'était  une époque où le dessin était le seulou du moins le principal moyen  de reproduction d'une réalité ou de quelque chose d'imaginé (même si la phographie existait déjà à l'époque de Zola) l'image de "reproduction"était moins facile  d'accès qu'aujourd'hui.


 Mais il est permis de remarquer qu'aujourd"hui  les moyens techniques du dessin et de reproduction  ont prodigieusement changé, . On peut décalquer à partir d'une photo , ou retravailler à partir d'un logiciel ... et certes on peut aussi prendre son crayon ; mais si on retrace alors un modèle déjà existant, on ne fait que changer d'outil (une ligne droite peut-être tracée avec une régle ou un ordinateur, cela reste une ligne droite !) , et finalement qu'on emprunte ce "modèle" à la tradition, à une photo, à la nature ou qu'on use d'un dessin lbre de droits déjà existant ... cela ne devrait pas constituer un moyen de classer ou d'exclure ... style :  "les grands brodeurs savent dessiner ., les autres non" . (déjà il faudrait voir quoi ,comment,  dans quelle visée ?) d'autant que bon nombre de grands créateurs ont des archives qu'ils n'hésitent pas à utiliser et dans lesquelles les dessins ne sont pas tous issus de leur cerveau créatif ! Le fameux "droit à l'inspiration " et la création qui viendrait de la "nouveauté du modèle" -le modèle n'étant pas que le dessin pour un brodeur, mais la broderie et son élaboration . Je dis bien : élaboration ett non simple exécution .

Et cette élaboration propre à la broderie constitue un art tout aussi complexe et difficile, par lequel  on peut tout aussi bien que dans un autre art  faire un travail expressif et personnel..même si on part d'un dessin "emprunté".

La création, donc  celle qui à mon sens signe le style du brodeur c'est moins(ou pas seulement)  un dessin particulier que la manière dont il va rendre ce dessin en points et fils ..comme un photographe d'un monument célèbre ne prendra pas  le même cliché de la même réalité  qu'un autre photographe : point de départ identique mais changement par l'art qu'on exerce et non point forcément virtuosité dans un autre art (le dessin) puisque sa base est moins nécessaire qu'autrefois ...On ne demande pas au photographe non plus d'avoir construit le monument ça paraîtrait absurde, pourtant on demande bien au brodeur de posséder plusieurs arts en plus du sien propre déjà si exigeant ! Or,je suis persuadée que cette exigence élitiste (main mise et primat des Beaux-arts sur reste une fois de plus!)  bloque une expression qui existe : celle par les matières, les fils et les points et qui constitue tout de même l'essence de cet art., dans une optique créateur (celui qui dessinerait) et petites mains qui ne feraient qu'éxécuter. ? On n'éxécute pas quand on passe un dessin en cet art diffcile qu'est la broderie on le crée en tant que broderie, si on choisit soi-même composition, échelle , disposition, répétitions support, , points et fils. On exécute si on prend un modèle de revue où tout cela a déjà été fait ou si on suit les desiderata d'un styliste de renom dont on est effectivement l'éxécutant (il ne s'agit pas de créer soi même mais parfois  d'entrer dans les désirs -parfois vagues et évasifs parfois précis et exigeants d'un créateur "commanditaire".Et on interprète si on suit avec quelques légères modifications par exemple faire la même chose points t fils compris en changeant juste la couleur, là création-là  -en broderie s'entend- est très partielle.

 Or tout cela n'est pas bien clair dans l'esprit du public  non initié ni des pratiquant(e)s .

Démonstration :

Soit  ce dessin de feuille tracé par moi -ce que tout le monde peut faire , absolument tout le monde !- je l'ai réalisé en points et fils différents  : .C'est aussi un répertoire dit sampler en anglais  : exercice d'entraînement et répertoire  des points et de leurs aspects en différents fils .. .. des possibilités diverses de rendre cette simple forme de feuille en broderie. c'est aussi la base  d'un projet texte-textiles qui sera présenté plus tard ..Rien qu'avec mes idées d'interprétation de cette feuille et les techniques que je maîtrise ou essaie,-et là tout le monde ne le peut pas , du moins pas de la même façon-  je pourrais faire des dizaines et des dizaines de feuilles issues du même dessin, mais toutes différentes ...n'importe quelle brodeuse peut le faire , mais chacune aura ses interprétations où le dessin de base ne jouera pas une part prépondérante  et sera limitée à la fois par son imagination et ses capacités techniques ..... Ajoutons que cette approche basique, revalorisant le travail propre à la broderie comme étant la créaton essentielle de cet art, peut se faire sur un dessin  issu de la tradition , d'une photographie, d'un dessin numérique ... ou même sans dessin du tout  on se dit : maison et on décline des maisons brodées à l'infini par exemple ..en improvisanr de l'aiguille le tracé ... c'est applicable également  aux autres arts, mais en ce cas ce ne serait plus de la broderie  preuve que l'art du brodeur n'est donc pas essentiellement dans le dessin....je pourrais par exemple faire des dizaines de métamorphoses numériques du dessin de départ (et même les rebroder pour faire non pas du mixed media qui est mélange de matières) mais du pluritechnique ...Ce qui me limite : le temps uniquement le temps ... broder est chronophage... certes pas les idées de création autour de ce simple dessin , qui est "de moi" mais tellement simple que ce n'est pas lui qui compte comme "création", mais bien tout le travail textile autour de lui.

 

 

Bonnes feuilles scan1petit01

On  voit là que par la broderie  n'est  "ni tout à fait une autre, ni tout à fait la même ."et que le choix d'u point notamment amène de légères adaptations de la forme. Encore ai-je assez peu joué sur le même point en d'autres couleurs ou d'autres fils le même point orienté autrement le même point irrégulier ou régulier etc..Et pour moi oui l'essentiel de mon art de brodeuse est là , pas dans des capacités de dessin académiques ou virtuoses ....et pas non plus dans la faculté (que je possède) de faire du mixed media avec cette feuille -ce que je compte faire aussi mais si je peins, je ne dis pas que c'est une broderie "innovante" pas plus que si j'imprime, je dis que c'est un autre art !

Les arts textiles sont toujours jugés soit selon l'optique artisanale du bien fait parfait pas un point qui dépasse, et ce, souvent,  aux dépends de l'expression et de l'émotion ..soit selon les normes Beaux-arts (primat du dessin ou usage de la peinture) soit selon une innovation parfois très discutable ...Je peux le faire  en ficelle raphia ou lanières de plastiqus ou même encore en fils de colle mais je ne le ferai pas pour innover ou paraître originale à peu de frais parce qu'user de ces matériaux serait plus récent et tellement plus "génial" comme je vois souvent écrit ça et là ou pensé très fort ..que fil de soie, de coton, de lin ou de laine ... ou encore pour faire plus "art brut" ou plus "ethnique" ....

J'aimerais qu'un jour enfin il y ait des gens pour se demander ce disent les points choisis, les fils choisis  indépendamment du dessin de base ....Un peu comme un photographie -où la - on regarde la manière dont on a joué avec la composition, l'angle de vue, la lumière ....Outre que la maîtrise de l'effet de lumière sur les points se retrouve chez les brodeurs les plus avancés ....(simulation du relief ou usage du relief lui-même) ... La broderie est écriture, sculpture bien plus que dessin à cet égard ...

Et pour prouver que dessiner à main levée n'est pas si difficile , et/ou que je ne prêche pas pour ma paroisse ,même pour la non spécialiste en dessin d'art que je suis , voilà une de mes pages' d'entraînement  ....fleurs reprises de modèles sur les étoffes ou ailleurs ou imaginées comme dans le précis de botanique alternative ...premier jet à parfaire donc ou adapter le cas échéant  ..Si j'y parviens, c'est que ce n'est pas difficile car non je suis pas dessinatrice d'art, je suis artiste textile ici valence brodeuse ...

 

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cahier de couture professionnelle

Le cahier de couture

 

A côté des catalogues d'échantillons d'étoffes, je recueille aussi des cahiers "techniques" d'écolière ou d'apprentie .

 Ici il s'agit d'un cahier d'enseignement professionnel à la couture, il n'est pas daté mais d'après les dessins de robes qui y sont esquissées, je dirai années 50... C'est très différent d'un cahier d'enseignement général, où on ne trouve pas des exercices spécialisés autres que ceux qui peuvent servir en couture domestique; là il s'agit d'apprendre les finitions "couture" des vêtements ,de manière impeccable.

 

Cahier de couture 2

 

 

Le cahier comporte des exercices techniques réalisés avec une perfection certaine, plusieurs en sont absents pour avoir été placés "au tableau d'honneur"

 

Cahier couture 8.

Parmi eux, j'en ai reconnu que j'ai appris -en autodidacte et avec certes moins de qualités de bonne finisseuse- l'art de la couture vestimentaire réside souvent dans ce fini ...

 

Cahier de couture

le col Claudine
 

Cahier de couture 1le travail de nervures

 

Cahier de couture 7les  brides en tissus

Je rappelle au passage que la couture en patchwork, n'a pas forcément   à obéir à ces exigences ... si on voulait bien la concevoir comme une expression où les tissus différents deviennent un langage ,et où l'assemblage peut devenir symbolique ,   et non comme une recherche un peu vaine et creuse de "bien cousu" .. ou plus exactement si perfection il y a , elle devrait être au service d'une expression personnelle, sinon de fait on reste dans la "confection" et non dans la création ... ..L'exactitude  exigée de manière un peu trop rigide  des assemblages mène souvent à réduire notre art à un exercice de couture et non à une expression par étoffes, ce qui ne veut pas dire que j'admire le salopé pour faire "contemporain" ; il me semble qu'entre les deux écueils réfléchir simplement à ce mot "assemblage" ....et à la différence qui existe entre un vêtement et une surface à visée autre qu'utilitaire ... 

Même si autrefois confectionnant mes propres vêtements j'ai su faire -beaucoup moins parfaitement !- certaines de ces finitions,  on comprendra ce que je veux dire quand je déclare que je ne suis pas une  bonne "couturière" ...et que pour moi le patchwork n'est pas essentiellement de la couture .Ce qui ne m'empêche pas d'admirer béatement la maîtrise technique de tels exercices !

Dentelles décalées

Je vis dans une région, le Nord de la France, où la dentelle est très présente. Valenciennes bien sûr, mais aussi les dentelles de Calais et de Caudry. Et je n'oublie pas la proximité de la Belgique, si riche dans cet art.

Et au delà encore l'idée que le mot "dentelle" recouvre de nombreuses techniques : le point commun c'est entrelacer des fils sans support (avec support le même point devient broderie).: dentelles à l'aiguille, au fuseau, au crochet , en tricot  d'art et aujourd'hui faites à la machine à coudre pour ne citer que quelques techniques. Sont souvent rapprochés des dentelles tous les points ajourés sur étoffes (broderie anglaise, Richelieu, Renaissance) et dont certains comportent des inclusions de dentelles existantes (broderie de Touraine) , et tous les points ajourés à fils tirés rebrodés, mais ils ne sont pas au sens strict du mot, de la dentelle.La  "dentelle" sur filet ou sur tulle est à proprement parler plus une broderie sur support ajouré qu'une dentelle véritable, dans laquelle le réseau de fond est créé avec le motif .Sur les sites de ventes les dénominations dentelles et broderies tombent un peu au hasard !

 C'est un accès à un savoir-faire et des métiers d'art dont l'histoire est passionnante qu'elle soit artisanale ou industrielle.  En collectionnant, en lisant mais aussi en  visitant, j'ai beaucoup appris sur cette noble matière, bien que je sois très loin de tout savoir.

Les premières dentelles que j'ai eues  étaient issues  ce que je nomme l'héritage familial , souvent très abîmées, certaines faites main, me semblent aujourd'hui encore de pures merveilles. Ma toute première utilisation fut dans le crazy quilt. L'Arlequin fou commencé dans les années 90 et fini en 2001, exposé à La Bourboule en 2002. J'avais placé les dentelles blanches au centre d'un plan jouant sur les monochromes et les valeurs, ce qui à l'époque était assez inhabituel pour un crazy quilt.

 

Arlequin fou art textile dentelles jacqueline fischer

 

Et puis par les dons surtout de personnes âgées aujourd'hui disparues qui ont si gentiment vidé leurs  trésors chez moi, j'ai eu plus de choix .

A ce stade, je me préoccupais assez peu de l'origine des étoffes, je me laissais juste porter par leur beauté. J'ajoute qu'on peut tout à fait créer ainsi artistiquement,mais voilà j'ai été poussée par  le désir de savoir, la conscience aussi  d'un travail préalable qui me permettait d'avoir ces merveilles entre les mains et sur lequel je voulais en savoir un peu plus regrettant souvent de n'avoir pas l'intelligence assez technicienne pour tout comprendre..Je n'ai jamais pu en tenir un morceau entre les mains sans penser justement aux personnes qui, par ce travail parfois très dur, qui me permettaient de l'utiliser.

 J'ai créé  Le bal des étoiles pour mettre en valeur dans un motif simple (une étoile variable)  ma collection d'alors .

Bal des etoiles 2

Dans les années 2000 l'accès à internet m'a permis d'agrandir mon stock. On le peut aussi sur les brocantes locales, mas j'avoue que pour la casanière que je suis la farfouille électronique m'allait bien  et je la continue !

Pour utiliser une des premières collections que j'ai ainsi acquise , j'ai crée le quilt Laisse les murs dans ta prison .

Laisse les murs jacqueline fischer art textile

Et puis j'ai eu le bonheur de tomber sur plusieurs  collections d'échantillons de dentelles Solstiss et du Noyon , dont on se "débarrassait" . Ce qui est chiffons sans valeur pour les uns peut s'avérer trésor pour les autres et ces dentelles comportaient des morceaux de créations perlées créées pour la Haute-Couture que j'ai beaucoup utilisées et qui font encore mon bonheur.

Dentelles de calais 001

 

et même les plus modestes pas encore ennoblies de cette façon ont dans leur plus grande sobriété trouvé ça et là leur place en mes ouvrages.  J'ai construit le quilt Dentelles décalées en associant des soies texturées en relief "boursouflé" avec une bonne partie de mon stock d'alors , dans un remake d'une disposition ancienne appelée le mur de briques ..Sur la page suivante , vous pouvez voir d'autres utlisations dans d'autres surfaces.

 

Dentelles decalees art textile jacqueline fischer 2

 Je recueille aussi quand l'occasion se présente ce qui vient, hélas, des fermetures d'usines, parfois accompagnées de documents techniques qui sont pour moi à la fois des énigmes, car rédigées dans un jargon codé professionnel, et un accès au mystère de leur élaboration (beaucoup de marhématique et de chimie du côté de ce qu'on nomme les apprêts!) . Ce sera l'objet d'un autre article.

Pour en avoir plus sur la dentelle il y a ce reportage de mon amie Marie-Claude sur le salon de l'aiguille en fête en 2011

, je souligne les oeuvres remarquables des artistes présentées !

Sur ce site de l'entreprise Sophie Hallet vous trouverez des explications sur la confection des dentelles de Calais et  vous découvrirez sûrement des métiers ignorés de vous. Je rappelle que le secteur de la Dentelle de Calais a payé un lourd tribut à la crise économique. En l'intégrant à nos créations , même si elles sont modestes ou estimées telles, nous contribuons à la faire connaître et c'est ce que que je tente, ici,  de faire !

 

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ode à la mémoire ...

Ode à la mémoire ...

Je re-regardais sur Facebook une oeuvre qui y est régulièrement partagée et que j'aime énormément (et pour cause!) il s'agit de la célèbre Ode à l'oubli de l'artiste grande s'il en est Louise Bourgeois. On peut en voir l'histoire sur ce lien , et sur quelques autres.

 

L'esprit dans lequel ce livre est  créé, ce rôle des tissus comme vecteurs de mémoire et témoins de notre vie est pourtant aussi présent dans d'autres oeuvres moins médiatisées, moins relayées pour ne pas dire inconnues du public, ce que je trouve dommage. Le rôle de ce blog est principalement de faire connaître ce qui l'est peu, ou l'est moins.

 Alors j'ai voulu en parler pour mémoire ,  non seulement des étoffes mais de toutes celles qui ont travaillé autour de leurs fragments comme témoins de leur passé, tissage de leurs vies souvent  humbles ou jugées ordinaires.

Et d'abord évoquer cette oeuvre faite à l'initiative de l'association ATD quart monde , et dont je me suis rendu compte que très peu la connaissaient dans le monde du patchwork et de l'art textile. Ne parlons pas du reste du monde de l'art ! J'ignore les raisons de cet oubli, qui n'est pas seulement d'un  medium (le tissu) mais d'une oeuvre.  On l'a appelé le Family quilt  ou le patchwork de nos vies. "morceaux d'histoire de familles du Quart Monde, des cinq continents."

 Le principe était de demander, à des personnes de milieu défavorisé  dans des pays variés, un morceau d'étoffe qui avait compté dans leur vie, accompagné d'une phrase disant pourquoi. Ces morceaux ont été ensuite réunis dans une surface -on a utilisé un block  log cabin libre pour les présenter. Il est à noter que les Guildes de patchwork en ont très peu parlé , en France notamment , elles n'en ont peut-être pas eu connaissance. J'en ai découvert  l'existence par une amie qui m' avait envoyé une des cartes du coffret et j'ai voulu en savoir plus. . L'oeuvre pourtant a été présentée aux Nations Unies le 17 octobre 1994. Atd quart monde a vendu alors un coffret contenant l'histoire de ce patchwork , et des cartes postales représentant les morceaux d'étoffes et les phrases d'accompagnement. J'ai acquis plusieurs coffrets dont il m'est resté un -presque entier ! Je donne aussi le lien de l'association ATD quart monde , qui n'édite plus ce coffret . C'était il y a plus de vingt ans, il est vrai . Mais on peut, si on le désire l'aider à aider, d'une autre façon.

Quelques fragments....

Failiy quilt 1 001 bout jpg

Failiy quilt bout 2Et quelques phrases :

Brassière d'été de nos enfants d'avant qu'on ne nous les retire...

 Bleu de travail d'un jeune sans travail ...

Morceau de robe, j'aimerais qu'on en prenne grand soin :  il est le témoin de tout ce que j'ai enduré

Pan de rideau pour faire un chez nous dans notre caravane.

Toutes sont touchantes , certaines sont déchirantes.

Cette oeuvre pourtant est bien dans la lignée de celle de la grande Louise , à l'exception du fait qu'elle est collective et populaire ...faite par des non-artistes , qui plus est (les couseuses sont restées anonymes ). Je ne dispose pas ou plus d'image en couleurs de l'ensemble, mais ce cliché en noir et blanc qui donne une idée de l'aspect général. (cliquer pour mieux voir)

 

Family quilt entier rec red 001

 

 Je vous laisse juge de leur importance .

Au delà j'évoquerai aussi une fois de plus  -j'y tiens-  toutes ces anonymes ou inconnues  dont -par le patchwork- le tissu a été le medium et qu'on a réduites le plus souvent à leur fonction utilitaire ou décorative . Surface ne vaut pas livre pour la caution intellectuelle de la chose et je le sais d'autant mieux que créant les deux, je vois combien la forme magnifie le fond et l'accueil n'est pas le même.. J'aimerais quand même qu'on y voie un jour, dans ces surfaces comme des pages juxtaposées de livres de vies ordinaires puisque jugées telles,  ce qu'on y a mis de travail de mémoire par les étoffes ...car s'il y a "oubli" on peut se demander de quel côté il se trouve. Oubli du tissu certes que des grandes ont eu raison de souligner e d'illustrer splendidement , mais oubli surtout de tout ce passé textile jugé sans nos démarches importantes et donc voué à ce que je nomme "ghettoïsation" .

J'espère par cet article inviter à regarder dans le medium tissu,  vecteur de mémoire et matière pour créer, expressive et tellement empreinte de vie,  tout  ce que des femmes-le plus souvent - en  ont fait . Pas seulement les plus grandes, qui n'ont pas trop besoin qu'on les promeuve et que je salue,pourtant !

 

Cahier d'élève en technologie textile (années 1929-1931)

Cahier technologie textile 1 redDans ma série Petits Trésors, je présente ici ma dernière trouvaille : deux cahiers  datant des années 1929 à 1931, contenant un cours manuscrit pris par une élève de  seconde industrielle,corrigé et noté par son professeur . Excellente élève si on en juge par les notes et le peu de fautes d'orthographe ! Sans compter l'élégance des écritures ...

Les deux cahiers ne se suivent pas , mais ce que je possède est suffisamment riche et complet pour se faire une idée de l'industrie textile à cette époque  qui m'est chère car ce fut la jeunesse de mes parents, qui se sont mariés en 1929. J'ai retrouvé au passage des  noms d'étoffes évoqués par ma mère, qui les connaissait très bien - cette science faisant partie alors de ce qu'on nommait "économie domestique" - et notamment le Tobralco.... et beaucoup d'autres.

L'intérêt de ce document, outre de donner une idée dont la technologie textile était enseignée à l'époque , est  aussi d'en expliquer très clairement les matières et les modes de fabrication. On y apprend beaucoup si on lit attentivement. C'est très différent des autres catalogues d'échantillons commerciaux que je possède de la même époque, et quasiment complémentaire.

 

 Mais le merveilleux de la chose c'est les échantillons -il y en a des centaines -  certains en mauvais état , certes, que j'ai dépoussiérés délicatement et placés sous un tulle de protection , mais la plupart encore très frais. Taches de colle aussi , bref c'est comme on dit "dans son jus" .

 

Technologie du textile velours red

Outre les tissus on trouve aussi ce qui les complète et  est utilisé dans la couture ou la chapellerie et  l'art de la fourrure. Ames sensibles s'abstenir, à l'époque personne ne se préoccupait de "sensibilité animale" , et encore moins de préservation des espèces . Il n'y a pas d'échantillons de fourrure naturelle, mais plusieurs  pages consacrées aux différentes sortes de cuirs.

Page cuirs red

Dans les matières utilisées dans la décoration , on croise le celluloïd -que les anciennes ont connu -j'ai eu une poupée en cette matière- et la galalithe, issue de la caséine de lait, d'où son nom (gala signifie lait en grec ancien et lithos pierre ).On notera aussi que l'usage de l'ivoire ne semble pas un crime, non plus , mais que l'ivoire végétal existe déjà .

 

Page ivoire galalithe red

 

 

Des pages aussi très intéressantes sur les dentelles et le passage du manuel au mécanique (et la farouche concurrence, à cet égard , les modèles qu'on se "piquait" , déjà !) .

 A ce point que, si j'ai le temps , je me propose de retranscrire ce qui est manuscrit et de publier  l'essentiel de ce livre-ci -avec photos de l'original, bien sûr -, au moins ce qui concerne le textile à proprement parler, dans une série d'articles, parce que je trouve qu'il possède un intérêt réel pour toutes les personnes  qui ont une passion pour le tissu qu'elle soit scientifique, historique ou artistique .Cela pourra se faire dans les mois suivants. pour la transmission, comme on dit .

clarification

 

 J'aimerais clarifier ici quelques points sur lesquels je me sens en hiatus ou en état d'incompréhension permanente.

A propos de la notion d'art textile  dans son acception récente:

Un rappel historique :

La plupart des personnes qui viennent à l'art textile maintenant ignorent comment dans les années 90-2000 en France le terme a  été utilisé, pour se démarquer du loisir créatif et de l'ouvrage dit de dame (et ce, sous l'influence des USA où  le mouvement a commencé dès les années 70 !) .Mon blog fait la recension de livres qui expliquent cette évolution.Mon parcours "le bonheur en lisière" l'explique.

Je n'ai strictement aucune hostilité envers quelque manière de créer en textile (ou fil) que ce soit. Tout m'intéresse, même si, non , je n'aime pas tout . En  tant que "public", j'ai comme tout le monde mes préférences, qui correspondent à ma sensibilité. Il y a des démarches dans lesquelles j'entre et d'autres qui me laissent froide, et en tant que pratiquante,  certaines attitudes ou affirmations péremptoires -sans plus ample informé!- je l'avoue, m'agacent par leur suffisance.Même si je peux aimer l'oeuvre de qui les émet.

 Ce que je n'aime pas c'est tout simple :

  • Tout d'abord  qu'on appelle textile ce qui ne l'est pas - du mixed media reste du mixed media et  quand il m'arrive d'en faire, j'appelle cela par son nom-  d'une part et qu'on prétende que ce soit une évolution des arts textiles antérieurs par "innovation " et supériorité d'imagination .Une sorte de "progrès" alors que tous les historiens de l'art vous le diront : l'art ne progresse pas, il évolue. C'est comme la langue française qui évolue, mais ne "progresse pas"  et une évolution n'est pas du reste  forcément positive (avis des avant-gardistes!) , ni négative (avis des ringards!). Elle est juste ce qu'elle est le constat d'un déroulement, d'un  "process". Je rappelle que le mixed media existe en broderie, depuis la nuit des temps et que ce n'est pas à la fin du XX siècle qu'on a commencé  à peindre sur les étoffes pour les insérer dans une oeuvre textile, et à broder sur un support autre que l'étoffe:  cuir, écorce par exemple.. et on  y adjoint les inventions technologiques ou chimiques de son époque, on n'innove pas (l'inventeur, oui!)  :  on ne fait que faire ce qui s'est toujours fait : utiliser toutes les matières à sa disposition. Donc avant de prétendre "innover" , être humble et apprendre l'histoire de son art ne serait pas un luxe.
  • Je déteste d'autre part  qu'on accapare le mot d'art à son seul  profit, surtout..Ce n'est pas un "parti-pris" c'est la constatation d'un fait, de la manière dont historiquement s'est déroulée cette émergence d'un "art textile" qui a eu besoin des structures des arts  textiles classiques (je me refuse à dire  traditionnels ) pour émerger et en a gentiment exclu, souvent,  celles qui prétendaient créer  avec des matériaux et formes classiques de leur art : fils et étoffes, à  coups de petites phrases assassines et de prétentions style :  "nous qui avons une formation  artistique Beaux-arts" (mais quand on sait à quel point les Beaux-arts ont toujours tenu les arts textiles qui osent ressembler à du textile en lisière, côté arts décoratifs ou arts appliqués, jusque-là mais pas plus  Sauf si de  grands noms et personnes qui ont fait du textile et autre chose de bien plus glorieux à côté ! .Si ces personnes  n'avaient fait que du textile, de manière non pas utilitaire et domestique, mais discrète, et surtout si elles n'avaient pas eu autour d'elle ce que les anglo-saxonnes nomment un arrière-plan(background) favorable, leurs oeuvres seraient restées , je le crains, plus obscures, quels que soient leur valeur et leur intérêt.
  •  Je n'accepte pas en art textile le clivage contemporain-traditionnel tel qu'il s'est établi chez nous, en ayant vécu les débuts. Le mot "contemporain " en art déjà change forcément de sens,et est sujet à nombre de controverses.  Chez nous, textiliennes,   serait contemporain tout ce qui ne ressemble pas une structure dite "traditionnelle" dont le patchwork américain en blocs juxtaposés serait l'archétype, ou qui s'éloigne des "matières" dites traditionnelles ou qui encore choisit des sujets ou des formes "non traditionnelles". Le premier problème c'est que ce "traditionnel" est déjà bien trop varié pour se laisser cerner et enfermer dans ces classements plus que péremptoires, le deuxième , c'est que souvent on revendique comme "contemporain" en art textile ce qui a déjà été illustré auparavant en peinture, en sculpture, en conceptuel (d'où l'attrait actuel pour les suspensions, les installations, les performances  etc).   Quand il y a un débat sur ce qui serait "contemporain" en art textile, on a toujours l'impression que les personnes qui le suscitent savent déjà ce qui en serait, et surtout, ce qui n'en serait pas (patchwork, par exemple).Le contemporain en art textile c'est le plus souvent faire en tissu et en fils (avec parfois très peu de tissus et de fils!) tout ce qui a déjà été  fait en peinture et sculpture , etc. Les décennies d'avant. En ce moment, il y a tout un  courant conceptuel, alors qu'en art tout court on commence sérieusement à mettre en cause  certains excès de ce courant artistique ... il me frappe qu'isolées dans leur groupe d'appartenance très peu d'artistes le voient.On fait du figuratif réaliste en étoffes ou broderies  parce que  la peinture y est revenue, on tâte du minimalisme parce qu'il est "tendance";  auparavant, mais cela perdure, on a connu la période de l'amamgame informe sous-tendu d'un discours parfois indigeste  etc. Tout cela peut donner des oeuvres superbes, mais suivre ses voies sans trop se préoccuper des mouvances -sans en être dupe, surtout!- aussi bien. Déformatons les regards : ce serait vraiment une révolution, cela. Le but est de prouver qu'on peut "égaler" les grands arts en imitant leurs réalisations, plutôt que de chercher ce  que notre art a de singulier. Pour moi j'ai trouvé il y a longtemps : j'aime à créer précisément ce qui ne peut se dire qu'avec ces tissus-là et ces fils-là et non à créer quelque chose dont on se dirait qu'en papier, plastique , peinture ou pierre ce serait pareil ou presque. Je veux que les tissus y parlent comme les mots dans mes poèmes et croyez-moi , ce n'est pas si  facile. La matière chez nous ne peut pas "primer " puisqu'il faut en quelque sorte, la faire oublier en la faisant ressembler aux matériaux d'autres arts . Ce qu'on me répond le plus souvent c'est qu'on a bien le droit de "faire ce qu'on veut". Certes mais pas de se hausser du col avec des mots dont on n'a pas interrogé le sens comme "innovateur" ou "contemporain" qui vaudrait caution de génie et d'imagination à coup sûr !
  • On ajoute "il y a de la place pour tout le monde" . Eh bien non pas dans les mêmes lieux !Non, absolument non :   il n'y a pas égalité de réception et d'analyse des oeuvres,  non plus.Pour se poser en grand art, sans vraiment y parvenir,  l'art textile a eu besoin d'établir ses propres  sous-genres. ...Malheur à qui ose les affirmer comme art à part entière textile et contemporain tout autant ! On  sourira comme devant une inconséquence , et on continuera à fonctionner selon ses règles sans l'ombre d'un questionnement sur leur bien-fondé .

Art textile (?) contemporain (suite)

 Je continue à observer ce qu'on affirme être de l'art textile contemporain.

 D'abord le  redire; je ne mets nullement en cause ces artistes dont je vais décrire lle travail. J'ai mon appréciation sur ces oeuvres, elle n'est pas forcément négative, mais ce n'est pas ce qui est en cause.  Faute d'avoir le droit d'en montrer les photos, je les décris. .( en privé je le peux à qui me le demandera).

Qu'elles soient de tel ou tel artiste ici ne m'intéresse pas, ici. C'est la manière dont on les classe textiles qui est l'objet  de mon questionnement.

Une première oeuvre qui s'intitule tapisserie  il s'agit de fibres optiques juxtaposées, sur lesquelles joue une lumière couleur arc-en- ciel. Bien sûr le mot "fibre" suffit à assurer la caution "textile" .Pourquoi n'est ce pas de l'art optique ;   valence sons et lumières? Pourquoi ce mot de tapisserie qui correspond à tout autre chose ? La tapisserie  présuppose qu'on tisse ou qu'on brode quelque chose sur un support. Là bien sûr on me dira c'est la lumière qui est déposée sur des fibres . Alors quand la lumière joue dans les brindilles ou des cheveux c'est aussi du textile via le fiber art ?

En élargissant cette notion de tapisserie au sens de n'importe quoi de déposé sur n'importe quel support qui , lui,  aura toujours une texture ou pourra se scinder en molécules , ou sera constitué de fibres  c'est du textile ?

Je peux peindre sur mes flocons d'avoine , c'es de la fibre ce  sera de la tapisserie ou de l'art textile ? c'est une question, pas seulement une ironie.

.A ce compte tatouage et maquillage  sont de l'art textile (support   plus quelque chose dessus !) . Somme la peau est un tissu  vivant, ce serait plus logique si cela n'a pas déjà été fait.
et la peinture, les toiles des peintres, pourquoi alors ce n'est pas de l'art textile, à ce compte? une toile c'est tissé que je sache ... ah me dit-on mais c'est la peinture le medium . certes  je l'entends bien, mais alors dans l'art textile le medium c'est le textile ! ce n'est pas un simple support !!

 Une deuxième oeuvre est constituée  une paire de chaussures vraisemblablement en cuir d'où émergent précisément des sortes de brindilles. Là je présuppose que la caution textile vient du fil nécessaire pour assembler la chaussure et qui ne l'a pas été par l'artiste (peu importe me dira-t-on) et que les branchages peuvent représenter la fibre.ou le fil (je le répète mon assiette de spaghettis au gruyère aussi)  et puis il est vrai là il y a du concept derrière (je n'ai pas cherché lequel , mais sûr il y en a !). 

Une troisième oeuvre montre  un plan blanc vraisemblablement en polystyrène  sur lequel des  épingles sont plantées, des épingles à tête de couleur noire et blanche  Entre certaines de ces épingles on a fait circuler un fil noir . Là c'est évident : nous sommes dans le minimalisme, j'avais bien saisi  C'est ce type de "broderie" oùon  pique quelque chose sur un support , ce qui va évidemment plus vite aussi que de broder vraiment , mais passons. c'est de l'art du fil, incontestablement et l'épingle ça fait couture, soit.

Je pourrais, dans cet "esprit" qu'on m'en permette un peu de mauvais au passage , exposer ma propre  pelote d'épingles car au fond elle retrace dans le temps les marques d'un travail qui lui restera occulté ... et on peut aussi y trouver un concept plus approfondi côté rapport au temps et au fil. le temps est un concept commode, comme le fil on peut tout lui faire dire !

Ma question est toujours la même : en quoi est-ce textile ?

En quoi est-ce aussi,  plus contemporain que ce qu'on fait côté vraies étoffes tissées, brodées?

Ah oui la nouveauté du matériau, le concept au kilomètre, en veux-tu en voilà. Je reste très sceptique sur la valeur de ces arguments. Très.


Pourquoi ces oeuvres ont le phare de la renommée braquées sur elles en tant que summum de l'art textile ? et contemporain ?
Pourquoi ont-elles  la faveur en tant que "textile" des musées et galeries d'art, alors qu'on nous dit à nous "surtout pas de tissu" ou "surtout pas de patchwork". Depuis quand un tissu n'est-il plus textile ? 

Les artistes non suiveurs de modes ou courants hors-école sont-ils donc moins contemporains que leurs contemporains ? Et là nous rejoignons un problème fondamental  de l'art de notre époque.
 

 Pourquoi s'octroyer une étiquette qui ne correspond pas ?   . Suis-je donc la seule à sentir ce courant ainsi ? Je ne le refuse pas en tant qu'art, je m'insurge contre une place "textile" qui est usurpée alors que,  pendant ce temps-là les mosaïques textiles , broderies sur étoffes sont ignorées ou déclassées comme "arts mineurs" . Une promotion au stade "grand art"  est incidentelle,  après on les remet côté patrimoine-folklore (et encore en France sur la conservation des oeuvres textiles et leur mise en valeur il y aurait à dire, beaucoup. Et  à faire encore davantage.
Pourquoi suis-je, semble-til devant le silence radio qui me répond la seule à poser la question en termes d'histoire de l'art, de la signification des mots auxquels on ne peut quand même pas faire tout dire et n'importe quoi ... même si on appelle cela" ouverture".Un peu de rigueur et d'honnêteté intellectuelle seraient très bien venues.

Pour en finir avec les ouvrages dits de dame

 Je m'adresse ici autant à ce qu'on nomme le grand public qu'aux personnes qui pratiquent les arts textiles (à divers degrés)

 

Les ouvrages de dames sont liés à l'essor d'une presse "féminine , qui au départ se voulait aussi féministe à sa façon, c'est à dire proposant aux femmes des articles sur des sujets censés les intéresser elles et pas les hommes. Le domestique et son "économie" étaient  alors dûment enseignés -  et comportaient tout le travail autour du linge (marquage notamment ) et décoration. Pas toujours du "loisir" au sens où on l'entend aujourd'hui et rarement créatif dans la mesure où dès que les modèles sont apparus ils ont été reproduits, et copiés.   On peut penser cependant que déjà certaines interprétaient avec plus de liberté et d'imagination que d'autres. Composaient au moins et s'écartaient de la copie stricte d'autant que souvent dessins et explications étaient fort succincts . Rien des tutoriels style assistanat de A à Z en pas à pas abondamment illustrés  de notre époque. Plus on assiste, moins on donne le désir d'indépendance et de création et plus on renforce le désir d'avoir le même bel objet exactement semblable qui est un désir de possession par la fabrication reproductive, non de création .

Je voudrais rappeler que la création peut résider aussi dans le choix et la composition à partir de motifs déjà dessinés -dits poncifs- comme on le voit dans certains marquoirs  ou samplers, dûment signés . Il ne s'agit pas alors de suivre une grille où tout a été décidé et choisi par un ou une autre, mais d'un entraînement doublé d'une composition vraiment personnelle.

 

Parallèlement à ces publications dans la presse féminine, on trouvait des manuels techniques à cet usage et nous avons toutes en mémoire celui, très célèbre,  de Thérèse de Dillmont , lié à la manufacture DMC.

Je remets le lien du site Antique patterns auquel j'ai consacré un article, en feuilletant les ouvrages on pourra constater que les dessins sont le plus souvent en  noir et blanc, sans composition d'ensemble si on excepte quelques-uns avec déjà des planches en couleurs et des explications fort détaillées .

Mais bien avant  sur le site Gallica par exemple on peut trouver des ouvrages de poncifs datant de la Renaissance.

 

La création - était  cependant surtout  en deça : il y avait dans l'ombre des concepteurs et probablement des réalisatrices de ces "modèles" Tant que tout était en noir et blanc , l'imagination personnelle de celle qui en bout de chaîne utilisait ces motifs ou poncifs pouvait venir tout comme aujourd'hui d'une composition, d'un choix des couleurs, des fils personnels. Il y avait donc parfois re-création , comme je l'ai souligné maintes fois,  mais comme pas plus autrefois qu'aujourd'hui on ne le notait au dos de l'ouvrage , impossible de savoir si la main qui a exécuté est aussi le cerveau (et le coeur) qui ont conçus. Pour beaucoup ce point crucial ne revêt aucune espèce d'importance. On voit la "belle ouvrage" et on s'arrête-là. C'est pourtant  là qu'il faudrait -enfin- engager une réflexion. Et cette réflexion ne peut s'établir faute d'informations sur la genèse des dits "ouvrages"   : savoir qui a fait quoi me semble indispensable. Pas de genèse sans générique. Imaginons qu'on ait à établir un art de la peinture fondé uniquement sur les peintures de reproduction de maîtres ou faites au numéros ... on aurait le même problème. Il faut quand même rappeler qu'il fut un temps où les brodeurs étaient considérés comme les égaux des peintres, voire supérieurs. Mais c'était alors professionnellement et au sein de corporations d'artisans d'art, régies par des lois strictes.

 

L'ouvrage de dame lui, a été cantonné côté maisons et loisirs quasi dès le départ. Est-ce à dire que pour autant , il n'y avait pas réellement une expression personnelle par ce moyen  ( et à mon avis plus en patchwork qu'en broderie pour la raison simple que le patchwork demande des capacités de composition toutes différentes. )

Mais je me sens bien seule en ce domaine, parce que la plupart des femmes qui aiment les arts textiles  côté panier à ouvrages, n'exercent pas en créatrices ni en artistes, elles se font juste plaisir, comme elles me disent.  Ou bien croient  sincèrement être artistes parce techniciennes parfaites du modèle qu'elles copient .Voire du kit. Le tollé que j'ai soulevé en évoquant le problème me le confirme. Et les artistes des autres arts s'intéressent au leur en priorité, c'est humain ! La plupart admettent la division Beaux -arts et arts mineurs .J'en vois tous les jours se lamenter sur le triste sort fait aux peintres ,graveurs, photographes - les vrais arts, quoi! -  mais  presque aucun n'aurait l'idée de se demander s'il n'y a pas créateurs plus mal lotis ! Quant aux critiques d'art, ou personnes autorisées à analyser , ils ne sont pas légion à oser un papier sur une créatrice textile obscure (raison au passage de saluer ceux qui osent le faire )  qui ne sont pas que de"petites mains" au sens d'exécutantes des oeuvres d'un maître ! Le terme même est dévalorisant qui réduit à la bonne faiseuse celle qui met son âme autant qu'un  artiste de Beaux-arts dans ce qu'elle crée ! Mais qui le sent ? Qui veut le voir ? Qui veut le savoir ? Personne ou presque quand encore ça ne fait pas ricaner. Il est vrai  : les ricanements des sots sont louanges .


Il y a à s'interroger déjà  sur l'anonymat de ces oeuvres domestiques -ou religieuses- côté conception, alors que certaines signaient et signent encore orgueilleusement des reproductions où elles montrent juste leurs capacités techniques. Anonymat qui longtemps a été imposé aux créatrices pour revues féminines. On trouvait  le nom du photographe de la broderie, mais presque jamais le nom de celui ou celle qui l'avait dessiné, conçu et brodé ou cousu. Une sorte de négation première de l'acte de créer , en ce domaine puisque sa seule utilité était de fournir des modèles aux autres . Et c'est resté . "je l'ai fait moi-même" semble une caution suffisante pour s'approprier ce travail en deça pour lequel la créatrice est payée certes (mal )  quand elle l'est. Le vol d'idées est courant sans reconnaissance aucune de source puisque "c'est fait pour ça" pour "donner des idées aux autres".

On sait aujourd'hui que pour qu'une oeuvre soit reconnue comme telle il qu'elle soit intégrée à la démarche d'un grand nom exerçant un grand art. Enfin du moins ça aide. Et voilà pourquoi des géométries peintes par des hommes postérieures de très loin aux compositions géométriques textiles, tout  aussi uniques et intéressantes créées  par des femmes anonymes n'ont pas à valeur esthétique et profondeur égale  le droit de cité dans les histoires de l'art.

Sans " état civil ni pedigree,   ni oeuvre ni homme n'existent aux yeux des sociétés, même si elles vivent ! On obéit  des critères positifs-majorants

 - d'un côté peinture/ homme/ nom célèbre(professionnel/ sphère artistique-professionnelle/ / démarche reconnue et consciente/  accès aux galeries d'art-muséable, recensions et critiques / présence possible dans les livres d'art  côté grands arts.

et de l'autre des critères négatifs-dévalorisants  :

  couture/ femme/ anonyme ou inconnue/amateur/autodidacte/ sphère domestique/ démarche instinctive ou inconsciente , ignorée /pas d'accès aux galeries d'art- non muséable (sauf folklore-patrimoine- pas de  recensions et critiques / absence des livres d'art  comme objet d'expression personnelle et sensible .

Pourtant si on met côte à côte les résultats, on  devrait interroger la pertinence  de ces critères. Mais à ma connaissance, très peu le font et surtout pas en France, patrie du prestige (et du préjugé assorti !)

Si on excepte la célèbre Sonia Delaunay  exception qui confirme la règle ... pour qui les critères donneraient  : couture et surtout  peinture/ femme/ professionnelle/ sphère artistique /formation artistique /  démarche consciente et formulée /  accès à la critique.

 

Ce qui, à patchwork égal, si j'ose dire change le regard et la considération sur l'objet textile assemblé. Un travail comparable créé  par une inconnue répondant aux critères dévaluants  sus-cités .... est nul et non avenu. Pas inscrit du bon côté de la rue de la création , pas né au bon endroit, au bon moment . Sans appartenance d'école, de caste, d'intelligentsia , de milieu . Voire d'époque. Ou de lieu (il n'est bon bec que de Paris ou autre capitale culturelle !)

 

L'ouvrage d'une femme  obscure voire anonyme  faisant sans le savoir dans sa cuisine -ou son salon-  comme le souligne Claude Fauque, de l'art abstrait ou brut sans le savoir, bien avant que celui-ci existe en peinture, évidemment ne jouira  jamais de la même considération . Puisque nous, dit-on cette brave dame était  censée  n'avoir aucune profondeur intérieure. Si on le dit !!

J'aimerais qu'on regarde sur ce site la neuvième oeuvre faite par une femme anonyme  en 1885 . qu'on me dise en quoi elle est inférieure en puissance d'expression aux peintures abstraites qui ont suivi... Et de tels quilts ne peuvent avoir été faits d'après modèles.

Ouvrage de dame ? oeuvre d'art ignorée injustement -et il y en a des millliers comme ça !- je vous laisse juge

 

Le premier  travail d'un historien  de l'art en tissus  et art textiles devrait être fondé pourtant sur cette distinction capitale  . création/reproduction/interprétation et ce d'où que provienne l'oeuvre . Et si l'oeuvre est création ne pourrait-on la regarder alors comme si elle était d'un grand art ? Je suis certaine qu'un critique qui sait voir et lire y trouverait autre chose dans beaucoup de cas que du " joli- décoratif" ou du  "intéressant pour la valeur patrimoniale et historique" -qu'on nous concède (comme à un vieux tesson de bouteille ) ..

Pour qu'on saisisse mieux ce que je veux dire , je vais prendre trois exemples dans mes propres  "oeuvrages"

 - Celui-ci offert  par un commerçant était imprimé sur tissu  et donné avec diagramme  fils et indication des pôints . C'est de l'ouvrage de dame pur sans aucune création ni recherche. Certes, il faut savoir faire les points et suivre un diagramme, mais je vous assure avoir entendu une dame de ma connaissance se targuer d'être artiste pour si peu !

 

Ouvrage de dame 001

 

 

 

Celui-ci inspiré des broderies de François Lesage , le dessin n'est pas de moi, les indication de points non plus, mais comme il est difficile de trouver les mêmes matériaux...j'ai usé des miens sans respecter  strictement les indications  il y a une petite part d'interprétation et le niveau technique requis est nettement  supérieur à celui nécessité par l'ouvrage précédent.

 

Fuchsia

 -  Cet ouvrage créé pour la revue broderie d'art a été dessiné, par moi et le choix des couleurs, points et fils m'incombe entièrement : on est donc dans la création, certes pas ex nihilo, mais que je nomme personnelle n'aimant pas le mot original

 

pavot-image-6.jpg

 

 

 

Je pense qu'on peut compter aussi comme création de broderie- et de patchwork-  tous les ouvrages qui partent d'une source existante (et si possible reconnue honnêtement, ça ferait avancer ma connaissance de notre art ) mais dont l'élaboration textile est due  au concepteur. Il existe des re-créations par métamorphose ou passage dans un autre art .... qui demandent une élaboration et un investissement indéniable.   Témoin cette pochette dont j'ai emprunté le dessin (en noir et blanc) parce que l'aimais -je sais dessiner une guirlande de fleurs par moi-même mais je voulais celle-là !) le choix des matéraux soies perles fils d'or ,et  le travail purement textile est de ma conception propre. Alors création ou pas ? Art ou ouvrage de dame ?  Je me suis laissé dire que dans la Haute-Couture, on devait bien de temps à autre fonctionner ainsi !

 

pochette-pour-e-mon-site.jpg

 

 

Le brodeur ou le quilteur mettent autant d'eux dans ce genre d'ouvrages  que le photographe composant avec une "réalité" qu'il n'invente pas et ne dessine pas davantage. Ce qui ne signifie nullement , je le précise, pârce qu'on me comprend toujours à l'envers, que je tienne pour création des surfaces de perfection techniqie pure , où l'âme du concepteur, ses émotions, ses désirs, sa vision de l'espace ou du monde ne se perçoivent pas, et qu'une autre main tout aussi habile aurait fait de la même manière . Il faut tout de même un minimum d'apport  personnel pour qu'on puisse prétendre au titre d'artiste créateur  autre qu'artiste technicienne maîtrisant son art sur le bout des doigts . Confondre sans cesse les deux n'arrange certes pas le statut de notre art, mais les bonnes faiseuses qui sont la majorité s'en satisfont . Elles ne sortent pas au fond l'art du panier  ouvrages  , se reconnaissent s'exposent et se congratulent entre elles, appelant cela "reconnaissance" :  Ce n'est pas de celle-là que je veux parler, on  le sait .

Mais si nous composons nous-mêmes , que nous faisons preuve d'imagination et d'inventité dans l'usage de nos matériaux et techniques même ancestrales (la peintuire n'est-elle pas une technique ancienne ? )  bref si on voit que c'est de nous au premier coup d'oeil pourquoi serions-nous les seul(e)s à devoir faire preuve de capacités hors  notre valence ?  Apprendre à broder, en broderie d'art,  ce n'est pas seulement apprendre les points-et les matériaux support, fils-  mais à s'en servir comme d'un langage . Pas plus de l'ouvrage de dame que peintures,  gravures; sculptures   ne seraient ces ouvrages d'hommes , alors ?   A souligner que sur le créneau ouvrage dits de dame tous les créateurs hommes sont des génies, adulés et encensés par les femmes elles-mêmes ...

On ne refait pas le monde même à coups d'aiguille !

 

Les petites mains-site

Encore un site sur l'histoire des  vêtements d'enfant et  du tricots. Je l'ai trouvé très  bien fait, riche, renvoyant clairement sur des liens intéressants, plutôt que de pratiquer le couper-coller comme si souvent .

Il  explore plus de domaines que le titre ne l'indique .

 Je ne suis pas spécialiste sur le sujet, mais tout ce qui tient au fil m'intéresse ... je sais que beaucoup d'entre nous tricotent  donc je signale , pour le pârtage.

Lien vers  Les  petites mains, histoire de mode enfantine .

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