Billets de textpatch

    • JACQUELINE FISCHER
    • RACHES
  • La vogue du "slow stitch"

     Les livres anglo-saxons et américains depuis quelques années , ainsi que les blogs et sites regorgent de publications sur cette "nouvelle" manière d'aborder la broderie et l'assemblage d'étoffes.
    Or tout ce qui est manière d'assembler des tissus différents entre eux m'intéresse ! J'ajoute que si je ne suis pas les modes, j'en intègre ce qui me semble recouper mes propres envies et désirs par rapport aux diffférentes façons de connecter les étoffes entre elles et surtout de s'exprimer par ce moyen. C'est encore des moyens de "dire avec".

    On y trouve des surfaces, des livres, des vêtements,  , des  sculptures ... Le point commun reste la récupération de textiles qui ont un vécu, la lenteur du geste main, le renoncement à une perfection normée pour une expression plus libre . Et évidemment chaque artiste lorsqu'elle crée véritablement et a une personnalité forte y imprime sa marque et son expression.

    La couleur penche vers le beige-écru- blanc (mais rien n'interdit d'utiliser des couleurs vives, peut-être ces tons délavés ou très pastels ont-ils une implication aussi écologique (moins de teintures agressives pour la nature )   Un des directives celle qui me plaît le mieux c'est faire avec ce que vous avez sous la main, éviter les modèles tout faits, improviser ....et pour ma part , je ne m'interdis pas d'utiliser des tissus neufs de ma collection "spécial patchwork", si pour moi ils ont une signification, un appel particuliers.

    Le point de broderie  dominant est le point avant (ou devant) se recommandant du boro japonais ou du point de Kantha  indien (ce qui n'est pas tout à fait la même chose) en passant par notre point de reprise . Mais on peut y trouver des broderies beaucoup plus complexes et élaborées. Si on gomme l'aspect méditation et spiritualité que certaines pratiquantes  aiment attacher à ce genre de geste (moi pas du tout ! ) , le rôle de ce point simple à faire est d'unifier les fonds, souvent pour poser dessus appliqués et broderies , objets trouvés, citations de textes ou de poèmes.  Histoires de vie (la je me sens déjà plus adhérer !)  qui se recoupent celles des brodeuses couseuses d'autrefois et  "marques" personnelles de l'artiste qui recompose avec .

    Si vous tapez "slow stitch" dans un moteur de recherche " vous aurez une idée de ce à quoi ces surfaces ressemblent. et de l'abondance d'articles et d'ouvrages qui lui sont consacrés. Comme souvent quand quelque  chose  se fonde aux USA , il ya comme pour les Modern quilts, un "mouvement"

    iL ya à cette vogue plusieurs visées ou explications ou justifications...

     Le retour à un geste main , lent  qui porterait à la méditation ... venu des USA où on aime à la fois les psycho- philosophies  vaguement encore imprégnées de new âge  en  réaction  à un pays où la machine est reine dans les arts textiles ... où tout est fait machine (time is money !)  depuis belle lurette et où la démocratisation des machines dites long arms qui permettent de matelasser de grandes surfaces avec des motifs complexes a donné naissance à des kyrielles de Modern quilts depuis une quinzaine d'années -  vague de quilts comportant souvent  de grandes surfaces unies  dites  négatives" " se voulant minimalistes ou dépouillées 'elle aussi au nom d'une "philosophie" ) .  Sans caution 'spirituelle"   point de salut (un peu comme on faisait des mandalas dans les années 2000 jadis  sans trop avoir approfondi ce que cela signifiait vraiment dans l'hindouisme et le bouddhisme )  .  Certains livres abondent de considérations de coaching personnel censé vous mettre en relation  avec votre essence, votre intérieur et votre essentiel . Autant vous dire que je n'adhère pas trop  à cet aspect des choses , mais si ça fonctionne sur vous, pourquoi pas ! Moi ce qui me plaît c'est comment les tissus  s'harmonisent ensemble pour dire..une histoire personnelle .

    Le geste main par sa lenteur même s'il ne me porte pas à méditer me détend .. c'est un autre aspect de  l'activité . J'ai toujours préféré  coudre  à la main, on le sait n'ayant recours à la machine que pour des aspects qu'elle seule peut me donner ou une solidité de couture ou l'aspect des points décoratifs .et ce, depuis bientôt quarante ans que j'assemble des étoffes en quilts, qui racontent tout autant des "histoires", étant donné que je ne  suis pas un modèle pour avoir un joli couvre-lit ou du moins pas seulement ! Et que même ces jolis couvre-lits quand ils sont créés de manière personnelle peuvent dire une histoire de vie comme relaté dans  Anonymous is a woman .

    Pas pour la méditation mais parce que le geste main permet de sertir morceau par morceau, de changer d'avis que c 'est aussi un geste de contact étroit et sensuel avec la matière travaillée.

    L'aspect qui m'intéresse c'est  aussi celui qui est de l'ordre du collage d'étoffes et de leur application à bords vifs le plus souvent (dans la plupart des cas des lignes de point avant les reouvrent droites ou en cercles concentriques , avec des compositions de "pages" on en trouve  beaucoup dans les livres en  textiles plus ou moins élaborées. Je n'aime pas trop l'entassement "sans air et sans grâce" comme aurait dit jadis ma mère. J'aime que la beauté des tissus et des dentelles que je révère soit mise en  valeur c'est pourquoi j'ai toujours préféré  juxtaposer à recouvrir , même si le slow stitch se pratique en couches souvent. Le chevauchement  de morceaux cependant est une voie à creuser...pour moi s'entend par rapport à mes visées à moi, mes exigences comme je dis.

    ..

    Ce sont des créations en style libre le plus souvent où l'artiste improvise peu ou prou (cet aspect-là me sied mieux), il semble d'ailleurs  que les rouleaux vont remplacer peut-être la vogue des livres.,)  on reviendra donc aux sources des livres sous formes de volumina(qui a donné notre mot "volume"  ) des Romains.  Jadis les brodeuses faisaient déjà des samplers (échantillonnages de points) en rouleaux , mais là ce qui séduirait c'est l'aspect informel , improvisé on prend un départ, on s'arrête quand on veut à la "ligne" ou au motif suivant .Pour moi qui suis hantée par l'idée de n'avoir pas le temps de finir , j'aime l'idée d'un ouvrage qui le serait dans son inachèvement . J'ai quelques débuts en cours ...en ce sens, auquel j'adjoins evidemment les tissus "patchworks" imprimés  évités par les autres en ce genre d'ouvrages-si on excepte les vieux blocs classiques pour le "recyclage" .


    le dorica castra  qui s'inscrit dans une série sur les figures de style, en est un exemple.

    Dorica castra derulement 1

    Le recyclage me préoccupe moins - que la nouvelle vie esthétique de quelque chose fait par d'autres mains.  L'artiste Mandy Patullo dit lui préférer le mot de "reworking" retravail, transformation La nuance est difficile à faire saisir je ne fais pas cela pour sauver la Nature ou la planète a fortiori mais pour que ne se perdent pas des heures de vie et de travail textile industriel ou manuel  ou tout simplement un fragment que je trouve beau, qui me dit, à moi quelque chose de particulier .. Ce n'est pas tout à fait l'optique conforme aux doxas actuelles, mais comme on le sait je suis mon chemin et précisément ces oeuvres en "déroulement" -et non  déroulé (autre mot à la mode !) sied à cette époque de ma vie .  Cela n'exclut pas d'en faire aussi des livres textiles , le trois fois rien" en étant un parmi d'autres en cours, ou bien encore ce Keepsake réalisé avec des étoffes précieuses à conserver.

    Keepsake livre textile jacqueline fischer 9

    ou bien encore ces morceaux choisis-1 un deuxième est en cours;   pour illustrer .l'histoire des tissus des années 30 .Morceaux choisis livre textile jacqueline fischer 5

     

     

     

     

     

    J'ai une grande admiration pour le travail de Mandy Patullo (qu'on peut voir sur ce site ) Et qui a écrit deux livres très inspirants sur le sujet.
    et celui de Karen Duane différent .

    Slow stitch est  le livre de base de Claire Wellesley Smith  qui a écrit aussi un Resilient Stitch . Disons que je suis asez éloignée comme dit ci dessus de cet aspect résilience, thérapie ou penser à travers le geste -que je ne renie pas, mais mes accès sont différents.

    Une mention pour Tilly Rose  dont j'apprécie beaucoup le Souvenirs brodés (que j'ai en  version originale)

     Il en existe beaucoup d'autres.

    J'ajouterai qu'il est dommage à mon avis que, parce que  ce n'est pas du "contemporain", on n'ait pas sur certains quilts de création juste parce qu'on a usé d'un bloc comme point de départ ou d'un tissu pas de "récupération"  le même regard , car au fond coudre à la main mille petits bouts différents pour dire sa vie, ses sentiments ses émotions c'est  ce que font les artistes textiles jugées si injustement-à tous les sens du terme!-  "traditionnelles" donc démodées depuis..la nuit des temps . Dans ce retour au geste main, à la recomposition de quelque chose à partir de bribes, de tesselles de fragments une surface élaborée à coutures cachées a aussi à dire , et même e usant de tissus neufs ou spécial patchwork demain ils seront vintage ! tout va si vite ! mais... on ne l'entend jamais, ce n'est pas "mode" ... Quand sortira -t-on de  ce type de regard sur l'art textile, quand le regardera-t-on sans préjugés  sans classement-relégation d'office, pour  ce qu'il est vraiment ?

  • quilts d'interprétation

    On le constatera en lisant mon index , ou mes histoires d'ouvrages il y a dans mon parcours textile quelques quilts que je nomme d'interprétation . J'établis une différence entre copie quasi littérale d'un modèle , interprétation et création. Pour moi cette différence est primordiale justement parce  que j'ai fait les deux (copier littéralement jamais je déteste cela, ça m'ennuie mortellement !) . Et je persiste à penser, même si je me sens toujours aussi seule sur ce chemin-là, qu'aucune revalorisation des pans  rejetés  de l'art textile   non estampillé contemporain (celui dont la source serait "traditionnelle) ne peut se faire sans une honnêteté drastique à cet égard.

    Il ya plusieurs quilts d'interprétation dans mes histoires d'ouvrages. Certes certains contiennent une grande part de re-création  donc de métamorphose, mais l'honnêté me conduit à dire : ils n'existeraient pas si je n'avais pas utilisé le plan de quilt de telle ou telle. Du moins à la date où ils ont été créés. Il est certain que si ce plan de quilt se borne à juxtaposer le même bloc, n'importe qui aurait pu le faire tout seul sans imiter. Mais  le quilt n'est pas que ce plan et c'est là que commence l'aventure personnelle ou non selon le degré d'écart au modèle (quand modèle il ya ).En revanche quand je pars d'un bloc en noir et blanc faisant partie de ce qu'on nomme tradition et que j'appelle inspiration géométrique régulière , si je construis le plan , ses dimensions (primordiales : la taille des morceaux dans l'impact final et aussi la variété des étoffes comme un vocabulaire) ) , que je choisis le schème de couleur ; les étoffes j'estime en être  la créatrice. Et j'estime que ce peut aussi être de l'art dans la mesure où c'est une pièce unique exprimant un ressenti qui m'est propre.   A fortiori  si j'use d'un dessin personnel.

     

    La quilt Le   fil de nos  jours où j'emprunte la disposition mais aussi l'idée des bobines en petites chutes à une autre , même si de moi est l'idée d'en faire un quilt généalogique et le choix des couleurs et des tissus .  Pour beaucoup ce choix des couleurs et des tissus vaut création . Et ce point est tout à fait à prendre en  considération à condition qu'on avoue ses sources .

    LE fil de nos  jours

    Le fil de nos jours 3red

     

    Le quilt l'étoile des quatre saisons  dont je raconte l'histoire. Il n'existerait pas sans l'oeuvre préalable de Mary-Evangéline Dillon; j'accorde que je l'ai totalement transformé et que cette transformation est mon idée (le choix des couleurs et étoffes aussi) mais pour moi ça ne suffit pas à le dire "création".  Et encore moins si je l'avais copié intégralement sans le dire ! (comme raconté).  Ce qui ne semble pas gêner certaines artistes ! Ni leurs admiratrices.

    L'étoile des quatre saisons

    Et4s 4

     

    Le quilt Assiettes de  Dresde  c'est un peu différent. Le plan de quilt est de moi , mais le choix des couleurs  et des tissus style 1930 est  pris  à un bloc ancien . Cette dette fait que je l'ai classé quilt d'interprétation et non de création . Beaucoup n'auraient pas ce scrupule !

    Assiettes de Dresde

    assiette-de-dresde2.jpg

     

     

    Cependant je  m'insurge et je me sens profondément blessée quand on me dit que pour ce quilt Florilège

    Florilege 1 2

     

     

    j'aurais "copié" Kaffe Fasssett .  Je me suis inspirée au départ des quilts watercolours de Deirdre Amsden mais sans en reproduire aucun . Il s'agit d'une influence, pas d'une démarque et d'une influence avouée .  L'idée notamment de jouer sur les échelles de motifs et la taille des carrés (que j'ai reprise dans la plupart de mes quilts jardins) est de moi . On peut sans doute la trouver ailleurs mais en 1999 quand j'ai commencé  le quilt, non. J'ai développé la genèse de mes quilts jardins et ce en quoi ils se différencient des "ressemblants" dans mon livre Jeux D'étoffes. La manière d'y assortir les étoffes fleuries m'appartient en propre et me prdonnera d'y tenir , même si je suis pas une "grande" artiste textile 'à qui on ne le ferait pas ! ).

    Pour l'anecdote, j'évoquerai cette période où je publiais des "modèles " en bénévole (je tiens à le préciser ) dans les Nouvelles du patchwork . A l'époque on  indiquait "realisé par" s'il s'agissait d'une interprétation " et " créée par" s'il s'agissait d'une  création ce qui fut souvent discuté, et discutable! -mais partait d'une bonne intention dont on sait que l'enfer est pavé ) .  Ce quilt Miettes est une création . Le concept est entièrement de moi, l'idée de coudre des petits moeceaux en bandes pour les réutiliser se faisait déjà sans doute au niveau techinque mais le dessin est de moi et on accordera que la disposition, ici,  est primordiale .  Je l'envoyais donc en mettant " creation" puisque c'en est une.   Il parut  avec la mention "réalisé par "-on peut le vérifier . Je protestais ! Il me fut répondu qu'il ressemblait à un autre quilt d'une artiste de Louisiane et comme j'y étais allée cet été-là et que j'avais donné quelques photos de quilts prises là-bas .. !! Je n'ai jamais  rencontré cette artiste (j'étais en voyage organisé!) et son quilt je ne l'ai vu qu'ensuite dans la revue QNM .. Procès pur d'intention et justification capillotractée  :  les deux oeuvres n'avaient rien à voir entre elles  que le fait d'user de beaucoup de tissus et de couleurs .  A ce compte très peu créent !! Et bien sûr je n'étais pas assez VIP de la corporation pour qu'on tienne compte de ma réclamation .Le mépris encore une fois ....il aura accompagné toute ma vie de textilienne . Je veux bien qu'on me dise que ce que  je crée est moche, insignifant, sans valeur et sans importance mais j'aimerais bien ne pas mourir sans qu'on teconnaisse ce qui dans mes surfaces est si profondément de moi ! Ce qui fut fait... plus tard mais certes pas en milieu quiltique !

     

     

    Miettes jacqueline fischer

     

     

     

     

     

     

     

     

  • En vert et avec tout -livre textile

    Je l'ai déjà écrit de nombreuses fois, j'aime essayer, me mettre en route sans trop savoir où je vais . Parfois je termine (et non sans métamoprphoses en cours de route) parfois je laisse en l'état  de "début de" . D'où au fil des ans -- des boîtes entières remplies de  ces leftovers comme disent les anglo -saxonnes. . D'inachèvements...L'imperfection , en son sens premier.(perfectus signifie achevé )

     Parfois j'en fait des sortes de cahiers où je colle sur papier artisanal en expliquant à côté ce que j'ai voulu faire et pourquoi j'ai abandonné . Parfois quand il s'agit de patchwork, j'en bâtis ce que  j'appelle des "rogatons" .

     Mais l'année dernière l'idée m'est venue  de ce livre textile dont le fil rouge serait.. le  vert. J'avais beaucoup d'essais qui contenaient cette couleur,  y compris des nuanciers , des essais de  points reoertoriés avec le numéro DMC ou d'autres fabricants . Le vert c'est ce qui spontanément saute dans la main de la jardinière (pourtant pas aux doigts vers!) que je suis aussi .

    J'ai donc réuni un gros tas d'essais d'échantilons brodés ou assemblés  où le vert était présent . Essais pas toujours réussis , maisj'aime aussi l'idée de faire quelque chose de mes ratés .

    La couverture pour commencer , qui était un essai de composition en blanc et l'envie m'a prise de peindre dessus ,  de manière très .. simpliste . . ET je me suis mise en route:

     

    En vert et avec tout livre textiles d essais et d abandons jacqueline fischer 1

    Comme pour tout ce qui est travail sur le disparate et le déssassorti  j'ai essayé de composer en établissant les liens outre la couleur dominante :  J'ajoute que j'aurais pu tout unifier avec des points style boro ou slow stitch -c'est à la mode, ça rend bien et c'est à ma portée !- mais je n' avais pas envie de noyer chaque élément de cette façon , il ne s'agissait pas pour moi d'intégrer mais de garder le côté "cabinet de curiosités" textiles .

    La deuxième page présente un reste du quilt "jardin d'amour" cf index textiles, un début de labyrinthe en fils de soie (point d'étiles) sur tissu à carreaux , et un motif essayé pour le plaisir de tester unfil nuancé :

    En vert et avec tout livre textiles d essais et d abandons jacqueline fischer 4

    page 2      qui associe un essai de tissu marbré, un " bloc restant de l'ouvrage "rouge passion (cf index textiles)  et quelques feuilles d'essais créées pour montrer que le même dessin peut aboutir à des apparences bien différentes ..

    En vert et avec tout livre textiles d essais et d abandons jacqueline fischer 2

     Le livre comporte  12 pages  , voir ci-dessous  quelques-unes, celles qui me plaisent le plus choisies arbitrairement.

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  • Centon

    Centon et pourquoi pas en choeur ?

    Ce texe publié il ya quatre ans sur Facebook

    Dans la Rome antique - et non l'art romantique- , on appelait centons (centones) les morceaux de tissus dépareillés que cousaient les légionnaires pour porter le résultat sous leur cuirasse, ce qui en améliorait le confort et en renforçait la protection, (et oui, à l'époque on pouvait savoir manier le glaive et l'aiguille !) . Le mot viendrait du grec kentron, "habit fait de divers morceaux cousus" , issu lui même du verbe kenteo qui signifiait piquer.En effet, il s'agissait d'assembler les épaisseurs en superposition et il fallait donc pour cela les transpercer de nombreux points pour les faire tenir. Un peu comme la tradition des boro japonais, quoique, mutatis mutandis, comme auraient dit nos légionnaires ... ( ne me demandez pas s'ils sentaient bon le sable chaud  ) . On appelle centon en littérature un ouvrage composé de morceaux empruntés à d'autres oeuvres. J'ai envie de faire des centons de cent tissus associés à cent phrases et si d'autres sont inspirés par cette idée qui me traverse l'esprit .. pourquoi pas? Le mot centurion n'a rien à voir, le centurion dirigeait cent hommes environ ..) . Quant à la ceinture, elle a encore une autre étymologie mais ce sera une autre histoire ....pour une autre fois peut-être.

     

    L'ide de ces cent phrases et cent étoffes pos"es à côté, s'est trabsformé ans mon esprit  en la réalisation de Touches qui est à la fois un recueil poétique ilustré et une oeuvre textile et textes unique .

    On peut la voir ici et en salles des machines .

     Mais il n'est pas impossible que je projet tel que prévu initialement une phrase une étoffe n'aboutisse à quelque autre création . Et si d'autres veulent s'y mettre (il serait honnête n ce cas de faire mention de sa source comme je le fais toujours !) pourquoi pas ?

    Affaire à suivre donc ...

  • quand une brodeuse fait une mise au point

    L'article publié hier a suscité surtout sur les réseaux sociaux quelques réactions , où je sens bien encore que cet art de broder même quand on l'admire , on ne le comprend pas comme je l'exerce (je et beaucoup d'autres qui me dit-on, ont la sagesse de se taire et de pas s'occuper de ce qu'on en dit) .

     Je ne me  tairai que  lorsqu'il  y aura des patchworks et des broderies de création contempraine ou pas, témoignant d'une expressio personnelle,  de  l'inviduailité (ou du collectif) qui la signe dans musées, et galeries d'art généralistes, pas juste  comme témoignage d'un merveilleux  savoir-faire  etc. On est là à contresens sur ce que je veux dire et faire , bref quand on sortira enfin des préjugés et des ornières, des exclusions, des bornages des à peu près,  je me tairai. 

    Et si nous, nous le disons pas comment nous élaborons, persnne ne le dira à notre place, croyez-le bien.  Donc on se tait et on manque l'occasion de faire changer le regard collectif sur ce que nous créons (et non :  faisons).    Je sais beaucoup travaillent en clubs dans un entre soi qui leur suffit  mais je suis un esprit indépendant , défaut ou qualité je ne vois pas en quoi ça rendrait mon avis caduc, ni mes ouvrages sans valeur.

    donc ma mse au point (c'est le cas de le dire)

    "Ce travail des brodeuses professionnelles sur linge à visée utilitaire ou décorative est certes admirable je collectionne les pièces ; Mais ce n'est pas tout à fait non plus ce que je fais aujourd’hui .(et le patchwork n'est pas non plus de la broderie il y a donc deux arts au moins dans mon art textile  ) .Du reste ma vue ne me le permet plus , même si à 20 ans je faisais cela avec la même perfection au point qu'une brodeuse pro m'avait dit que je devrais en faire mon métier . J'ai même gagné un peu de sous en brodant des initiales sur des draps pour des mariages . Pour moi actuellement l’expression prime la perfection et c'est en cela que c'est pour moi sinon un art ..mais une création personnelle où le choix des motifs, ces points, -il en existe des centaines!- des fils (même chose!) des nuances pour créer des textures qui viennent de moi, pas d'un modèle de revue ( même si j'y ai appris les techniques) . J'aime que mon tempérament se voit dans les points que je brode ou couds. Ce n'est pas une simple "activité manuelle" . Mes mains toutes seules sans l’imagination qui a conçu ne feraient rien il y a le désir de faire exister quelque chose qui n'existe pas déjà sous cette forme qui dépend de mes choix et décisions personnels et d'une vision que j'ai en moi de ce que je veux obtenir (et pas seulement l’exécution parfaite avec points mesurés d'un dessin qu'il soit de moi ou emprunté)-. Que ce soit raté est possible ou moche j'accepte qu'on me le dise, je me le dis plus d'une fois (j'ai de boîtes à ratés qui débordent !!) mais qu'on me mette sur le même plan que quelqu'un qui ne fait pas du tout ce travail de conception me blesse. Je suis incapable d'exécuter le modèle-(le modèle n'est pas le dessin mais les explications de réalisation qui vont avec ) de quelqu’un d'autre ça m'ennuie, ça existe déjà. Je sais comment ça va être , plus de mystère plus de suspense plus de "voyage" .Et ce n'est pas en mettant du bleu à la place du rouge que je me surprendrai ou en changeant de point de base . C'est quand même un peu plus que cela Même avec un dessin en noir et blanc emprunté je recompose Recomposer entièrement n'est pas changer quelques détails pour "personnaliser", là c'est à peu près impossible à faire saisir . . Je ne suis pas mue par l'envie de  posséder un bel objet identique ou ressemblant à celui vu dans livre ou revue, mais comme toute personne qui crée de dire quelque chose avec ces matières-là, disposées et employées ainsi. Si on regarde -vraiment- mon index textile, on comprendra peut-être la différence entre ce que je fais et un drap brodé même plus superbement que je ne saurais jamais le faire,-même si je l'ai fait il y a bien longtemps- cette virtuosité-là que j'admire n'est pas ce à quoi j'aspire. Aucune de mes broderies actuelles n'est parfaite j’espère que quelques-unes sont expressives,sont de moi sont "moi" autant que mes poésies, pas juste jolies et bien faites. .Outre que mon travail textile est lié étroitement à celui d'écriture  et ce bien avant que "texte et textile" ait été récupéré par les brodeuses contemporaines. "

     

     

     

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    Vague à l'âme 

     

     

  • Pauvre Pénélope!

    L'hebdomadaire Marianne publie en son  numéro   1259   un article évoquant un engouement actuel pour la broderie, renforcé par le confinement . Je me suis d'abord dit : chic un journal généraliste en parle . ..  rubrique tendance" mais enfin, lisons !

    Le titre est déjà malencontreux,  "les nouvelles Pénélope" puisque Pénélope tissait (un linceul ce n'était pas pour se désennuyer, à  l'époque) . J'accorde qu'elle est dans l'inconscient collectif associée à tout ou à peu près n'importe quoi pourvu qu'on manipule un fil , que ,nombre de poètes et de peintres-hommes l'ont montrée brodant , mais bon le texte d'Homère  est en   traduction accessible à tous ,   véhiculer une erreur c'est déjà..  pratiquer le mépris plus que la maîtrise de ce dont on parle (même si certaines remarques sont  tout à fait fondées dans l'introduction notamment) .

     Mes soeurs brodeuses, nous sommmes sommées de nous  reconnaître sous quatre étiquettes qui, hors la première( et encore !), fleurent bon le  le ricanement auquel nous sommes, hélas fort habituées,une fois de plus sous couvert sans doute d'adopter un ton plaisant et branché . Oserait-on parler de la peinture de la gravure ou de l'écriture ainsi ?  Non, naturellement ! Même si le mépris pour l'amateur vise tous les arts...partout et toujours!

    La première est la "fiber artist". Selon la journaliste  "artiste textile" ça le fait moins . Mais ce n'est pas tout à fait la même chose  et que c'est précisément là que gît le lièvre pour qui s'y connaît. .. Passons . Ah oui mais là  si on s'y commet et aventure, il ya Sheila Hicks ou rien . C'est vrai , elle a eu droit à à Beaubourg . Nous ne sommes donc , face à ces grandes consacrées, plasticiennes mixed media plus que brodeuses, du reste,  nous ,  que des "brodeuses du dimanche" sic, qui vont  encombrer leurs héritiers avec leurs horreurs pseudo artistiques ..

    Couluresred1

    Exemple de broderie "du dimanche" dont mes héritiers seront encombrés

     

    La deuxièmé catégorie les " féministes  énervées."   Là sont évoquées les femmes qui brodent des devises salaces :    photo à l'appui  "sac à merde" au point de croix dûment encadré, au lieu de phrases bien pensantes  ou  qui brodent des parties génitales -ah quelle audace !   (pourquoi pas  mais sans oublier .. que les fleurs les symbolisent depuis de vieilles lunes, toutefois et de manière moins lourde, plus variée et infiniment plus esthétique !  !) . Certes il ya bien un mouvement en ce sens , évoqué beaucoup plus sérieusement par Rozika Parker dans the Subversive Stitch ; mais il  reste assez peu pratiqué,en France et même ailleurs .  Et plus transgressif de manière adolescente -faire le contraire de l'autre, au lieu de faire ce dont on a envie - qu'"enervé" . Il ya aussi de brodeuses adultes et réfléchissant leur démarche ... et d'autres manières de défendre cet art au féminin (lire par  exemple le livre   Stitching resistance ) .

    La troisième c'est la "tradi cool" , celle qui brode des fleurs quoi ..  "travaux retro, un brin cucul" dit la journaliste qui leur accorde juste la valeur méditative . Ignorant encore une fois que les fleurs quand c'est un homme peintre qui les peint c'est pas cucul non c'est juste quand les femmes les brode .  Ben non Madame je ne brode pas des fleurs pour méditer parce que  c'est bien trop dfiicile de méditer en  faisant cela !! Particluièment éreintée,  la tradi cool . par notre journaliste. 

    demoiselle-photo-1.jpg

    Exemple de tradi cool  pouisqu'il ya des  fleurs et un insecte juste que je déconseille de  méditer en tentant de  crér (non de faire,  de créer !)

     

    La  quatrième  sorte serait la "Mémère camp". Je  ne sais ce que "camp" veut dire ne  pratiquant pas le français branché mais je peux supposer que ce n'est guère flatteur avec mémère à côté. Là c'est la dame , âgée forcément ,ou du moins ni glamour, ni sexy  le "mémère" le sous-entend,) qui fait du canevas selon les modèles de nouveaux stylistes  dont on fait la promotion au passage - et dont le "modèle" n'sest pas vraiment    représentatif de  la création actuelle  en tapisserie à l'aiguille . On ignore qu'il existe des centaines de points, on ignore aussi que de grands artistes masculins comme Maillol -mais pas que lui n'ont pas dédaigné ce moyen 'd'expression . Dommage ... Par exemple je signale qu'on peut faire imprimer son dessin personnel sur un canevas et donc exécuter ainsi une pièce unique  celle-ci est imprimée d'après une de mes images numériques.1tapisserie a l aiguille dessin original et unique de jacquline fischer

    travail de mémère originale !!!qui campe sur ses positions plus que sur son canapé.(et qui est sa propre styliste!)

     Un encadré fait mention de deux points : le point compté (on passera sur le fait que non ce n'est pas que le point de croix!) et très étrangement le punchneedle, une broderie faite sur l'envers avec une'aiguille spéciale  et qui produit des boucles . Il  reste dans son usage beaucoup plus limité que les centaines de points dits de broderie  libre,  tige, feston, passé plat et empiétant  que toutes nous connaissons .. quelle soit ce que nous faisons avec eux ..des  fleurs   ou des sexes (sourire!) .

     J'ajoute qu'il est d'autres manières mieux documentées de savoir ce que sont  et font les créatrices en broderies diverses  (l'article  évidemment ne fait pas trop la différence entre créatrice interprète et simple exécutante -ni même entre tricot et broderie..) ce qui me semble à moi plus utile que ces étiquetages quelque peu  réducteurs et insultants... même si c'est sous couvert d'amuser le lecteur.  D'amuser à abuser il n'y a qu'une lettre, hélas et si on veut vraiment savoir taper "broderie contemporaine "dans un  moteur de recherches , ou consulter les liens suivants .

     

    Liens  :

    le temps de broder cité dans mon article sur la broderie contemporaine

    La SEW ( article trouvé sur le site précédent)

    Ouvrages de dames déjà cité

     

     

     

     

  • oeuvre poétique 1966-2020

    Parution fin février 2021 de cette oeuvre poétique 1966-2020

    Elle regroupe tous mes recueils et un bo nnombre de pièces "éparses" .

    Plus les illustrations qui ne sont pas là pour enjoliver .

    520 pages sur papier 115g couché satiné dont 183 en couleurs , comportant des pohtos de textiles, des images numériques et des reproductions de manuscrits.

    La couverture comme la maquette, c'est de moi aussi (comme dirait Numerobis!)

     

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    Plus quelques coquilles  et une erreur de pagination (un texte fait doublon mais il n'en manque aucun ! )  qui m'ont échappé , mais la perfection m'échappera toujours!

    Les premiers 50 exemplaires sont déjà partis , plus vite que nel ne l'escomptais ,vers des bibliothèques amies . Il reste un peu de stock du retirage . Ce sera tout et donc si le veut ; se dépêcher .Ce livre n'est pas en librairie .

    M'écrire sur chiffondart@aol.com.

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    Je précise il n'y a pas d'éditeur je n'en ai pas cherché,  aucun ne l'aurait accepté du moins comme moi je le voulais  c'est aussi un moyen de réduire le coût .    J'espère en votre absence de préjugés et votre liberté de jugement à cet égard et que tout comme moi vous êtes capables d'apprécier un texte sans sélection préalable ...que je n'ai pas tentée .

     On peut lire deux critiques le littéraire.com

    et le salon littéraire


     

  • un peu d'ironie

    Publié hier sur facebook (un article plus sérieux sur ce sujet suivra) et un sur le découpage des mots en français (et ses raisons étymologiques)

     J'aime les mots et les tissus et je n'aime pas qu'on découpe n'importe comment .

    Désormais pour faire plaisir à mes ami.e.s , partisan .e .s de l’inclusive

    Je demande une féminisation des pronoms personnels . Les pronoms désignent des personnes genrées et sexuées et eux n'ont pas été touchés par cette grâce de l'inclusivité . Il faut absolument y remédier.

    Quand on veut par ce moyen si efficace et si simple changer les mentalités, obtenir que cesse toute discrimination envers les femmes, car nous avons observé depuis l'usage de cette mirifique graphie que le nombre des violences envers elles a baissé y compris dans les pays où cet ignoble accord où le masculin l'emporterait n'existe pas linguistiquement, nous avons vu aussi reculer à leur égard, le machisme et les préjugés sexistes. Tout le monde sait aussi que le latin  pratiquait souvent un accord dit de proximité et que les Romains traitaient leurs femmes bien mieux que nous au XXI siècle ce qui prouve éminemment que l'accord influe sur le comportement social. . Les salaires sont égaux à fonction égale, et le plus absolu respect des personnes quel que soit leur sexe règne.

    Pourquoi s'arrêter en si bon chemin?. Cet effet étant si patent et si épatant je suggère (que dis-je j'impose qu'on en use et j'enlèverai des points aux réticent.e.s puisqu'il paraît qu'on donne des bonus dans certaines universités aux militant.e.s de cette salutaire pratique; qui paraît-il s'établit dans l’équité et la tolérance et le respect de l'usage validé par l’assentiment de tout.e.s. )

    donc

    qu'on féminise le pronoms je, tu, lui, leur, nous, vous. Pourquoi se borner à la troisième personne?

    Je s'écrirait Jee pour les femmes et je tout court pour les garçons

    Tue pour les filles (si ça pousse au meurtre , je décline toute responsabilité) et tu pour les garçons.

    Lui s'écrirait luie dans la tournure "je lui parle" si ce lui est une femme . Tant pis si les mômes confondent avec il luit et lui collent un -t ce qui ne va pas manquer d'arriver mais bon on compte sur les esprits brillants qui imposent cette écriture pour y remédier . On ne doute pas que toutes les conséquences sur la langue et ses divers usagers en aient été soigneusement mesurées . Que dis-je esprits brillants désignant celui de femmes aussi n'est pas assez "inclusif " va falloir je je trouve une solution fissa . Vous avez une suggestion ?

    Nous et vous sont des pluriels excluant le féminin il ne se voit pas , pas plus que dans tous qu'on écrit désormais et fort heureusement tou-te.s , bizarre qu'on ne les ai pas inclusivisés ceux-là (ou alors ça m'a échappé), écrire nou.e;s et vou;e;s si des femmes sont incluses me semblerait tout à fait pertinent et logique.

    Leur : (je leur parle) : déjà que c'est un pluriel sans -s en plus il n'a pas non plus sa petite chose en plus pour marquer le féminin , quel crime ! s'il en est. donc , pareil, on é rit Leur.s

    Certes l'étymologie n'est pas respectée mais il faut choisir ces zones de respect aussi même si au passage les enfants qui apprennent, les aveugles les mal voyants les personnes (c'est féminin ouf!) dont le cerveau a appris cet ancien français de la laïque jadis, ce français des vi.eu. eille. s ) con.ne.ss quoi, ne sont guère respectés dans l'affaire. .. On ne peut pas contenter tout le monde et là le profit collectif est si grand , pour une moitié de l'humanité qu'il faudrait songer à élargir cette inclusivité, si bénéfique, pertinente, efficace , pour le bien de tou.te.s je compte sur vos cerveaux fertiles pour élargir ces suggestions . Je veux bien me faire votre porte- parole (merde c'est pas féminisé comment fais-je ?) .-

    pS- Je suppose qu'il est inutile de préciser que j'use d'ironie ...

     

  • Le bonheur en lisière 10

     En guise de conclusion : en décousu .

    Donc il a existé cet assemblage d'étoffes, au si vilain nom  , dont on dit à tort qu'il n'a pas existé en France , mais à la différence de  la broderie, il n'a jamais pu  trouver une existence autonome en tant qu'art , même pas décoratif, pour différentes raisons.

    Il faut dire on fait quand même tout ce qu'il faut dans la pratique , parfois, pour le maintenir dans le panier à ouvrages. C'est un droit, je n'en discute même pas.
    Mais j'ai le droit moi, de dire ici, une fois encore, ce que j'aurais souhaité, voulu, aimé ,et qui n'a pas eu lieu. On ne fait pas avancer les choses à coup d'autosatisfaction  vaniteuse , et de "c'est comme ça et ça restera toujours tel" ou "ça a  toujours été ainsi" Quand on voit la variété des oeuvres textiles d'assemblage au cours des siècles et dans tous les pays,  le" comme ça" a des chatoiements qui changent selon l'optique.

    Voici donc la mienne.

    On dit que la France n'a pas de culture "patchwork" et c'est vrai mais elle a eu un passé à cet égard, ce n'est pas parce qu'on laisse se détruire les ouvrages par manque de considération  qu'ils n'ont pas existé. Et l'assemblage est déjà noté dans un lai de Marie de France entre autres (ce sont souvent les livres anglo-saxons qui nous l'apprennent !).

    Les associations chargées de  promouvoir le patchwork, puis l'art textile -comme si déjà le patchwork n'en était pas un - on le colle à part systématiquement -  ont certes fait des efforts, mais je crois très sincèrement que ça ne dépasse pas beaucoup notre "petit monde" et pour cause : expositions entre soi, reconnaissances que je dirai "consanguines" entre personnes qui ont la même conception des choses, étant issues du même sérail, de travaux où se mélangent des oeuvres crées et des copies de modèles , j'y reviens toujours mais le point est crucial, on ne saurait être considéré, vraiment , en dehors de nos cercles,  en confondant les deux, systématiquement .

    L'homme de la rue voit toujours le patchwork comme un loisir et un ouvrage de dame et la corporation peine à le reconnaître comme un véritable "art textile" , sinon pourquoi cette scission des termes ? Il  est  donc toujours exclu de l'art textile sauf lors des retours de conservatisme ringard, ce dont je ne saurais me satisfaire, ne l'ayant jamais exercé ainsi . IL s'agit de retour "dans la :mode" et non de  promotion en tant qu'art. On en parle davantage, pendant quelque temps, toujuurs de manière stéreotypée (voir les émissions de télé à  ce sujet  sur un créneau horaire consacré aux "inactifs"  )mais c'est toujours un strapontin, voire un siège éjectable, pas une vraie reconnaissance .


    On me dit souvent que "j'exige trop" et je  ne trouve pas . Comment croire en ce qu'on fait, y mettre tant de soi et accepter que ce soit traité comme un sous-genre dans un art qui peine déjà tant à se faire reconnaître qu'il se croit obligé de singer les autres, les grands, les muséables ?
    Je travaille autant que mes amis peintres et graveurs, mais à leur différence, je dois d'abord persuader mes interlocuteurs que je ne fais pas "mumuse" avec mes chiffons ....

    Un art et des artistes qui l'exercent  sont reconnus quand on leur permet d'exister dans le monde de l'art, à l'égal des autres, quand on a un accès  égal aux lieux d'exposition, à l'histoire de l'art, le vrai, pas seulement  côté folklore-patrimoine à conserver entre deux tessons de bouteille mérovingiens-  Quand on fait quelque chose pour la conservation des oeuvres d'artistes en tant qu'individus créant autour d'une démarche tout aussi respectable qu'une autre ,  non pas  globalement comme témoin d'une mode textile d'une époque donnée . Or tout cela, on ne l'a pas et il y a fort à parier qu'on ne l'aura jamais.

    On peut se grouper certes pour partager l'activité mais en quoi ce serait une obligation ? c'est une tradfition anglo-saxonne. Est-on obligé de la suivre si on sait qu'il a existé au VIII siècle des quilts géométriques chinois ?  On peut suivre cette tradition dans ses sources graphiques sans se sentir inféodé à son fonctionnement et si on veut l'imiter il faudrait le faire alors dans l'honnêteté au niveau copyright et dans l'effort de conservation du patrimoine textile : ce qui en France n'est pas fait s'agissant des "créations" actuelles Il  ne m'est pas égal qu'elles finissent à  la poubelle  ou dans un panier pour chien. Et je ne serais qu'à moitié satisfaite  d'une conservation purement "historique" sans  référence à la valeur artistique éventuelle  des oeuvres, aux parcours et démarches de celles qui les créent  et qui à la différence d'autrefois, ne sont plus anonymes.

     Or , pour cela, il faut bien un peu dépasser les clubs, ateliers et occupations associatives, qui certes ont un intérêt dans le moment pour celles qui organisent et participent, pour un public restreint qui ne sait pas toujours vraiment ce qu'il regarde , parce qu'on se garde de le lui signaler.

    Et si on le dit (on est bien obligée de répéter puisqu'on ne veut pas entendre!) on passe au mieux pour une empêcheuse de quilter en rond , au pire pour une vieille radoteuse un peu aigrie et parano . J'en ai toujours pris le risque et il n'était pas nul : toutes mes relations patchwork se sont évaporées depuis qu'ayant assez de faire semblant, je dis nettement ce que je crois et pense mais non sans l'étayer sur ce que je lis et connais (donc mon avis peut changer au fil des découvertes!) .  Des personnes qui ne supportent pas une manière de faire et de penser différente de leurs certitudes m'intéressent assez peu : je n'ai rien à leur apporter et réciproquement .

    Souvent les femmes qui cousent n'aiment pas qu'on "réfléchisse",  elles appellent cela se "prendre la tête" ou se prendre trop au sérieux . Il  est triste de se dire ; plus je réflechis sur l'art que je pratique, plus  j'approfondis mes connaissances , moins j'ai de relations dans le monde du patchwork . Triste, non pas pour moi,  mais pour qui veut rester alors médiocre ? C'est une provocation : détrompez-moi !

     Ce n'est pas avec cette attitude qu'on fera de notre art autre chose que de l'occupe doigts dévalué. C'est en osant dire comment on compose, comment on s'est mis en route,  pourquoi cette surface-là qu'on montre, publie ou expose existe,  avec cet aspect-là .  Revenir aux tissus, tous les tissus comme medium . D'où vient le dessin, comment a-t-on composé avec ? Qu'est ce qui a présidé aux choix des tissus ? Quelle est l'importance accordée aux motifs, ou à leur absence, aux couleurs, aux valeurs ? Aux tissages ? Aux techniques , si elles sont signifiantes ? Quelle vision, quelle émotion; quelle envie vous a mis(e )en route ?
    Si on le fait avec son coeur, son âme,son ventre : cela se verra!

    Et aussi si c'est juste "je suis partie de la revue Bidule où j'ai pris le plan, j'y ai mis les blocs de Madame Truc, la bordure de cet autre ouvrage ,  et les couleurs de la gamme Machin pour faire joli". ce qu'on lit ('ou décode!) sur maints blogs .

     On a le droit , certes, de faire ainsi mais on peut aussi faire tout autre chose et c'est tellement plus passionnant .

    Quand on est écrivain on ne passe pas sa vie à recopier les pages des autres,  avec une belle écriture .Ni même à faire un texte en recomposant avec  des phrases prises à d'autres. On peut le faire ça s'appelle un "centon' mais aucun écrivain digne de ce nom ne passerait sa vie à tels exercices .

    On aurait pu  notamment :

    - Profiter du Revival pour faire enfin  entrer  l'assemblage d'étoffes dans les livres d'art , les histoires de l'art , essayer de convaincre les critiques , chroniqueurs, directeurs de revues et mêmes  galeristes d'art (ces trois expériences, je les ai faites , souvent involontairement , et je n'ai même pas cherché toujours à convaincre ... ) et si seule je l'ai pu , alors pourquoi en groupe et associations, on se contente de ses petites gloires pour soi et entre soi, au lieu d'avoir des ambitions non pour soi- même intra corporation en quelque sorte  mais pour l'art qu'on exerce ? Si j'ai pu ,moi qui ne suis rien ? Toutes celles qui ont la force du groupe, ne pouvaient-elles, un peu la faire servir à cela ?

    - Rédiger des biographies d'artistes en insistant sur la manière dont ils  créent et composent plutôt que sur la façon dont c'est cousu ou ça tient ensemble (demande-t-on  essentiellement à un peintre comment il met sa peinture sur la toile ?)

     - Obtenir des endroits où  les oeuvres puissent être exposées et conservées, et sans exclure aucune sorte de  création  textile, mais en distinguant la création authentique  de ses copies et interprétations ; c'est vital et cela repose -malheureusement- sur la seule bonne foi de celles qui "font" du patchwork .

    - Faire des index permettant de recenser  tout  ce qui est créé en art textile   avec la même exigence d'honnêteté .

    - Organiser de temps à autre des rétrospectives et sans oublier celles qui ne créent pas forcément en suivant les modes ...et surtout à l'écart des objectifs commerciaux. Et si c'est trop cher en vrai ,sans l'aide des sponsors, le faire en virtuel ...

    Il  n'y a pas d'indépendance si on s'inféode aux marques ! Il n 'y en a pas non plus si suit la mode .
    On aurait pu aussi  :

     - Aider même surtout  les artistes  en patchwork, actuelles, sinon contemporaines,  or on ne le fait que  quand il s'agit de quilts anciens (ou de leurs reproductions) : une bonne mosaïste d'étoffes est une mosaÏste morte !

    On aurait pu  surtout éviter cette éternelle querelle des Anciens et des Modernes en  ne bornant pas le caractère contemporain des créations aux seuls ukases de quelques-unes qui sont parfois expertes auto-déclarées ... On peut d'ailleurs être artiste valable et mauvais juge des autres .et sans conaissance de la partie de l'art textile qu'on a choisit d'ignorer ou d'abandonner .

     On aurait pu se mettre en route avec son amour des étoffes ses émotions - tout le monde en a - et sans  clivage, sans étiquettage, sans concours de ci ou de ça, sans thèmes "tartes à la  crème"  imposés . Sans copier ou calquer par manque de confiance ou pour se parer des plumes du paon  sans le dire .On aurait pu ...la liste serait encore longue , je m'en tiens là ...

     Je m'étonne pourtant d'être si seule à penser tout cela    ouvertement du moins , et quand on m'écrit qu'on pense comme moi souvent les pratiques démentent les paroles : cela me laisse  songeuse . Pas mal de personnes m'ont tout de même emprunté mes articles ...mon site est lu (je ne parle pas des visites)  par une bonne cinquantaine de personnes par mois ,  et qui y reviennent , souvent . Certaines y passent plus d'une demi-heure . Si j'en crois ces chiffres, je parle dans le silence, mais pas tout à fait dans le désert.

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     Mirage - textile :  broderie sur feutrage, dans le Textilionnaire

    .

     

  • le bonheur en lisière -9

     

    De 2002 à  2010 Méconnaissances -reconnaissances

    En 2002, je décidais d'arrêter ma carrière de professeur de Lettres pour me consacrer à mes créations textiles et littéraires. Il y a d'autres raisons plus personnelles et familiales à cette décision, mais ce fut la principale. Je ne le souligne que pour qu'on comprenne que lorsque qu'on me parle d'un  "loisir fait pour (me) désennuyer,ou m'occuper" j'ai envie de hurler .

    En 2003 je rencontrais un poète qui accepta que j'illustre ses œuvres et ce fut l'aventure des Text-iles . J'avais déjà commencé avec mes poèmes , puis d'autres poètes de la Galerie Racine acceptèrent ce mode d' illustration.

    Jacqueline

    Une exposition eut lieu et je dois dire que ce fut pour moi comme une sorte de petit miracle, sans doute "le quart d'heure de gloire" dont parle Warhol, bien  que de gloire , bien sûr, il n'y eut pas (et je ne m'en soucie guère (!).

    On n'y vit guère de personnes de notre petit monde  du patchwork  et de l'art textile ...

    Je remercie au passage arts-up (qui n'existe plus en ligne depuis 2020 ) d'avoir bien voulu m'offrir une page pour en parler .

    Depuis sites et  livres explorent le créneau ... c'est devenu "tendance", mais je continue mes expériences dans l'anonymat le plus complet ( seuls les grands noms de l'art textile muséable et officiel trouvent écho et éditeurs sur le sujet    mais enfin  si  d’aventure mes recherches, même émanant d'un petit nom et d'un parcours atypique  peuvent mener  à une réflexion, je le publie ici...

    Peu de temps, après parut dans Magic patch un article dans la rubrique  Portrait d'artiste, signé Suzanne Lambert (ce qui me valut encore quelques réflexions peu amènes du genre "c'est un beau cadeau" ) . Je ne le souligne que pour qu'on prenne la mesure de la  mesquinerie certaine d'un milieu dans lequel je me sentais de plus en plus  à l'étroit el mal à l'aise . Un article que j'apprécie parce qu'il me "cerne" exactement et souligne le refus que j'ai de séparer le soi disant traditionnel du soi disant contemporain . et on n'est pas légion à le faire et c'est à mon avis, infiniment dommage.

    Et c'est là que je voudrais dire que j'apprécie la reconnaissance et que je la distingue de la gloriole ou célébrité et du renvoi d'ascenseur (nous ne devions rien l'une à l'autre !) . La reconnaissance tient à la compréhension et la sensibilité face à une œuvre, la célébrité est souvent basée sur une mouvance à laquelle on adhère et dans laquelle on entre, souvent parce qu'on a dit que c'était grand , beau ou bien,  ou que tout le monde en parle ,  quand elle n'est pas aussi l'effet de réseaux et de copinages divers (cela n'empêche pas le talent, non plus, je le concède, mais à quel prix, et surtout pour combien de temps, parfois?) . L'une je la ressens comme  profonde et  sincère et l'autre comme  superficielle et artificielle .

      L'expérience de la galerie Racine me mit par le jeu des rencontres en contact avec d'autres artistes , souvent écrivains aussi.

    Ils  ne comprenaient absolument pas cette distorsion entre mes oovrages géométriques et le reste. Pour eux une pièce unique créée avec son imagination et sa sensibilité pouvait être oeuvre d'art et si elle l'était ça ne dépendait pas de sa forme de base ou de sa source d'inspiration, mais de la force expressive  en quelque sorte du résultat, Ce que c'était reposant de ne plus s'entendre  demander :  "mais alors tu fais du traditionnel ou du contemporain ?"
    Pour eux j'étais enfin ce que j'aurais aimé être dans le milieu patchwork -art textile : quelqu'un qui se servait des tissus, comme d'autres de la peinture ou de la glaise pour dire avec ce qui lui importait. Toute la différence est là . Finis les regards un peu de biais sur des points un peu trop apparents, finis les nez froncés devant mes audaces de couleurs  et les réflexions sur les erreurs d'équerrage, finis  les allusions aux techniques qui rendraient avancées, imaginatives ou novatrices et celles qui maintiendraient on ne sait pourquoi dans le décoratif-artisanal joli mais sans profondeur . . je découvrais aussi des personnes qui, lors de leurs expositions, n'avaient aucune honte à signaler qu'elles s'inspiraient de tel ou tel peintre, reconnaissaient leur filiation et leurs influences, sûres qu'elles étaient que l’originalité d'une oeuvre ne vient pas de son  point de départ !

     Eh bien je vais vous dire : ça fait un bien fou ! Même si tout le monde n'aime pas tout et c'est normal (moi-même je n'aime pas tout ce  que j'ai fait également, j'ai raté à mes yeux beaucoup de choses ..mais raté ne veut pas dire  "mal cousu" ou à l'équerrage imparfait pou mal fini .. mais non conforme à la vision que j'en avais, trop loin d'elle )

    Je trouvais des personnes qui vivaient leur art  à ma manière et ne me trouvaient pas ridicule à coudre mes chiffons et à   prétendre que ça pouvait  bien être de l'art, ça aussi, je pouvais parler de ce qui m'importait : la création, telle que je la vis,  mot malheureusement mis à toutes les sauces à notre époque.
     

    C'est ainsi qu'en 2008, je fus admise comme membre du collectif Lése-art , dont je  suivrai  aussi l'aventure en poésie.

    Je travaille aussi depuis 2006 en images numériques , et certaines servent de point de départ à d'autres aventures textiles, d'autres resteront ce qu'elles sont : des images .

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    Adoration- tableau à partir d'une image numérique

    Je crée aussi mes propres tissus, quand le besoin s'en fait sentir, en utilisant mes  graphismes .

    Je dois dire que plus je fréquente les artistes d'autres disciplines, mieux je me sens comprise, même  si, comme je le soulignais au début ,certains d'eux (et d'elles) ont une réticence certaine envers ce qu'ils ou elles ne voient que comme couture. Il est diffcile d'admettre que ce qui n'a jamais été montré comme un art véritable, à l'égal des autres, puisse en  être.

    Je défends toujours le patchwork ce qui me vaut parfois  des débats et rencontres plus qu'intéressantes. on peut lire ici les articles  témmoignant d'une reconnaissance  qui compte beaucoup dans mon parcours . Lien vers les articles de JEan-Paul Gavard -Perret

    Et c'est ce qui me donnera l'envie d'écrire mon premier livre.

     C'est aussi l'époque où je participe en pigiste aux revues Création patchwork puis Broderie d'art .

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    Un peu plus tard IMAGinE revue d'art publiera mon portrait mais surtout plusieurs articles pour montrer   le patchwork comme art textile à part entière, ce dont je sais infiniment gré à ses créateurs . Nb mofifcation de 2020 : la revue n'xiste plus, et par coséquent mon portrait n'est plus en ligne , mais le document lui que je possède toujours est envoyable à qui voudrait le lire . Ainsi vont les tribulations d'internet et des relations ....

    J'ai en revanche cessé d'adhérer à  France patchwork pour diverses raisons .Je passe sur la manière dont on me m'a vraiment pas aidée pour mon livre (c'est un euphémisme,  alors que le statut de l'association le prévoit ...) La principale étant qu'on ne m'y reconnaît pas en tant qu'artiste,  que mes démarches (réduite à l'étiquette" faire de jolies  choses avec de petits bouts"  n'intéressent  pas ses dirigeantes actuelles et  très peu de ses adhérentes  qui préfèrent les modèles tout faits , et qu'on n'y a absolument pas besoin de ma réflexion et de mes créations , alors je les montre ailleurs , là où je rencontre un véritable partage , ce n'est pas faute d'avoir essayé, mais quand la façon de voir les choses est à ce point divergente , il n'y a guère d'entente possible.  Je ne vois pas non plus ce qu'on aurait pu mettre en oeuvre pour faire reconnaître le patchwork en  art véritable de la même façon , du tout  , je m'en expliquerai dans la page suivante.     Je ne dis pas que j'ai raison et puisque cela convient au plus grand nombre ... c'est même que je dois avoir tort puisque l'avis du plus grand nombre est toujours le meilleur.

    Mais n'étant pas masochiste , je me suis rapprochée des  gens qui m'estiment vraiment et me comprennent, ce qui, passé les années 2000 ne fut dans cette structure, ni dans les cercles d'artitses new style ,  plus jamais le cas et j'ai expliqué pourquoi .Je note quand même que l'article que j'ai écrit en 2009  Qui a peur du mot patchwork m'est souvent emprunté et encore maintenant par des adhérentes ... et même par plus connue que moi ! Officieusement . Sous le manteau, dirait-on. On ne m’approuve qu'en privé, comme si je risquais de donner la peste .

     Ayant trouvé ailleurs une estime que je n 'ai eue qu'à mes débuts , je poursuis mon chemin en artiste textile  solitaire, mais toujours solidaire de qui a besoin de moi ,  continuant à faire des choses comme ça :

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     Je sais qu'on ne trouve guère  de lieux ,  ni souvent de regards, où les deux soient pris en égale considération , mais je continue .