présentation ouvrages

  • Les rogatons

     Le patchwork est -mais pas seulement - un art d'accommoder les restes.

    Les restes d'étoffes qu'on ne veut pas perdre , soit par souci d'économie, soit pour le souvenir , soit pour leur intérêt historique, et même osons le mot artistique. Soit tout simplement parce qu'on les aime  ou qu'on quelque chose à dire avec ceux-là ainsi reliés assemblés. . Le  Dorica castra de l'article précédent , ou bien les tableaux de la série les Beaux restes (cf l'index)  en sont un bon exemple. Ou bien encore les séries : Petits accommodements avec la vie -ainsi appelés car plus appréciés que des élaborations plus...profondes  (sourire) ou les tableaux de la série "entre-deux".

    Même si les patchworks d'aujourd'hui sont plutôt faits de tissus neufs et souvent conçus pour un usage "pratique" . Lavables notamment .

    Et puis nous avons toutes dans nos tiroirs des restes de quilts commencés dans un grand élan d'enthousiasme et abandonnés parce que le "jus" pour le faire n'était plus là -il ne s'agit pas de suivre un modèle mais de mener à bien un projet qu'on crée - ou bien qu'on était dans une autre période d'inspiration (-pour moi, cause la plus fréquente) .

    Le merveilleux avec le patchwork c'est que ce n'est pas comme un pull inachevé (qui peut aussi finir, certes, en objet d'art textile ) ou une broderie abandonnée : on peut toujours en créer autre chose.

    Il existe des solutions pratiques simples : on fait un coussin, un set de table , une manique, un sac., des pochettes.

     Seulement ça fonctionne si on reste dans une optique pratique-décorative et objet d'usage (et pourquoi pas) .Quoique je sois persuadée qu'un objet d'usage, s'il est unique et bien de soi , puisse être aussi une oeuvre d'art expressive et personnelle(et ce pas seulement si signé d'un grand nom qui sanctifie le moindre carré d'étoffe touché!)  . Mais qui dit objet d'usage dit usure et donc disparition à plus ou moins brève échéance ou bien objet abîmé par lessives etc . On n'a pas toujours envie que cela le soit .

    On peut tout simplement rester dans l'optique tableau exprimant quelque chose, mais en diminuant juste la surface. On avait prévu un plaid, on se retrouve avec un petit panneau 4 blocs au lieu de 12 ... Mais pour certaines surfaces où il y avait un placement des couleurs et des valeurs bien particuliers, ce n'est pas possible  il faut,reconstruire autre chose, autrement .

    J'ai tendance pour ma part à partir sur des bases 1 mètre 50 sur 1 mètre 50 ... et à me retrouver avec trois à cinq blocs traînant comme ça en deshérence  pendant des années. Autre source, chez moi abondante , les blocs restant d'ouvrages finis, j'en couds toujours plus pour éliminer au moment de la construction finale .  Il faut vraiment s'habituer à les reconsidérer, les regarder autrement que l'idée qu'on avait de la surface initiale et ce n'est pas si facile .

    Un livre m'a aidée à considérer mes blocs d'un autre oeil c'est le livre de Mary Kerr intitulé  A quilt block challenge vintage revisited , un challenge entre artistes à qui on donne le même bloc le plus souvent trés  traditionnel , avec tous les droits sur le bloc y compris de le déconstruire  , de peindre ou écrire dessus .. Liberté totale.

    Les résultats sont assez époustouflants et c'est plein non de modèles à copier, mais de pistes à adapter  (ce que je préfère) .

      Ce peut d'ailleurs être une solution pour celles qui travaillent en groupes mais je suppose qu'elles ne m'ont pas attendu pour y songer toutes seules et si d'aventure une passant par ici  peut me faire part de sa propre expérience (je suis très intéressée par ce genre de "challenge" mais ..pour les autres )

    Il ya deux  ans j'ai donc commencé à vider mes innombrables sachets d'ouvrages en souffrance , et à les reconsidérer d'un oeil neuf en n'excluant aucune possibilité de la housse de coussins classique au tableau recomposé .

    Je pose au préalable que les modèles de départ quand ils sont montrés étaient les miens, pas ceux de revues. Pour moi la différence est capitale , même si on peut finalement se servir de cette façon de terminer les "leftovers" et autres UFOS de cette manière pour un ouvrage non créé .Justement : là on échappera au modèle, pour construire quelque chose de personnel .

    C'est ainsi qu'est née la série les Rogatons .

    Travaux d'impatience plutôt que de patience et volonté de construire même sur un échec .

    Pour le moment quatre ouvrages . Mais bien plus de prévus. Le premier est issu de l'abandon d'un quilt en médaillon .  L'abandon est venu pour diverses raisons : c'était long et assez monotone à faire ; les couleurs en harmonie arc-en ciel étaient très tendance et je me sentais trop "sous influence" pas assez dans mes propres harmonies . Enfin le bloc dit  noeud de l'amitié est difficile à monter -du moins pour moi . .

    J'ai donc sélectionné les trois blocs noeuds de l'amitié terminés et je les ai montés verticalement, rebrodés sur les bords en dissimulant les imperfections . Un matelassage main très simple et quelques boutons et voilà comment on a un petit panneau qui certes ne se veut pas la Joconde du patchwork, mais est regardable .

    les rogatons-1

     

    Le deuxième petit panneau est parti d'un reste de blocs d'un ouvrage intitulé Strelitzia , retracé à ma façon  début des années 90 d'après un quilt contemporain du festival de San Diego . Avec evidemment mes tissus , mes couleurs. L'abandon est venu du fait que justement je n'accrochais ni aux formes, ni aux couleurs . Là le plus gros travail a été de trouver le bon tissu de fond (ici un orangé faux uni), et en ce cas je conseille "d'auditionner" beaucoup de tissus différents . Et aussi de placer les blocs restants de manière équilibrée . J'ai choisi de pas matelasser pour moi il n'y a aucune obligation, ce n'est pas une couverture ! - J'aurais pu, pour lui donner un aspect très Modern quilt mais les modes et moi ...

     

    rogatons-2 1

     

    Le panneau 3 est issu d'un travail en courbes en chemin de l'ivrogne modifié , et là c'est de coudre des courbes qui m'a bloquée . Pas les couleurs une harmonie de bruns et de turquoise avec laquelle je me sens encore en accord, alors que ce quilt a été conçu au début des années 90 .J'ai redistribué les blocs à ma façon en incluant des tissus en harmonie , et une bordure beige et bleu avec un imprimé discret .

    les rogatons-3

     

    Le quatrième c'était un des projets conçus parès 98 quand j'ai acquis le logiciel quilt- pro , dans un grand élan d'enthousiasme , j'ai crée des dizaines de quilts  virtuels et parfois je faisais quelques blocs pour  voir ... ce quilt se nommait Galaxie titre qu'il a gardé et si j'aimais beaucoup le fond clair et les quarts de cercles de couleurs, je l'ai assez vite abandonné pour d'autres surfaces sans doute plus porteuses . J'avais acheté déjà un tissu destiné à sa bordure , que j'ai réutilisé pour le fond . Tel quel et en petites dimensions il me plaît bien :

    rogatons galaxie

    Au delà de l'idée de sauver un inachevé , de faire avec ce que d'aucunes nommeront "un petit objet sympa", je me suis aperçue que ce travail de reconsidérer une surface en tenant compte de sa propre évolution était une sorte d'exercice d'introspection textile . Pourquoi ai-je aimé ces formes-là à ce moment-là, mais pas assez pour aller au bout, pourquoi aujourd'hui certaines sont accord en harmonie avec ce que je suis,  d'autres non ? Comment soit respecter la vision de départ , soit  métamorphoser ? Voire totalement "défigurer" -ce que je n'ai pas encore tenté .

    Une autre solution sera peut-être de mixer pluseurs restes ouvrages dans un quilt dit d'orphelins plus "classique" si tant est que de tels ouvrages le soient. Il ya deux surfaces de la sorte en cours leur défaut c'est d'être d'assez grands formats et j'ai moins d'énergie que jadis pour mener à bien de tels projets .

  • Figures de style et textiles - Le dorica castra

    Il  y a quelque temps déjà, j'ai eu envie dans mon exploration des innombrables relations qu'il peut y avoir entre le texte et les textiles, -que je ne veux surtout pas borner à écrire ou broder sur du tissu, même si j'aime aussi à le faire - d'illustrer certaines figures de style, tropes ou éléments linguistiques en me posant cette question simple : comme  rendre cela dans le langage des tissus ?

    Pas toujours aisé -et je suis pas sûre d'y parvenir pour tout ce que j'envisage (mais l'idée pourra servir à d'autres !) .Il

    Nous avons tous fredonné au moins une fois la comptine chansonnette trois petits  chats chats chats -chapeau de paille etc ......En termes savants cela s'appelle un dorica castra , qui est une forme d'une figurede style  dite  anadiplose (source Wikipidia) .

     Dorica castra désigne en latin un camp militaire dorique mais le rapport avec notre histoire c'est que le la fin du mot dorica est le début du mot castra ; comme chat -chapeau de paille . L'anadiplose elle reprend le mot entier (ce qui est parfois aussi le cas dans la chanson citée)

     La partie la plus connue est marabout bout de ficelle- selle de cheval -cheval de course etc.

    Avec des à peu-près ,donc,  on le constate (que j'ai respecté dans le choix des tissus, disparates s'il en fut ! )
     

     Dans un de mes innombrables brassages-classement d'étoffes, j'ai mis de côté les petits bouts de  ce que  je nomme "mes plus aimés" , soit parce que  dessins et couleurs me plaisent particulièrement, sans explication rationnelle, comme ça, soit parce que  j'en ai très peu qui me reste (et que je les aime !) soit parce qu'ils me viennent d'un ou d'une amie .

     S'est greffée une deuxième envie, à la lecture de livres sur des objets textiles dits "de mémoire", celle de faire une sorte de déroulement cousu de la manière la plus simple qui soit ; à points avant sur une bande de fond .Recto verso donc réversible .

    Fini ça donne cela :

    Dorica castra derulement 1et de l'autre côté :

    Dorica castra deroulement 2

    Le rapport avec la chansonnette ?

    Eh bien, mais là c'était tout simple : chaque zone de tissu comporte  une couleur  qui sera reprise dans la zone suivante . On part avec des tissus vert et orange (ou dont  un au moins   contient un élément orange) et la znoe suivante est orange avec un élément appelant la couleur suivante. Et ainsi de suite . Sur l' image suivante c'est d'autres couleurs, mais le principe, simplissime est le même

    Dorica castra detail 1

    Ensuite j'ai finalisé par une bande noire et imprimée de multicolore  et j'ai replié sous forme de livret fermé par bride et bouton -un de mes "plus aimés" aussi. la couverrure commence avec un tissu de cravate à motif de petits chats comme il se doit (il y en a plus de trois mais c 'est qu'il y en a au moins trois!) .

     .

    Dorica castra ou anadiplose 1 jacqueline fischer

    Au passage je signale c'est très ludique retativement vite fait et quand on a fini comme dans la chanson on n'a plus qu'une envie : recommencer un autre. On peut aussi si on se veut dans la performance faire le plus long dorica castra textile du monde (c'est pas mon truc , mais pour celles et ceux que ça tenterait ...) ou bien faire un collectif qui reprendrait la bande où la précédente l'a laissée.

    Et si on aime les objets utiles on peut faire une écharpe tout bêtement . Voyez : je ne suis pas qu'une intello qui aime les "grands mots " et le latin et se la pète avec ça (sourire).  Ci -dessous, l'envers de l'objet replié .

    Dorica castra ferme

     

  • Série faux semblants

    La série faux semblants est venue d'une idée simple expliquée  sur le site d'art-up galerie en ligne , du temps de son fonctionnement 

    Je reproduis le texte qui expliquet la démarche :

    Faux semblants : de vrais -faux objets textiles.

    Au départ sont des ouvrages textiles parce que  c’est en matière de création ce que je nomme ma « valence » première .
    Ensuite, une photographie  souvent de détail de ces ouvrages textiles . Ces photos ont été prises soit pour illustrer mon livre Jeux d’étoffes, soit pour la parution en revue ou en album d’images.
    Ces clichés  ne se veulent pas photos d’art, mais généralement ils obéissent quand même à une esthétique de composition et à des impératifs de netteté.
    L’objet représenté est primordial pour l’étape suivante,  j’entends par là que sa qualité de réalisation influe aussi sur le résultat final. La disposition des points en broderie notamment, tous les choix de couleurs, textures, motifs et formes qui ont  présidé à la réalisation de l’objet « premier » sont importants. Si je le souligne c’est parce que cet objet premier dans un art premier (parfois au sens primitif du terme) va être très vite « oublié » et aura du mal à être perçu, lui, comme une oeuvre d’art.
    Sans cette filiation (sans jeu de mots !) aucune de ces images n’existerait comme telle. Ce travail manuel et réel préalable du fil et du tissu est pour moi fondamental, au sens propre du terme.

    J’ai eu l’idée de retravailler  ces clichés avec le filtre d’un logiciel de retouche de photos,
    Le travail numérique consiste à régler des paramètres et à faire des choix , pour un détail donné il existe des centaines, voire des milliers de métamorphoses possibles. C’est à ranger techniquement dans la catégorie photo altérée.
    C’est comme une photo de quelque chose qui n’existe pas, mais qui pourrait exister.
     D'où le titre de faux-semblant.
    Images de nouveaux possibles  ou de nouveaux impossibles .
     Certaines semblent vraies c’est à dire qu’on pourrait faire croire qu’il s’agit de la photo d’un vrai objet existant vraiment  (et l’image en contient une part) et ce n’est que partiellement faux puisque le point de départ est réel -mais différent, D’autres s’éloignent davantage vers des effets graphiques où l’ouvrage de départ disparaît  quasiment. Les deux possibilités sont intéressantes. puisqu’on joue sur  l’écart entre la proximité et l’éloignement, entre réel et illusion comme avec les fonctions focales des filtres.
    Comme  à chaque fois dans un travail d’image numérique, existe l’ouverture vers ce qu’on pourrait en faire d’autre. Il n’est pas interdit (et je l’envisage pour certaines) de les imprimer sur étoffe et de les réintégrer à un nouvel ouvrage qui mêlerait alors le faux-semblant et le vrai textile et ainsi de suite, créant une composition potentiellement  en abyme.
    C’est aussi une réflexion sur le temps d’exécution d’une oeuvre. Il existe en effet une distorsion entre la lenteur du travail manuel de la brodeuse ou de la quilteuse , et la rapidité du travail numérique, écart que l'on retrouve aussi entre une conception calculée,  travaillée voire contrôlée et le jeu avec un certain heureux hasard.(même si le travail sur l’image numérique ne saurait être réduit à cela).
    C’est très différent de mes autres images  numériques où le plus souvent je crée tout à partir d’un écran blanc et des différents outils à ma disposition. de manière souvent beaucoup plus complexe. Ici je ne  cache pas que le travail numérique à proprement parler est basique .
     Ce sont des oeuvres de passage. Des  oeuvres totalement hybrides entre deux arts qui n’ont guère de lien dans l’esprit des spectateurs éventuels. On peut même dire qu’elles ne s’adressent pas au même public, elles ne provoquent pas du tout les même réactions, les mêmes regards en milieu artistique.
     Hybrides aussi en ce qu’elles relient un art ancestral, un matériau des plus anciens :  le tissu fondé dans sa structure sur le numérique,  et des techniques récentes sinon nouvelles.
    Passage entre le réel et le virtuel qui se voudrait aussi conciliation , et réduction de l’exclusion que je persiste à trouver injuste des ouvrages faits selon les normes de l’artisanat d’art , entre la  « belle ouvrage » et l’absence de manipulation (c’est à dire au fond entre deux reniements des activités que  j’exerce : l’une étant parfois rejetée comme superficielle et purement décorative, et la seconde parce qu’elle céderait à la facilité du  « tout en deux clics .. ».)
    C’est donc une  invitation, aussi, à regarder autrement .A interroger la notion de vrai et de faux, d’artificiel ou de factice. A réfléchir sur le rapport entre le temps mis à un ouvrage, le travail et la « valeur »., sur l’importance de la lenteur de l’élaboration et le plaisir quasi enfantin  de l’immédiateté .
    Travail d’illusionniste où la tricherie est honnête, le trucage avoué. Il ne s’agit pas de  « faire illusion. »

    A l'heure qu'il est et quelque huit ans plus tard le impressions sur tissu n'étant pas satisfaisantes, j'ai donc laissé cette série à l'état virtuel sur écran, comme les autres elle peut être complétée à l'infini.


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  • Série Triangulations

     Comme l'index de mes oeuvres et ouvrages  montre mon travail  de façon alphabétique , ce qui en accentue le côté on va dire "éclectique" (il faut bien de temps à autre être indulgent envers soi-même !) , j'ai décidé de présenter ici soit des oeuvres qui peuvent se regrouper par thèmes , soit des séries , soit des regroupements par techniques

     

    Triangulations , c'est une idée qui m'est venue à partir d'images numériques personnelles (il y a donc tout un travail préalable de composition de ladite image qui n'est pas une photographie altérée ) à laquelle j'ai appliqué un effet de triangles (qui se règle lui aussi ! rien n'est automatique, ce n'est pas fait en deux clics.) Et précisément, il me fallait obtenir un équilibre entre la géométrie et le dessin  abstrait au centre de la composition .

     Ensuite certaines images m'ont semblé adaptables en art textile et numérique donc , moyen pour moi d'utiliser des échantillons assez épais puisque j'ai travaillé sur un fond. Le plus grand plaisir c'est toujours de choisir les étoffes pour "dire" .

    Le plus difficile fut d'obtenir une impression corecte et à échelle de l'image numérique, j'ai dû passer par le scanner après impression sur papier et "bidouillé" pas mal pour arriver à un résultat qui me satisfasse.

    J'aimais bien cette alliance entre le côté structuré dépouillé des triangles et celui plus évasif des impressions sur soie du centre et l'ide  de maruer eux arts si éloignés dans l'esprit du public : mon cher patchwork rangé côté couvertures, tradition, ouvrages de dame  et les images numériques (qui restent mal connues), deux arts donc sur lesquels au fond  le public non spécialitse   ne sait pas grand chose côté culture générale partageable .

    Le tout a été placé sous un tulle  fixé par un point machine large et serré, j'ai rajouté parfois des détails en tissu plié ou broderies main pour rendre tel ou tel aspect .

    La série comporte 10  tableaux format  A4 la plupart sont dans les tiroirs ou exposés en salle des machines.

    Petits formats donc mais grand plaisir . Il est évident que  je pourrais en faire des centaines d'autres sur ce principe, exploiter le "filon" mais je suis ainsi faite que je préfère découvrir d'autres voies- il en est tant ! .Quand l'envie disparaît, je m'arrête et je passe à autre chose !

    Voir les tableaux sur la page suivante.

     

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  • tapisserie à l'aiguille : sampler et métrique

    La tapisserie à l'aiguille m'intéresse de plus en plus.

     Il existe diverses raisons à cela . J'ai fait comme  beaucoup de femmes de ma génération du canevas et même un alphabet en rouge sur un canevas, à l'école primaire (sans beaucoup d'enthousiasme).

     Ensuite cette tapisserie était assez en vogue dans les années 70 où plusieurs amis (il y avait un homme inclus!) brodaient de grandes réalisations pré -imprimées style Lurçat ou encore scènes de genre dans la tradition des tapisseries dites de Berlin. Au demi-point quasi exclusivement.

    ça ne me tentait guère,  comme tout ce qui est remplissage "automatique"de quelque chose que je n'ai ni voulu, ni imaginé  mais  j'ai réalisé sur cartons dessinés par d'autres (une amie et mon mari) deux canevas au demi-point , l'un en laine et l'autre au coton retors. Ils sont encore quelque part, dans la maison 

    Le coton retors , c'est pour moi tout un souvenir de lycée. C'était le seul fil qu'on nous donnait pour broder sur de la grosse toile de jute pour des raisons d'économies et  comme je détestais le professeur (qui nous terrorisait !) , j'ai fait une sorte de fixation négative sur ce malheureux fil.

    Une amie me donna quelques écheveaux et je m'en servis ça et là , en fils à coucher notamment en bords d'appliqué -il est impeccable pour cet usage, notre coton retors.

      Puis l'an dernier, une autre amie -qui se reconnaîtra!- me propose de m'envoyer un gros stock de ce retors à broder et comme j'avais plusieurs   tentatives de samplers , à des stades divers d'achèvement (ou d'inachèvement , plutôt!) je me dis que c'est sans doute une occasion  de m'y remettre !

    Mais me voilà  au lieu de les terminer, selon ma mauvaise habitude, à en mettre un nouveau en route. Entre temps j'avais découvert comme raconté précédemment  les points dits fantaisie . Lesquels sont illimités : on peut combiner des points droits par exemple différemment et je compte bien explorer en ce sens .

     

     

    67070561 10214785374374424 3325658589644718080 n

    ces petits carrés délimités (j'aime aussi les samplers irréguliers improvisés , j'en ai un en gestation !)  m'évoquent à la fois les jardins à la française mais surtout le rythme et l'orientation des points qui rappellent le tissage, me semble lié à la métrique, et la mesure du vers ou de la phrase , élément de prosodie  aussi points longs points courts comme les voyelles en poésie.

    Quelque chose de très formel contre laquelle  mon âme rêveuse et fantaisiste  se révolte parfois un peu mais qui étrangement l'attire dans le même temps, et si j'y réfléchis un quilt géométrique demande un peu cette rigueur mais lui parle aussi par les impressions sur les étoffes ... à cet égard .

    J'ai donc ouvert cette série dite "métrique ".. certes exercices d'entraînement mais également ouvertures vers d'autres "possibles" Et il demeure le jeu des couleurs , l'équilibre des lignes (je choisis les points partie par envie (et si j'essayais celui-là), partie en fonction de l'effet final .et par derrière, je l'espère quelque chose qui se dit .

    J'ai écrit ailleurs que, si on ne  reproduit pas intégralement un modèle,  un sampler personnel c'est  une création et une mini-aventure . Certains en points comptés sur toiles qui nous ont été transmis sont de purs chefs d'oeuvre. Cela se compose , s'harmonise , là encore sur différences et ressemblances . Du fil qui cherche à ressembler à du tissu.

    Les boutons  c'est pour le plaisir , parce que je les aime et qu'ils se trouvent bien là, à mon avis . plaisir aussi de trouver pour la bordure et doublure juste l'étoffe qui se mariera avec le tout (pas si facile, si on exclut l'uni ).

     

    67456782 10214785374734433 4797585190979371008 o 1Un deuxième est presque achevé, depuis le début de la rédaction de cet article . Histoire à suivre, donc ...

  • Touches : le livre

    Touches, c'est d'abord un objet textes-textiles qu'on peut voir ici

    et à la salle des machines, si on passe  par là !

     C'est aussi un livre que j'avais d'abord prévu artisanal , mais j'ai dû y renoncer car les photos des tissus n'étaient pas de bonne qualité avec ma petite imprimante domestique.

     Donc j'ai opté pour une impression professionnelle .

     

    67123192 10214812458011498 7291561146580992000 n

     

    Si on désire se le procurer m'écrire sur chiffondart@aol.com ou via Facebook pour ceux qui sont inscrits sur ma messagerie personnelle..

    On peut lire aussi  cette chronique .

     

     

     

     

     

     

     

  • Les crazy quilts

    J'ai découvert ce qu'on nomme crazy quilt dans les années 80 , grâce à un article de la revue Cent idées rédigé, par l'artiste Cosabeth Parriaud, artiste renommée dans notre "corporation".

     NB Pour les termes techniques je renvoie à l'article Questions de vocabulaire 2

    Pour le profane je rappelle qu'on désigne ainsi les quilts , constitués de pièces très irrégulières. Enfin en principe ! Car on trouve aussi des "blocs" ces carrés fondés sur des géométries régulières notamment éventails et roues , et d'autres formes : le point commun coutures  rebrodées et les embellissements divers . A noter qu'en France on a toute une tradition ignorée  de patchworks faits de pièces irrégulières, souvent brodés de manière différente, on peut en voir dans le livre de MIchel Perrier Mosaïques d'étoffes.

      Pour l'origine , on trouve deux théories : certains en font remonter les débuts à l'exposition de Philadelphie en 1876 où furent exposés des vases japonais craquelés; cela  aurait donné idée de faire pareil en tissus dans un pays où l'art du quilt s'est implanté mieux que chez nous. Pourtant il existe des surfaces en pièces irrégulières antérieures -et ailleurs qu'aux USA- et d'autres historiens du quilt pensent que c'est le nom qui date de cette exposition et non la pratique vu que des crazy quilts tout à fait "victoriens" ont été créés des décennies avant cette exposition . Les québécoises  les appellent "pointes folles". Il ya ces deux valences souvent retrouvées dans cet art du patchwork : soit l'économie qui conduit à utiliser les pièces dans leur forme récupérée, soit la richesse et la somptuosité qui conduit à choisir des étoffes, et à broder abondamment de fils et rubans de soie .Avec un mélange des deux :   on peut utiliser les dits tissus précieux en les découpant à sa guise ou en les gardant tels quels pour ne rien en perdre , retrouvant par là un désir d'éviter tout gaspillage.

    Il  y a aussi des couvertures de pièces irrégulières sans broderies, des abstractions  dont les bords  seulement sont rebrodés, mais les crazys quilts  évoquent souvent les tissus luxueux de l'époque dite victorienne  : soies velours, dentelles où l'embellissement : broderies  notamment est primordial et d'une absolue fantaisie et variété : peintures, photos, images tissées (venues des bagues de cigare jadis) appliquées, pompons , franges, boutons , boucles de ceintures, objets trouvés,  restes de bijoux ,extraits de poèmes, de prières,rébus brodés, monogrammes . On  peut trouver de tout et un crazy révèle beaucoup de la personnalité et de la biographie de qui l'a  créé. Car s'il a existé assez vite des "patrons" on trouve aussi beaucoup de surfaces élaborées librement avec la fantaisie des chutes.

    Assimilés aux crazy quilts, des quilts à motifs réguliers (souvent mêlés à des fragments eux, irréguliers) : notamment les éventails, les roues, les étoiles , certains kaléidoscopes , sont ornés à la manière des crazys  et usant des mêmes matéraux ; ils leur sont donc assimilés ainsi que les très classiques cubes (baby blocks) et log cabin en soie .

    Adoré des unes , il est parfois détesté des autres.  Moi,  j'aime tout ce qui permet de s'exprimer de manière différente, avec des tissus assemblés.

     Je les trouve fascinants . Ils se ressemblent et pourtant chacune a sa façon de s'exprimer avec tout  cet  attirail de tissus, de formes, de points, d'embellissements. Par  sa liberté , il a permis à beaucoup d'entre nous d'aller vers ce qu'on nomme (improprement à mon gré!) art quilts (pour moi la géométrie régulière est tout autant une expressio artistique, mais différement ).

    Je possède une bonne douzaine de livres sur le sujet   et chaque artiste a sa manière -ou ses manières- d'aborder ce genre 'quiltique" . L'une donnera la priorité aux formes, l'autre aux étoffes, une autre encore aux embellissements -jusqu'à la surcharge, parfois -     amoureux du minimalisme s'abstenir même si on peut trouver des crazys quilts très  dépouillés -aussi-
     

    J'avais déjà fait , dans le début des années 90, quelques ouvrages en coton et en géométrie et séduite par la beauté des étoffes et surtout la présence de la broderie -j'ajouterai la possibilité de pouvoir user de tous les tissus même ceux qui s'assemblent mal ,de trouvailles diverses  ) m'a séduite .

    J'avais  alors très peu de tissus précieux et   j'ai rassemblé ce qui restait encore dans la maison d'enfance (pas grand chose au vu que mes parents avaient eu leur maison pillée lors de l'évacuation ) . J'ai quémandé autour de moi  et  amis et connaissances m'ont donné mes premiers trésors . 

     C'est avec cette base textile que j'ai d'abord fait un coussin pour un ami et devant son enthousiasme, je me suis lancée"  dans un projet plus vaste l'Arlequin fou . Mais déjà à ma façon. Je n'aimais pas trop dans les crazys anciens la forme basique des  carrés sauf disposés sur la pointe  et j'ai toujours eu des affintés avec le losange  que je trouve plus élégant. J'ai commencé en 1991 , et je travaillais surtout aux vacances d'été deux blocs par ci trois par là.) Je me suis rendu compte que broder demandait beaucoup plus d'énergie que coudre ... J'achevais en 2001  et ce crazy me fut demandé pour la deuxième exposition du festival de la Bourboule .  Le plan fut refait deux fois je voulais un dégradé de couleurs, des blocs monochromes, bichromes et trichromes pour passer d'une zone de couleurs à une autre, le but était de mettre en vedette les très belles dentelles blanches que j'avais récupérées  au centre .  Ce quit comporte toutes sortes d'étoffes toutes de récupération pas un seul tissu "américain" spécial pour patchwork   dedans , des jerseys , des lainages ... des lamés or et j'adorais cette possibilité de tout mixer (je l'adore toujours) . En revanche je n'ai pas surchargé de broderies et d'ornements ,  je ne voulais pas noyer l'effet d'ensemble sous des fioritures et les détails sont souvent selon la tradition des crazys anciens des alllusions à ma vie d'alors et celle de mes proches. Les crazys c'est la partie la plus poétique et la plus autobiographique de mon expérience textile multiforme .La plus secrète aussi, malgré leur exubérance.

     C'est un grand ouvrage et un travail conséquent , monté et brodé à la main . Je dis toujours que je veux mourir dessous !

    Arlequin fou2 red jacqueline fischer art textile

    Pour  la même exposition de La Bourboule j'ai bâti sur le thème Continents un Pôle Position qui fut refusé pour vice de forme. Je laisse à juger s'il était si vicieux que cela :-)

    Pole position detail jacqueline fischer crazy quilt

    pôle position-2002 détail

    Puis j'illustrai Peau d'âne dans une liaison texte-textiles et la grue blanche légendes japonaise qu'on peut voir dans l'article sur les livres en tissus.

    Puis un peu plus tard et sur commande de la revue  pour laquelle je travaillais ce quit de cérémonie intitulé Célébration : (et je retrouvais le bleu et blanc)

    Celebration art textile jacqueline fischer red 3

    Puis un peu plus tard, toujours pour la même revue , cette étoile des neiges comme quilt de Noël :

    étoile des neiges photo sup4.jpg

    En 2011 je participais à une exposition avec tissus imposés : rouenneries et  drap d'elboeuf avec ce Rébus ou l'heureux mariage . le qult contient deux rébus  et le titre s'explique par la présence de tissus représentant un mariage villageois (et aussi par jeu de mots car assembler des étoffes si différentes d'épaisseur et de style n'est pas si aisé !) :

    rebus-4.jpg

    Puis ce fut l'aventure du quilt Parfum D'enfance  dont l'histoire est racontée ici

    pict1956.jpg

    Mon dernier crazy quilt (si j'excepte les en-cours!)  c'est Flamenco qui me prit quelques années avec moult abandons ...et reprises   :

    Flamenco crazy quiltred

    :

    Mais on peut ajouter quelques quilts précieux comme cet Avenir radieux  qui peut ête classé là vu que les tissus sont précieux soies et velours) et les coutures et centres rebrodés ):Uun avenir radieux red det jcqueline fischer art textile

     

    ou ce crazy rose salon , intégré à la série over-rose très peu brodé , mais en soies et velours :

    Crazy rose saloon jacquelie fischer 1jpg

    A noter que la crazy rose -rose en crazy- est le nom donné parfois au log cabin décentré , ce carré constitué de bandes tournant autour d'une forme  régulière -pour le log cabin classique- ou irrégulière pour la crazy rose.

  • Des fleurs et des jardins

    J'ai coutume de dire avec un brin de provocation qu'il y a -au moins- deux choses qui m'ont empêchée d'être une artiste  textile "contemporaine", du moins telles qu'on les définit et les apprécie actuellement  : mon amour des géométries en blocs (carrés ) que je me refuse à appeler "traditionnelles" et des fleurs. Je pourrais y ajouter mon amour des couleurs ...et des surfaces en bas-relief.
    De la géométrie j'ai déjà parlé. Du relief aussi.


    Donc allons voir sous  les roses ...puisque régulièrement si on prétend à autre chose qu'à l'exercice d'un aimable loisir, ou d'une activité juste "pour se faire plaisir"-pour moi c'est tout autre chose !- , on vous y envoie ! 

    L obosol te over rose 2013 jacqueline fischer

    L'obsolète série overose

    L'histoire de l'art nous apprend qu'à certaines époques c'était en bas de l'échelle de l'art- en  peinture, le portrait tenant le haut du pavé ... mais elle nous apprend aussi que les jardiniers du roi plantaient des fleurs comme motifs pour les peintres en velins et les brodeurs, arts associés. A l'époque le décoratif était aussi lié à ceux qui avaient les moyens de se l'offrir donc nullement dévalorisé.  Corollaire de la science par la botanique et des  découvertes par l'importation d'espèces exotiques à "acclimater". Un palais oui, un château à la rigueur - ça magnifie ce qui y est inclus, mais certes pas une maison.

      Rien de féminin pourtant  dans l'habillement : Il suffit de regarder un pourpoint du XVIII° siècle  pour s'en rendre compte . C'est l'apogée d'une broderie d'or de soies et pierres précieuses .Et on ne me fera jamais croire que les aristocrates qui les arboraient étaient tous effeminés.

    On peut par exemple voir ici ce qu'il en est

    En broderie  donc la fleur est de loin le motif de prédilection et ce depuis qu'on a des motifs conservés largement devant tout le reste. Partout et à toutes les époques -avec parfois une concurrence ou une association avec les motifs stylisés- il existe peu de livres qui recensent les motifs de fleurs brodées au cours des âges , mais je pourrais citer  ceux de  Claude Fauque, ceux de Gail  Marsh et ceux de Thomasina Beck. Ils nous apprennent énormément aussi sur la vie des hommes leur histoire, et par derrière eux tous les codes, les symboles que les fleurs recélaient.

     "Les fleurs c'est joli ... les fleurs c'est banal ..." Et en art textile plus encore qu'ailleurs, même si l'histoire de l'art nous apprend que les peintres de fleurs n'ont pas toujours été prisés.

     " Les fleurs c'est juste décoratif, les fleurs c'est le féminin  donc ça manque de force" (ceux qui  affirment cela  n'ont pas lu le beau texte de Colette sur la glycine dans les Vrilles de la vigne). C'est ce qu'on me dit. Naturellement pas si c'est Gauguin  ou Van Gogh qui peignent des tournesols  ....Ou si c'est un grand brodeur qui brode sur des robes Haute- Couture pour un grand couturier.  Mais cela alors, qu'en dire ? :

     

     

    Detail3

    Motif floral sur écharpe de soie créé pour la revue Broderie d'art.

    Donc si on est femme et qu'on veut  créer  des oeuvres fortes,  éviter les fleurs. Même les ronces. L'arbre à la rigueur si on tient  faire dans le végétal. Un arbre ça se dresse , ça s'érige. Une fleur ça s'étale, c'est mou , c'est joli, c'est tendre , c'est délicat donc c'est cucul la praline.  Naïve donc insignifiante.  Malgré tous les symbolismes qu'elle a toujours contenus ! Qui veut réduire amenuise, déprécie, classe en sous-genres. Délicatesse et grâce sont-elles manque de force ? Au sens de puissance d'évocation, pas  sûr ! Juste que prêts à penser, snobismes, militantismes mal conduits, adhésion aux modes du siècle brouillent une lecture claire de ces symboles floraux où on ne voit  trop souvent que  niaiserie, esprit simplet etc .

    Même si une fleur ça exhibe son sexe souvent  double , sans vergogne, à tous vents et aux ardeurs de  ce qui nous reste de pollinisteurs, il n'est pas de bon ton de le souligner. Et que les fêtes des Floralia à Rome étaient très loin d'être  soft !

    Mais étrange, des fleurs  on ne se  lasse pas. Dans les vrais jardins surtout  :-) où les jardiniers et les paysagistes, chance pour nous, ont encore le droit de les utiliser sans qu'on les taxe (trop)  de banalité. Si un jardin a pouvoir de nous faire rêver une oeuvre textile florale tout autant .

     

    Prenons les fleurs brodées sur les napperons. Très à la mode dans les années 50-60 on pouvait les réaliser en simples exécutrices : on achetait le dessin pré-imprimé les fils et les points  les couleurs étaient choisies par la créatrice (avec parfois un échantillon réalisé ). On ne pouvait être louée alors que pour une exécution parfaite .Et,  de nos jours je sais  nombre de brodeuses  qui aiment à reproduire des  kits ou des modèles en vogue (la peinture à l'aiguille et la broderie d'or sont des moyens de montrer à cet égard son expertise -)

    Les magazines féminins donnaient aussi des dessins en noir et blanc  et c'est avec eux que j'aime encore travailler (je peux dessiner des fleurs par moi-même je l'ai fait , mais quand je veux créer juste par  le travail du brodeur  ce sont  ces motifs que j'utilise et tout comme les géométries empruntées  du patchwork l'art ne se situe pas dans ces dessins souvent conventionnels mais dans l'utilisation qu'on peut en faire .

      Ainsi dans le livre textile Lucette et Jacqueline (s)  où ma  visée  était d'honorer la mémoire de deux couturières brodeuses -mes aînées-  et où les motifs naïfs ont été choisis en fonction de  la tonalité et du thème  de la page. Je n'ai emprunté que les traits, le travail de création en broderiee : choix des points, de couleurs placement dans une composition est de moi et c'est réellement une recherche personnelle  . Si je tiens à le souligner , c'est que cet art-là est gommé ! Même si ici je suis restée volontairement dans la  convention du bouquet tricolore bleuet-coquelicot-marguerite. Je signalerai au passage qu'un sujet banal choisi avec une visée spéciale, c'est une démarche pas une banalité involontaire parce qu'on ne sait pas imaginer autre chose !  Je sais imaginer autre chose (cf la botanique alternative sur ce site)

     

    Lucette et jacqueline la page des pattes jacqueline fischer

    Livre Lucette et Jacqueline(s) La page des pattes.

     

    En patchwork , le problème est ressemblant et différent. Les petits motifs fleuris sont fréquents dans les quilts anciens , et on peut même dater d'après leur graphisme, l'historienne et quilteuse Barbara Brackmann a publié à cet égard des livres très intéressants.

    cf ce lien

    Les motifs sur tissus évoquent aussi les Indiennes, ces tissus d'importation dont l'histoire est un vrai roman très bien conté dans les livres de Claude Fauque entre autres. Motifs copiés en impression comme en broderie ad libitum mais sans que jamais leur beauté ne rassassie.  J'en possède un morceau très ancien (vraisemablement  du XVIII° siècle que je garde jalousement ) , beaucoup ont servi de base aussi aux motifs de la broderie  dite "crewel" . Les fleurs sur les tissus c'est le domaine où les inspirations se mêlent, géographiquemet parlant et l'histoire des hommes et de leurs  "découvertes" y sont inscrits.

     

    De la fin des années 90 jusqu'en  2002 j'ai collectionné les tissus spécifiques aux quilts et notamment les motifs floraux,de tous styles,  mais recueilli aussi les restes de vêtements de toutes époques. C'est en mélangeant  ces graphismes floraux que j'ai élaboré mes quilts jardins . Le premier s'appelle Florilège-cf index lettre f-  et tous mes jardins comportent aussi un jeu sur la géométrie et les échelles et les styles différents de motifs, en cela ils ne sont pas de simples watercolors où on achète des bandes pré-assorties pour les recouper en carrés  -qu'on m'excuse de parler sans ambages-  mais ce genre de pré-digéré à mon sens est contraire à  ma visée et vision d'un création . Mon art consiste à assortir ce qui ne va pas ensemble alors que si on l'exerce comme loisir on cherche surtout à avoir du déjà assorti- par quelqu'un qui sait- pour posséder un bel objet sans risque d'erreur  alors que  dans mes  quilts jardins je risque la cacophonie à chaque instant !

    Au delà c'est un langage des fleurs et des signes et une reconstruction d'un espace style paradis perdu . Et je demande qu'on le regarde aussi ainsi et pas comme un  joli petit quilt à fleufleurs  ce qu'absolument, ce n'est pas. Mon livre Jeux d'étoffes  détaille ces approches.

     

     

    Jacqueline

    détail du quilt cascade

     

    on peut voir d'autres jardins dans l'index textile notamment à la lettre J .

     

    Ne voyez pas d'amertume dans ce que je dis, ni plainte mais une analyse lucide. Je ne cherche pas reconnaissance pour  moi, je le répète :  j'en ai plus que je ne pouvais espérer pour une artiste "amateur" volontaire ... cf ma page d'accueil .

    Il ne s'agit pas  que du plaisir de créer (créer pour moi est certes un plaisir mais pas un loisir  : une nécessité de "langage" par les étoffes -comme par les mots -  et les fleuries y tiennent leur part pas seulement parce  que ce serait "joli" ) .

    Je m'interroge sur les regards "excluants"et injustes -mais si répandus qu'on les trouve normaux-  sur des zones entières de l'art textile (et non mes ouvrages oeuvres et oeuvrages  seuls ). J'ai assisté dans les années 90 à ce rejet progressif des tissus particuliers au patchwork où les fleurs tiennent une bonne part.

    On peut voir aussi l'article : les palettes d 'une textilienne .

     

    Petites fleur detail

  • Livres textiles

    Au début des années 2000, la vogue des livres textiles qui faisait déjà une percée  aux  USA et au Royaume-uni commença à arriver  en France par le truchement d'artistes  influencées parfois par les revues américaines Quilting arts notamment .

    Et évidemment , on ne peut éviter la mention de l'Ode à l'oubli de Louise Bourgeois, mais  j'invite à voir ce que font des artistes moins connues comme par exemple Mandy Patullo dont j'aime l'amour des étoffes !  sur ce lien.

    C'est une parmi une infinité d'autres créées antérieurement à cet ouvrage célébrissime.

    Ces livres étaient souvent des souvenirs centrés sur une personne de la famille dont on voulait honorer la mémoire,-le plus souvent en mixed media papier-tissus , ou bien encore des livres à thèmes ou des keepsakes , recueils de morceaux aimés et de souvenirs textiles, et enfin des livres altérés  qui existent indépendamment de l'art textile mais peuvent intégrer des étoffes..  Dans ce cas on retravaille sur les pages d'un livre existant en palimpseste en quelque sorte , mais en palimpseste qui montre la couche du dessous .  On peut voir des livres altérées ou textiles en tapant ces termes dans un moteur de recherche.

    Coutume  qui dure, on peut  voir actuellement beaucoup d'oeuvres peintes ou réimprimées sur des pages de livres ou de magazines, qu'elles soient en livres ou le plus souvent indépendantes. Notre époque aime la superposition (layering) et le faux palimpseste . Dans les vrais on grattait le support pour faire disparaître autant que faire se pouvait le texte précédent, là il est juste recouvert d'autre chose.

    Symbole  d'une sorte d'intellectualisation de l'art textile, avec en fiilgrane l'idée de le valoriser toujours  en imitant un art majeur ou ..libéral comme était  classée jadis la littérature. un livre ça vous pose mieux dans les intelligentisias qu'une surface assimilable à une couverture (même si les livres en ont aussi !)

     On pourrait  sur ce point  ,  justement, citer  les couvertures de livres brodés qui sont une tradition très ancienne, et certains samplers :  ces recueils d'échantillons de points, étaient  parfois présentés sous forme de livres (et non de bandes ou de tableaux )et le sont toujours .

    Ce site en montre un qui me plaît beaucoup (et on peut réaliser le sien, les explications y figurent) .

    Pour les livres txtiles actuels  du texte est naturellement parfois associé qu'il soit de la créatrice ou emprunté :  il va de la coupure de journal au poème  de l'auteur. Sur la valeur littéraire je dirai pour rester gentille que c'est très inégal.

     Pour moi il  y a d'abord eu le sentiment non pas de faire un livre textile, mais de lier textes et textiles , ce qui est tout différent . J'ai commencé à chercher autour de cette relation (je n'ignorais pas l'étymologie du mot texte étant latiniste de profession, jadis.). A noter qu'à présent tous les artistes travaillant sur le créneau nous la rappellent. En 2004 lors de mon expo textes -textiles c'était moins couru. En fait pour moi c'était moins cette étymologie (et le tissage) que les motifs sur les étoffes, comme une écriture. Je veux bien qu'un texte soit tissé , mais il est aussi déposé sur un support même virtuel (comme une broderie) et les mots y sont assemblés comme les tesselles d'étoffes d'un patchwork , qui ne sont pas que juxtaposées sans recherche ,c'est pourquoi cet art -que mes soeurs tisseuses me pardonnent- me semblait plus proche de ce que j'écrivais que le travail de la navette, mais le tissu reste ma matière essentielle : les mots de mes textiles comme de mes textes ont déjà été tissés par d'autres.  C'est un point de vue singulier, discutable, mais c'est mon approche.

    Et la liaison texte textile s'est d'abord faite pour moi par le patchwork géométrique et  j'aurais aimé qu'on regarde mes quilts aussi -c'est une lecture possible- comme les pages d'un livre ou juxtaposées....surtout les quilts en blocs ou chaque "carré" est comme une sorte de chapitre , avec d'ailleurs des structures analysables . J'ai beaucoup insisté sur l'importance pour moi des motiifs sur les étoffes -choix qui me place complètement à contre-courant de ce qui se fait en art textile actuellement : le glissement vers les quilts dits contemporains ou autres "art quilts" évinçait à la fois les géométries répétitives jugées je l'ai dit mille fois "plan-plan" ennuyeuses ou superficiellement décoratives .et l'art textile branché préfére les volumes aux surfaces .

     Mon début est tout simple quilt fait pour ma fille sur le thème du Petit Chaperon rouge , ave un tissu ancien dont j'ai appris ensuite qu'il était très célèbre  et dont il s'est vendu des mètres ...ce qui explique qu'un morceau donné par une amie se soit retrouvé entre mes mains .Pas un livre, mais un quilt qui raconte une histoire. C'est ce qui a mené au reste.

     De là l'idée d'ilustrer des contes en crazy patchwork , Peau d'âne notamment ou le conte Japonais de la grue Blanche :

     

    Grue blanche

     

     

    Ces crazys quilts  m'ont amenée à songer à illustrer mes poésies de cette manière puis celle d'autres artistes et ce fut ce que je nomme l'aventure des textes-iles. Un beau moment de ma vie d'amitié et de création .On peut en voir l'histoire sur ce lien :

    élément 23.jpg

     

     Parallèlement j'avais accepté de travailler  en duo  sur un  calendrier textile dont l'histoire est racontée ici :

     

    Pour revenir dans le Textilionnaire à des tableaux séparés  ;

     

    grimoire.jpg

     

    J'hésite du reste toujours actuellement pour mes petits formats à les présenter en séries de tableaux séparés ou sous forme de livres textiles. C'est pourquoi le chant des Couleurs se présente sous forme de livrets séparés en double page (voir dans la partie textiles et textes les deux liens)  :

     

    4-chant-des-couleurs.jpg

     

    A cette époque j'ai mis en route aussi le livre pour 'elle écrit pour ma mère , qu'il m'a fallu beaucoup de temps pour compléter :

     

    Livre pour elle couverutre jacqueline fischer

     

     J'ai continué mes aventures textes textiles avec ces livres tissés mariant papier et tissus  fondés sur deux recueils de poésies : Trames et chaînes écrits antérieurement  :. La structure tissée ici ne vient pas de la tendance à lier textes et textiles mais  de ce travail poétique antérieur :

     

    ronde-de-nuit-2.jpg

    Dans le même temps et sur une autre inspiration je fais les petits port-folios tri-arts nommés Avatars  :

     

    Dscf1082 recjredpg

    PUis je mettrai en route les livres blancs et un livre d'or fait en feutrine sur laquelle j'ai appliqué et brodés des pages de motifs textiles  : (aventure qui se continuera sans doute)

    Livre blanc 1 page 3 jacqueline ficher art textile

     Et pour revenir au patchwork mais en le développant côté images numériques je crée la série très traits :

    Tres traits

    Tres traits 2

     

    Entretemps vient s'ajouter un livre mixed media de fleurs fantaisistes brodées, avec leur histoire intitulé précis de   botanique alternative :

     

    Botanique alternative jacqueline fischer art textile

    Le dernier achevé fut cet hommage à deux "cousettes" par une troisième : Lucette et Jacqueline(s)

    On peut voir le détail de l'histoire sur ce blog

     

     

    Lucette et jacqueline la page romantique jacqueline fischer art textile

    A lheure de la rédaction cde ce billet il existe au moins (!) trois autres livres en cours qui vous seront montrés dans des articles  futurs (si j'en viens à bout et que ma vue qui me fait quelques soucis actuellement  ne me lâche pas ) .

     

     

     

     

  • Mythologie et figures féminines -1

    Parallèlement à l'index en cours j'aimerais regrouper ici certaines de mes oeuvres par thèmes ou unité d'inspiration, c'est comme on veut .

    Dans les contes et les légendes de mon enfance,  parce que  j'étais fille, (même si on le devient, moi j'ai toujours eu le sentiment de l'être "par essence" , pas seulement de le devenir par fabrication sociale ou éducative!)  j'accordais une grande importance aux personnages féminins  et plus tard quand j'ai étudié la mythologie gréco-latine , il m'a frappé que les déesses illustraient des sortes d'archétypes des différentes facettes de la féminité. Dans le théâtre grec aussi bien que dans la poésie latine je les ai retrouvées ; les plaintes d'Ariane dans  Catulle, Didon l'abandonnée  préfigurant Bérénice, Philomèle, ou bien encore Antigone.

    J'ai vécu mon enfance et mes études imbibées par ces légendes et aussi en filigrane les fées et les princesses des contes. C'est pourquoi vers mes vingt ans j'ai commencé à écrire Oléis le premier "volet" de ce qui sera plus tard, bien plus tard, les Mythologies intérieures. Et comme l'a souligné un de mes lecteurs, ces histoires volontairement situées dans un passé indéfini et une géographie inventée  sont à lire en relation avec l'histoire de notre temps (Armine notamment a été rédigé sur fond de guerre en Afghanistan - )

     

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    Au delà beaucoup de mes textes sont centrés sur des figures de femmes  ou de petites filles comme la Chloé de la Demeure Mentale , ou la Rose du Jeu de la Rose sans doute mes oeuvres diverses ne sont elles que le déploiement de psychés féminines sous  des aspects divers  choix délibéré : on a si souvent laissé les hommes parler de nous mes soeurs, jusqu'à nous dire même qui nous sommes !

    Je voudrais en préalable  à la présentation de  mon travail textile renvoyer sur cette oeuvre de l'artiste Judy Chicago The Dinner Party , dont je n'ignore pas qu'elle fut très contestée . Comme référent donc : lien

     Dans mes oeuvres textiles j'ai abordé ces figures  à ma manière qui est celle d'une assembleuse de tissus. Lesquels  sont pour moi liés à la féminité et à sa sensualité. Je dirai sans ambages que c'est cela qui me met en route beaucoup plus que des discours savants sur tel ou tel principe féminin . Mon approche n'est pas  d'une personne cherchant à faire une étude  (que je pourrais fournir cependant) sur le sujet. Pour moi la question était quels tissus pour dire ce mythe  ?  Et comme toujours ceux-là et pas d'autres choisis par moi en accord avec ce que justement le mythe crée de visions à l'intérieur de moi. Rien d'une approche à "caution intellectuelle", donc. J'ajoute que pourtant j'ai vécu souvent "imbibée" des histoires autour des personnages évoqués, de leurs représentations .

    Les tissus pour ...

    A la différence des tableaux textiles centrés sur l'illustration d'un mythe les tissus pour restent  ce qu'ils sont : à mi chemin du tissu utilisable par ses dimensions pour se réchauffer ou se parer et l'évocation d'un mythe par le textile assemblé.

    Tissu pour Aphrodite

     Ces belles soies saumon et bleues m'évoquaient Aphrodite/ Vénus .  Souvenir aussi du tableau si connu de Botticelli et de l'Aphrodite de Cnide découverte dans mon enfance dans un livre sur Athènes et qui pour moi incarna longtemps l'idéal d'un corps féminin tel que j'eusse aimé l'avoir  (qu'on ne rie pas trop de ma sincérité , il y a prescription de toutes façons ). Pour qui connaît le mythe d'Aphrodite tout est dans les tissus mais aussi dans la forme choisie (la colombe est l'oiseau de Vénus, le bleu fait allusion à sa naissance marine), mais chacun des morceaux d'étoffes évoque soit le mythe dans son ensemble (l'impression qui m'en est restée et non quelque chose de cherché après coup dans une encyclopédie) et ses détails la rose, notamment. J'espère qu'au delà du "joli" et du " bien fait" et du  "temps qu'il faut pour "on sentira ce principe de vie saisi en étoffes et dans son élan.

     

    Venus 2

     

    Manteau de Flore

    Là ce sont les tissus récupérés de la Haute-Couture qui m'ont donné l'envie de ce dessin et de cette redondance de fleur en fleur...

    manteau-de-flore-2.jpg

     

    Le tissu pour Ariane

    Dont on peut lire l'histoire ici , ou comment de plusieurs nuanciers de soie on reconstruit un labyrinthe de fils chatoyants où l'oeil se perd

     

    dscf0276-recjpg.jpg

    Tissu pour Iris ou la couverture aux rubans  :

    Qui a aussi son histoire   ... Comment redire l'arc en ciel, écharpe d'Iris,  la fleur et le symbolisme et l'iris de l'oeil  avec des rubans et des bandes de soie  :

     

    Tissu pour iris red 2(à suivre )