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  • La broderie de perles

    • Le 18/02/2022

    La broderie de perles est sûrement une des plus anciennes et des plus répandues.  Je suis à peu près certaine que lorsque le tissu n'existait pas encore,on devait fixer des graines ou des cailloux ou des coquillages   sur de la peau de bête  ou autre support ...

    On la trouve dans maintes civilisations ,sur quasi tous les continents. Que les perles soient jugées précieuses ou de pacotille , peu importe ...  Le stéréoptype de la perle c'est la petite sphère percée celle qui sert aussi à faire les bijoux, mais evidemment on brode toutes formes de perles tubes, notamment. Les paillettes et cuvettes : la paillette est plate et la cuvette comme son nom l'indique, présente une surface concave d'un côté et donc forcément convexe de l'autre  y sont assimilées. On voit aussi parfois l'ajout de cannetilles (ressorts de métal  coupés et creux)  propres à la broderie d'or. 

    J'y suis, pour ma part venue assez tard et par le biais des crazys quilts qui  portent  à découvir toutes sortes de techniques dites "d'embellissements".  Qui sont bien plus que cela. Mais jeune fille, j'avais appris à faire des colliers et quelques bijoux en perles de rocailles. Du très simple.  J'ai mémoire d'une robe en crêpe blanc cousue pour mes 16 ans, dont j'avais orné le corsage taille haute de perles roses et vertes(en modeste plastique ). C'était du plus bel effet ! La Haute-Couture du pauvre, quoi !

    C'est la broderie qui est le plus près de l'art de la joaillerie surtout si on use comme dans les temps jadis de pierres précieuses. Il  ya eu au XVIII° siècle une apogée de cette broderie d'or , de pierres précieuses et de soie  qui s'est poursuivie jusqu'à la Haute-Couture de nos jours.François Lesage en  fut (et avant lui son père Albert) un des maîtres. J'invite d'ailleurs à lire entre autres choses le livre  sur l'histoire de la maison Lesage, François lesage de Patrick Mauriès  Les photos sont ébouissantes et c'est plus  passionnant  que certains romans !

     Je possède dans mes trésors des échantillons de broderie de la maison Lesage du temps d'Albert  Lesage . Faite à l'aiguille . Après hésitations, j'en ai intégré une  sur une  des pages d'un de mes livres textiles, en crazy. Je me suis dit qu'elle était aussi bien là que dans un tiroir ! Sauf que j'ignore qui en prendra soin après moi et que cela reste un des crève-coeur de ma vieillesse.

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    Les trois feuilles vertes sur la page de droite proviennent de l'atelier d'Albert Lesage , père de François.

    Aujourd'hui les professionnelles travaillent essentiellement au crochet de Lunéville qui a cet immense avantage de permettre de couvrir plus rapidement une surface de grandes dimensions (on imagine mal perler toute une robe à l'aiguille, même si jadis, cela se faisait .).Mais pour moi, elle présente  un inconvénient majeur : on travaille en aveugle sur l'envers . L'enfilage préalable a donc une importance extrême. J'aime voir ce que je fais et improviser alors que dans cette technique tout se prévoit et visionne à l'avance. Bref je suis ce qu'on appelle dans le livre  sur François Lesage  une "mainteuse", mais ne travaillant pas (ou plus!) en professionnelle rémunérée (je ne suis payée que par mon plaisir de faire et parfois d'offrir) , je n'entrerai pas dans les querelles qui paraît-il les opposa à leurs concurrentes en Lunéville. 

    J'invite à visionner à ce sujet le merveilleux DVD de l'artiste Nadja  Berruyer Brodeuse Les monstres et babayaga. et pas qu'à ce sujet : c'est tout un univers merveilleux que l' on découvre. Et aussi une artiste passionnée et passionnante , visiblement amoureuse des matières que son art métamorphose .. C'est aussi l'artiste qui a prêté ses doigts et son talent pour le film Brodeuses d'Eléanore Faucher. Nadja vient aussi d'éditer un livre.

    Lien vers le site de Nadja Berrruyer

     Mais on trouve aussi des chefs d'oeuvres faits à l'aiguille. Et dans les ouvrages expliquant comment réaliser la broderie de perles anglo-saxons c'est souvent de broderie de perles à l'aiguille qu'il s'agit. (ou de tissage de perles qui pour les puristes n'est pas à proprement parler une broderie)

    Témoin cette magnifique broderie , achetée au Royaume-Uni que j'ai restaurée . Je l'ai acquise pour un prix très modique car très abîmée d'une part et inachevée pour un dessin de l'autre . Entièrement faite à l'aiguille !  Qu'on ne me dise pas que la personne qui l'a dessinée et conçue n'était pas un ou une artiste authentique !  Les motifs avec fausse symétrie notamment sont une pure merveille . J'avoue  avoir eu  un peu le trac à tenter cette restauration, vu mon "amateurisme" mais enfin je sais tenir une aiguille, coudre des perles,  et je connais les principes d'une restauration respectueuse. Le plus difficile fut de trouver les perles adéquates, l'idéal eût été d'avoir des perles anciennes en bon état et du même orient (ce qui est à peu près impossible ) . Photos prises avant, après et intervention réversibles (c'est à dire on peut défaire ce  que j'ai fait pour le refaire mieux, si plus tard la personne qui en héritera juge mon travail par trop salopé !!)'hésite à le "monter" car le tissu de fond n'a pas été  renforcé avant usage et si je l 'avais fait j'aurais obtenu des plis très inesthétiques . Je le laisse pour le moment flou et libre , mais il me faudra consolider les bords cependant .

    Le résultat, je crois, en valait la peine .

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    Quand j'ai travaillé pour la revue Broderie d'art, on m'a souvent demandé de la broderie de perles. Ce n'est parce  que la  broderie se doit alors de pouvoir être reproduite par des non spécialistes que je l'estime sans intérêt, non plus .

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    Pochette de lingerie créée pour la revue Broderie d'art - Composition d'arès un dessin ancien (donné en noir et blanc) .

     

     

    J'ai fait ainsi plusieurs sacs des écharpes,  pochettes si souvent en alliant à la broderie aux rubans de soie. Les techniques et l'objet étaient imposés mais pas évidemment le dessin, la composition et le choix des couleurs . L'index des ouvrages  aux lettres S comme sac ou E comme écharpe ou P comme pochettes en montrent la quasi  totalité .

      J'ai continué sous forme de tableaux notamment dans la série élégance  qui allie broderie de soie, rubans dentelles et perles . On peut faire des motifs entièrement perlés ou y mêler toute autre chose (dentelles, étoffes, boutons) ..  Voire papier et plastique , même si je n'ai pas le feeling avec ces matières !

    J'aime aussi allier perles et paillettes aux plumes comme dans les tabeaux de la série Papillons (cf l'index textile lettre P)

    Coudre des perles sur des plumes n'est pas toujours aisé, les barbes des plmes ne demandent qu'à se coincer, et peu de tutoriels sur cette technique, qui s'apparente à celle des plumassiers, sauf que broder c'est travailler sur un support .et plus en surface qu'en volume (sauf en bas relief) , même si la manière  de classer  change et redéfnit les catégories d'art textile constamment .

    ET dans la série Archives du Nord j'ai réalisé plusieurs panneaux perlés , l'ennoblissement de la dentelle usant souvent de ce type de technique .cf l'article Archives du Nord

    IIl existe pas mal de livres expliquant les techniques à l'aiguille. Je ne les possède pas tous, très loin de là. Je dirai la plupart contiennent une partie technique pour la pose à l'aiguille, et parfois des modèles à reproduire.  Certains sont plus axés sur la broderie sur canevas , à "perles comptées" si on  peut dire.

    Je ferai un zoom sur deux des ouvrages illustrés ci dessous (tous sont excellents  au point de vue des explications )

    -Celui de Odile Le Goïc Le Guyader Manuel de  broderien°1 : le perlage  éditions coop breizh. , reposant sur la tradition de la brderie de perlage en Bretagne .  Un historique intéressant , des photos d'ouvrages anciens qui ne cèdent en rien en beauté à la Haute-Couture , Une explication très claire des techniques  pour droitiers et gauchers , des modèles (pour cellles qui aiment !) et cette remarque que je souligne : la broderie traditonnelle ici décrite se faisait sans tambour. Qu'on la regarde avant d'affirmer que sans, le travail serait automatiquement salopé.  A  noter :  je travaillais en traditionnelle bretonne sans le savoir, n'osant le dire devant le diktat des maîtresses et maitres en art .

    Celui plus ancien(1993)  de Valerie Campbell Harding et Pamela Watts   Bead Embroidery est pourtant un des plus "moderne" dans le sens de l'audace dans les techniques : perles teintes peintes après coup , mixage avec les tissus et autres matières, des pistes vraiment très intéressantes à explorer .  Main et machine.

     

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    Pour Le lunéville je pense qu'un stage est peréférable sauf si on est très douée .. je ne m'y suis pas essayé, je ne travaille jamais sur de grandes surfaces et je n'ai pas d'impératifs de délai ... et puis j'aime bien sertir mes perles une par une, en voyant ce que je fais  comme je fais pour mes petits bouts de tissus .  Mais si on veut en faire un vrai métier, il est sans doute indispensable de l'apprendre .
    on peut aussi poser des perles à la machine, machines spécialisées de pro mais aussi machines domestiques. On le sait ce n'est pas trop ma tasse de thé . Mais si on y trouve son plaisir plusieurs livres consacrés aux embellissements ou aux techniques machine expliquent comment sans compter les tutoriels sur la toile !

    Sur la broderie de Lunéville on peut voir sur ce lien :

    Un article sur les différents livres  

  • Oeuvres à deux voix

    Bien que je sois réputée pour être une fichue indépendante qui "se la joue trop solo", je ne refuse pas de travailler en binôme, si je sens que je peux. Juste qu'il y faut de réelles affinités et aussi .... des manières d'envisager le travail commun qui ne diffèrent pas trop.

     J'ai commencé d'ailleurs, le patchwork s'y prêtant par des oeuvres  à voix multiples collectives donc de celles où on coud un  bloc( carré composé)  qui sera assemblé à d'autres . Je l'ai fait pour des ouvrages modestes , et pour de grandes circonstances comme Pour le quilt offert à l'ambassade des  USA il ya 20 ans   en  réaction aux attentats du 11 septembre  (à l'instigation de Marese Cayet) ou quelque temps après pour les victimes de l'usine AZF .  De même en poésie la participation (ou la sollicitation) pour plusieurs anthologies, ou revues sur un thème . J'aime l'idée d'apporter ma petite pierre à un édifice.

    Le duo c'est un autre type d'échange qui exige  aussi ... une parfaite loyauté des deux partenaires et une sorte de contrat  éthique, au moins tacite, respecté. . Si un tente de blouser l'autre , de le considérer comme un faire-valoir ou un disciple soumis à son maître qui donne toutes les directives,  ou de tirer la couverture à soi ...! . J'ai eu à cet égard un souvenir un peu amer (c'est  un euphémisme !)   celui du Calendrier textile et du textilionnaire (que j'ai rebaptisé en reprenant ..mes billes ).

    Mais ce fut malgré mes réserves, des expériences enrichissantes  en ce qu'elles m'ont appris sur l'âme humaine. Et donc  à choisir les compagnons de route avec plus de discernement.

    J'ai saisi  aussi qu'en textile j'étais trop singulière en mes envies et exigences pour bien m' apparier sans renoncer à ce qui me restait essentiel . J'ai donc préféré le plus souvent travailler. avec des artistes d'autres valences. 

    Mais à la même époque me fut donnée la possibilité d'illustrer des poètes de la Librairie Galerie Racine   et ce fut sans  doute un moment des plus enrichissants dans ma vie d'artiste amateur volontaire. Je m'étais fait la main sur mes propres textes  mais illustrer quelqu'un d'autre surtout en textile (les poètes aiment souvent mieux les grands arts Beaux-arts qui leur paraissent plus dignes de leurs mots!) c'est un rude challenge. Ces poètes étaient Jean-Marc Riquier et Elodia Turki  (qui nous a quittés en 2021 ) et qui ont permis tous deux cette aventure, Yves Ros et Julie Bataille que je salue de loin si d'aventure ils passent ici . qu'évidemment je ne possède plus ces oeuvres  puisque j'ai choisi de les offrir aux poètes qui m'avaient permis de les illustrer.

    Lien vers l'exposition Text-iles

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    Un peu plus tard  il y eut de la part d'une correspondante suédoise la demande de faire deux ouvrages aux couleurs de nos drapeaux, Chacune faisait un tour  et récupérait le quilt de l'autre pays . Malheureusement j'ai perdu de vue la partenaire à ce moment-là.  Le tourbillon de la vie... en reste cette belle surface , matelassée par Simone Struss  Je n'ai pas la photo du quilt aux couleurs d la France.  De celui-ci seule la deuxiàme bordure est de moi le reste deD'inger Hellström .Si elle passe ici qu'elle sache que je ne l'ai pas oubliée.

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    Les ateliers d'écriture de Floreffe en Belgique ont permis une amitié avec l'artiste et écrivaine Josiane Hubert. Deux livres en sont nés Le premier avec des texts de Josiane sur mes images numériques et ce fut Chambre D'échos  Le second Des textes de moi sur des images de Josiane et ce fut Fondus au noir. les deux aux éditions Vincet Rougier sont disponibles à la vente chez les auteurs, l'éditeur et librairies en ligne.

    Lien vers chambre d'échos

    Chambre d echos le liivre

     

    Un peu lus tard mon amie Denise Jardy-Ledoux qui anime le cercle poétique du cénacle du Douayeul me demanda d'illustrer en textile Les simples écritures de Jeanne Maillet 

    Lien vers les simples écritures

    Simples ecritures jeanne maillet ilulstrations jacqueline fischer

     Au début  de la pandémie, l'artiste Nicole Pessin me demanda si  ne voulais pas écrire sur les dessins de licornes (et ce monde fantastique et extrordinaire propre à l'artiste  autour..) et  ce fut Licornes et sortilèges en 2020  en plein confinement (nous appelions cela le licoronavirus !) . Préface de Jean-Paul Gavard Perret.

    Lien vers licornes et sortilèges

    Licornes et sortileges nicole pessin jacqueline fischer c1

    Lien vers le site de Nicole Pessin

    En 2021 j'ai proposé à L'artiste Danielle Berthet de rédiger une Apostille (les notes de bas de page d'un texte qui est à deviner . la source en est une phrase de Fernando Pesoa et ce furent ces livres d'artistes Ode ro(s)se ( en vente chez Danielle Berthet) , une autre collaboration donc très titillante pour l'esprit .

    lien vers le site de Danielle Berthet

     

    Img 5454 1Photo Danielle berthet

    Au delà de ces collaborations si enrichissantes pour moi, , je vous invite à découvrir les univers de ces artistes  et poètes avec qui j'ai eu le bonheur de travailler. Elles sont présentes sur Facebook .Leur oeuvre en vaut  non la peine, mais le plaisir !

  • Au seuil de l'autre avec Jeanne Orient

    • Le 16/12/2021

    Hier , le 15 décembre de l'an de grâce 2021 , Jeanne Orient m'a fait l'honneur et le plaisir de cet entretien

    Lien vers l'entretien au seuil de l'autre

    si vous l'écoutez jusqu'au bout vous verrez que j'y défends une fois encore (et obstinément) les mosaïques de création textile .. et que je réclame un lieu de conservation en tant  qu'objets d'art et d'expression individuelle pas seulement patrimoniale . J'y tiens !

    Il n'est pas toujours facile de parler de soi-même, Parler"publiquement"  c'est plus difficile qu'écrire, mais Jeanne sait admirablement trouver les voies vers les voix

    Et profitez-en aussi pour écouter et découvrir les autres écrivains et artistes ! Toutes ces vies tissent quelque chose sur la toile !

     

  • Féminisme et écriture inclusive

    • Le 02/12/2021

    Je voudrais aborder ici un sujet qui agite souvent les réseaux sociaux,  où il n'est pas toujours facile de se faire comprendre.Et clarifier ma position.

    Ce blog signale sur bien des pages l'injustice faite aux femmes dans leur reconnaissance artistique.  Et pas seulement en art textile. Je rappelle cette citation de l'historien de l'art Roger Dunn dans le livre Stitching resistance , dont j'ai fait le compte rendu.

    " "de tels arts utiles sont devenus connus comme  "arts mineurs" "arts décoratifs" ou simplement "artisanat" avec le corollaire qu'ils valaient moins  que la peinture, la sculpture ou l'architecture,  les ouvrages en textiles sont rarement inclus dans une philosophie de l'esthétique  ainsi que dans l'histoire et la critique d'art"

    Les mots .sont aussi ma matière. je rappelle que j'ai fait des études de Lettres Classiques, certes je ne suis ni docteur, ni agrégée, mais j'ai choisi d'enseigner en collège à un niveau où la pensée se forme et où le langage -et sa maîtrise sont primordiaux. et je prétends connaître un peu ce que je nomme le système de langue. pas la linguistique absconse, non . La pragmatique, celle qui aide les élèves à s'exprimer clairement et sans trop d'erreurs.  J'ai étudié le grec ancien, le latin, l'ancien français, leurs linguistiques.  J'ai certes sans doute beaucoup oublié mais pas les fondements, pas ce qui structure. J'ai appris à user de l'étymologie pour goûter la saveur d'un mot.. par la racine. J'ai appris à mes élèves à le faire. Quand on écrit  une phrase en sachant pourquoi on l'écrit ainsi, on est aux sources de sa langue maternelle (vous remarquerez qu'on ne dit pas langue paternelle si machiste que soit notre langue)  J'ai écrit un livre poour aider à la maîtrise des difficultés du français en partant des erreurs non pour les fustiger mais pour comprendre pourquoi on se trompe, pourquoi on écrit ainsi . Car oui presque tout peut s'expliquer si l'enseignant  possède lui-même des   bases solides pour le faire. J'ai eu la chance d'étudier à une époque où c'était possible. J'ai complété par moi-même et je continue d'apprendre.

    Je voudrais d'abord affirmer haut et fort qu'être contre le point médian et les pronoms personnels artificiellement inventés ce n'est pas être anti féministe, tout au contraire.   Si on y réfléchit ce que les femmes ont gagné de droits depuis plus de 100 ans, n'en a pas été empêché par le machisme (parfois réel) de quelque langue que ce soit. Nous avons agi  au niveau des droits et des lois, dans un état de langue qui serait redevenu machiste après l'avoir moins été (selon les thèses à la mode) . Et on  se fait traiter de boomer (le mot ringard est ringard ) quand on refuse l'inclusive par des jeunes femmes qui tombent dans l'âgisme ce qui n'est guère mieux que le sexisme .

    L'idée de modifier les mentalités par le langage est à proprement parler ubuesque; on pourra peut-être imposer un usage par matraquage intensif , mais on ne forcera personne à penser ce qu'il n'a pas envie de penser.  Un macho forcé d'utiliser des points médians ou de les lire s'ils envahissent tout, consacrant un usage imposé,  restera macho et peut-être encore plus par réaction Donc c'est défigurer la langue sans  autre profit que le buzz autour de quelques excitées à qui j'ai envie de dire d'apprendre d'abord les régles de la morphologie et de la phonétique. Pour métamorphoser il faut connaître ce qu'on veut changer et ce n'est absolument pas le cas. On coupe les mots hors syllabes et hors radical, déjà , signe qu'oon ne sait pas comment un mot est formé (morphologie) . Or, c'est capital dans les apprentissages de base. Et la manière dont on lit, aussi.

    Il serait plus oppportun de défendre les droits réels gagnés par nos anciennes et nous-mêmes, parce que, comme l'a souligné Simone de Beauvoir, il suffit d'une crise , d'un gouvernement (réellement) réactionnaire voire autoritaire  ou totalitaire  pour que ceux-ci soient en danger. et régressent c'est le principe même de la "réaction"  . On le voit à l'oeuvre dans nombre d'autres pays. Et ce n'est pas en "déconstruisant" notre langue qu'on va améliorer cet état de choses. Ni en  tirant les faits dans le sens de ce qu'on veut imposer, ce qui semble aussi une tendance de certains neo-historiens. Certes ce qu'ils disent est vrai, mais partiellement et surtout partialement .Et ce sont parfois les mêmes qui accusent l'histoire "officielle" de propagande. Qu'on balaie donc d'abord devant sa porte .

    Ce qui m'amène  au livre Madame Eliane Viennot   beaucoup cité dans cette polémique, ouvrage  qui démontrait qu'il y aurait eu une "masculinisation' de la langue au XVII° siècle , notamment , s'appuyant sur les noms de métiers au féminin qui auraient disparu et ce qui serait la preuve qu'à des époques antérieures on respectait mieux les femmes puisque ces noms de métier au féminin existaient (ce qui reste à  établir plus complètement, parce que  pour la condition de la paysanne analphabète j'en doute très fort !) . 

    Ce  fameux masculin qui l'emporterait ensuite et qui donc aurait fait régresser sous la poussée de méchants académiciens et grammairiens  . Je schématise  mais c'est ce que la plupart en ont retenu. Il fallait donc partir en croisade pour venger ces pauvres femmes que la  langue, en regression supposée,  "invisibilise" sic ! Il existe sur  internet beaucoup plus d'articles pour prendre ce livre comme catéchisme et vérité "indiscutable", le titre universitaire  de l'auteur faisant autorité  que d'articles  examinant    ce qui y est affirmé, en recoupant avec d'autres faits de langue et historiques et la linguistique comparée.  .Et qui suis-je donc moi qui ai moins de diplômes pour oser contester cette nouvelle Bible féministe ?
     S'il faut un titre universitaire pour être crédible qu'on lise alors cet article, qui reprend tout point par point, triant ce qui reste fondé de ce qui été "forcé" ou biaisé . Et ce qui l'a été n'est pas négligeable.  .

    Lien vers l'article d'Hélène Merlin-Kajman sur le livre  d'Eliane Viennot.

    A lire absolument pour éviter le célèbre "biais cognitif".

    J'ajouterai encore : acceptons que le   le livre de Madame Viennot   soit  entièrement fondé et objectif , pas du tout militant ni orienté cela ne voudrait pas dire qu'il faille approuver le point médian et la création de pronoms personnels bricolés encore moins à tenter de l'enseigner ou de l'imposer dans certaines instances universitaires . Le savoir comme la langue n'a pas à être confisqué par un groupe militant . c'est une étude, et il en existe d'autres , contradictoires.  Comme expliqué ici dans une interview par le regretté  linguiste Alain Rey qu'on ne peut accuser de conservatisme et qui connaissait l'histoire de la langue frnçaise  tout de même un peu !  Si mon savoir est contestable le sien ne l'est pas.  

    Lien, vers l'opinion d'Alain Rey sur la question

    Je nuancerai son propos : ça dure depuis plus de six mois et ça gagne du  terrain  pour la raison simple que cette évolution fait son lit dans l'ignorance même des bases du français  et de la manière dont il s'est formé. Et c'est un mouvement plus vaste et international . Ne pas se tromper la culture dite "woke" à laquelle ce courant s'apparente est une vraie machine de guerre  qui utilise internet comme arme.  On sait que l'usage repose sur le nombre, mais là il s'agit d'un nombre apparent qui vient non  de la quantité réelle de personnes convaincues  du bien fondé de ces changements., mais du nombre de publications abondant dans ce sens. L'idée c'est que les gens passant leurs vies sur les écrans c'est là qu'il faut  imposer ces transformations catapultées d'un groupe vers l'ensemble et non venu de l'ensemble , sous l'effet d' un besoin collectif réel quant à la langue, d'un "manque". Ce n'est pas l'usage de l'ensemble des usagers mais d'un fraction militante et  .. sur écran . Or une langue se PARLE aussi . Vouloir modifier un usage, juste à l'écrit et  accepter que l'oral soit différent, donc, ne me semble pas logique et complique inutilement un "état de langue". 

     

    J'ajoute je n'ai rien contre la féminisation actuelle des noms de métier exercés par des femmes, si ce n'est que je n'ai pas constaté que cette féminisation influait en  quoi que ce soit sur le regard social  envers les   femmes qui exercent ce métier,  sauf àfaire remarquer ingénument qu'elles aussi le peuvent, ce qui devrait devenir une évidence.  .Il y a des hommes "sage-femme" . Je ne sais s'ils ont revendiqué qu'on masculinise leur nom de métier .

     

    Sur ce masculin et sur les genres et la langue maints articles ont paru et les conséquences plus que fâcheuses de l'écriture inclusive .Je ne cite que celui-ci qui signé par trente -deux linguistes . Il résume clairement ce que j'en pense. Je ne ferai pas mieux .
    lien vers l'article du Journal Marianne

    Et on peut lire une contre argumentation-là (qui ne me convainc nullement)  lien vers la contre argumentation

    On s'est moqué de L'Académie Française qui parlait du danger pour le français  ( évidemment avec l'âgisme habituel) , ses arguments sont pourtant plus pertinents que les quelquues-uns ci-dessus. On peut lire sa position ici

    Le danger signalé par l''Académie n'est pas le seul  et non il n'est pas exagéré. Quoi tout ce foin pour un point médian ? Pour un néologisme (sauf que jusqu'alors les néologismes concernent les mots lexicaux comme noms verbes et adjectifs) et non les mots grammaticaux comme les pronoms personnels. les accords de genre font partie de la syntaxe, non du lexique.

    Admettez  et ce n'est pas si surréaliste, en l'état de mentalité présent,  que demain chaque groupe disposant d'une  particularité qu'il juge "invisibilisée" (être femme en  est une mais à être vieux ou handicapé ou de telle ou telle couleur de peau,  religion,  région, parti poltique  en sont d'autres tout aussi importantes .  Est important pour un individu donné ce qu'il vit comme important dans cette fameuse sensibilité qu'il faut sans cesse ménager (celle des animaux aussi à présent puisque des groupes de véganes extrémistes ont voulu interdire les insultes style "face de rat" si si je n'invente pas ! Vous comprenez les rats qui sont d'une utililité manifeste surtout comme vecteurs de maladies on ne sait pas si ces pauvres bêtes en souffraient dans leur ego bafoué !Et un porc auquel on ose comparer un homme un peu grivois sans doute en a sa sexualité de suidé bouleversée ?  

    Quelle époque vit-on donc où on peut accorder crédit à des revendications aussi ridicules que radicales alors que des enfants meurent encore partout et que la pollution  détruit la Nature et  que les vraies épidémies sévissent ?

    On aurait alors des mots à rallonges avec une kyrielle de points médians ? de mots bricolés? De mots supprimés parce qu'ils offensent tel ou tel groupuscule en mal de visibilité sur le web ? Et dans la vie n'ont-ils pas de moyen de se rendre visibles, utiles, actifs ? Il ne manque pas de causes qui manquent soit de bras, soit de fonds . Y compris les centres d'accueil de femmes battues ...

    Soyons sérieux certes le français a des variantes il n'est pas monolithe, on ne parle pas tout à fait à Marseille comme à Bordeaux ou à Lille ni à 70 ans comme à 18. Ni comme au XVI° siècle mais  il existe moins de différences grammaticales et lexicales entre un texte littéraire du début du  XIX° siècle et du milieu du XX° qu'entre ce que j'écris ici et ce qui s'écrit sur certains blogs   ou sites rédigés par des personnes  nées au début de ce millénaire. Ce n'est plus une évolution, c'est une autre langue    Où est  notre langue commune -et non figée - , celle dans laquelle notre littérature reste écrite ?  Celle que les étrangers apprennent (encore, pour le moment )Et si elle a été fixée tard (argument qu'on  avance pour tout changement artificiel)  c'est je le rappelle   pour qu'on n'ait pas besoin d'un interprète pour se comprendre, pour unifier  les habitants d'un territoire reconnu comme commun d'où qu'ils viennent, quel que soit leur milieu social  et.. leur âge, leurs opinions, leur sexe .  La langue est un outil de pensée pour tous,  pas un territoire à conquérir pour quelque"bonne cause" que ce soit.

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Culture : autour des bouillonnements ordinaires

    • Le 01/10/2021

    Je restitue ici un autre article publié sur le site d'arts-up qui n'existe plus, il ya une dizaine d'années (pour moi les idées ne prennent pas de rides, si on consent à m'accorder que je puisse en avoir -des idées, pour les rides, c'est fait .!)

     

    Qui décide de ce qui vaut culturellement et artistiquement ?
    La tradition, les médias, des intelligentsias diverses, les critiques, les réseaux ? Les ministres de la culture ? Les politiques ? L’économie de marché donc la publicité ? Les enseignants et la transmission universitaire? Les académies et regroupements divers ? Le public ? L'air du temps ?Tout ça ensemble ?
    Car en décider c'est s'arroger un pouvoir plus immense qu'il n'y paraît...c'est donner rayonnement et droit à la reconnaissance, au moins ponctuelle, voire au passage à la postérité par braquage de phare sur quelque chose.
    Laquelle illumination peut durer de huit jours à des siècles...Qui est derrière le phare pour éclairer et donner relief à ce que nous écrivons et créons ? Et de quel droit, fondé sur quelle autorité ? Reconnue par qui ?
    Première question à laquelle je me heurte : il semble admis de plus en plus que tout le monde ou presque puisse créer, écrire, devenir artiste donc participer à la culture en membre actif si j’ose dire. D’un certain point de vue, c’est très positif et généreux. Il ne devrait jamais y avoir confiscation de la création par un frange de privilégiés (les querelles de l’inné et de l’acquis, du don et du travail, sont trop complexes pour que je les aborde ici bien que sous-jacentes ) ...mais dans la masse de productions on a parfois la fâcheuse impression que si tout se vaut, rien ne vaut. Et je ne dis pas « prévaut ».
    J’avoue qu’aucune des façons que j’ai examinées de décider de ce qui vaut ne m’a jamais totalement convaincue ; pour la raison que toute personne qui propose ce qu’elle fait au jugements des pairs ou experts, surtout lorsqu’elle est hors circuit et pas encore sur les rails (ou n’a pas envie d’y être) est à peu près certaine d’obtenir sur la même oeuvre des jugements contradictoires selon l’école de pensée et la formation du « juge ».
    C’est évidemment tout différent d’une critique qui n’est pas là pour donner valeur en maître des destinées, mais pour jeter la lumière sur les façons dont les oeuvres peuvent être lues, regardées, ressenties et qui, plutôt de décerner des satisfecit, propose sans imposer des moyens d’aller vers les oeuvres. Mais de telles recensions sont rares.
    Il faut saluer aussi des initiatives comme celles de l’écrivain Doris Lessing proposant une oeuvre à son éditeur habituel sous un autre nom que le sien, et la voir refusée ... à ma connaissance un tel acte est rare voire unique, qu’en serait-il si on l’avait multiplié ?


    L’absence totale de sélection serait peut-être aussi pernicieuse que la sélection qu’on va dire subjective (au coup de coeur) ou même si ce n’est jamais avoué, par piston, relations et copinages divers. Et définir des critères de valeur demeure une sorte de quadrature du cercle, peut-être parce qu’ils sont par essence indéfinissables, le pire étant sans doute dans des attitudes téléguidées par des sortes d’automatismes : l’élitisme guindé qui reproduit à chaque génération les clivages de la précédente -on ne transmet que ce qui est jugé culturel par habitude ou formatage , la démagogie « généreuse » qui consiste à crier au chef -d’oeuvre de la merveilleuse spontanéité devant le moindre gribouillis, les snobismes divers toujours appuyés sur des clivages sociaux lesquels se recoupent, s’étayent et se confortent...A noter qu’aucun de ces moyens de sélection ne laisse la plus petite part de chance à qui n’est pas coopté. Et la somme d’énergie et de temps qu’il faut dépenser pour passer dans le domaine du culturel reconnu et adoubé, ne peut se faire qu’au détriment du temps et de l’énergie passés à créer. La nécessité du « réseau » implique forcément une dépendance voire une obédience de l’artiste. Il se plie à la « demande » : on peut admettre que celle-ci, comme toute contrainte, l’amène à sortir de lui-même et produire des chefs d’oeuvre mais il faudrait aussi se demander si on fait tellement plus mal quand on crée hors réseau, librement, pas forcément à contre-courant, mais à côté des courants. Je ne dis pas sans influence : ce serait impossible !
    Il faudrait recouper l’histoire de l’art et de la culture avec celle des classes sociales, et on s’apercevrait que là aussi les révolutions (qui sont maintenant plutôt baptisées évolutions) ont été récupérées par les classes dominantes et les pouvoirs d’où qu’ils émanent. Les rapports à l’argent et au commerce (arts cotables dominants, arts non cotables mineurs ...)le montrent assez. Les meilleurs livres pour le commun des mortels sont actuellement ceux qui se vendent le plus, et le meilleur artiste serait celui qui a le réseau le plus garni ...qui lui garantira le nombre de visiteurs réels ou virtuels en cas d’exposition. Voire : qui vendrait le plus cher. La valeur culturelle est alors évaluée quantitativement, parce que c’est éminemment plus simple à comprendre, plus accessible et apparemment plus fiable. Mais est-ce plus juste ?

    Depuis plus de trente ans je lis des auteurs inconnus, qui ne trouvent pas d’éditeurs ou bien alors qui sont publiés, mais non diffusés alors autant dire « mort-nés » alors que s’impriment des ouvrages de grande consommation éminemment médiocres, mais tellement plus faciles ou plus « au goût du jour ». Et qui eux, se vendent. S’ils se vendent c’est qu’ils plaisent et si on commence à confondre les genres, à demander à une oeuvre intellectuelle de nous faire passer un bon moment, il y a hiatus et parfois plaie béante, gouffre. Divertir n’est pas négligeable, c’est même éminemment nécessaire mais ça n’a rien à voir avec faire réfléchir et instruire qui sont des tâches plus austères, plus difficiles et de ce fait moins appréciées.
    L’effort a mauvaise presse parce qu’il retarde la jouissance immédiate. C’est aussi vieux que l’histoire de l’homme, mais aujourd’hui c’est accentué par nos modes de vie et de pensées.
    Je me fais souvent la réflexion que plus la durée de vie augmente, plus l’homme est impatient et pressé, même dans des domaines où il n’y a pas lieu de l’être.
    L’idée qu’on pouvait tout apprendre en s’amusant et sans fournir d’effort et vite -le maître mot de l’époque - a fait des ravages. On juge ennuyeux et poussiéreux tout ce qui demande une attention, une concentration, une recherche. Ce qu’on a surtout cultivé c’est une certaine paresse d’esprit et aussi l’idée que toute activité lasse au bout de dix minutes et qu’il faut changer pour ne pas ennuyer - déjà à l’école - les enfants considérés de plus en plus comme un public à satisfaire et non comme des êtres à former. Sauf peut-être à la consommation de biens.
    Il est vrai qu’une éducation a toujours une double visée : celle de former l’individu et celle de l’adapter à la société dans laquelle il vit. La deuxième, pour l’intégration et la simple survie, a toujours été plus importante que la première.
    D’où ce qu’on nomme la « culture du zapping » adaptée à nos modes de vie et valeurs post-modernes. Bel oxymore et pur produit du mariage du changement frénétique et de la vitesse érigés en valeurs absolues.
    N’importe quel jardinier sait que la culture nécessite temps, patience, préparation du terrain. La culture du zapping exclut qu’on lise un livre un peu ardu au vu que ça demande trop de temps et d’efforts. Bref elle est plus zapping que culture ou bien il faudrait admettre que dans un jardin on arrache les plantes dès qu’elles mettent plus d’un jour à pousser et fleurir.
    Personne ne sait plus attendre !Ou du moins très peu de gens. On veut tout, tout de suite et on jette pour passer à autre chose dès que le sujet semble manquer d’intérêt. D’ailleurs quand on dit « c’est intéressant » de quoi veut-on parler ? D’une appétence individuelle et ponctuelle face à quelque chose qui requiert un bref moment l’attention ou d’une valeur durable et universelle d’un sujet, d’une oeuvre ? De quelque chose qui nous immobilise dans l’instant , ou de quelque chose qui nous sortant de nous-mêmes reste en nous pour nous faire avancer, nous proposer une autre vision du monde et de la réalité ?
    Alors comment parler de culture dans cette formule? Information oui, connaissance non. Pas de recul, pas de vision car pas de champ pour qu’elle s’exerce ni vers l’arrière (le passé), ni vers l’avant (l’avenir). Juste l’instant qu’on veut plein, dont on veut jouir, là tout de suite. Et on recommence. Or ce qui s’applique à la sensation, à l’émotion ne peut s’appliquer à ce qui requiert l’usage de la mémoire. Quelle sera la mémoire de notre époque ? Que retiendra-t-elle du filtre engorgé où tant d’informations, d’images, de flashs se sont accumulés dans l’instant ? La fameuse définition de la culture comme étant ce qui reste quand on a tout oublié, montre au moins que pour oublier, il faut avoir un temps fixé quelque chose. Et qu’il y a un reste !

    Il semble aussi qu'il y ait des cultures multiples et forcément lacunaires et plus ou moins transmissibles dans la mesure où on est passé d'une ère d'humanisme généraliste à une ère de spécialistes partiels -ou soi disant tels-. D’où le leit-motiv pour s’excuser « je ne suis pas spécialiste, mais..... ».Le savoir encyclopédique est définitivement hors de portée, alors qu’au XVIII° siècle, ce fut une entreprise difficile mais qui semblait réalisable.
    On peut sur la journée avoir via internet réuni une somme d’informations considérables sur un sujet donné dont on ignorait tout la veille. Et puis le lendemain tout oublier et passer à autre chose. Et ainsi de suite. Je ne dis pas que c’est condamnable, mais là encore on ne prend le temps ni de laisser infuser, ni d’approfondir et encore moins de vérifier si ce qu’on a lu est attesté...recoupé. Cette attitude obéit à la confiance naïve et aveugle qu’on a accordé d’abord à l’écrit (tout livre devenant Bible puisque perçu comme plus fiable car plus permanent que l’oralité ) puis à la télévision ... Mais actuellement la matière est plus importante et plus instable (les informations diverses se modifient sans cesse, les sites sont remis à jour, les blogs diffusent toutes sortes d’expériences, pensées, techniques en temps réel et ça va infiniment plus vite ).La pensée et la création humaine sont soumises à la date de péremption et ce, depuis des décennies. L’essentiel semble à présent dans la régurgitation immédiate et non dans l’innutrition.


    Loin de moi l'idée de refuser toute nouveauté et toute ouverture, et encore moins toute évolution, il ne s’agit pas de propos passéistes et encore moins d’un regret vain du bon vieux temps. Il s’agirait plutôt d’intégrer des nouveaux moyens de se cultiver sans dénaturer complètement ce que mot signifie, ce sera un pari à gagner pour les générations futures et comme je suis une optimiste lucide je leur fais confiance, au nom de la merveilleuse adaptabilité de l’être humain, et de sa faculté de sauver l’essentiel . Encore faut-il savoir où il se trouve.
    Et même en acceptant que le sens du mot culture ait heureusement évolué, on peut s’interroger quand des mots qui pendant des siècles ont eu un sens admis et qui servait de référent(même si c’était de manière trop figée) deviennent des fourre-tout. Ainsi il y a une culture générale et une culture du fromage ...ce qui n’empêche pas certains domaines d’échapper à cette distribution quasi générale du label culturel (on ne parle pas -pour citer un domaine qui m’est cher- de culture de et par la broderie, alors qu’elle est voie spirituelle en Asie !)

    Je crois aussi que par rapport au livre, à l’écrit nous sommes en pleine période de mutation par l’émergence d’autres moyens de lire(sur écran), d’écrire (voir les langages en raccourci SMS et le règne de l’abréviation après celui du sigle) et de communiquer et qui plus est soumis à des changements en accéléré au vu des progrès technologiques qui rendent très vite les supports et moyens de communication obsolètes.
    La matérialité de l’hyper-consommation semble avoir contaminé l’immatériel de la culture. Déjà, le support permettant la mémorisation est devenu de plus en plus matériel au fil des siècles (oral- manuscrits- livres imprimés - télévision- ordinateur ). La mémoire, la nôtre, n’est d’ailleurs pas moins sollicitée, elle l’est autrement, de façon plus rapide et plus dispersée. On stocke des milliards de données dans un espace réduit, il est vrai, mais on est incapable d’y accéder, déjà sans un appareillage encore contraignant et dépendant d’une source d’énergie extérieure .
    Nous pouvons le regretter et craindre un appauvrissement, ça ne servira pas à grand chose dans la mesure où personne ne contrôle ces mouvements plus que les vagues de la mer. On peut songer à un effacement de l’individu devant une culture-mémoire qui sera de plus en plus collective et qui sera fixée, mais hors du cerveau humain qui ne cherchera plus à retenir ce qu’il peut si aisément et surtout rapidement retrouver.
    Ce qu’il en adviendra, nul ne le sait,et tant mieux, et certainement pas des choses exclusivement négatives. Même si ce qui émerge ne nous plaît guère parce que ça heurte nos convictions et habitudes sur ce que la culture devrait être. Et je voudrais aussi rappeler que seuls y accèdent ceux qui en ont les moyens. Et ce sont toujours les plus démunis qui en sont privés , tant il est vrai que se cultiver demeure malheureusement un luxe de nantis quand il s’agit d’occuper son temps à survivre.

     

    A chaque époque la culture se redéfinit par multiple brassage et notamment des apports des différentes générations mais aussi les brassages dus aux échanges. Or, via internet ,ça brasse plus fort que jamais. D’aucuns diront que c’est superficiel, mais on peut atteindre au profond , aussi, par la surface. A condition de la percer. Et peut-être de s’accorder de temps à autre une position marginale, qui permette le recul et donne du champ aux réflexions.

     

    publié sur arts-up

  • La vogue du "slow stitch"

    • Le 03/09/2021

     Les livres anglo-saxons et américains depuis quelques années , ainsi que les blogs et sites regorgent de publications sur cette "nouvelle" manière d'aborder la broderie et l'assemblage d'étoffes.
    Or tout ce qui est manière d'assembler des tissus différents entre eux m'intéresse ! J'ajoute que si je ne suis pas les modes, j'en intègre ce qui me semble recouper mes propres envies et désirs par rapport aux diffférentes façons de connecter les étoffes entre elles et surtout de s'exprimer par ce moyen. C'est encore des moyens de "dire avec".

    On y trouve des surfaces, des livres, des vêtements,  , des  sculptures ... Le point commun reste la récupération de textiles qui ont un vécu, la lenteur du geste main, le renoncement à une perfection normée pour une expression plus libre . Et évidemment chaque artiste lorsqu'elle crée véritablement et a une personnalité forte y imprime sa marque et son expression.

    La couleur penche vers le beige-écru- blanc (mais rien n'interdit d'utiliser des couleurs vives, peut-être ces tons délavés ou très pastels ont-ils une implication aussi écologique (moins de teintures agressives pour la nature )   Un des directives celle qui me plaît le mieux c'est faire avec ce que vous avez sous la main, éviter les modèles tout faits, improviser ....et pour ma part , je ne m'interdis pas d'utiliser des tissus neufs de ma collection "spécial patchwork", si pour moi ils ont une signification, un appel particuliers.

    Le point de broderie  dominant est le point avant (ou devant) se recommandant du boro japonais ou du point de Kantha  indien (ce qui n'est pas tout à fait la même chose) en passant par notre point de reprise . Mais on peut y trouver des broderies beaucoup plus complexes et élaborées. Si on gomme l'aspect méditation et spiritualité que certaines pratiquantes  aiment attacher à ce genre de geste (moi pas du tout ! ) , le rôle de ce point simple à faire est d'unifier les fonds, souvent pour poser dessus appliqués et broderies , objets trouvés, citations de textes ou de poèmes.  Histoires de vie (la je me sens déjà plus adhérer !)  qui se recoupent celles des brodeuses couseuses d'autrefois et  "marques" personnelles de l'artiste qui recompose avec .

    Si vous tapez "slow stitch" dans un moteur de recherche " vous aurez une idée de ce à quoi ces surfaces ressemblent. et de l'abondance d'articles et d'ouvrages qui lui sont consacrés. Comme souvent quand quelque  chose  se fonde aux USA , il ya comme pour les Modern quilts, un "mouvement"

    iL ya à cette vogue plusieurs visées ou explications ou justifications...

     Le retour à un geste main , lent  qui porterait à la méditation ... venu des USA où on aime à la fois les psycho- philosophies  vaguement encore imprégnées de new âge  en  réaction  à un pays où la machine est reine dans les arts textiles ... où tout est fait machine (time is money !)  depuis belle lurette et où la démocratisation des machines dites long arms qui permettent de matelasser de grandes surfaces avec des motifs complexes a donné naissance à des kyrielles de Modern quilts depuis une quinzaine d'années -  vague de quilts comportant souvent  de grandes surfaces unies  dites  négatives" " se voulant minimalistes ou dépouillées 'elle aussi au nom d'une "philosophie" ) .  Sans caution 'spirituelle"   point de salut (un peu comme on faisait des mandalas dans les années 2000 jadis  sans trop avoir approfondi ce que cela signifiait vraiment dans l'hindouisme et le bouddhisme )  .  Certains livres abondent de considérations de coaching personnel censé vous mettre en relation  avec votre essence, votre intérieur et votre essentiel . Autant vous dire que je n'adhère pas trop  à cet aspect des choses , mais si ça fonctionne sur vous, pourquoi pas ! Moi ce qui me plaît c'est comment les tissus  s'harmonisent ensemble pour dire..une histoire personnelle .

    Le geste main par sa lenteur même s'il ne me porte pas à méditer me détend .. c'est un autre aspect de  l'activité . J'ai toujours préféré  coudre  à la main, on le sait n'ayant recours à la machine que pour des aspects qu'elle seule peut me donner ou une solidité de couture ou l'aspect des points décoratifs .et ce, depuis bientôt quarante ans que j'assemble des étoffes en quilts, qui racontent tout autant des "histoires", étant donné que je ne  suis pas un modèle pour avoir un joli couvre-lit ou du moins pas seulement ! Et que même ces jolis couvre-lits quand ils sont créés de manière personnelle peuvent dire une histoire de vie comme relaté dans  Anonymous is a woman .

    Pas pour la méditation mais parce que le geste main permet de sertir morceau par morceau, de changer d'avis que c 'est aussi un geste de contact étroit et sensuel avec la matière travaillée.

    L'aspect qui m'intéresse c'est  aussi celui qui est de l'ordre du collage d'étoffes et de leur application à bords vifs le plus souvent (dans la plupart des cas des lignes de point avant les reouvrent droites ou en cercles concentriques , avec des compositions de "pages" on en trouve  beaucoup dans les livres en  textiles plus ou moins élaborées. Je n'aime pas trop l'entassement "sans air et sans grâce" comme aurait dit jadis ma mère. J'aime que la beauté des tissus et des dentelles que je révère soit mise en  valeur c'est pourquoi j'ai toujours préféré  juxtaposer à recouvrir , même si le slow stitch se pratique en couches souvent. Le chevauchement  de morceaux cependant est une voie à creuser...pour moi s'entend par rapport à mes visées à moi, mes exigences comme je dis.

    ..

    Ce sont des créations en style libre le plus souvent où l'artiste improvise peu ou prou (cet aspect-là me sied mieux), il semble d'ailleurs  que les rouleaux vont remplacer peut-être la vogue des livres.,)  on reviendra donc aux sources des livres sous formes de volumina(qui a donné notre mot "volume"  ) des Romains.  Jadis les brodeuses faisaient déjà des samplers (échantillonnages de points) en rouleaux , mais là ce qui séduirait c'est l'aspect informel , improvisé on prend un départ, on s'arrête quand on veut à la "ligne" ou au motif suivant .Pour moi qui suis hantée par l'idée de n'avoir pas le temps de finir , j'aime l'idée d'un ouvrage qui le serait dans son inachèvement . J'ai quelques débuts en cours ...en ce sens, auquel j'adjoins evidemment les tissus "patchworks" imprimés  évités par les autres en ce genre d'ouvrages-si on excepte les vieux blocs classiques pour le "recyclage" .


    le dorica castra  qui s'inscrit dans une série sur les figures de style, en est un exemple.

    Dorica castra derulement 1

    Le recyclage me préoccupe moins - que la nouvelle vie esthétique de quelque chose fait par d'autres mains.  L'artiste Mandy Patullo dit lui préférer le mot de "reworking" retravail, transformation La nuance est difficile à faire saisir je ne fais pas cela pour sauver la Nature ou la planète a fortiori mais pour que ne se perdent pas des heures de vie et de travail textile industriel ou manuel  ou tout simplement un fragment que je trouve beau, qui me dit, à moi quelque chose de particulier .. Ce n'est pas tout à fait l'optique conforme aux doxas actuelles, mais comme on le sait je suis mon chemin et précisément ces oeuvres en "déroulement" -et non  déroulé (autre mot à la mode !) sied à cette époque de ma vie .  Cela n'exclut pas d'en faire aussi des livres textiles , le trois fois rien" en étant un parmi d'autres en cours, ou bien encore ce Keepsake réalisé avec des étoffes précieuses à conserver.

    Keepsake livre textile jacqueline fischer 9

    ou bien encore ces morceaux choisis-1 un deuxième est en cours;   pour illustrer .l'histoire des tissus des années 30 .Morceaux choisis livre textile jacqueline fischer 5

     

     

     

     

     

    J'ai une grande admiration pour le travail de Mandy Patullo (qu'on peut voir sur ce site ) Et qui a écrit deux livres très inspirants sur le sujet.
    et celui de Karen Duane différent .

    Slow stitch est  le livre de base de Claire Wellesley Smith  qui a écrit aussi un Resilient Stitch . Disons que je suis asez éloignée comme dit ci dessus de cet aspect résilience, thérapie ou penser à travers le geste -que je ne renie pas, mais mes accès sont différents.

    Une mention pour Tilly Rose  dont j'apprécie beaucoup le Souvenirs brodés (que j'ai en  version originale)

     Il en existe beaucoup d'autres.

    J'ajouterai qu'il est dommage à mon avis que, parce que  ce n'est pas du "contemporain", on n'ait pas sur certains quilts de création juste parce qu'on a usé d'un bloc comme point de départ ou d'un tissu pas de "récupération"  le même regard , car au fond coudre à la main mille petits bouts différents pour dire sa vie, ses sentiments ses émotions c'est  ce que font les artistes textiles jugées si injustement-à tous les sens du terme!-  "traditionnelles" donc démodées depuis..la nuit des temps . Dans ce retour au geste main, à la recomposition de quelque chose à partir de bribes, de tesselles de fragments une surface élaborée à coutures cachées a aussi à dire , et même e usant de tissus neufs ou spécial patchwork demain ils seront vintage ! tout va si vite ! mais... on ne l'entend jamais, ce n'est pas "mode" ... Quand sortira -t-on de  ce type de regard sur l'art textile, quand le regardera-t-on sans préjugés  sans classement-relégation d'office, pour  ce qu'il est vraiment ?

  • quilts d'interprétation

    • Le 21/08/2021

    On le constatera en lisant mon index , ou mes histoires d'ouvrages il y a dans mon parcours textile quelques quilts que je nomme d'interprétation . J'établis une différence entre copie quasi littérale d'un modèle , interprétation et création. Pour moi cette différence est primordiale justement parce  que j'ai fait les deux (copier littéralement jamais je déteste cela, ça m'ennuie mortellement !) . Et je persiste à penser, même si je me sens toujours aussi seule sur ce chemin-là, qu'aucune revalorisation des pans  rejetés  de l'art textile   non estampillé contemporain (celui dont la source serait "traditionnelle) ne peut se faire sans une honnêteté drastique à cet égard.

    Il ya plusieurs quilts d'interprétation dans mes histoires d'ouvrages. Certes certains contiennent une grande part de re-création  donc de métamorphose, mais l'honnêté me conduit à dire : ils n'existeraient pas si je n'avais pas utilisé le plan de quilt de telle ou telle. Du moins à la date où ils ont été créés. Il est certain que si ce plan de quilt se borne à juxtaposer le même bloc, n'importe qui aurait pu le faire tout seul sans imiter. Mais  le quilt n'est pas que ce plan et c'est là que commence l'aventure personnelle ou non selon le degré d'écart au modèle (quand modèle il ya ).En revanche quand je pars d'un bloc en noir et blanc faisant partie de ce qu'on nomme tradition et que j'appelle inspiration géométrique régulière , si je construis le plan , ses dimensions (primordiales : la taille des morceaux dans l'impact final et aussi la variété des étoffes comme un vocabulaire) ) , que je choisis le schème de couleur ; les étoffes j'estime en être  la créatrice. Et j'estime que ce peut aussi être de l'art dans la mesure où c'est une pièce unique exprimant un ressenti qui m'est propre.   A fortiori  si j'use d'un dessin personnel.

     

    La quilt Le   fil de nos  jours où j'emprunte la disposition mais aussi l'idée des bobines en petites chutes à une autre , même si de moi est l'idée d'en faire un quilt généalogique et le choix des couleurs et des tissus .  Pour beaucoup ce choix des couleurs et des tissus vaut création . Et ce point est tout à fait à prendre en  considération à condition qu'on avoue ses sources .

    LE fil de nos  jours

    Le fil de nos jours 3red

     

    Le quilt l'étoile des quatre saisons  dont je raconte l'histoire. Il n'existerait pas sans l'oeuvre préalable de Mary-Evangéline Dillon; j'accorde que je l'ai totalement transformé et que cette transformation est mon idée (le choix des couleurs et étoffes aussi) mais pour moi ça ne suffit pas à le dire "création".  Et encore moins si je l'avais copié intégralement sans le dire ! (comme raconté).  Ce qui ne semble pas gêner certaines artistes ! Ni leurs admiratrices.

    L'étoile des quatre saisons

    Et4s 4

     

    Le quilt Assiettes de  Dresde  c'est un peu différent. Le plan de quilt est de moi , mais le choix des couleurs  et des tissus style 1930 est  pris  à un bloc ancien . Cette dette fait que je l'ai classé quilt d'interprétation et non de création . Beaucoup n'auraient pas ce scrupule !

    Assiettes de Dresde

    assiette-de-dresde2.jpg

     

     

    Cependant je  m'insurge et je me sens profondément blessée quand on me dit que pour ce quilt Florilège

    Florilege 1 2

     

     

    j'aurais "copié" Kaffe Fasssett .  Je me suis inspirée au départ des quilts watercolours de Deirdre Amsden mais sans en reproduire aucun . Il s'agit d'une influence, pas d'une démarque et d'une influence avouée .  L'idée notamment de jouer sur les échelles de motifs et la taille des carrés (que j'ai reprise dans la plupart de mes quilts jardins) est de moi . On peut sans doute la trouver ailleurs mais en 1999 quand j'ai commencé  le quilt, non. J'ai développé la genèse de mes quilts jardins et ce en quoi ils se différencient des "ressemblants" dans mon livre Jeux D'étoffes. La manière d'y assortir les étoffes fleuries m'appartient en propre et me prdonnera d'y tenir , même si je suis pas une "grande" artiste textile 'à qui on ne le ferait pas ! ).

    Pour l'anecdote, j'évoquerai cette période où je publiais des "modèles " en bénévole (je tiens à le préciser ) dans les Nouvelles du patchwork . A l'époque on  indiquait "realisé par" s'il s'agissait d'une interprétation " et " créée par" s'il s'agissait d'une  création ce qui fut souvent discuté, et discutable! -mais partait d'une bonne intention dont on sait que l'enfer est pavé ) .  Ce quilt Miettes est une création . Le concept est entièrement de moi, l'idée de coudre des petits moeceaux en bandes pour les réutiliser se faisait déjà sans doute au niveau techinque mais le dessin est de moi et on accordera que la disposition, ici,  est primordiale .  Je l'envoyais donc en mettant " creation" puisque c'en est une.   Il parut  avec la mention "réalisé par "-on peut le vérifier . Je protestais ! Il me fut répondu qu'il ressemblait à un autre quilt d'une artiste de Louisiane et comme j'y étais allée cet été-là et que j'avais donné quelques photos de quilts prises là-bas .. !! Je n'ai jamais  rencontré cette artiste (j'étais en voyage organisé!) et son quilt je ne l'ai vu qu'ensuite dans la revue QNM .. Procès pur d'intention et justification capillotractée  :  les deux oeuvres n'avaient rien à voir entre elles  que le fait d'user de beaucoup de tissus et de couleurs .  A ce compte très peu créent !! Et bien sûr je n'étais pas assez VIP de la corporation pour qu'on tienne compte de ma réclamation .Le mépris encore une fois ....il aura accompagné toute ma vie de textilienne . Je veux bien qu'on me dise que ce que  je crée est moche, insignifant, sans valeur et sans importance mais j'aimerais bien ne pas mourir sans qu'on teconnaisse ce qui dans mes surfaces est si profondément de moi ! Ce qui fut fait... plus tard mais certes pas en milieu quiltique !

     

     

    Miettes jacqueline fischer

     

     

     

     

     

     

     

     

  • En vert et avec tout -livre textile

    • Le 08/06/2021

    Je l'ai déjà écrit de nombreuses fois, j'aime essayer, me mettre en route sans trop savoir où je vais . Parfois je termine (et non sans métamoprphoses en cours de route) parfois je laisse en l'état  de "début de" . D'où au fil des ans -- des boîtes entières remplies de  ces leftovers comme disent les anglo -saxonnes. . D'inachèvements...L'imperfection , en son sens premier.(perfectus signifie achevé )

     Parfois j'en fait des sortes de cahiers où je colle sur papier artisanal en expliquant à côté ce que j'ai voulu faire et pourquoi j'ai abandonné . Parfois quand il s'agit de patchwork, j'en bâtis ce que  j'appelle des "rogatons" .

     Mais l'année dernière l'idée m'est venue  de ce livre textile dont le fil rouge serait.. le  vert. J'avais beaucoup d'essais qui contenaient cette couleur,  y compris des nuanciers , des essais de  points reoertoriés avec le numéro DMC ou d'autres fabricants . Le vert c'est ce qui spontanément saute dans la main de la jardinière (pourtant pas aux doigts vers!) que je suis aussi .

    J'ai donc réuni un gros tas d'essais d'échantilons brodés ou assemblés  où le vert était présent . Essais pas toujours réussis , maisj'aime aussi l'idée de faire quelque chose de mes ratés .

    La couverture pour commencer , qui était un essai de composition en blanc et l'envie m'a prise de peindre dessus ,  de manière très .. simpliste . . ET je me suis mise en route:

     

    En vert et avec tout livre textiles d essais et d abandons jacqueline fischer 1

    Comme pour tout ce qui est travail sur le disparate et le déssassorti  j'ai essayé de composer en établissant les liens outre la couleur dominante :  J'ajoute que j'aurais pu tout unifier avec des points style boro ou slow stitch -c'est à la mode, ça rend bien et c'est à ma portée !- mais je n' avais pas envie de noyer chaque élément de cette façon , il ne s'agissait pas pour moi d'intégrer mais de garder le côté "cabinet de curiosités" textiles .

    La deuxième page présente un reste du quilt "jardin d'amour" cf index textiles, un début de labyrinthe en fils de soie (point d'étiles) sur tissu à carreaux , et un motif essayé pour le plaisir de tester unfil nuancé :

    En vert et avec tout livre textiles d essais et d abandons jacqueline fischer 4

    page 2      qui associe un essai de tissu marbré, un " bloc restant de l'ouvrage "rouge passion (cf index textiles)  et quelques feuilles d'essais créées pour montrer que le même dessin peut aboutir à des apparences bien différentes ..

    En vert et avec tout livre textiles d essais et d abandons jacqueline fischer 2

     Le livre comporte  12 pages  , voir ci-dessous  quelques-unes, celles qui me plaisent le plus choisies arbitrairement.

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