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  • La collection Abraham

    • Le 25/08/2025

    J'ai évoqué déjà plusieurs fois  ma passion de collectionneuse et combien c'était essentiel pour moi de trouver des tissus hors commerce habituel, qui ont un passé et une âme.

    Cette rencontre  avec ces étoffes singulières date de la fin de l'année 2004. J'ai acheté à un collectionneur sur e bay un premier lot de ces "rebuts" d'une maison de Haute-Couture, la maison Abraham . Morceaux jetés  soit pour coloris non conforme, souvent pour défaut d'impression ou de fabrication., soit tout simplement des essais. Ces rebuts étaient souvent magnifiques et certains morceaux ne semblaient pas avoir de défaut apparent. Mais ils avaient été jetés  puis   récupérés de manière licite, je précise, par un parent du collectionneur qui travaillait là. J'en ai recueilli tout ce que mes moyens financiers me permettaient d'acquérir mue par  un désir les valoriser, leur donner une vie différente de celles que, sans ces défauts, elle auraient eue. les sortir donc du créneau vêtement de grand luxe pour leur faire dire autre chose. Parfois seuls, souvent en les mixant avec d'autres étoffes.

    Sur la maison Abraham et son histoire, on peut consulter ce lien . Le nom de Lacroix n'est pas mentionné, mais ma collection de rebuts atteste qu' Abraham créait aussi pour ce grand couturier on nom est écrit en toutes lettres sur  quelques  de morceaux et avec l'abréviation LAC sur nombre d'entre eux).   je possède aussi un essai du tissu  avec des roses roses en silhouette visible  sur la troisième photo du site.   Matières diverses même si la soie domine et tissages divers, épaisseurs diverses. Beaucoup de faille, de moire, de mousseline, de crêpe, de satin , de pongé, quelques velours.

    J'ajouterai qu'user d'étoffes destinées  à La Haute-Couture, c'était une sorte de pied de nez à tous les mépris et condescendances que j'ai dû avaler... n'étant ni professionnelle, ni contemporaine, mais amoureuse passionnée des étoffes comme moyen d'expression. Quelles qu'elles soient ...Un crime de lèse-majesté permis puisque ces tissus devaient être jetés. Une jouissance un peu amère ...vu que mon travail est rarement jugé intéressant par ceux et celles qui décident de ce qui vaut. Pas un regret, un constat.  comme je dis à ceux qui regardent vraiment d'en juger sans préjugés de notoriété ou adéquation à une tendance. 

     

     Mon premier travail a été le triptyque de Stigmates dont la démarche est expliquée ici . Oeuvre  présentée à l'exposition Textiliennes- liens à Valenciennes en 2019.

     

     

    stigmates-2-26.jpg

     

     

    J'ai continué en 2015 avec l'expériences de La grande parade racontée dans ces trois articles :

     

    la grande parade 1 

      la grande parade 2 

    la grande parade 3 

    L'exposition champêtre n'a eu pour visiteurs que les oiseaux et les chats, et j'ai pu la montrer ensuite à un happy very few en salle des machines, où ces panneaux sont toujours  conservés en rouleaux sans murs.  On peut voir l'ensemble des panneaux ici

     

    La grabde parade 2 redertv

     

     

    Mais naturellement vu ma manière de "mixer" des étoffes venues d'un peu partout dans mes ouvrages il est bien des morceaux que j'ai  glissés ça et là, dans le Chant des couleurs notamment. L'ensemble de ces livrets a été exposé à Valenciennes dans le cadre de l'exposition Textiliennes- liens en 2022.  Et notamment pour ce diptyque texte-textiles Fuchsia .

    fuchsia-red.jpg

     

    Des quilts ou surfaces construites entièrement ou majoritairement avec ce trésor. Lequel trésor comporte de très grands morceaux surtout des voiles magnifiques   avec lesquels j'ai créé ce quilt Cocktail offert au collectionneur qui m'a vendu à prix d'ami ces merveilles  :

     

    Cocktail jacqueline fischer art textilered

    un autre intitulé Joyaux est en chantier  c'est un charm quilt constitué donc de morceaux coupés chacun  dans un voile différent.  L'assemblage a n'en est pas particulièrement aisé ... ni ce que  je nomme "assortissage" mais j'en viendrai à bout ! 

    Joyaux 2025 en cours jacqueline fischer

     

    Il faudrait y ajouter les "mises en scènes ou chiffonnades " où j'ai travaillé sur ces voiles froissés (avec ajout de dentelles de Calais)  

     

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    Les quilts fondés sur un gabarit unique me séduisent, ils donnent une unité aux surfaces et permettent la plus grande variété  d'étoffes . pour peu qu'on suive un rythme ou une stratégie de couleurs. ainsi  est conçu My tailor is rich avec des morceaux de lamés quasiment tous issus des chutes de cette collection . Je leur ai adjoint des soies  dont beaucoup proviennent aussi de ce stock. J'ai usé du motif dit le dé à coudre d'où le titre  : 

     

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     Et c'est en le cousant que comme souvent m'est venue l'idée d'utiliser d'autres soies dans un autre autre surface à gabarit unique  avec là un choix de soie et de velours eux aussi issus en majorité (mais pas exclusvement de la collection). Le motif spinning star  choisi pour  Un avenir radieux n'est déjà pas particulièrement facile à assembler en coton ; Alors, qu'on imagine en soie et velours.... 

     

    Un avenir radieux jacqueline fischer art textile

     

    Les lamés m'ont inspiré  ausi le tableau Le manteau de Flore où j'ai allié ces étoffes sompteuses et un peu clinquantes avec de petits morceaux de cotonnades humbles retravaillées en broderie à la machine, sous un tulle:

    manteau-de-flore-2.jpg

     

     

    J'ai récupéré aussi de toutes petites bandes de pongé, satin et  crepes de soie de couleur variées avec lesquelles j'ai construit le log cabin Caprice.

     

    Caprice jacqueline fischer art texile red

     

     

    Pour utiliser des échantillons de crêpe de soie dite "givrée "  j'ai imaginé des gratte-ciel dans une ville la nuit, j'y ai adjoint des moires imprimées souvent de dessins noirs, ainsi que des échantillons de pongé mprimés de  d'étoiles et de pois   :

     

    quand la ville dort

     

    Evidemment j'ai glisé pas mal de cs somptueuses étoffes dans mes crazys quilts. Les soies blanches et beiges abondantes dans le stock    que 'ai recueilli (en attente de teinture )   ont donné naissance au quilt  Eclats de soie bien que les éclats de couleurs soient issus d'une autre source :  les nuanciers et collections d'échantillons :

     

    Eclats de soie jacqueline fischer art textile

     

     

    les unis de la collection  lisses ou texturés  qui m'ont aussi fourni les fonds de pas mal d'objets créées pour la revue broderie d'art : couvre-livre, sacs, coussins selon les demandes de la directrice de publication et les lamés des bordures pour les écharpes et châles ; là je rejoignais l'utilisation première de la Haute-Couture bien que n'étant que petite cousette  : 

     

    couvre-livre terminé.JPG

     

    .Lorsque j'ai illustré en 2023 les litanies de la rose de Remy de Gourmont ces beaux tissus m'nt parfois sauté dans la main certaines roses étaient tellement en accord avec le texte du poète  et le motif de roses est dominant dans le lot qui m'est échu ..... outre qu'il m'en fallait 59 différentes ... ainsi ai-je exploité ce que je qualifierai de superbe erreur sur ce lainage léger pour une "rose aux lèvres de sang" un peu vampirique qui a pompé l'encre de ses voisines ! Les roses de Gourmont on été exposées en 2024 dans le cadre de l'exposition Textiliennes-liens à Valenciennes   :

    Levres de sang red premiere 

     Et naturellement il y a pas mal de ces merveilles dans mes crazy quilts et tableaux textiles. Ainsi les tableaux de la série Sensualité  La chambre ardente et à fleur de peau utilisent des velours dévorés et lamés aux fleurs magiques   : 

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    Ces oeuvres qand elles n'ont pas été données restent pour le moment visibles en Salle des machines (ce n'est qu'une de mes voies  ) . Il me reste aussi quelques chantiers à achever  et tant que ma vue me le permet, je garde ces étoffes pour mon inspiration (je ne sais ja mais  de quoi je peux avoir besoin pour dire , ni de combien ... mais j'ai déjà partagé naguère avec des amies et relations).

    La question reste : après moi que deviendront tous ces rebuts de luxe ?  Je ls lèguerai volontiers à de plus jeunes pourvu qu'elles aient un amour des tissus ..Je ne parle même pas des oeuvres créézs avec eux, puisque si ce n'est pas signé d'un grand nom ou assez conceptuel ou contemporain ça reste difficile à expose et les lieux de conservation pour le textile n'existent pas sauf si c'est jugé assez remarquable pour ce faire. Or je suis tragiquement inapte à me faire remarquer là où "ça compte".  Il me restera la joie d'avoir bâti avec tous ces  trésors  quelque chose que j'aurais aimé montrer, pour la joie d'autres peut-être montrer pas forcément vendre et c'est là que tout se bloque, aussi. 

  • Blues plus ça change, plus c'est pareil...

    • Le 10/04/2025

    J'avais écrit ceci , l'an dernier, sur Facebook . Je reproduis  .. :

    Je reçois comme souvent une publicité pour un salon d'art "contemporain" , à murs payants evidemment , et je regarde les disciplines admises : peinture gravure, sculpture, dessin BD, photographie, art digital, art du verre céramique .

    Art textile; niet néant même pas dans ses versions actuelles "moins y'a de tissu, plus c'est de l'art"et s'il ya un bout de fil qui relie n'importe quoi c'est de l'art textile contemporain supérieur. . Alors voyez quand vous me dites : c'est pareil pour tous les arts, ou qu'il existe quelques groupes dominants le creneau depuis les années 2000 (et dont j'ai vu l'émergence aux dépens de ce que moi , hélas j'aime faire, du moins d'une bonne partie ) , je songe que non .... cet art des tissus (et pas que "textile") des tissus aimés assemblés , dont on use comme une expression pleine et entière n'est toujours pas à la même place que les autres.Sauf à le faire ressembler à un "grand art admis" ce qui pour moi est à l'inverse de mon chemin.

    Je l'aime moi cet art en ce qu'il ne ressemble pas aux autres ! Regardez les "appels à " ... Un art textile conceptuel trouve sa place dans des groupes très sélectifs et fermés où les mosaïstes pur fil pur tissus sont regardées comme des faiseuses de jolies choses...du "folklore quoi.  Toujours jugées à la perfection technique alors que côté contemporain on se vante de "ne pas savoir coudre".Le salopé, ça fait inspiré, parfois. 

    Pas de patchwork" me disait une des instances "racoleuses" il y a six ou sept ans. Toujours pas . De l'art textile en sculpture on peut .la surface ça fait trop "couverture" ben voyons. Mais une peinture non , evidemment. En peinture on s'extasie devant des abstractions géométriques en carrés rectangles etc. mais chez nous si on travaille ainsi on est classée 'traditionnelle sans imagination et c'est jugé bon pour se distraire ..c'est juste de la belle ouvrage mise sur même plan que la décalque de modèles de revues et livres, même quand ça n'en est pas .Création  et élaboration niées constamment . Rouleau compresseur de l'incompréhension phénoménale, même sous les compliments . Si je le répète (avec preuves et constat. que ça ne change que pour celles qui sont du bon côté de l'inspiration . Des tendances admises et louées que j'admire d'ailleurs aussi même si le regard sur mes mosaïques à moi est absent c'est pas leur tasse de thé et l'intérêt ne se force pas (quoique le mien, lui, a fait l'effort d'aller vers parfois .. !) . 

    Si vous saviez combien de fois de ce côté-là on m'a recommandé d'abandonner mes chères mosaïques géométriques en tissus imprimés venus de partout (pas de pré-assorti acheté au salon aiguille en folie!!) et à chaque fois, même si j'aime aussi d'autres manières tout autant d'assemblage textile de m'exprimer ,et mêmes d'autres arts, et même si j'ai même fait des choses étiquetées "contemporaines" je précise que ce choix n'est pas d'incompétence c'est comme le disait un premier livre "une illustration d'un art obscur" . Occulté et minoré par la "corporation" -même" dont je connais tout de même aussi un peu l'histoire ... Je sais il y a problèmes plus graves que mes éternels agacements à ce sujet . Mais tant pis, je le redis, once more.

  • La robe de plumes

    • Le 24/02/2025

    On le sait j'aime illustrer des contes, c'est même par là que j'ai commencé à explorer la liaison  textes et  textiles il ya presque un quart de siècle; ce n'était pas du tout à la mode...

    J'avais commencé par le petit chaperon rouge sous le  titre  Loup y es-tu  (cf index lettre  L)pour ma fille, alors enfant.  J'ai continué usant surtout du crazy quilting  avec Peau d'âne  et La grue blanche,  une autre légende japonaise.

     Quand Marie Claude Peyre du groupe Etoffes d'histoires a proposé d'illustrer un conte, j'avais déjà en cours cette robe de plumes  , illustration d'une autre légende japonaise  mais cette fois en "piécé avec de très petites chutes de soies de kimono  issues d'autres ouvrages. Du patchwork , come je le défends ... pas forcémnt un quilt, donc. .

    J'ai rencontré cette légende, la première fois  à mon adolescence. Je lisais pour me détendre et sans leur demander d'être de la philosohie  pas mal de romans sentimentaux (j'en lis toujours !)  dont cette robe de plumes de Daniel Gray,  pseudonyme d' Agnès Chabrier  qui  partagea son oeuvre entre  textes  sérieux et jugés vraiment "littéraires"  et  récits on va dire pour grand public ...  et la Robe de plumes  paru sous le pseudnyme de Daniel Gray  me semble malgré son  classement  par l'auteur  côté sentimental  différent de  ce qu'on pouvait lire dans les magazines à l'époque.

     Revenons à la légende japonaise elle est résumée ici . Elle est centrée sur cette robe (cape ou manteau de plumes ). Le personnage féminin assimilé à un ange . Sans elle, il ne peut  ce qu'on appelle "paradis" .  Notions  chrétiennes sans doute approchées...

    Ce manteau  ou robe quand il est décrit l'est comme très coloré et chatoyant et c 'est  cet aspect que j'ai voulu rendre avec des petites chutes de soie de kimonos authentiques récupérés, aussi variées que possible.  Le gabarit de parallélépipède miniaturisé a été fixé sur un fond en toile de beurre et en l'inversant j 'ai obtenu  un motif de "plumes" séparées par une bande  brodée d'un point d'épine (feather stitch en anglais ou point de plume!) pour marquer la "nervure" de la plume.  Les bandes sont  disposées de manière irréguière et la robe s'évase vers le haut  pour lequel  j'ai utilsé un morccau plus grand figurant pour moi le ciel et les montagnes (ou les nuages). 

     

    La robe de pums j fischer 1

     

    La robe de plumes j fischer 2La bordure issue elle aussi d'un kimono est un clin d'oeil à mon nom  matrimonial  qui signifie pêcheur. C'est un pêcheur qui trouve la robe de plumes sur un plage. Et le kimono qui représente des vagues a appartenu à mon mari.  Des plumes en passementerie ont été rajoutées dans les coins. 

    La robe de plumes j fischer det 3

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Dactylographie, typographie et orthographe

    • Le 04/02/2025

    Récemment alors que j'avais publié  un texte  en réponse  à  cette antienne qui traîne sur Facebook, selon laquelle reprendre  une faute d'orthographe serait "une faute d'humanité", un monsieur champion d'orthographe dans son Landernau, me souligne trente trois "fautes" -moi je dis  erreur, en me  tutoyant sans me connaître et en m'insultant trouvant mon texte "bouffi" . (celui qui le dit l'est parfois tout autant). Le texte ne contient aucune faute d'orthographe mais des espaces en trop et des majuscules oubliées.  Contrarié par le fond, mon détracteur s'en prend donc aux failles de forme, et pour lui c'est plus grave puisqu'il m'accuse de voir la paille dans l'oeil du voisin et pas la poutre dans le mien. Il ne s'agit pas d'une poutre, mais de trois compétences différentes. J'ai appris l'orthographe en écriture manuscrite  à une époque où les ordinateurs n'existaient pas, mais je n'ai pas appris la dactylographie(qui était un métier à mon époque !) et encore moins la typographie sauf ce qui m'a été plus tard nécessaire pour faire mes maquettes de livres. Juste que je sais le sens des mots, et à quelles compétences ils correspondent.

    .

     Je suis parfaitement consciente d'être une très mauvaise dactylographe, mais la dactylographie n'est pas l'orthographe.  Ce n'est pas du tout la même compétence. Quand j'apprenais l'orthographe à mes élèves, ils écrivaient en manuscrit. Et en manuscrit ce texte n'aurait pas comporté trente fautes dont certaines sont typographiques et non dactylographiques. Et je n'enseignais ni la  typographie ni la dactlographie à mes élèves. Mais mes compétences en orthographe ont toujours été reconnues.   Je n'ai jamais en revanche tenté des championnats d'orthographe quels qu'ils soient,  non que je les trouve inutiles, mais ce n'est pas parce qu'on distingue les cuissots des cuisseaux qu'on comprend le système de langue. Et qu'on est capable de l'expliquer et de le transmettre.

     Oublier une  lettre ou en tapant la voisine de clavier,  c'est une faute de frappe. Ce n'est pas une faute d'orthographe.  Ce sont deux compétences tout à fait différentes, et n'en déplaise à ce monsieur, confondre tout n'a jamais été signe d'intelligence. J'essaie de remédier en tapant moins vite, mais comme je pense très vite, je perds ainsi mon fil  et mon rythme de pensée.   Une majuscule oubliée, cela peut-être tout simplement qu'on n'a pas appuyé assez longtemps sur la touche Maj.  Toute erreur qu'on ne commettrait pas en écrivant à la main ne saurait être une erreur d'orthographe. 

    Mettre une espace en trop, ce qui est ma fâcheuse manie, c'est une faute de typographie (espace est féminin en typographie). Bien sûr, je relis mais cela fatigue  et ma vue que je dois absolument ménager font que j'oublie ce type d'erreurs. Il m'a toujours semblé qu'écrire avec des espaces en trop n'affectait pas la lecture  autant que d'écrire en faisant des fautes graves de syntaxe ou de conjugaison,  et en manuscrit ce type d'erreurs n'existe pas, on ne calcule  pas la distance entre le mot manuscrit et le point, ni le mot suivant.  Il y a assez à faire avec les vraies erreurs orthographiques ! Les plus graves étant les syntaxiques. 

    Les majusules accentuées sont une mode récente en typographie, il m'arrive de les oublier. Ouvrez  un livre des années 60 : il n'en comporte pas et en manuscrit on n'accentuait pas non plus les majuscules dans nos dictées  ( je crois même que c'était une erreur de le faire !).  Je ne prétends pas du reste être omnisciente en orthographe non plus. Mais  expliquer de façon simple l'accord du participe passé, trouver une méthode qui fonctionne dans plus de 90 pour cent des cas, mêmes difficiles, ça je ne sais pas si ce champion mal embouché bouffi lui-même de sa propre suffisance,  sait faire.   Moi je l'ai fait et on peut la lire ici : https://ledixvinsblog.wordpress.com/2023/03/10/du-bon-usage-de-la-langue-francaise-jacqueline-fischer-le-participe-passe/.

     

     

  • Le rêve d 'Emile Zola : accompagnement textile

    • Le 09/01/2025

    Lorsque sur Facebook dans le groupe Etoffes d'histoire créé par Marie-Claude Peyre,  un projet fut lancé, celui  de prendre un livre comme fondement d'un ouvrage textile, je me suis sentie  concernée. Je me suis donc inscrite.

    J'ai pensé tout de suite au Rêve d'Emile Zola, ce roman, écrit après la Terre. L'auteur affirme   dans ses notes avoir voulu faire un livre "qu'on n'attendait pas de lui''. Souvent considéré comme une oeuvre mineure dans les Rougon Macquart, qualifié de "conte bleu" ...Je dirai plutôt de conte en blanc et or!

    Ce texte, je l'avais découvert à 12 ans ; c'était le seul Zola qui nous fût permis; et à 12 ans j'aimais déjà broder. Je dois dire que j'ai été d'emblée fascinée par ce personnage  de la jeune Angélique, enfant trouvée et brodeuse "inspirée" . Elle m'évoquait un peu la petite fille de neige d'un autre conte que j'avais aimé à sept ans  qui, elle, s'évapore dans le feu de la saint Jean. et que j'illustrerai peut-être!

    Zola décrit notamment sa virtuosité  technique mais aussi la manière dont elle rend vivantes ses oeuvres (et ça c'est resté mon rêve à moi, non la virtuosité mais le fait  d'animer  ce qu'on crée d'un souffle vital  !). Et je relisais  et relisais  les descriptions de l'or nué (empruntées à Saint-Aubin) . Je précise je n'ai jamais  fait de vraie broderie d'or . Ici on  décrit un  artisanat d'art très exigeant  exercé surtout dans le domaine religieux. Hubert le père adoptif d'Angélique est chasublier et sa maison est blottie dans l'ombre de la cathédrale . La foi d'Angélique nous dit Zola est celle c'une chrétienne primitive. La lecture de La légende dorée de Voragine n'y est pas pour rien.

     Je n'ai pas essayé de faire des illustrations figuratives collant au texte ni de faire des broderies à la façon  d'Angélique   (j'en suis incapable)  mais j'ai délégué aux tissus et aux fils le  soin  de rendre ce que je voulais souligner. J'ai sélectionné des moments  textiles du roman. Je  me suis laissé porter par les couleurs  : le blanc de la neige,  des tissus qu'affectionne Angélique celui de la lessive où Félicien fait son aveu , le blanc de la chambre qui la retient au  moment de s'enfuir ...Cette "ombre blanche" qu'elle dit voir s'envoler le matin près d'elle à son éveil ...

    L'or bien sûr  omniprésent dans son  travail et symbole du Rêve de  noblesse et d'élévation  sociale autant que spirituelle .S'y ajoutent le bleu du ciel, le vert du printemps les églantines de l'espoir ...
    J'ai voulu aussi que le texte qui m'avait inspiré la page textile soit résent. Pour la beauté dudit texte, déjà . Mais ne pouvant le broder si fin je l'ai écrit à l'encre vieil or. Travail en double page donc. Un ruban sur la page de texte  annonce le thème de la page "tableau".

     

    Pour la  première de couverture j'ai utilisé un velours  d'époque et une broderie d'or authentique donc un peu ternie (l'or c'était du cuivre  le plus  souvent  car le vrai or lui ne ternit pas ) . Je voulais un côté "livre ancien" un peu comme ce livre de la légende dorée qu' Angélique découvre .

     

    Le reve couverture j fischer red

     La premiere double page  concerne l'enfant  tombée  au portail d'une cathédrale fictive sous la protection des saintes  (dont sainte Agnès dont la figure domine le récit)  et  vêtue de loques. J'ai rendu ce dénuement  extrême des  haillons par des filaments de chanvre auquel j'ai ajouté l'or des cheveux.

     

     

    Le reve double pag 1 red jfischr

    Le reve page 2

     

    J'ai sélectionné  ensuite le passage où Angélique plante un églantier   Et ne doute pas  que sans greffe il donnera des roses . Brodeuse débutante j'ai  exécuté  quelques  d'églantines sur des napperons, et  c'est un de ces dessins  gardés des hebdomadaires des années 60  qui présidèrent à mon humble apprentissage "amateur" que j'ai élue, mais je l'ai brodée non en coton mais en soie (ce qui pour moi symbolise ce passage de l'apprentissage à celui où je fus créatrice pour une revue de broderie). Elle est présente sur la robe d'Angélique. Et pour son visage quoi de mieux qu'une rose (la même que celle qui symbolise quelques pages plus loin sa robe de mariée ).

    Reve double page 3 l eglantier

    Le reve page 3 rec sdetail

     

    La double page suivante est eminemment textile puisque c'est celle où Zola décrit ce monde de somptuosité des étoffes dans lesquelles Angélique vit et qu'elle brode , avec une explication des couleurs  rituelles pour les chasubles .

    Le reve double page 4

     

    Reve page 3 recdetail

     

    La  quatrième page s'inspire du passage où la jeune flle explique à Félicien son amour du blanc (par lassitude aussi du trop de couleurs  )et son secret  celui de se croire accompagnée de l'envolée blanche d'une sainte, à son réveil. Cet amour du blanc je le  partage  (mais je n'ai non plus été brodeuse pro de blanc !). Comme Angélique j'ai des tiroirs pleins de textiles blancs, mais pas que de la soie, beaucoup de mouchoirs, de  fragments de dentelle de diverses broderie ajourées.  ...

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    La double page suivante est consacrée à la broderie de la mitre consacrée à  Sainte Agnès en or  nué d'or . Evidemment pas question de tenter d'égaler ce talent hors du commun !!! J'ai joué sur la ressemblance notée par Zola entre Angélique  et Agnès, voulue par Félicien auteur du "carton" de la broderie . Une dentelle dorée et quelques fils couchés (comme dans l'or  nué, mais dee façon moins élaborée ) ont  bâti ce profil de brodeuse.  Car d'une brodeuse on ne voit que le profil , lorsqu'elle travaille .

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    J'ai un peu escamoté l'histoire d'amour, mais elle revient dans cette page où Angélique retrouve un instant force pour fuir avec Félicien et donc vivre dans le péché ... elle est retenue par la rose inachevée d'un bouquet qu'elle réalise dans sa chambre  ... et  qui la rappelle à son devoir.

     

    Le reve double page avant derniererec red

     

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    La dernière page évoque le mariage et sa somptuosité  là encore pas question de figurer réalistement. Pour moi ce sont les tissus qui disent tout  . : l'apothéose  d'un  mariage, la  cathédrale  et  les grandes orgues alors même  qu'Angélique s'évapore dans la blancheur de sa robe.

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    La quatrième de couverture :

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    J'ai relié par des fils d'or  recouverts d'un ruban résille d'or. Quoi de plus adéquat pour contenir un Rêve ?

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  • Les litanies de la rose sur un texte de Rémy de Gourmont

    Rémy de Gourmont est un de "mes" premiers poètes rencontrés à l'école primaire. Dans un livre joliment nommé Clairs Sentiers CE 1 on  trouvait ce poème :

    Allons au verger Simone

    Avec un panier d'osier

    Nous dirons à nos pommiers

    Voici la saison des pommes

    Allons au verger Simone (..)

    Selon ma mauvaise habitude le texte m'est resté en mémoire, pas le nom de son auteur.

    En mai 2023,alors que  je vérifiais le sens précis du mot "litanie" car un de mes recueils en cours porte ce titre, je suis tombée sur ce texte  peu connu d'un auteur que seuls les spécialistes et  "amis de"  semblent priser et qu'indépendamment de ses textes poétiques, j'invite à redécouvrir, car  Rémy de Gourmont a beaucoup écrit et sur tous les sujets. Sa vie ne fut pas des plus heureuses et comme je dis très singulière. J'en ai retenu que défiguré par une maladie de peau grave, il vécut sa souffrance avec courage et pudeur . Il ya certes plus et mieux à garder en mémoire.

    Mais ce texte sur les roses m'a littéralement séduite. Intriguée aussi, car les fleurs n'étaient pas pour une fois édulcorées et et "gnagnatisées" comme pesque toujours. Pas l'ombre d'un poncif dans ce long texte où 59 roses différentes sont évoquées.  Le texte s'ouvre et se ferme par la formule :

    Fleur Hypocrite

    Fleur du silence .

     Répétée à la fin de chaque strophe.On peut en prendre connaissance ici

    Aussitôt  la lecture achevée, des représentations de roses sur mes textiles m'ont en quelque sorte sauté à l'esprit J'établissais ce rapport-là qui m'est si précieux entre mots et textiles et j'ai retrouvé l'espace d'un été les émotions et impressions que j'avais éprouvées quasi 20 ans auparavant en illustrant les poètes de la LGR. Ce moment où on sent que ce tissu-là c'est exactement cela ... non pas pour "traduire le texte" mais pour l'accompagner un peu au sens d'un accompagnement musical .C'est un moment un peu magique , où pour certaines strophes un tissu s'imposait comme une évidence, pour d'autres en revanche ce fut plus difficile. Et quand je n'ai pas trouvé de tissu j'ai brodé.   Ainsi cette rose rose de Chine, avec du vrai fil chinois pour la rose( ces soies si fines et si difficiles à travailler)  et un brin de soie du vrai "rose de Chine) pour le texte  :

     

    Chine red premiere

    Rose rose de
    Chine, si douce et si fanée, miraculeux amour des femmes remontantes, rose rose de
    Chine, tes épines sont mouchetées et tes griffes sont rentrées, ô patte de velours, fleur hypocrite, fleur du silence.

     

    Les strophes évoquent soit un métal : cuivre, or, argent, bronze.

     

    Or red premiere

    Rose couleur d'or pur, ô coffre-fort de l'idéal, rose couleur d'or pur, donne-nous la clef de ton ventre, fleur hypocrite, fleur du silence.

     

    Des pierres précieuses : opale, topaze , rubis, améthyste (et même escarboucle) :

     

    Rose opale red

    Rose opale, ô sultane endormie dans l'odeur du harem, rose opale, langueur des constantes caresses, ton cœur connaît la paix profonde des vices satisfaits, fleur hypocrite, fleur
    du silence.

     

    Mais aussi evidemment des couleurs : ponceau incarnat , vermillon et bien d'autres nuances de rouge.  parfois associées  à des étoffes  rose de satin cerise  :

    Rose incarnate red

    Rose incarnate, rose stupide et pleine de santé, rose incarnate, tu nous abreuves et tu nous leurres d'un vin très rouge et très bénin, fleur hypocrite, fleur du
    silence

     

    Des fruits des végétaux, groseille, paille, blé :

    Rose paille red

    Rose couleur de paille, diamant jaune parmi les crudités du prisme, rose couleur de paille, on t'a vue, cœur à cœur derrière un éventail, respirer le parfum des
    barbes, fleur hypocrite, fleur du silen

     

    Certaines s'amusent à mimer les autres fleurs : pavot, hortensia, muguette:

     

     

    Hortensia red premiere

    Rose hortensia, ô banales délices des âmes distinguées, rose néo-chrétienne, ô rose hortensia, tu nous dégoûtes de
    Jésus, fleur hypocrite, fleur du silence.

    Beaucoup évoquent directement une caractéristique physique féminine :   yeux  lèvres, chevelure   : 

    Visage peint red premiere

    Rose au visage peint comme une fille d'amour, rose au cœur prostitué, rose au visage peint, fais semblant d'être pitoyable, fleur hypocrite, fleur du silence.

     

     Toutes les strophes cependant mélangent admiration et réserve de la part de l'auteur, qui pointe souvent l'hypocrisie, la tromperie, le mensonge  le narcissisme ou la cruauté avec cependant toujours un abandon,  voire un consentement  à ce qui semble  négatif  et même une volupté à l'acceptation de ces défauts. L'usage de l'impératif dans l'adresse à la fleur marque une volonté justement de garder un lucide contrôle ...Derrière beaucoup de ces roses se profile la prostitution, ou la fausse innocence .. et pour illustrer cette rose un peu vampire, j'ai trouvé cct incroyable raté de teinture :

     

    Levres de sang red premiere

    Rose aux lèvres de sang, ô mangeuse de chair, rose aux lèvres de sang, si tu veux notre sang, qu'en ferions-nous ? bois-le, fleur hypocrite, fleur du silence.

    La religion est évoquée (avec réserve aussi, parfois ), leslitanies se ferment avec la rose papale  :

    Rose papale red j fischer

    Rose papale, rose arrosée des mains qui bénissent le monde, rose papale, ton cœur d'or est en cuivre, et les larmes qui perlent sur ta vaine corolle, ce sont les pleurs du
    Christ, fleur hypocrite, fleur du silence.

     

     

    Certaines roses ont représenté pour moi un vrai challenge, ce fameux "comment rendre" car si je ne suis pas pour une interprétation trop lourdement littérale, je n'aime pas non  plus l'évasif, le manque de rigueur. Ainsi une "Rose couleur d'aurore, couleur du temps, couleur de rien" pose un défi !

     

    Rose coueur de rien

    Rose couleur d'aurore, couleur du temps, couleur de rien, ô sourire du
    Sphinx, rose couleur d'aurore, sourire ouvert sur le néant, nous t'aimerons, car tu mens, fleur hypocrite, fleur du silence.

     Ce fut aussi l'occasion de retrouver la légende d'Hylas  avec la roe hyaline (et le sens de ce mot) et, avec la rose rubis,  l'histoire d'Akëdysséril issue d'une nouvelle de Villiers de l'Isle Adam, ami de  Rémy de Gourmont ...

    Au départ je pensais écrire le texte avec un feutre fin, mais outre que c'eût été difficile voire impossible sur certains fonds, j'ai ressenti la nécessité de le broder  lettre après lettre , mot après mot dans une sorte de rite d'appropriation. J'ai donc brodé 59 fois : fleur hypocrite, fleur du silence , sans chercher toutefois à calligraphier, ce n'était pas le but  d'autant que mon arthrose (!!) n'aidant pas j'ai brodé parfois de la main  gauche. Beaucoup de roses sont simplement appliquées à petits points  invisibles, pour d'autres j'ai brodé les bords. Les points alors ne sont pas choisis au hasard cr on le sait, pour moi les points sont écriture..  L'ensemble a été appliqué page par page sur un fond de feutrine beige un peu de la couleur du papier vieilli du fac simile du texte original manuscrit  que j'ai trouvé. Il m'a fallu quasiment un an de travail assidu pour venir à bout de ce projet. Il sera exposé du 14 au 21 octobre 2024 à l'hôtel de ville de Valenciennes dans le cadre de l'exposition textiliennes et -liens , si vous habitez le Nord ou la Belgique  , ce sera l'occasion de découvrir l'ensemble des roses (il serait fastidieux de toutes les montrer ici et les photos  ne sont pas excellentes)   aussi les nombreux autres exposants !

     

     

     

     

  • Art textile et tissus une expérience

    Dans l'article  source graphique et modèles     j'avais montré déjà combien c'est aussi le choix des étoffes valeurs couleurs motif et textures tissés qui fait la création personnelle dans un quilt ou un patchwork .

    J'ai voulu démontrer un peu plus loin  ...

    Soit ce plan de quilt que j'ai elaboré , et bloc répertorié  sous le nom  d'Attic  Window est utilisé de manière à s'adapter à des échantillons de différentes tailles. Il repose sur un contraste de valeur mais également sur une gradation dans la taille des carrés au centre du bloc  de  2 cm à 4 cm , le bloc lui restant à 6 cm de dimension totale. Les séquences se répètent de manière progressive deux carrés de 2cm, un  de 2,5 un de 3 cm,un de 3,5  deux de 4 un de 3 et on repart en inversant la progression . Le bloc mesurant 6 cm les bordures evidemment varient en largeur pour s'adapter  c'est à dire ce plan est tout sauf simpliste. En lui-même peint sur une toile je parierai qu'il aurait une chance de passer pour de l'art abstrait, pourvu qu'il soit signé d'un nom masculin et connu .. (sourire) .

     

     

     

    Facettes sch ma 14

     Je voulais quelque chose de très coloré , et le titre  Facettes est un clin d'oeil à l'artiste Käffe Fassett , bien que pour cet ouvrage je ne m'en sois pas inspirée.  Le quilt a paru comme modèle dans un  numéro de la revue Création patchwork il y a une quinzaine d'années . Le thème du magazine était "comme un tableau" et l'ouvrage fut rapproché du cubisme par la directrice de publication . Je ne pense pas qu'il le soit (sourire) et n'étant pas peintre,  mon but restait une expression par la variété des étoffes , un souci aussi de valoriser le moindre petit morceau dans une composition structurée comme une architecture. Rigueur et variété restant mes phares.

     

    facettes photo6.jpg

     

    facettes photo2.JPG

    Il y a six ou sept ans, l'envie m'a prise ede  réutiliser exactement ce même plan pour une surface d'une tonalité totalement différente, sur le thème de l'hiver, cette fois. je disposais d'une collection d'échantillons des années 50 -60 issus de la maison Jean -Claude frères,  tissus de luxe donc , dont j'avais déjà usé pour le quilt Noblesse oblige (cf index) .J'ai élu des tonalités bleues beiges et gris  réparties en zones et pour les encadrements du noir ou blanc et du blanc et noir  En variant au maximum les étoffes qui comportent aussi bien du coton que  des soies  des soies "givrées" -introuvables - ce que j'aime dans de telles surfaces c'est que les variations subtiles  sans,  gâcher l'effet d'ensemble, apportent vibrations et enlèvent la monotonie du "même tissu au même endroit"(tellement pls facile au demeurant !)  . Au public de dire si j' ai réussi .ces "Hivernales " qui viennent aussi s'insérer dans une série 'images  numériques 

    Dscf7500hivernalesred

     

    Hivrnnales detail

    à   noter que si Facettes est un  quilt matelassé , Hivernales est un patchwork, j'ai préféré donner le pouvoir d'expression aux tissus "nus" sans ajout . Et je revendique  ce droit , en  vain depuis 40 ans. Ce choix qui devrait incomber à l'artiste si on travaillait en artiste et non en couturière "disciplinée" et soumise aux diktats.  . Ce qui fait que cette surface est rigoureusement inexposable puisque les patchworks DOIVENT être des quilts matelassés.  Ni en art généraliste puisque c'est hors champ, ni en  milieu patchwork puisque il faudrait un ajout dont je ne veux absolument pas sur cette surface-là. Je laisse à réfléchir sur le degré d'intelligence des "regards sur" et des rejets et exclusions...

    Ainsi l'expérience aimerait  amener à une réflexion sur la manière dont on crée ; selon l'art qu'on pratique.  Au fait que  le bloc n'est qu'un point de départ pas un "modèle "  que chacun peut à sa guise  tranformer, comme un peintre qui peint un nu ou un paysage ne va pas avoir le même résultat qu'un autre. Revenir au point de départ d'un art qui est une expression par des tissus différents assemblés our composer quelque chose. Revenir toujours à ce que  les tissus peuvent dire et donner tels qu'on les recueille . En faire des univers ... des harmonies, des dissonances.  Réfléchir aussi sur le fait que le plan s'il est important n'est pas tout . ... penser que cet art surtout n'est ni du dessin , ni de la peinture, mais tout autre chose . Penser que tout ce travail : recueillir des étoffes les assortir , composer avec est un art quand on crée par soi-même sans copier ou suivre ...et qu'il mérite mieux que le mépris la rélégation ou l'assimilation à la copie de modèle auquel il est trop souvent condamné . Mieux aussi que le sempiternel "quelle patience" et "quelle dexterité". .. ce n'est pas cela du tout qu'il faut au départ mais un vision de ce qu'on veut obtenir avec ces étoffes-là.Bien sûr de la technique et de la patience et de l'exactitude, il en faut comme en toute activité humaine non salopée mais il en  faudrait tout autant si tous ces morceaux étaient de la même étoffe ... C'est donc que l'essentiel n'est pas là.  Plus de 40 ans que je me bats pour cela, et si je me répète c'est que j'ai le sentiment de n'y être point parvenue. Ce qu'on y loue n'est TOUJOURS pas ce que  j'aimerais qu'on y voie. alors j'essaie toujours j'essaie encore...

  • Parutions récentes

    • Le 29/06/2024

    La revue Possibles en son numéro  31   a publié un ensemble de  textes de votre servante (!) intitulé Suite polyphonique et dans le numéro L'écrivaine Janine Martin sacriste a eu le courage de s'attaquer avec discernement et sensibilité  à  la recension de mon dernier gros livre "somme"  Histoires sans Rimes ni oraisons .

    Merci à Pierre Perrin de faire vivre cette revue qui je l'avoue compte nombre d'auteurs que j'aime ! Lien vers Possibles

     

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     Et la revue les Moments Littéraires publie en so numéro 52  quelques textes D'une Mesure pour rien sous le titre Des riens . Merci à Gilbert Moreau son directeur de m'y avoir accueillie.  On  peut voir la présentation de ce numéro ici

     Au delà de ces joies vaniteuses et personnelles-que je  ne boude pas cependant  (!) ces deux revues comportent beaucoup de textes à découvrir . Dscf7477nine lecture 1red

     

    Dscf7476 rednine lecture 2