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La collection Abraham
- Le 25/08/2025
J'ai évoqué déjà plusieurs fois ma passion de collectionneuse et combien c'était essentiel pour moi de trouver des tissus hors commerce habituel, qui ont un passé et une âme.
Cette rencontre avec ces étoffes singulières date de la fin de l'année 2004. J'ai acheté à un collectionneur sur e bay un premier lot de ces "rebuts" d'une maison de Haute-Couture, la maison Abraham . Morceaux jetés soit pour coloris non conforme, souvent pour défaut d'impression ou de fabrication., soit tout simplement des essais. Ces rebuts étaient souvent magnifiques et certains morceaux ne semblaient pas avoir de défaut apparent. Mais ils avaient été jetés puis récupérés de manière licite, je précise, par un parent du collectionneur qui travaillait là. J'en ai recueilli tout ce que mes moyens financiers me permettaient d'acquérir mue par un désir les valoriser, leur donner une vie différente de celles que, sans ces défauts, elle auraient eue. les sortir donc du créneau vêtement de grand luxe pour leur faire dire autre chose. Parfois seuls, souvent en les mixant avec d'autres étoffes.
Sur la maison Abraham et son histoire, on peut consulter ce lien . Le nom de Lacroix n'est pas mentionné, mais ma collection de rebuts atteste qu' Abraham créait aussi pour ce grand couturier on nom est écrit en toutes lettres sur quelques de morceaux et avec l'abréviation LAC sur nombre d'entre eux). je possède aussi un essai du tissu avec des roses roses en silhouette visible sur la troisième photo du site. Matières diverses même si la soie domine et tissages divers, épaisseurs diverses. Beaucoup de faille, de moire, de mousseline, de crêpe, de satin , de pongé, quelques velours.
J'ajouterai qu'user d'étoffes destinées à La Haute-Couture, c'était une sorte de pied de nez à tous les mépris et condescendances que j'ai dû avaler... n'étant ni professionnelle, ni contemporaine, mais amoureuse passionnée des étoffes comme moyen d'expression. Quelles qu'elles soient ...Un crime de lèse-majesté permis puisque ces tissus devaient être jetés. Une jouissance un peu amère ...vu que mon travail est rarement jugé intéressant par ceux et celles qui décident de ce qui vaut. Pas un regret, un constat. comme je dis à ceux qui regardent vraiment d'en juger sans préjugés de notoriété ou adéquation à une tendance.
Mon premier travail a été le triptyque de Stigmates dont la démarche est expliquée ici . Oeuvre présentée à l'exposition Textiliennes- liens à Valenciennes en 2019.
J'ai continué en 2015 avec l'expériences de La grande parade racontée dans ces trois articles :
L'exposition champêtre n'a eu pour visiteurs que les oiseaux et les chats, et j'ai pu la montrer ensuite à un happy very few en salle des machines, où ces panneaux sont toujours conservés en rouleaux sans murs. On peut voir l'ensemble des panneaux ici
Mais naturellement vu ma manière de "mixer" des étoffes venues d'un peu partout dans mes ouvrages il est bien des morceaux que j'ai glissés ça et là, dans le Chant des couleurs notamment. L'ensemble de ces livrets a été exposé à Valenciennes dans le cadre de l'exposition Textiliennes- liens en 2022. Et notamment pour ce diptyque texte-textiles Fuchsia .
Des quilts ou surfaces construites entièrement ou majoritairement avec ce trésor. Lequel trésor comporte de très grands morceaux surtout des voiles magnifiques avec lesquels j'ai créé ce quilt Cocktail offert au collectionneur qui m'a vendu à prix d'ami ces merveilles :
un autre intitulé Joyaux est en chantier c'est un charm quilt constitué donc de morceaux coupés chacun dans un voile différent. L'assemblage a n'en est pas particulièrement aisé ... ni ce que je nomme "assortissage" mais j'en viendrai à bout !
Il faudrait y ajouter les "mises en scènes ou chiffonnades " où j'ai travaillé sur ces voiles froissés (avec ajout de dentelles de Calais)
Les quilts fondés sur un gabarit unique me séduisent, ils donnent une unité aux surfaces et permettent la plus grande variété d'étoffes . pour peu qu'on suive un rythme ou une stratégie de couleurs. ainsi est conçu My tailor is rich avec des morceaux de lamés quasiment tous issus des chutes de cette collection . Je leur ai adjoint des soies dont beaucoup proviennent aussi de ce stock. J'ai usé du motif dit le dé à coudre d'où le titre :
Et c'est en le cousant que comme souvent m'est venue l'idée d'utiliser d'autres soies dans un autre autre surface à gabarit unique avec là un choix de soie et de velours eux aussi issus en majorité (mais pas exclusvement de la collection). Le motif spinning star choisi pour Un avenir radieux n'est déjà pas particulièrement facile à assembler en coton ; Alors, qu'on imagine en soie et velours....
Les lamés m'ont inspiré ausi le tableau Le manteau de Flore où j'ai allié ces étoffes sompteuses et un peu clinquantes avec de petits morceaux de cotonnades humbles retravaillées en broderie à la machine, sous un tulle:
J'ai récupéré aussi de toutes petites bandes de pongé, satin et crepes de soie de couleur variées avec lesquelles j'ai construit le log cabin Caprice.
Pour utiliser des échantillons de crêpe de soie dite "givrée " j'ai imaginé des gratte-ciel dans une ville la nuit, j'y ai adjoint des moires imprimées souvent de dessins noirs, ainsi que des échantillons de pongé mprimés de d'étoiles et de pois :
Evidemment j'ai glisé pas mal de cs somptueuses étoffes dans mes crazys quilts. Les soies blanches et beiges abondantes dans le stock que 'ai recueilli (en attente de teinture ) ont donné naissance au quilt Eclats de soie bien que les éclats de couleurs soient issus d'une autre source : les nuanciers et collections d'échantillons :
les unis de la collection lisses ou texturés qui m'ont aussi fourni les fonds de pas mal d'objets créées pour la revue broderie d'art : couvre-livre, sacs, coussins selon les demandes de la directrice de publication et les lamés des bordures pour les écharpes et châles ; là je rejoignais l'utilisation première de la Haute-Couture bien que n'étant que petite cousette :
.Lorsque j'ai illustré en 2023 les litanies de la rose de Remy de Gourmont ces beaux tissus m'nt parfois sauté dans la main certaines roses étaient tellement en accord avec le texte du poète et le motif de roses est dominant dans le lot qui m'est échu ..... outre qu'il m'en fallait 59 différentes ... ainsi ai-je exploité ce que je qualifierai de superbe erreur sur ce lainage léger pour une "rose aux lèvres de sang" un peu vampirique qui a pompé l'encre de ses voisines ! Les roses de Gourmont on été exposées en 2024 dans le cadre de l'exposition Textiliennes-liens à Valenciennes :
Et naturellement il y a pas mal de ces merveilles dans mes crazy quilts et tableaux textiles. Ainsi les tableaux de la série Sensualité La chambre ardente et à fleur de peau utilisent des velours dévorés et lamés aux fleurs magiques :
Ces oeuvres qand elles n'ont pas été données restent pour le moment visibles en Salle des machines (ce n'est qu'une de mes voies ) . Il me reste aussi quelques chantiers à achever et tant que ma vue me le permet, je garde ces étoffes pour mon inspiration (je ne sais ja mais de quoi je peux avoir besoin pour dire , ni de combien ... mais j'ai déjà partagé naguère avec des amies et relations).
La question reste : après moi que deviendront tous ces rebuts de luxe ? Je ls lèguerai volontiers à de plus jeunes pourvu qu'elles aient un amour des tissus ..Je ne parle même pas des oeuvres créézs avec eux, puisque si ce n'est pas signé d'un grand nom ou assez conceptuel ou contemporain ça reste difficile à expose et les lieux de conservation pour le textile n'existent pas sauf si c'est jugé assez remarquable pour ce faire. Or je suis tragiquement inapte à me faire remarquer là où "ça compte". Il me restera la joie d'avoir bâti avec tous ces trésors quelque chose que j'aurais aimé montrer, pour la joie d'autres peut-être montrer pas forcément vendre et c'est là que tout se bloque, aussi.
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Blues plus ça change, plus c'est pareil...
- Le 10/04/2025
J'avais écrit ceci , l'an dernier, sur Facebook . Je reproduis .. :
Je reçois comme souvent une publicité pour un salon d'art "contemporain" , à murs payants evidemment , et je regarde les disciplines admises : peinture gravure, sculpture, dessin BD, photographie, art digital, art du verre céramique .
Art textile; niet néant même pas dans ses versions actuelles "moins y'a de tissu, plus c'est de l'art"et s'il ya un bout de fil qui relie n'importe quoi c'est de l'art textile contemporain supérieur. . Alors voyez quand vous me dites : c'est pareil pour tous les arts, ou qu'il existe quelques groupes dominants le creneau depuis les années 2000 (et dont j'ai vu l'émergence aux dépens de ce que moi , hélas j'aime faire, du moins d'une bonne partie ) , je songe que non .... cet art des tissus (et pas que "textile") des tissus aimés assemblés , dont on use comme une expression pleine et entière n'est toujours pas à la même place que les autres.Sauf à le faire ressembler à un "grand art admis" ce qui pour moi est à l'inverse de mon chemin.
Je l'aime moi cet art en ce qu'il ne ressemble pas aux autres ! Regardez les "appels à " ... Un art textile conceptuel trouve sa place dans des groupes très sélectifs et fermés où les mosaïstes pur fil pur tissus sont regardées comme des faiseuses de jolies choses...du "folklore quoi. Toujours jugées à la perfection technique alors que côté contemporain on se vante de "ne pas savoir coudre".Le salopé, ça fait inspiré, parfois.
Pas de patchwork" me disait une des instances "racoleuses" il y a six ou sept ans. Toujours pas . De l'art textile en sculpture on peut .la surface ça fait trop "couverture" ben voyons. Mais une peinture non , evidemment. En peinture on s'extasie devant des abstractions géométriques en carrés rectangles etc. mais chez nous si on travaille ainsi on est classée 'traditionnelle sans imagination et c'est jugé bon pour se distraire ..c'est juste de la belle ouvrage mise sur même plan que la décalque de modèles de revues et livres, même quand ça n'en est pas .Création et élaboration niées constamment . Rouleau compresseur de l'incompréhension phénoménale, même sous les compliments . Si je le répète (avec preuves et constat. que ça ne change que pour celles qui sont du bon côté de l'inspiration . Des tendances admises et louées que j'admire d'ailleurs aussi même si le regard sur mes mosaïques à moi est absent c'est pas leur tasse de thé et l'intérêt ne se force pas (quoique le mien, lui, a fait l'effort d'aller vers parfois .. !) .
Si vous saviez combien de fois de ce côté-là on m'a recommandé d'abandonner mes chères mosaïques géométriques en tissus imprimés venus de partout (pas de pré-assorti acheté au salon aiguille en folie!!) et à chaque fois, même si j'aime aussi d'autres manières tout autant d'assemblage textile de m'exprimer ,et mêmes d'autres arts, et même si j'ai même fait des choses étiquetées "contemporaines" je précise que ce choix n'est pas d'incompétence c'est comme le disait un premier livre "une illustration d'un art obscur" . Occulté et minoré par la "corporation" -même" dont je connais tout de même aussi un peu l'histoire ... Je sais il y a problèmes plus graves que mes éternels agacements à ce sujet . Mais tant pis, je le redis, once more.
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La robe de plumes
- Le 24/02/2025
On le sait j'aime illustrer des contes, c'est même par là que j'ai commencé à explorer la liaison textes et textiles il ya presque un quart de siècle; ce n'était pas du tout à la mode...
J'avais commencé par le petit chaperon rouge sous le titre Loup y es-tu (cf index lettre L)pour ma fille, alors enfant. J'ai continué usant surtout du crazy quilting avec Peau d'âne et La grue blanche, une autre légende japonaise.
Quand Marie Claude Peyre du groupe Etoffes d'histoires a proposé d'illustrer un conte, j'avais déjà en cours cette robe de plumes , illustration d'une autre légende japonaise mais cette fois en "piécé avec de très petites chutes de soies de kimono issues d'autres ouvrages. Du patchwork , come je le défends ... pas forcémnt un quilt, donc. .
J'ai rencontré cette légende, la première fois à mon adolescence. Je lisais pour me détendre et sans leur demander d'être de la philosohie pas mal de romans sentimentaux (j'en lis toujours !) dont cette robe de plumes de Daniel Gray, pseudonyme d' Agnès Chabrier qui partagea son oeuvre entre textes sérieux et jugés vraiment "littéraires" et récits on va dire pour grand public ... et la Robe de plumes paru sous le pseudnyme de Daniel Gray me semble malgré son classement par l'auteur côté sentimental différent de ce qu'on pouvait lire dans les magazines à l'époque.
Revenons à la légende japonaise elle est résumée ici . Elle est centrée sur cette robe (cape ou manteau de plumes ). Le personnage féminin assimilé à un ange . Sans elle, il ne peut ce qu'on appelle "paradis" . Notions chrétiennes sans doute approchées...
Ce manteau ou robe quand il est décrit l'est comme très coloré et chatoyant et c 'est cet aspect que j'ai voulu rendre avec des petites chutes de soie de kimonos authentiques récupérés, aussi variées que possible. Le gabarit de parallélépipède miniaturisé a été fixé sur un fond en toile de beurre et en l'inversant j 'ai obtenu un motif de "plumes" séparées par une bande brodée d'un point d'épine (feather stitch en anglais ou point de plume!) pour marquer la "nervure" de la plume. Les bandes sont disposées de manière irréguière et la robe s'évase vers le haut pour lequel j'ai utilsé un morccau plus grand figurant pour moi le ciel et les montagnes (ou les nuages).
La bordure issue elle aussi d'un kimono est un clin d'oeil à mon nom matrimonial qui signifie pêcheur. C'est un pêcheur qui trouve la robe de plumes sur un plage. Et le kimono qui représente des vagues a appartenu à mon mari. Des plumes en passementerie ont été rajoutées dans les coins.
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Dactylographie, typographie et orthographe
- Le 04/02/2025
Récemment alors que j'avais publié un texte en réponse à cette antienne qui traîne sur Facebook, selon laquelle reprendre une faute d'orthographe serait "une faute d'humanité", un monsieur champion d'orthographe dans son Landernau, me souligne trente trois "fautes" -moi je dis erreur, en me tutoyant sans me connaître et en m'insultant trouvant mon texte "bouffi" . (celui qui le dit l'est parfois tout autant). Le texte ne contient aucune faute d'orthographe mais des espaces en trop et des majuscules oubliées. Contrarié par le fond, mon détracteur s'en prend donc aux failles de forme, et pour lui c'est plus grave puisqu'il m'accuse de voir la paille dans l'oeil du voisin et pas la poutre dans le mien. Il ne s'agit pas d'une poutre, mais de trois compétences différentes. J'ai appris l'orthographe en écriture manuscrite à une époque où les ordinateurs n'existaient pas, mais je n'ai pas appris la dactylographie(qui était un métier à mon époque !) et encore moins la typographie sauf ce qui m'a été plus tard nécessaire pour faire mes maquettes de livres. Juste que je sais le sens des mots, et à quelles compétences ils correspondent.
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Je suis parfaitement consciente d'être une très mauvaise dactylographe, mais la dactylographie n'est pas l'orthographe. Ce n'est pas du tout la même compétence. Quand j'apprenais l'orthographe à mes élèves, ils écrivaient en manuscrit. Et en manuscrit ce texte n'aurait pas comporté trente fautes dont certaines sont typographiques et non dactylographiques. Et je n'enseignais ni la typographie ni la dactlographie à mes élèves. Mais mes compétences en orthographe ont toujours été reconnues. Je n'ai jamais en revanche tenté des championnats d'orthographe quels qu'ils soient, non que je les trouve inutiles, mais ce n'est pas parce qu'on distingue les cuissots des cuisseaux qu'on comprend le système de langue. Et qu'on est capable de l'expliquer et de le transmettre.
Oublier une lettre ou en tapant la voisine de clavier, c'est une faute de frappe. Ce n'est pas une faute d'orthographe. Ce sont deux compétences tout à fait différentes, et n'en déplaise à ce monsieur, confondre tout n'a jamais été signe d'intelligence. J'essaie de remédier en tapant moins vite, mais comme je pense très vite, je perds ainsi mon fil et mon rythme de pensée. Une majuscule oubliée, cela peut-être tout simplement qu'on n'a pas appuyé assez longtemps sur la touche Maj. Toute erreur qu'on ne commettrait pas en écrivant à la main ne saurait être une erreur d'orthographe.
Mettre une espace en trop, ce qui est ma fâcheuse manie, c'est une faute de typographie (espace est féminin en typographie). Bien sûr, je relis mais cela fatigue et ma vue que je dois absolument ménager font que j'oublie ce type d'erreurs. Il m'a toujours semblé qu'écrire avec des espaces en trop n'affectait pas la lecture autant que d'écrire en faisant des fautes graves de syntaxe ou de conjugaison, et en manuscrit ce type d'erreurs n'existe pas, on ne calcule pas la distance entre le mot manuscrit et le point, ni le mot suivant. Il y a assez à faire avec les vraies erreurs orthographiques ! Les plus graves étant les syntaxiques.
Les majusules accentuées sont une mode récente en typographie, il m'arrive de les oublier. Ouvrez un livre des années 60 : il n'en comporte pas et en manuscrit on n'accentuait pas non plus les majuscules dans nos dictées ( je crois même que c'était une erreur de le faire !). Je ne prétends pas du reste être omnisciente en orthographe non plus. Mais expliquer de façon simple l'accord du participe passé, trouver une méthode qui fonctionne dans plus de 90 pour cent des cas, mêmes difficiles, ça je ne sais pas si ce champion mal embouché bouffi lui-même de sa propre suffisance, sait faire. Moi je l'ai fait et on peut la lire ici : https://ledixvinsblog.wordpress.com/2023/03/10/du-bon-usage-de-la-langue-francaise-jacqueline-fischer-le-participe-passe/.
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Le rêve d 'Emile Zola : accompagnement textile
- Le 09/01/2025
Lorsque sur Facebook dans le groupe Etoffes d'histoire créé par Marie-Claude Peyre, un projet fut lancé, celui de prendre un livre comme fondement d'un ouvrage textile, je me suis sentie concernée. Je me suis donc inscrite.
J'ai pensé tout de suite au Rêve d'Emile Zola, ce roman, écrit après la Terre. L'auteur affirme dans ses notes avoir voulu faire un livre "qu'on n'attendait pas de lui''. Souvent considéré comme une oeuvre mineure dans les Rougon Macquart, qualifié de "conte bleu" ...Je dirai plutôt de conte en blanc et or!
Ce texte, je l'avais découvert à 12 ans ; c'était le seul Zola qui nous fût permis; et à 12 ans j'aimais déjà broder. Je dois dire que j'ai été d'emblée fascinée par ce personnage de la jeune Angélique, enfant trouvée et brodeuse "inspirée" . Elle m'évoquait un peu la petite fille de neige d'un autre conte que j'avais aimé à sept ans qui, elle, s'évapore dans le feu de la saint Jean. et que j'illustrerai peut-être!
Zola décrit notamment sa virtuosité technique mais aussi la manière dont elle rend vivantes ses oeuvres (et ça c'est resté mon rêve à moi, non la virtuosité mais le fait d'animer ce qu'on crée d'un souffle vital !). Et je relisais et relisais les descriptions de l'or nué (empruntées à Saint-Aubin) . Je précise je n'ai jamais fait de vraie broderie d'or . Ici on décrit un artisanat d'art très exigeant exercé surtout dans le domaine religieux. Hubert le père adoptif d'Angélique est chasublier et sa maison est blottie dans l'ombre de la cathédrale . La foi d'Angélique nous dit Zola est celle c'une chrétienne primitive. La lecture de La légende dorée de Voragine n'y est pas pour rien.
Je n'ai pas essayé de faire des illustrations figuratives collant au texte ni de faire des broderies à la façon d'Angélique (j'en suis incapable) mais j'ai délégué aux tissus et aux fils le soin de rendre ce que je voulais souligner. J'ai sélectionné des moments textiles du roman. Je me suis laissé porter par les couleurs : le blanc de la neige, des tissus qu'affectionne Angélique celui de la lessive où Félicien fait son aveu , le blanc de la chambre qui la retient au moment de s'enfuir ...Cette "ombre blanche" qu'elle dit voir s'envoler le matin près d'elle à son éveil ...
L'or bien sûr omniprésent dans son travail et symbole du Rêve de noblesse et d'élévation sociale autant que spirituelle .S'y ajoutent le bleu du ciel, le vert du printemps les églantines de l'espoir ...
J'ai voulu aussi que le texte qui m'avait inspiré la page textile soit résent. Pour la beauté dudit texte, déjà . Mais ne pouvant le broder si fin je l'ai écrit à l'encre vieil or. Travail en double page donc. Un ruban sur la page de texte annonce le thème de la page "tableau".Pour la première de couverture j'ai utilisé un velours d'époque et une broderie d'or authentique donc un peu ternie (l'or c'était du cuivre le plus souvent car le vrai or lui ne ternit pas ) . Je voulais un côté "livre ancien" un peu comme ce livre de la légende dorée qu' Angélique découvre .
La premiere double page concerne l'enfant tombée au portail d'une cathédrale fictive sous la protection des saintes (dont sainte Agnès dont la figure domine le récit) et vêtue de loques. J'ai rendu ce dénuement extrême des haillons par des filaments de chanvre auquel j'ai ajouté l'or des cheveux.
J'ai sélectionné ensuite le passage où Angélique plante un églantier Et ne doute pas que sans greffe il donnera des roses . Brodeuse débutante j'ai exécuté quelques d'églantines sur des napperons, et c'est un de ces dessins gardés des hebdomadaires des années 60 qui présidèrent à mon humble apprentissage "amateur" que j'ai élue, mais je l'ai brodée non en coton mais en soie (ce qui pour moi symbolise ce passage de l'apprentissage à celui où je fus créatrice pour une revue de broderie). Elle est présente sur la robe d'Angélique. Et pour son visage quoi de mieux qu'une rose (la même que celle qui symbolise quelques pages plus loin sa robe de mariée ).
La double page suivante est eminemment textile puisque c'est celle où Zola décrit ce monde de somptuosité des étoffes dans lesquelles Angélique vit et qu'elle brode , avec une explication des couleurs rituelles pour les chasubles .
La quatrième page s'inspire du passage où la jeune flle explique à Félicien son amour du blanc (par lassitude aussi du trop de couleurs )et son secret celui de se croire accompagnée de l'envolée blanche d'une sainte, à son réveil. Cet amour du blanc je le partage (mais je n'ai non plus été brodeuse pro de blanc !). Comme Angélique j'ai des tiroirs pleins de textiles blancs, mais pas que de la soie, beaucoup de mouchoirs, de fragments de dentelle de diverses broderie ajourées. ...
La double page suivante est consacrée à la broderie de la mitre consacrée à Sainte Agnès en or nué d'or . Evidemment pas question de tenter d'égaler ce talent hors du commun !!! J'ai joué sur la ressemblance notée par Zola entre Angélique et Agnès, voulue par Félicien auteur du "carton" de la broderie . Une dentelle dorée et quelques fils couchés (comme dans l'or nué, mais dee façon moins élaborée ) ont bâti ce profil de brodeuse. Car d'une brodeuse on ne voit que le profil , lorsqu'elle travaille .
J'ai un peu escamoté l'histoire d'amour, mais elle revient dans cette page où Angélique retrouve un instant force pour fuir avec Félicien et donc vivre dans le péché ... elle est retenue par la rose inachevée d'un bouquet qu'elle réalise dans sa chambre ... et qui la rappelle à son devoir.
La dernière page évoque le mariage et sa somptuosité là encore pas question de figurer réalistement. Pour moi ce sont les tissus qui disent tout . : l'apothéose d'un mariage, la cathédrale et les grandes orgues alors même qu'Angélique s'évapore dans la blancheur de sa robe.
La quatrième de couverture :
J'ai relié par des fils d'or recouverts d'un ruban résille d'or. Quoi de plus adéquat pour contenir un Rêve ?
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Les litanies de la rose sur un texte de Rémy de Gourmont
- Le 31/08/2024
- Dans présentation
Rémy de Gourmont est un de "mes" premiers poètes rencontrés à l'école primaire. Dans un livre joliment nommé Clairs Sentiers CE 1 on trouvait ce poème :
Allons au verger Simone
Avec un panier d'osier
Nous dirons à nos pommiers
Voici la saison des pommes
Allons au verger Simone (..)
Selon ma mauvaise habitude le texte m'est resté en mémoire, pas le nom de son auteur.
En mai 2023,alors que je vérifiais le sens précis du mot "litanie" car un de mes recueils en cours porte ce titre, je suis tombée sur ce texte peu connu d'un auteur que seuls les spécialistes et "amis de" semblent priser et qu'indépendamment de ses textes poétiques, j'invite à redécouvrir, car Rémy de Gourmont a beaucoup écrit et sur tous les sujets. Sa vie ne fut pas des plus heureuses et comme je dis très singulière. J'en ai retenu que défiguré par une maladie de peau grave, il vécut sa souffrance avec courage et pudeur . Il ya certes plus et mieux à garder en mémoire.
Mais ce texte sur les roses m'a littéralement séduite. Intriguée aussi, car les fleurs n'étaient pas pour une fois édulcorées et et "gnagnatisées" comme pesque toujours. Pas l'ombre d'un poncif dans ce long texte où 59 roses différentes sont évoquées. Le texte s'ouvre et se ferme par la formule :
Fleur Hypocrite
Fleur du silence .
Répétée à la fin de chaque strophe.On peut en prendre connaissance ici
Aussitôt la lecture achevée, des représentations de roses sur mes textiles m'ont en quelque sorte sauté à l'esprit J'établissais ce rapport-là qui m'est si précieux entre mots et textiles et j'ai retrouvé l'espace d'un été les émotions et impressions que j'avais éprouvées quasi 20 ans auparavant en illustrant les poètes de la LGR. Ce moment où on sent que ce tissu-là c'est exactement cela ... non pas pour "traduire le texte" mais pour l'accompagner un peu au sens d'un accompagnement musical .C'est un moment un peu magique , où pour certaines strophes un tissu s'imposait comme une évidence, pour d'autres en revanche ce fut plus difficile. Et quand je n'ai pas trouvé de tissu j'ai brodé. Ainsi cette rose rose de Chine, avec du vrai fil chinois pour la rose( ces soies si fines et si difficiles à travailler) et un brin de soie du vrai "rose de Chine) pour le texte :
Rose rose de
Chine, si douce et si fanée, miraculeux amour des femmes remontantes, rose rose de
Chine, tes épines sont mouchetées et tes griffes sont rentrées, ô patte de velours, fleur hypocrite, fleur du silence.Les strophes évoquent soit un métal : cuivre, or, argent, bronze.
Rose couleur d'or pur, ô coffre-fort de l'idéal, rose couleur d'or pur, donne-nous la clef de ton ventre, fleur hypocrite, fleur du silence.
Des pierres précieuses : opale, topaze , rubis, améthyste (et même escarboucle) :
Rose opale, ô sultane endormie dans l'odeur du harem, rose opale, langueur des constantes caresses, ton cœur connaît la paix profonde des vices satisfaits, fleur hypocrite, fleur
du silence.Mais aussi evidemment des couleurs : ponceau incarnat , vermillon et bien d'autres nuances de rouge. parfois associées à des étoffes rose de satin cerise :
Rose incarnate, rose stupide et pleine de santé, rose incarnate, tu nous abreuves et tu nous leurres d'un vin très rouge et très bénin, fleur hypocrite, fleur du
silenceDes fruits des végétaux, groseille, paille, blé :
Rose couleur de paille, diamant jaune parmi les crudités du prisme, rose couleur de paille, on t'a vue, cœur à cœur derrière un éventail, respirer le parfum des
barbes, fleur hypocrite, fleur du silenCertaines s'amusent à mimer les autres fleurs : pavot, hortensia, muguette:
Rose hortensia, ô banales délices des âmes distinguées, rose néo-chrétienne, ô rose hortensia, tu nous dégoûtes de
Jésus, fleur hypocrite, fleur du silence.Beaucoup évoquent directement une caractéristique physique féminine : yeux lèvres, chevelure :
Rose au visage peint comme une fille d'amour, rose au cœur prostitué, rose au visage peint, fais semblant d'être pitoyable, fleur hypocrite, fleur du silence.
Toutes les strophes cependant mélangent admiration et réserve de la part de l'auteur, qui pointe souvent l'hypocrisie, la tromperie, le mensonge le narcissisme ou la cruauté avec cependant toujours un abandon, voire un consentement à ce qui semble négatif et même une volupté à l'acceptation de ces défauts. L'usage de l'impératif dans l'adresse à la fleur marque une volonté justement de garder un lucide contrôle ...Derrière beaucoup de ces roses se profile la prostitution, ou la fausse innocence .. et pour illustrer cette rose un peu vampire, j'ai trouvé cct incroyable raté de teinture :
Rose aux lèvres de sang, ô mangeuse de chair, rose aux lèvres de sang, si tu veux notre sang, qu'en ferions-nous ? bois-le, fleur hypocrite, fleur du silence.
La religion est évoquée (avec réserve aussi, parfois ), leslitanies se ferment avec la rose papale :
Rose papale, rose arrosée des mains qui bénissent le monde, rose papale, ton cœur d'or est en cuivre, et les larmes qui perlent sur ta vaine corolle, ce sont les pleurs du
Christ, fleur hypocrite, fleur du silence.Certaines roses ont représenté pour moi un vrai challenge, ce fameux "comment rendre" car si je ne suis pas pour une interprétation trop lourdement littérale, je n'aime pas non plus l'évasif, le manque de rigueur. Ainsi une "Rose couleur d'aurore, couleur du temps, couleur de rien" pose un défi !
Rose couleur d'aurore, couleur du temps, couleur de rien, ô sourire du
Sphinx, rose couleur d'aurore, sourire ouvert sur le néant, nous t'aimerons, car tu mens, fleur hypocrite, fleur du silence.Ce fut aussi l'occasion de retrouver la légende d'Hylas avec la roe hyaline (et le sens de ce mot) et, avec la rose rubis, l'histoire d'Akëdysséril issue d'une nouvelle de Villiers de l'Isle Adam, ami de Rémy de Gourmont ...
Au départ je pensais écrire le texte avec un feutre fin, mais outre que c'eût été difficile voire impossible sur certains fonds, j'ai ressenti la nécessité de le broder lettre après lettre , mot après mot dans une sorte de rite d'appropriation. J'ai donc brodé 59 fois : fleur hypocrite, fleur du silence , sans chercher toutefois à calligraphier, ce n'était pas le but d'autant que mon arthrose (!!) n'aidant pas j'ai brodé parfois de la main gauche. Beaucoup de roses sont simplement appliquées à petits points invisibles, pour d'autres j'ai brodé les bords. Les points alors ne sont pas choisis au hasard cr on le sait, pour moi les points sont écriture.. L'ensemble a été appliqué page par page sur un fond de feutrine beige un peu de la couleur du papier vieilli du fac simile du texte original manuscrit que j'ai trouvé. Il m'a fallu quasiment un an de travail assidu pour venir à bout de ce projet. Il sera exposé du 14 au 21 octobre 2024 à l'hôtel de ville de Valenciennes dans le cadre de l'exposition textiliennes et -liens , si vous habitez le Nord ou la Belgique , ce sera l'occasion de découvrir l'ensemble des roses (il serait fastidieux de toutes les montrer ici et les photos ne sont pas excellentes) aussi les nombreux autres exposants !
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Art textile et tissus une expérience
- Le 16/07/2024
- Dans opinions
Dans l'article source graphique et modèles j'avais montré déjà combien c'est aussi le choix des étoffes valeurs couleurs motif et textures tissés qui fait la création personnelle dans un quilt ou un patchwork .
J'ai voulu démontrer un peu plus loin ...
Soit ce plan de quilt que j'ai elaboré , et bloc répertorié sous le nom d'Attic Window est utilisé de manière à s'adapter à des échantillons de différentes tailles. Il repose sur un contraste de valeur mais également sur une gradation dans la taille des carrés au centre du bloc de 2 cm à 4 cm , le bloc lui restant à 6 cm de dimension totale. Les séquences se répètent de manière progressive deux carrés de 2cm, un de 2,5 un de 3 cm,un de 3,5 deux de 4 un de 3 et on repart en inversant la progression . Le bloc mesurant 6 cm les bordures evidemment varient en largeur pour s'adapter c'est à dire ce plan est tout sauf simpliste. En lui-même peint sur une toile je parierai qu'il aurait une chance de passer pour de l'art abstrait, pourvu qu'il soit signé d'un nom masculin et connu .. (sourire) .
Je voulais quelque chose de très coloré , et le titre Facettes est un clin d'oeil à l'artiste Käffe Fassett , bien que pour cet ouvrage je ne m'en sois pas inspirée. Le quilt a paru comme modèle dans un numéro de la revue Création patchwork il y a une quinzaine d'années . Le thème du magazine était "comme un tableau" et l'ouvrage fut rapproché du cubisme par la directrice de publication . Je ne pense pas qu'il le soit (sourire) et n'étant pas peintre, mon but restait une expression par la variété des étoffes , un souci aussi de valoriser le moindre petit morceau dans une composition structurée comme une architecture. Rigueur et variété restant mes phares.
Il y a six ou sept ans, l'envie m'a prise ede réutiliser exactement ce même plan pour une surface d'une tonalité totalement différente, sur le thème de l'hiver, cette fois. je disposais d'une collection d'échantillons des années 50 -60 issus de la maison Jean -Claude frères, tissus de luxe donc , dont j'avais déjà usé pour le quilt Noblesse oblige (cf index) .J'ai élu des tonalités bleues beiges et gris réparties en zones et pour les encadrements du noir ou blanc et du blanc et noir En variant au maximum les étoffes qui comportent aussi bien du coton que des soies des soies "givrées" -introuvables - ce que j'aime dans de telles surfaces c'est que les variations subtiles sans, gâcher l'effet d'ensemble, apportent vibrations et enlèvent la monotonie du "même tissu au même endroit"(tellement pls facile au demeurant !) . Au public de dire si j' ai réussi .ces "Hivernales " qui viennent aussi s'insérer dans une série 'images numériques
à noter que si Facettes est un quilt matelassé , Hivernales est un patchwork, j'ai préféré donner le pouvoir d'expression aux tissus "nus" sans ajout . Et je revendique ce droit , en vain depuis 40 ans. Ce choix qui devrait incomber à l'artiste si on travaillait en artiste et non en couturière "disciplinée" et soumise aux diktats. . Ce qui fait que cette surface est rigoureusement inexposable puisque les patchworks DOIVENT être des quilts matelassés. Ni en art généraliste puisque c'est hors champ, ni en milieu patchwork puisque il faudrait un ajout dont je ne veux absolument pas sur cette surface-là. Je laisse à réfléchir sur le degré d'intelligence des "regards sur" et des rejets et exclusions...
Ainsi l'expérience aimerait amener à une réflexion sur la manière dont on crée ; selon l'art qu'on pratique. Au fait que le bloc n'est qu'un point de départ pas un "modèle " que chacun peut à sa guise tranformer, comme un peintre qui peint un nu ou un paysage ne va pas avoir le même résultat qu'un autre. Revenir au point de départ d'un art qui est une expression par des tissus différents assemblés our composer quelque chose. Revenir toujours à ce que les tissus peuvent dire et donner tels qu'on les recueille . En faire des univers ... des harmonies, des dissonances. Réfléchir aussi sur le fait que le plan s'il est important n'est pas tout . ... penser que cet art surtout n'est ni du dessin , ni de la peinture, mais tout autre chose . Penser que tout ce travail : recueillir des étoffes les assortir , composer avec est un art quand on crée par soi-même sans copier ou suivre ...et qu'il mérite mieux que le mépris la rélégation ou l'assimilation à la copie de modèle auquel il est trop souvent condamné . Mieux aussi que le sempiternel "quelle patience" et "quelle dexterité". .. ce n'est pas cela du tout qu'il faut au départ mais un vision de ce qu'on veut obtenir avec ces étoffes-là.Bien sûr de la technique et de la patience et de l'exactitude, il en faut comme en toute activité humaine non salopée mais il en faudrait tout autant si tous ces morceaux étaient de la même étoffe ... C'est donc que l'essentiel n'est pas là. Plus de 40 ans que je me bats pour cela, et si je me répète c'est que j'ai le sentiment de n'y être point parvenue. Ce qu'on y loue n'est TOUJOURS pas ce que j'aimerais qu'on y voie. alors j'essaie toujours j'essaie encore...
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Parutions récentes
- Le 29/06/2024
La revue Possibles en son numéro 31 a publié un ensemble de textes de votre servante (!) intitulé Suite polyphonique et dans le numéro L'écrivaine Janine Martin sacriste a eu le courage de s'attaquer avec discernement et sensibilité à la recension de mon dernier gros livre "somme" Histoires sans Rimes ni oraisons .
Merci à Pierre Perrin de faire vivre cette revue qui je l'avoue compte nombre d'auteurs que j'aime ! Lien vers Possibles
Et la revue les Moments Littéraires publie en so numéro 52 quelques textes D'une Mesure pour rien sous le titre Des riens . Merci à Gilbert Moreau son directeur de m'y avoir accueillie. On peut voir la présentation de ce numéro ici
Au delà de ces joies vaniteuses et personnelles-que je ne boude pas cependant (!) ces deux revues comportent beaucoup de textes à découvrir .