présentation ouvrages

  • oeuvre poétique 1966-2020

    Parution fin février 2021 de cette oeuvre poétique 1966-2020

    Elle regroupe tous mes recueils et un bo nnombre de pièces "éparses" .

    Plus les illustrations qui ne sont pas là pour enjoliver .

    520 pages sur papier 115g couché satiné dont 183 en couleurs , comportant des pohtos de textiles, des images numériques et des reproductions de manuscrits.

    La couverture comme la maquette, c'est de moi aussi (comme dirait Numerobis!)

     

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    Plus quelques coquilles  et une erreur de pagination (un texte fait doublon mais il n'en manque aucun ! )  qui m'ont échappé , mais la perfection m'échappera toujours!

    Les premiers 50 exemplaires sont déjà partis , plus vite que nel ne l'escomptais ,vers des bibliothèques amies . Il reste un peu de stock du retirage . Ce sera tout et donc si le veut ; se dépêcher .Ce livre n'est pas en librairie .

    M'écrire sur chiffondart@aol.com.

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    Je précise il n'y a pas d'éditeur je n'en ai pas cherché,  aucun ne l'aurait accepté du moins comme moi je le voulais  c'est aussi un moyen de réduire le coût .    J'espère en votre absence de préjugés et votre liberté de jugement à cet égard et que tout comme moi vous êtes capables d'apprécier un texte sans sélection préalable ...que je n'ai pas tentée .

     On peut lire deux critiques le littéraire.com

    et le salon littéraire


     

  • Le bonheur en lisière -4

    Au  cours des années 90, j'ai commencé ma collection de   livres américains achetés chez Brentano's, le plus souvent , puis diffusés par les commerçantes- artistes quilteuses de l'époque , si on voulait  vivre de son art, il fallait  déjà en passer par là , vendre des modèles, des kits, des tissus, organiser des stages.  La machine commerciale était en route.   Point trop de salons et un art pas encore vendu aux marchands du temple, cependant. Ma première  grande influence fut l'artiste Nadine Rogeret à qui j'achetais mes premiers tissus américains . Ce furent longtemps, les seuls. J'aimais sa façon de créer en mélangeant dans ses oeuvres une inspiration qui venait de la géométrie et des compositions tout à fait personnelles. On voit nombre de ses oeuvres dans le livre de Claude Fauque Le patchwork ou la désobéissance . Si une me fut exemple, dans mes débuts en mosaïque de tissus, ce fut elle et je la salue au passage .

    Je m'intéressais donc à cette géométrie dite traditionnelle et américaine ,  parce qu"elle coïncidait, en moi, à mille manières de construire avec des tissus. J'ai toujours aimé mettre beaucoup d'étoffes différentes dans ce que je fais , parce que pour moi c'est une sorte de richesse de vocabulaire.  A mes yeux, c'était de la mosaïque, de la marqueterie,  arts qui m'ont toujours fascinée et dont je n'ai jamais compris qu'ils soient jugés comme décoratifs et mineurs sauf quand un  grand nom s'en empare , que la peinture s'en inspire ou qu'un mouvement d'arts plastiques en vogue les récupère.  J'ai expérimenté évidemment, depuis, d'autres voies et certaines de mes créations actuelles sont toutes différentes, mais cette variété est la pierre angulaire de ce qu'on me pardonnera d'appeler ma démarche. Or, mettre énormément de tissus, de motifs et de couleurs venus non de chez un marchand qui vous les a assortis mais des découvertes et trouvailles un peu partout - neuf et ancien mêlés - exige pour équilibrer une rigueur que la géométrie des blocs et leur répétition me donnaient . La miniaturisation  des morceaux aussi.

    J'en étais donc là, à prospecter dans ma collection de tissus et les différents dessins issus de ce qu'on nomme "tradition" - J'envoyais en guise de voeux à l'association une photo d'un de mes patchworks, , on était début  92 et à ma grande surprise la directrice de publication Suzanne Lambert  me répondit , et m'encouragea. Elle fit mieux elle publia comme modèle ce premier quilt  réalisé d'ailleurs bien des années avant d'après un bloc trouvé dans une revue. Ce fut pour moi un puissant déclencheur, le geste qui me donna confiance . Mon livre lui est dédié. Sans elle, je n'aurais pas cru en moi. Je croiserai plus tard d'autres personnes (et aujourd'hui encore!) qui m'aideront à dépasser mes doutes, à continuer, car seule et souvent à contre-courant ,  ce n'est pas si facile.  Je veux saluer celle qui fut pour moi à l'origine de ce  que je nomme ma  seconde vocation  (la première, comme on le sait, était l'écriture ).    et je préfère oublier les réflexions inévitables du genre "on te l'a pris parce qu' à l'époque, 'on manquait de modèles". Car oui , c'est ce qu'on entend au sein de notre corporation. (à suivre)

    Pour

     Pour Guillaume -1990- parution   1993 Nouvelles du Patchwork

    tissus américains et de récupération

  • Le bonheur en lisière 2

     NB les liens sont donnés pour éviter de refaire des démonstrations  déjà faites .

    Il y a donc une histoire du patchwork et de l'art textile en France, une histoire ignorée et même occultée, qu'on commence à redécouvrir  mais toujours à l'arrière -plan . On a longtemps cru (et moi aussi) que le patchwork, c'était exclusivement anglo-saxon, et surtout américain (certaines américaines le croient aussi!) , mais il m'étonnait qu'en France , on n'ait jamais rien créé en ce domaine. On sait maintenant qu'il n'en est rien. cf ce lien pour en savoir plus

    Et une  histoire récente un "revival" comme on dit outre-Atlantique,qui commence chez nous dans les années 70. On voyait d'ailleurs à cette époque beaucoup de tissus imitant le patchwork, mais précisément le patchwork tel qu'on le caricature et ainsi, il ne m'attirait pas . C'était l'époque où j'avais acheté les livres de Marie Jeanine Solvit.

    J'ai raconté comment en 1982, j'ai rencontré l'assemblage d'étoffes dans mon livre Jeux d'étoffes impressions, expressions . Ignorant tout des règles du patchwork dit  américain , je traçais avec des formes simples , je faisais des couvertures pour mes enfants. Celle qu'on voit ci dessous est une des premières , composée dans le Var où j'étais en vacances pour mon fils aîné. Elle date de 1987, ne comporte aucun tissu à cet usage ( j'en ignorais l'existence) et mélange allégrement lainages, synthétiques et coton . Elle obéit déjà à une stratégie d'assemblage : un imprimé et un uni soigneusement  assorti , c'est forcément une création puisque je ne disposais d'aucun livre ou revue , mais toute  création n'est pas forcément un chef d’œuvre. J'ajoute  qu'elle a été lavée des dizaines de fois , et sur  la photo a été prise en 2010 , on voit qu'elle a tenu la route... elle n'est pas non plus  matelassée parce  que pour moi un patchwork n'est pas et ne sera jamais forcément un quilt .  Je n'avais pas besoin qu'on me dise comment placer les couleurs, ni même les unités qui ne sont pas des blocs   à proprement parler : j'avais une idée personnelle-bonne ou mauvaise- de la chose.

    Pict0075couvertures -1987

    C'étaient déjà des surfaces"expressives"  que je composais , et là sans influence au vu de mon ignorance en la matière. J'étais dans ce qu'on pourrait appeler ma période primitive . Il est à noter qu'une couverture comme celle  appelée Simplicité qui date des années 86-87 pour la conception mais fut terminée en 1992  'était déjà du "contemporain" sans le savoir au vu que j'ignorais à ce moment les "blocs" américains. Je n'allais d'ailleurs pas tarder à entrer dans l'enfer du célèbre clivage traditionnel-contemporain ... mais c'est une autre histoire... (à suivre)

    Simpliciteg

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  • Le bonheur en lisière -Prologue

     

     

    NB Je reproduis ici en plusieurs billets le long article que j'ai écrit sur mon parcours textile . Il dit l'essentiel de ce que j'ai vécu . J'ai commencé en 1982, ce n'est donc déjà pas pour moi un "loisir de retraitée " qui s'ennuie.  Il complète l'index que j'ai achevé il ya quelques mois .

    I-Prologue

    . J'ai souvent eu l'impression que mon parcours en art textile était une suite de malentendus, voire de contretemps, signe  d'une inadaptation foncière aussi à ce qu'il aurait fallu être et faire !

    D'avoir vécu en lisière de la vie  de ce qu'on nomme le "monde du patchwork et de l'art textile" où je ne suis ni inconnue, ni vraiment reconnue. Et très peu souvent comprise L'impression d'exercer le même art , mais avec un point de vue totalement marginal . Ce n'est pas volontaire; je ne peux absolument pas me contraindre à le vivre autrement .

    Et  c'est aussi en même temps, l'exercice d'un grand bonheur, d'une plénitude, parce que d'une grande liberté où précisément ce que je suis, ma nature, mon essence si on me permet  ce mot, peuvent se développer . Je dirai même que ces malentendus, cet écart, ces hiatus  ont été pour moi une chance, que je mesure  : ils m'ont permis d'aller aussi loin que possible, dans ce que moi, je voulais créer. N'y voyez pas orgueil, ou alors, pas seulement, mais appel, vocation . Je n'ai jamais dit une seule fois que ce que je faisais était mieux que les travaux des  autres, d'abord parce  que je trouve cela stupide, ensuite parce  que je n'y crois pas. Je crois en  revanche, à la singularité de ce que je crée  comme étant une œuvre particulière, témoignant de moi, et en ce qu'elle est aussi incluse dans une époque, un contexte inhérent aux arts qu'elle exerce ,  et soumise à des influences. Mais une influence n'est pas un formatage .

    Une chance pour créer, mais un ostracisme pour être publiée et exposée . Là il vaut mieux nager dans le sens du courant et taire ses divergences . Je laisse le lecteur juge de voir si c'est justifié.

    Parcours croisé forcément, avec le monde du patchwork, parfois au sens très étroit du terme et que je suis de très près, attentive à ses évolutions. et  à la différence de beaucoup d'artistes traditionnelles , je ne me suis pas fermée à ses mutations, mais s'y ouvrir n'a jamais signifié pour moi faire autre chose que ce qu'un désir, une envie une force puissante m'incitait à Faire. Ainsi ai-je suivi mon évolution et non celle qu'il "fallait" suivre. On ne m'a pas vu  abandonner la géométrie régulière sous la poussée de boutoir du destructuré dit contemporain, ni les tissus sous le bulldozer du mixed media déguisé en art textile, ni penser que la 3 D c'est mieux qu'une surface, plus " original" . Juste que tout cela est différent et que je n'avais rien à suivre qui ne s'intègre à mon propre parcours . Perméable mais pas influençable au point de perdre mon identité dans les tendances pour être sur un  podium

    Je livre mon expérience dans l'espoir de croiser des personnes dont le parcours est réellement proche. J'en sais quelques-unes et si les autres pouvaient sortir de l'anonymat et m'écrire je serais comblée. Non pas pour m'approuver forcément en tout ce que  j'écris : mon expérience comme tout parcours est unique et comme tel subjectif. Je ne cherche pas des compliments , mais une réflexion sur notre art qui dépasse les querelles de personnes et de chapelles et surtout ne s'appuie pas sur les poncifs d'une pensée généreusement dispensée dans clubs, ateliers et revues. Les faits rapportés de l'histoire du patchwork,  sont eux, incontournables. C'est bien comme cela que ça s'est passé et j'en ai les preuves dans les innombrables livres et revues que je lis, relis et médite. Et dans les relations que j'ai entretenues, parfois pendant de longues années et maintenant encore.

    Aux yeux des pratiquantes, je  "fais" du patchwork  traditionnel  et à côté de l'art textile contemporain . Le regard des spécialistes en art, quand d'aventure il se pose sur moi ce qui est déjà un bien grand honneur,  est sensiblement différent, car ils n'ont pas été formatés  revues,  clubs de patchwork et n'ont pas grand chose à faire avec  les clivages nés dans notre petite sphère. Et je peux vous dire: la plupart s'en moquent bien  du "traditionnel", du "contemporain" et de "l'art textile " , ils regardent comme dans un autre art : la composition, la texture, ce qui en émane (ou pas). Certains entrent et d'autres restent à la porte.   Certains hommes notamment, dès qu'ils voient des fils et des tissus,  s'écartent de la couture comme s'ils risquaient rien qu'en la regardant, a fortiori en admirant ,  de perdre leur virilité, et  certaines femmes féministes autrement que je ne  le suis, tiennent l'aiguille pour un signe de servage ...Nobody is perfect.

     A  ne pas lire  donc comme un xième récit des malheurs de l'auteur en patchwork ...je suis pas malheureuse dans mon art, mille fois non .Je suis souvent en colère, en révolte, en position militante , car j'aimerais tellement changer le "regard sur", d'autant que je sais que c'est possible, pour y être parvenue quelquefois.

    Je suis bien dans mon œuvre , où je n'ai surtout pas  voulu faire carrière   parce qu'à travers elle, j'ai visité tant de "mondes" imaginaires et ce n'est pas terminé, jusqu'à mon dernier jour je rêverai la vie en tissus, en fils, et en formes de couleurs à toucher ...

    L'histoire du patchwork-assemblage de tissus variés-  tel qu'il s'est répandu -essentiellement comme loisir dit créatif  en France à partir des années 80 mais tentant de devenir un art en éliminant ce qui avait fait jusqu'alors son  essence ,  est inconnue de celles qui l'abordent aujourd'hui et plus encore du public et ne disons rien du monde de l'art officiel dont il est d'office exclu.

     Je voudrais souligner en quoi je ne me suis  pas sentie adhérer à pas mal d'opinions tellement répandues qu'elles vaudraient " vérité" et de pratiques .  Et plus j'ai approfondi ma connaissance des arts textiles et du patchwork, et celles des arts tout court aussi, plus je me sentais dissidente par rapport à une attitude générale et un discours officiel  véhiculé par les "grandes , entendons par là les  "dominantes" officielles du moment. Jusqu'à me demander si nous parlions du même art , parfois ! ce n'est pas un réglement de compte mais une tentative de démythification et aussi de démystification : je sais trop comment certaines réputations se sont faites et se font.

    Pour parler musique :  je préfère être la tonique que la dominante, en cette mélodie parfois grinçante.

    Je  voudrais retracer ici ce double parcours, le mien et celui de ce que  je nomme la "corporation" .Je le voudrais aussi parce que  le patchwork reste largement ignoré en France, et que les personnes qui l'exercent  en loisir de divertissement en donnent une image faussée. Majoritaire, mais faussée aux yeux du grand public. 

    On me reprochera la longueur, je le sais, mais on ne peut aborder un sujet complexe en quatre phrases et deux photos . Il ne s'agit pas  ici non plus de séduire ou complaire, mais de témoigner d'une expérience. J'ai espoir qu'il existe au monde un lecteur capable de lire tout sans se lasser.

    (à suivre)

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  • Le salon des refusés

    Je rappelle ici que l'art textile n'est pas un art classé Beaux-arts, d'office. Donc qui a peu accès aux galeries, murs côté grands arts et surtout pas si on a un point de départ jugé traditionnel .Le mot qui tue . Et encore ùmoins si on fait du "patchwork". le mot qui fait ricaner.

    Ceci posé, pour exposer si on le souhaite via clubs guildes et associations existent un certain nombre de sélection-concours.

    J'admets la sélection (les murs ne sont pas extensibles), j'aimerais parfois plus de clarté sur la compétence à juger et évaluer des jurys à cet égard car si on parle beaucoup d'artistes auto -déclarés il est très malvenu et totalement déconseillé si on ne veut pas se desservir (!) de  s'informer  sur la valeur à juger des  "évaluatueurs !" Surtout en assemblage de tissus vu que les disciplines Beaux arts n'étudient pas chez nous l'histoire de ce   ringard  de  patchwork ! Mais passons !

    Je n'ai pas ressenti tout de suite le désir d'exposer .Je n'ai jamais fait partie d'aucun club même si j'ai adhéré à France patchwork pendant plus de 25 ans. Je suis une indépendante. C'était admis et compris  au début des années 90 beaucoup moins par la suite. J'ai commencé le patchwork  en 1982 j'ai exposé pour la première fois vingt ans plus  tard, poussée par des visiteuses  qui me disaient toutes la même chose : il faut montrer .

    Maheureusement  à peu près tous les lieux d'exposition collectives  obligent à  concours  et de prix avec classement dont on sait  combien; en  matière de création, je les désapprouve  . J'ai expliqué pourquoi mais voilà si on voulait montrer il fallait bien le faire en suivant sans les approuver les règles du jeu  social inhérent à  notre art et aux mentalités actuelles. 

     Donc  en 2001 -2002 j'ai tenté ma chance à une exposition de de crazy quilt  à  La Bourboule. Le thème était "les continents" et j'ai décidé d'illustrer les pôles , et mon  goût pour les jeux de mots m'en a fourni le titre: Pôle position .

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    Je l'ai réalisé en bleu et blanc,  utliisant des morceaux beaucoup plus petits que ceux dont on use généralement en crazy quilt ; cette fragementation pour moi symbolisait celle de la  glace. J'ajoute que  je déteste encoller  durcir et lifter les étoffes ce qui m'a valu bien des déboires, les jugeuses partout dans le monde fuyant   le "bulk" " le gonflement, jugé inesthétique  et moi j'aime que mes soies aient l'air de vivre , de respirer ... A moi toute seule, évidemment, j'ai conscience que je  ne pourrai pas imposer d'autres manières de considérer la chose, mais au moins je l'aurais tenté et j'aurais justifié ma propre  conception d'une esrhétique des étoffes assemblées.

    Donc refusé pour cause de "ça gondole"  même si j'avais expliqué mon dessein artistique (puisque c'était demandé) .Je montre un détail pour qu'on juge à quel point c'était mal fait !

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     Le curieux de la chose c'est que refusée pour cet ouvrage qui correspondait au thème, je vis mon Arleqin fou  (cf index des ouvrages )  que je n'avais pas présenté- sélectionné -parce qu'il était grand" me dit-on ..J'ajoute il  gondole  tout autant par endroits et pour les mêmes raisons mais celles des jurys me restent , à tout jamais impénétrables.

    Mon deuxième refusé ce fut plus tard lors d'une exposition d'ouvrages faits à partir des carrés brodés par des femmes afghanes . Il s'agissait de construire autour une oeuvre associant leur travail et le nôtre.Iil existe d'ailleurs toujours des projets humanitaires en ce sens . L'idée me semblait belle et j'ai participé   (ou voulu partciper) à la première exposition avec un ouvrage intitulé "le nichoir aux oiseauxé et qui associait tissus patchwork et broderies (dont certaines au point compté associant mes initiales à celles des brodeuses aghanes puisqu'il s'agissait d'unir deux formes d'inspiration en une surface unique ).

     Celui-ci aussi contenait un vice de forme  -il n'était pas équerré-  et surtout les tissus à fleufleurs dans une instance plutôt contemporaine ça ne passait pas ! .  Refusé car trop rustique  -sic. certainement les carrés d'origine, eux, ne l'étaient pas ! (on en voit un à droite, celui avec des zig zags grenat et rose)

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     Actuellement il orne les murs de la maison de ma fille qui elle l'aime bien et l'a adopté illico.

    Ensuite il   y eut l'aventure de l'ouvrage Réflexions , un quilt de proestation contre l'intitulé d'u concours à  Saintes Marues aux Mines en 2012 où le thème était en gros de faire du mixed media "pour échapper au carcan de la fibre" . La douceur du tissu comme "carcan" , ça n'a pas paru absurde  à personne . A moi si et j'explique ma démarche en détail ici

    Mon oeuvre était précisément une réflexion sur le statut des arts textiles,intégrant des surfaces réflécissantes (encore un jeu de mot,  les jurys semblent ne pas les aimer) , les textes de réflexion sur l'art textile étaient imprimés à l'envers , les techniques traditionnelles... ou moins étaient rejetées dans les encadrements pour signifier leur relégation hors contemporain.

     Je crains que ce  n 'ait été trop complexe pour être perçu ressenti et compris et je trouve tout de même dommage que cette idée d'une oeuvre changeant selon l'endroit où elle était exposée et reflétant éventuellement  les oeuvres des autres et les spectateurs, idée  qui ne me semble pas si courue, n'ait pas permis une sélection . Sans doute y avait-il encore quelques défauts techniques rhédibitoires, là je n'ai pas su les raisons du refus.

    . L'oeuvre peut être vue en salle des machines  :

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    Cet été j'ai décidé de présenter une oeuvre au concours de mini textiles contemporains d'Angers. Je viens d'apprendre qu'elle est refusée (sans trop de surprise  au vu des sélections précédentes ). Mais le thème  "mesure et demésure" m'amusait  j'ai eu envie de le traiter à ma manière.

    J'avoue que je suis curieuse de voir ce que de plus talentueux (ou plus chanceux) que moi ont réalisé sur le thème.

     L'idée pour moi était encore fondée sur un jeu de mots : le dé mesure (il est vrai intraduisible en anglais et le concours est international ). C'est de plus un text-île puisque le poème écrit au verso fait partie pour moi de ma démarche principale : associer les mots et les textes . Mais bon le concours est anonymé -un bon  point pour ses organisteurs-  et c'est pour cela que je l'ai fait.  Le dé et le mètre ajouts non textiles ont un rapport avec  la couture  le dé est autant une mesure que le mètre ; à dire vrai comme je n'étais nullement certaine que ça agrée (je connais un peu les "exigences" en matière de contemporain) je l'ai fait une fois de plus selon mes critères :

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    NB en juillet 2021 : on peut voir quelques-unes des oeuvres primées sur ce lien .

    Je ne considère pas ces refus comme des échecs. Les oeuvres existent  Je sais beaucoup des coulisses des sélections ayant eu  des membres de jurys dans mes relations ou des personnes qui sans décider ont vu comment ça se déroulait (surtout quand ce n'est pas anonymé !)

     Je ne suis ni aigrie, ni découragée .Je n'en veux pas aux sélectionneurs lorqu'ils sont qualifiés pour ce faire ((ce qui est le cas de ce dernier essai !)  Je sais juste que je ne fais pas de "contemporain" assez contemporain  et de traditionel assez normé bonne faiseuse pour plaire à un des deux courants de l'époque. Je fais du  "comme je l'entends" et j'ai bien l'intention de continuer.Pas la peine de me le dire.

     J'ajoute j'ai eu plus de quilts  et ouvrages retenus que refusés  (mais c'était avant le grand changement de "l'art textile plus contemporain que le contemporain"  des années 2000) , j'ai été créatrice  pour deux revues, j'ai exposé en galerie d'art à Paris en solo et récemment dans ma région avec un groupe d'amies (expositions sans concours) . J'ai pu montrer mes ouvrages ceux d'autres artistes aussi et expliquer la démarche en  salle des machines.Je n'ai pas de raisons d'être aigrie, je ne cherche pas à faire carrière je l'ai dit mille fois, ni à vendre du moins pour le moment et quand je le ferai ce sera au bénéfice d'une ou de plusieurs oeuvres s'occupant de causes qui  me sont chères,  mais je voulais  rédiger cet article car pour moi il ya souvent un manque de questionnnement dans les modes d'exclusions et de rejets. (ou d'acceptation, les critères restent flous, parfois infondés ou injustifiés et surtout très soumis aux modes et courants de pensée du temps, si bien qu'y glisser une démarche qui  propose un tout autre point de vue, hors des clivages acceptés,  est impossible)  .

     

     

     

     

     

  • dialogues textiles -livre d'art

    Ce livre s'inscrit dans mes études de motifs , ici l'idée a été de faire dialoguer deux tissus analogues et le fond sur lequel je les ai appliqués avec d'autres détails : boutons, broderies rubans ou appliqués repris des motifs un peu comme dans une conversation on s'appuie parfois sur les mots de l'interlocuteur pour répondre .

    Eloignement quand on digresse aussi  Chaque page peut donc se lire comme une recherche de signes qui rapprochent les deux étoffes et leur fond, l'une empruntant à l'autre et réciproquement . Emprunt de couleurs souvent , de formes insérées dans le décor   comme ici l'étoile en dentelles reprend le dessin du ruban ancien  et les rubans appliqués sur les bords le travail de bandes en échelles :

    Dialogues textiles jacqueline fischer 5Ou bien encore quand le motif du fond d'une étoffe,  dicte la broderie de la page d'en face , mais en empruntant les couleurs  au motif du centre (un très bel échantillon de soie des années 30)   qui lui-même  a fiurni d'autres motifs floraux ainsi que le galon à la jonction des deux  volets de la composition  ; la digression c'est la touche de vert, rajoutée .

    Dialogues textiles jacqueline fischer 3Certains motifs sont un clin d'oeil aux poncifs du patchwork, témoin cette variation sur le thème de l'hexagone , le tissu de fond lui invitait à explorer les rosaces (ce qui est repris en broderie et dans le motif des boutons)  :Dialogues textiles jacqueline fischer 1 Parfois le même tissu  se parle à lui-même (ne le faisons-nous pas ?) comme dans ces deux morceaux de très belle broderie blanche issus d'une coiffe très très abîmée dont j'ai récupéré tout ce qui pouvait être ainsi revalorisé . J'ai choisi de broder au fil floche de soie , les chardons directement sur la broderie, laissant l'orginal en regard :

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    Sur cette page (la première réalisée) j'ai mis en conversation deux fragments de tissus avec des roses. La noire est issue d'un chemisier que j'ai porté, la rouge sest une pièce "vntage" comme on di,t d'une très vieux foulard issu de l'époque où on utilisait encore la garance, la finesse du dessin m'a aussi séduite . Les lignes de fond du premier tissu sont repris sur l'autre page et un regard attentif vous permettra de saisir d'aurtres connivences  :

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    La page aux éléphants m'a parmis de relier deux restes de vieux foulards issus de la période où on s'habillait "indien" dans les seventies . Deux inerprétations pourtant différentes du même animal . Les deux pachydermes ont été par leurs créateurs respectifs  ornés de motifs qui m'ont guidée pour l'agencement de l'ensemble :

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    Le motif dit cachemire (paisley en anglais) est extrêment fréquent sur beaucoup d'étoffes j'ai sélectionné celui-ci encore un morceau de foulard qui m'a permis aussi de digresser sur les motifs complémentaires le quadrillage du fond  reproduit à plus grande échelle par l'application de petits échantillons de tissus des années 30 et en écho un tissu de fond où il est repris en ton sur ton ; l'échantillon marine est issu lui aussi de ma collection d'échantillons d'époque ici années 50  .

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    Pour la couverture j'ai longuement hésité  et retrouvé ce morceau tronqué d'un précieux ruban de Saint-Etienne  je l'ai complété par un appliqué libre en relief de fleurs taillées  dans de l'organza de soie. :

     

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     La visée principale reste de souligner ce  que les motifs sur les étoffes peuvent dire en mis en relation les uns avec les autres -ce que mes quilts font constamment depuis plus de 30 ans mais las dans  les quilts on ne veut voir que de jolies couvertures aux jolies couleurs et avec tant de travail  tout sauf celui d'a élaboration personnelle et signifiante et les livres textiles sont très à la mode ! -  et avec aussi les autres moyens d'expressions liéés au textile : boutons et broderies applications, motif sur les rubans . Et bien sûr les couleurs ! Mais les couleurs ne sont pas le propre des textiles et d'un travail d'artiste des tissus assemblés . Le reste, si !

    Autre  motivation  : celui de caser das un livre comme dans le keepsake (mais avec une visée différente) des petites pièces que j'aime à voir ainsi mses en valeur et vivre autrement que dans un "catalogue" ou un tiroir. Même si le livre lui-même va y passer l'essentiel de ses jours.

  • Les palettes d'une textilienne -les fils

      Le fil que j'évoquerai aussi c'est celui-ceux plutôt avec lesquels on brode, bien que ceux qui servent à assembler ne me soient pas indifférents .Et que coudre et broder puissent en bien des .... points se rejoindre, et qu'on puisse broder avec n'importe quel fil et même avec n'importe quel matériau en broderie   contemporaine ) . Je me bornerai pour cet article à ceux que j'utilise .

    Chez moi ils sont répartis en trois catégories  : les boîtes où ils sont rangés soit par couleur , soit par catégories,  comme pour les tissus, j'ai oscillé toute ma vie entre ces deux types de classement selon le type d'ouvrage que je faisais (tout en considérant que je n'en ai pas qu'un en route très loin de là !!) , les écheveaux de réserve , et les fouillis de bouts  que je stocke dans poche et trousses diverses . Je dis toujours que le meilleur moment pour moi c'est celui où je choisis mes fils, quitte à changer d'avis en cours de route .

     

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     J'ajouterai les poches et boîtes où je stocke les  fournitures nécessaires pour un ouvrage .Et que j'oublie parfois de ranger une fois l'ouvrage terminé.

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    Les fils c'est un monde bien spécial , c'est proche des tissus -et en même temps c'est très différent. Comme les tissus les regarder peut me mettre en route, mais j'ai moins souvent créé une broderie pour utiliser un fil que créé une surface d'assemblage pour utiliser un tissu . Deux langages différents :  assembler n'est pas déposer sur ...La broderie est plus proche pour moi d'une écriture voire parfois d'une calligraphie .Et bien sûr assemblage et broderie peuvent s'associer comme dans les crazy quilts notamment .

    Le fil est porteur de tant de symboles et celui dominant de la durée d'une vie . Tout le monde connaît les expressions "filer un mauvais coton" ou bien "sa vie ne tien qu'à un fil" , sans oublier "le fil des jours" .

    Jacqueline

    Mes premiers fils à broder  je les ai achetés avec les piécettes que ma mère m'abandonnait des commissions .  Il  y avait au village une mercerie tenue par Madame D , une femme brune d'humeur assez peu commode. J'aimais   l'odeur  de ce magasin  : poussière, cire et quelque chose de presque  sucré issu   des fils et tissus neufs (l' amidon  peut-être) . Le plancher grinçait . J'entrais là comme à l'église  et je demandais à la grande prêtresse  du lieu des fils à broder . Pour moi le fil à broder c'était le coton mouliné . Sur les revues féminines que ma mère lisait, on recommandait le brillanté d'Alger Cartier Bresson . Mais la mercière à chaque fois me demandait  : - Du coton floche? -Je ne  savais  pas ce  que c'était . Elle   ouvrait des tiroirs vers des fils ronds et indivisibles; je répondais invariablement  : " Non du  brillanté" . Presque un rite, ce dialogue d'ouverture. Et c'est là qu'elle ouvrait les boîtes à moulinés DMC. Je vivrai mille ans que je ressentirais toujours la même émotion comme devant des  objets très précieux pliés dans du papier de soie . Il y a dans les courbes de  ces écheveaux, leur abandon, la manière dont ils se serrent les uns contre les autres quelque chose pour moi de sensuel et de volupueux. Et bien sûr l'empire des couleurs, même si la commerçante ne disposait pas des 600 et quelque  nuances de la gamme.

     

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    Je faisais mon choix (souvent du vert et du rose ) parfois je proposais de venir aider à ranger et la mercière qui avait bon coeur sous des dehors rébarbatifs, m'abandonnait donc  parfois un écheveau ou deux . Vers mes dix ans j'avais un petite collection d'une  trentaine d'é'cheveaux, avec quelques couleurs favorites le vert  907 DMC  notamment (déjà le vert jaune de Jacqueline, celui que j'aimerais à glisser dans mes patchworks, pour dissoner un peu ).

    'J'ai brodé avec eux mes premiers napperons , je décalquais des motifs en noir et blanc, j'improvisais avec eux compositions et je choisissais mes points évitant ceux  qui me paraissaient hors de ma compétence. J'ai longtemps eu peur du le passé empiétant . Mais je me débrouillais bien avec feston et passé plat .  J'acquis un peu plus tard le savoir  broder de u magazine Femmes d'aujurd'hui , que j'ai toujours et qui fut mon principal professeur . De  ce temps lointain il ne me reste que  quelques broderies  et deux ou trois écheveaux perdus au milieu des autres . Telle cette broderie sur un drap :

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    De soie , en   revanche il n'y avait pas , à l'époque, dans ma campagne . Trop fragile, trop cher et plus trop usité puisque justement les cotons  avaient été créés pour les remplacer . La soie est entrée dans ma vie de brodeuse bien plus tard -il a fallu attendre Internet . Mes premières soies furent des Guterman pour boutonnières , et je les affectionne encore pour les broderies des crazy quilts , ce sont des fils perlés et bien ronds qui donnent relief aux coutures de surlignement.

    Ensuite j'ai découvert pas mal de sortes  et notamment les soies d'Alger que j'affectionne et utilise encore beaucoup . J'ai longtemps été cliente de  Victoria Clayton une américaine  qui teignait des fils et rubans de soie et mes boîtes contiennent encore beaucoup de fils issus de ces gammes. Hélas souvent les créatiuces artisanales disparaissent et le réassortiment est impossible- ce qui mène à mixer avec autres choses car,  comme ailleurs, j'aime le mélange et jouer avec épaisseurrs et textures comme dans ce pavot :

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    Et  justement le coton perlé je l'utilisais peu jusqu'en 2005 où je décidais de m'offrir la gamme complète des Ispe -nullement épuisée 15 ans plus tard . Et  eux c'était pour rendre mes images numériques en broderie  de "texture"  comme pour peindre mais d'un trait plus  épais  que les fines broderies fil à fil de ce  que les anglo saxonnes appellent silk shading et nous, peinture à l'aiguille  .C'est aussi plus rapide et moins fatigant pour les yeux, moins lisse surtout, même si j'aime  retrouver les soies  floches et ou retordues pour des fleurs un peu à l'ancienne comme dans ce panneau d'Archives du Nord:Archives du nord5 det jacqueline fischer

     

    Mes apprenttissages me firent constater pas mal de choses . A savoir que le même point n'a pas du tout la même apparence selon le fil utilisé , le nombre de brins , le tissu de dessous .Et que dans la même gamme certains coloris sont plus ternes que d'autres et moins couvrants . D'où cette habitude que j'ai prise de tester avant de me lancer dans un  projet  important (à mes yeux s'entend).,Et lorsque je travaillais pour des revues bien bien plus tard , systématiquement jusqu'à faire parfois x versions du motif avant de décider de la bonne !Ou bien parfois des pages d'essai comme celle-ci, consacrée aux différents aspects d'une forme en passé plat  sur toile de lin :

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    Je ferai une mention spéciale pari tous ces fils pour le retors à broder DMC destiné à la tapisserie à laiguille mais qu'on peut tout à fait utiliser à autre chose, liés pour moi au souvenir des cours de travail manuel où on nous faisait broder du gros point de croix sur grosse toile avec ce coton , je détestais !

    Au  début de mon mariage et de ma vie professionnelle qui coÏncidèrent (!) ,  je brodais encore et j'ai fait une première incursion dans la tapisserie à l'aiguille au demi-point  et au point de Hongrie , et j'ai redécouvert le retors . Et aujourd'hui du fait que j'ai hérité  du stock d'une amie je m'y suis remise avec plaisir , pourvu  que je crée la surface moi-même et j'adore faire des samplers de points avec ce fil  :

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    Il faudrait aussi faire une mention des fils métalliques (réputés diffciles à broder) . Non pas la vraie broderie d'or avec cannetille et jaseron -que je n'ai jamais pratiquée mais l'usage des fils  métalliques  auxquels on adjoint souvent des perles pour des broderies très précieuses. Gail Marsh dans so livre sur la broderie au XVIII° siècle note que les brodeuses aux fils et pierres précieuses étaient mieux rémunérées que les autres  .

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    Restent les laines à broder  sur toile ou tapisserie qui sont le domaine de la broderie dite crewel . J'en ai peu fait , mais j'ai découvert grâce  à une amie suédoise ces broderies venues des pays nordiques dont j'ai fait un coussin  pour la revue Broderie d'art .

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    Aux fils fabriqués pour brder s'ajoute tous ceux qui ont éé créés pour un autre usage et détournés, notamment les fils de laines fantaisies . Pour moi c'est le domaine du fil dit "couché c'est à dire fixé sur la toile de fond par des points . Ainsi est né ce "fertilité "

    Fertilite

     

     

     Le fil, et  c'est ce qui le rapproche du tissu -varie selon ses couleurs, la manière dont il est filé -je ne ferai pas un cours là dessus, mais quand on brode c'est comme pour les tissus il vaut mieux connaître un peu ce qu'on utilise , sa brillance , sa couvrance, sa tenue au lavage (si on  veut  laver ) .Fils points et support réunis constituent en eux-même un langage avec lequel une expression personnelle est tout à fait possible sans pour autant être virtuose de tout. Je ne le suis pas . Je regrette souvent , exactement comme pour les tissus, que la variété immense de fils "'classiques" dont nous disposons incite si peu à explorer ce qu'on pourrait bien dire de PERSONNEL avec cela. Ils nous donnent des touchers différents, des brillances , des reliefs -selon les points choisis et jouer avec tout cela est un art comme nn autre . On peut considérer que la virtuosité "reproductrice" de kits ou modèles en est un aussi puisque, las ,le souci de posséder une belle chose permet de montrrer son savoir-faire prime depuis toujours l'imagination ; le brodeur-et surtout la brodeuse!-  n'étant perçu  souvent que comme exécutant -comme si ce n'était rien déjà d'interpréter un dessin en points fils et couleurs ,qu'il soit de soi ou d'un autre .  Sauf à imiter une fois de plus les peintres , dans les sujets comme les matières  mais qui cherche avec ce que  les fils a  de "bien à  eux " qui précisément les distingue des "grands" arts et du mixed media , c'est exactement comme en patchwork : voué à l'incompréhension et la méprise engendrant le mépris inconscient ( art mineur, ce n'est pas du contemporain de plus qui sauverait la mise, , alors tout est dit!) . Sauf à y adjoindre des matériaux tendances  ou pris aux autres arts ; peinture, plastiques , tyvek, colles fils de fer bref faire du mixed media avec un peu de fil pour la caution textile . Que ce soit intéressant je n'en doute pas, que ça puisse donner des chefs d'oeuvre non plus. Juste que qui joue sur la variété du matériel habituel  est à peu près sûr d'être dévalué soit parce qu'on l'assimile illico à celles qui copient les modèles , soit parce qu'on l'assassinera d'u  "pfft joli décoratif " etc . Je sais les écueils et les blessures et je sais aussi ce  que je veux faire. Et je le fais .avec bonheur qu'on se rassure et si je souligne, une fois de plus les incompréhensions c'est toujours dans cet espoir de changer un peu les regards sur ces arts .

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    NB Si vous voulez tout savoir sur le brilanté, le mouliné et la soie  d'Alger, je vous envoie sur  l'excellent site Ouvrages de dames et sur le fin du  fin  matière d'utiliser les fils dans une technique parfaite sur celui de Mary Corbet .

  • Licornes et sortilèges

    PARUTION  :

     

     

    Licornes et sortileges nicole pessin jacqueline fischer garde

     

     

    Une deuxième aventure cette année d'oeuvre en duo .  J'admirais depuis longtemps les oeuvres graphiques de Nicole  Pessin que j'appelais, à part moi "l'enlumineresse" compromis entre enlumineuse et enchanteresse.  Ses   univers et l'harmonie entre les textes de "ses" poètes et les illustrations . Je possédais déjà quelques-unes de  ces merveilles .

    On peut visiter son site ici

     Aussi quand Nicole m'a demandé si j'acceoterais d'écrire sur ses images , c'était un peu comme un rêve qui se réalisait . Donc ce furent les licornes et leur aventure . Les textes se sont imposés à moi sans trop de peine, tant l'univers graphique m'était évocateur. Plutôt que d'écrire une histoire unique j'ai préféré une forme poétique  qui tend des fils au dessus des possibles  et laisse place à l'imaginaire du lecteur :

    Se dressant vers le ciel  et avançant vers  nous

    Le château invitait à des jeux

    dont les règles à jamais resteront inconnues

     Je ne sais si les textes sont réussis, il m'est interdit d'en juger mais  ce fut un réel plaisir ce travail à deux . Non ! :  à trois puisque Jean Paul Gavard -Perret a eu la gentillesse  de  préfacer l'ouvrage .:

    "Licornes et sortilèges"

    Poésie de Jacqueline Fischer agrémentée de 10 reproductions, aquarelles de Nicole Pessin.

    Préface de Jean-Paul Gavard-Perret
    Format : 21 cm x 15 cm.
    Achevé en mars 2020 pour le compte et le plaisir des éditions Varia poetica. Saint-Laurent-du-Pont (Isère)

    Livre d'artiste dont chaque exemplaire possède une couverture unique.

    On peut se le procurer sur le site de Nicole Pessin

    Licornes et sortileges nicole pessin jacqueline fischer c1

     

     

    Licornes et sortileges nicole pessin jacqueline fischer i 1

  • Faux semblants

    Faux semblants : de vrais -faux objets textiles. (article  publié sur le  site darts-up  récemment suppprimé )

     

    Au départ sont des ouvrages textiles parce que  c’est en matière de création ce que je nomme ma « valence » première .

    Ensuite, une photographie  souvent de détail de ces ouvrages textiles . Ces photos ont été prises soit pour illustrer mon livre Jeux d’étoffes, soit pour la parution en revue ou en album d’images.

    Ces clichés  ne se veulent pas photos d’art, mais généralement ils obéissent quand même à une esthétique de composition et à des impératifs de netteté.

    L’objet représenté est primordial pour l’étape suivante,  j’entends par là que sa qualité de réalisation influe aussi sur le résultat final. La disposition des points en broderie notamment, tous les choix de couleurs, textures, motifs et formes qui ont  présidé à la réalisation de l’objet « premier » sont importants. Si je le souligne c’est parce que cet objet premier dans un art premier (parfois au sens primitif du terme) va être très vite « oublié » et aura du mal à être perçu, lui, comme une oeuvre d’art.

    Sans cette filiation (sans jeu de mots !) aucune de ces images n’existerait comme telle . Ce travail manuel et réel préalable du fil et du tissu est pour moi fondamental, au sens propre du terme.

     

    J’ai eu l’idée de retravailler  ces clichés avec le filtre d’un logiciel de retouche de photos,

    Le travail numérique consiste à régler des paramètres et à faire des choix ,pour un détail donné il existe des centaines, voire des milliers de métamorphoses possibles .C’est à ranger techniquement dans la catégorie photo altérée.

    C’est comme une photo de quelque chose qui n’existe pas, mais qui pourrait exister.

     d’où le titre de faux-semblant.

    Images de nouveaux possibles  ou de nouveaux impossibles .

     Certaines semblent vraies c’est à dire qu’on pourrait faire croire qu’il s’agit de la photo d’un vrai objet existant vraiment  (et l’image en contient une part) et ce n’est que partiellement faux puisque le point de départ est réel -mais différent, D’autres s’éloignent davantage vers des effets graphiques où l’ouvrage de départ disparaît  quasiment. Les deux possibilités sont intéressantes. puisqu’on joue sur  l’écart entre la proximité et l’éloignement, entre réel et illusion comme avec les fonctions focales des filtres.

    Comme  à chaque fois dans un travail d’image numérique, existe l’ouverture vers ce qu’on pourrait en faire d’autre : il n’est pas interdit (et je l’envisage pour certaines) de les imprimer sur étoffe et de les réintégrer à un nouvel ouvrage qui mêlerait alors le faux semblant et le vrai textile et ainsi de suite., créant une composition potentiellement  en abyme.
    C’est aussi une réflexion sur le temps d’exécution d’une oeuvre qui ici réside dans la distorsion entre la lenteur du travail manuel de la brodeuse ou de la quilteuse, et la rapidité du travail numérique  peut-être même parfois entre une conception calculée, travaillée voire contrôlée et le jeu avec un certain heureux hasard.(même si le travail sur l’image numérique ne saurait être réduit à cela).

    C’est très différent de mes autres images  numériques où le plus souvent je crée tout à partir d’un écran blanc et des différents outils à ma disposition. de manière souvent beaucoup plus complexe. Ici je ne  cache pas que le travail numérique à proprement parler est basique .

     Ce sont des oeuvres de passage. Des  oeuvre hybrides, totalement entre deux arts qui n’ont guère de lien dans l’esprit des spectateurs éventuels . On peut même dire qu’elles ne s’adressent pas au même public, elles ne provoquent pas du tout les même réactions, les mêmes regards en milieu artistique.

     Hybride aussi en ce qu’elles relient un art ancestral, un matériau :  le tissu fondé dans sa structure sur le numérique,  et des techniques récentes sinon nouvelles.

    Passage entre le réel et le virtuel qui se voudrait aussi conciliation et réduction de l’exclusion que je persiste à trouver injuste des ouvrages faits selon les normes de l’artisanat d’art, entre la  « belle ouvrage » et l’absence de manipulation (c’est à dire au fond entre deux reniements des activités que  j’exerce : l’une étant parfois rejetée comme superficielle et purement décorative, et la seconde parce qu’elle céderait à la facilité du  « tout en deux clics .. ».

    C’est donc une  invitation, aussi, à regarder autrement. A interroger la notion de vrai et de faux, d’artificiel ou de factice. A réfléchir sur le rapport entre le temps mis à un ouvrage, le travail et la « valeur »., sur l’importance de la lenteur de l’élaboration et le plaisir quasi enfantin  de l’immédiateté .

    Travail d’illusionniste où la tricherie est honnête, le trucage avoué. Il ne s’agit pas de  « faire illusion. »

    .

    Jacqueline Fischer septembre 201

     

     


    (1) Voir les écrits et travaux de Patrice Hugues qui ont guidé mes réflexions.
     

     

     

    16 avril 20011 29 1

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  • Keepsake- livre de trésors

     

    Je voulais un livre textile  où conserver quelques souvenirs et trésors de ma collection  : dentelles boutons rubans pas forcément précieux, mais certains fort anciens(celui de la couverture est contemporain du Bonheur des Dames de Zola)  . J'en ai glissé pas mal dans mes crazys quilts mais je voulais une présentation différente où chaque morceau puisse mieux se distinguer que dans une surface où il est parfois un peu noyé dans le reste .

    M'est revenu en mémoire un livrelu dans mon enfance intitulé Keepsake des jeunes filles (éditions Gründ) . Ma soeur l'avait eu en prix et je l'ai lu des dizaines de fois dans mon enfance. Il comportait une cinquantaine de nouvelles ou d'extraits de récits très variés insolites parfois fatastiques (certaines m'effrayaient). J'y découvris aussi des auteurs de moi alors inconnus  :  André Maurois, Katherine Mansfield, Pearl Buck et pas mal d'autres dont certains ne sont pas passés à la postérité . J'ai  racheté ce livre il ya quelques années (et égaré depuis !) textes et ilustrations m'ouvrirent à des domaines moins familiers que les contes que je lisais alors ou les extraits de récits d'aventures des livres scolaires . Et à une grande variété, cette variété que j'aime tant dans mon art d'assemblage d'étoffes.

    Me voilà donc à bâtir chaque page comme on le fait pour ces recueils -souvent richement illustrés-  centrant sur deux, trois couleurs et  après assemblage par technique de l'appliqué ;  pas exactement du crazy où les embellissements font souvent disparaître les étoffes elles-mêmes sous une profusion de broderies , mais ce que  je nommerai "ajouts'  c'est à dire les boutons et les perles sont aussi des éléments à conserver et non mis là pour faire joli seulement .   Avec l'idée refeuilleter pour m'y promener ...exactement comme je  relirai avec plaisir le livrre quand j'aurai remis la main dessus . (c'est fait !)

    Un  plaisir aussi de composer chaque page , à ma façon . 

    Les broderies sont aussi juste   du 'liant" j'ai privilégié les rubans de soie , précieux eux aussi .Le livre comporte 16 pages , on peut en voir quelques-unes ci-dessous et j'espère que chacune saura vous livrer son histoire !

     

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