présentation ouvrages
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La robe de plumes
- Par FISCHER JACQUELINE
- Le 24/02/2025
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On le sait j'aime illustrer des contes, c'est même par là que j'ai commencé à explorer la liaison textes et textiles il ya presque un quart de siècle; ce n'était pas du tout à la mode...
J'avais commencé par le petit chaperon rouge sous le titre Loup y es-tu (cf index lettre L)pour ma fille, alors enfant. J'ai continué usant surtout du crazy quilting avec Peau d'âne et La grue blanche, une autre légende japonaise.
Quand Marie Claude Peyre du groupe Etoffes d'histoires a proposé d'illustrer un conte, j'avais déjà en cours cette robe de plumes , illustration d'une autre légende japonaise mais cette fois en "piécé avec de très petites chutes de soies de kimono issues d'autres ouvrages. Du patchwork , come je le défends ... pas forcémnt un quilt, donc. .
J'ai rencontré cette légende, la première fois à mon adolescence. Je lisais pour me détendre et sans leur demander d'être de la philosohie pas mal de romans sentimentaux (j'en lis toujours !) dont cette robe de plumes de Daniel Gray, pseudonyme d' Agnès Chabrier qui partagea son oeuvre entre textes sérieux et jugés vraiment "littéraires" et récits on va dire pour grand public ... et la Robe de plumes paru sous le pseudnyme de Daniel Gray me semble malgré son classement par l'auteur côté sentimental différent de ce qu'on pouvait lire dans les magazines à l'époque.
Revenons à la légende japonaise elle est résumée ici . Elle est centrée sur cette robe (cape ou manteau de plumes ). Le personnage féminin assimilé à un ange . Sans elle, il ne peut ce qu'on appelle "paradis" . Notions chrétiennes sans doute approchées...
Ce manteau ou robe quand il est décrit l'est comme très coloré et chatoyant et c 'est cet aspect que j'ai voulu rendre avec des petites chutes de soie de kimonos authentiques récupérés, aussi variées que possible. Le gabarit de parallélépipède miniaturisé a été fixé sur un fond en toile de beurre et en l'inversant j 'ai obtenu un motif de "plumes" séparées par une bande brodée d'un point d'épine (feather stitch en anglais ou point de plume!) pour marquer la "nervure" de la plume. Les bandes sont disposées de manière irréguière et la robe s'évase vers le haut pour lequel j'ai utilsé un morccau plus grand figurant pour moi le ciel et les montagnes (ou les nuages).
La bordure issue elle aussi d'un kimono est un clin d'oeil à mon nom matrimonial qui signifie pêcheur. C'est un pêcheur qui trouve la robe de plumes sur un plage. Et le kimono qui représente des vagues a appartenu à mon mari. Des plumes en passementerie ont été rajoutées dans les coins.
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Le rêve d 'Emile Zola : accompagnement textile
- Par FISCHER JACQUELINE
- Le 09/01/2025
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Lorsque sur Facebook dans le groupe Etoffes d'histoire créé par Marie-Claude Peyre, un projet fut lancé, celui de prendre un livre comme fondement d'un ouvrage textile, je me suis sentie concernée. Je me suis donc inscrite.
J'ai pensé tout de suite au Rêve d'Emile Zola, ce roman, écrit après la Terre. L'auteur affirme dans ses notes avoir voulu faire un livre "qu'on n'attendait pas de lui''. Souvent considéré comme une oeuvre mineure dans les Rougon Macquart, qualifié de "conte bleu" ...Je dirai plutôt de conte en blanc et or!
Ce texte, je l'avais découvert à 12 ans ; c'était le seul Zola qui nous fût permis; et à 12 ans j'aimais déjà broder. Je dois dire que j'ai été d'emblée fascinée par ce personnage de la jeune Angélique, enfant trouvée et brodeuse "inspirée" . Elle m'évoquait un peu la petite fille de neige d'un autre conte que j'avais aimé à sept ans qui, elle, s'évapore dans le feu de la saint Jean. et que j'illustrerai peut-être!
Zola décrit notamment sa virtuosité technique mais aussi la manière dont elle rend vivantes ses oeuvres (et ça c'est resté mon rêve à moi, non la virtuosité mais le fait d'animer ce qu'on crée d'un souffle vital !). Et je relisais et relisais les descriptions de l'or nué (empruntées à Saint-Aubin) . Je précise je n'ai jamais fait de vraie broderie d'or . Ici on décrit un artisanat d'art très exigeant exercé surtout dans le domaine religieux. Hubert le père adoptif d'Angélique est chasublier et sa maison est blottie dans l'ombre de la cathédrale . La foi d'Angélique nous dit Zola est celle c'une chrétienne primitive. La lecture de La légende dorée de Voragine n'y est pas pour rien.
Je n'ai pas essayé de faire des illustrations figuratives collant au texte ni de faire des broderies à la façon d'Angélique (j'en suis incapable) mais j'ai délégué aux tissus et aux fils le soin de rendre ce que je voulais souligner. J'ai sélectionné des moments textiles du roman. Je me suis laissé porter par les couleurs : le blanc de la neige, des tissus qu'affectionne Angélique celui de la lessive où Félicien fait son aveu , le blanc de la chambre qui la retient au moment de s'enfuir ...Cette "ombre blanche" qu'elle dit voir s'envoler le matin près d'elle à son éveil ...
L'or bien sûr omniprésent dans son travail et symbole du Rêve de noblesse et d'élévation sociale autant que spirituelle .S'y ajoutent le bleu du ciel, le vert du printemps les églantines de l'espoir ...
J'ai voulu aussi que le texte qui m'avait inspiré la page textile soit résent. Pour la beauté dudit texte, déjà . Mais ne pouvant le broder si fin je l'ai écrit à l'encre vieil or. Travail en double page donc. Un ruban sur la page de texte annonce le thème de la page "tableau".Pour la première de couverture j'ai utilisé un velours d'époque et une broderie d'or authentique donc un peu ternie (l'or c'était du cuivre le plus souvent car le vrai or lui ne ternit pas ) . Je voulais un côté "livre ancien" un peu comme ce livre de la légende dorée qu' Angélique découvre .
La premiere double page concerne l'enfant tombée au portail d'une cathédrale fictive sous la protection des saintes (dont sainte Agnès dont la figure domine le récit) et vêtue de loques. J'ai rendu ce dénuement extrême des haillons par des filaments de chanvre auquel j'ai ajouté l'or des cheveux.
J'ai sélectionné ensuite le passage où Angélique plante un églantier Et ne doute pas que sans greffe il donnera des roses . Brodeuse débutante j'ai exécuté quelques d'églantines sur des napperons, et c'est un de ces dessins gardés des hebdomadaires des années 60 qui présidèrent à mon humble apprentissage "amateur" que j'ai élue, mais je l'ai brodée non en coton mais en soie (ce qui pour moi symbolise ce passage de l'apprentissage à celui où je fus créatrice pour une revue de broderie). Elle est présente sur la robe d'Angélique. Et pour son visage quoi de mieux qu'une rose (la même que celle qui symbolise quelques pages plus loin sa robe de mariée ).
La double page suivante est eminemment textile puisque c'est celle où Zola décrit ce monde de somptuosité des étoffes dans lesquelles Angélique vit et qu'elle brode , avec une explication des couleurs rituelles pour les chasubles .
La quatrième page s'inspire du passage où la jeune flle explique à Félicien son amour du blanc (par lassitude aussi du trop de couleurs )et son secret celui de se croire accompagnée de l'envolée blanche d'une sainte, à son réveil. Cet amour du blanc je le partage (mais je n'ai non plus été brodeuse pro de blanc !). Comme Angélique j'ai des tiroirs pleins de textiles blancs, mais pas que de la soie, beaucoup de mouchoirs, de fragments de dentelle de diverses broderie ajourées. ...
La double page suivante est consacrée à la broderie de la mitre consacrée à Sainte Agnès en or nué d'or . Evidemment pas question de tenter d'égaler ce talent hors du commun !!! J'ai joué sur la ressemblance notée par Zola entre Angélique et Agnès, voulue par Félicien auteur du "carton" de la broderie . Une dentelle dorée et quelques fils couchés (comme dans l'or nué, mais dee façon moins élaborée ) ont bâti ce profil de brodeuse. Car d'une brodeuse on ne voit que le profil , lorsqu'elle travaille .
J'ai un peu escamoté l'histoire d'amour, mais elle revient dans cette page où Angélique retrouve un instant force pour fuir avec Félicien et donc vivre dans le péché ... elle est retenue par la rose inachevée d'un bouquet qu'elle réalise dans sa chambre ... et qui la rappelle à son devoir.
La dernière page évoque le mariage et sa somptuosité là encore pas question de figurer réalistement. Pour moi ce sont les tissus qui disent tout . : l'apothéose d'un mariage, la cathédrale et les grandes orgues alors même qu'Angélique s'évapore dans la blancheur de sa robe.
La quatrième de couverture :
J'ai relié par des fils d'or recouverts d'un ruban résille d'or. Quoi de plus adéquat pour contenir un Rêve ?
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Les litanies de la rose sur un texte de Rémy de Gourmont
- Par FISCHER JACQUELINE
- Le 31/08/2024
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Rémy de Gourmont est un de "mes" premiers poètes rencontrés à l'école primaire. Dans un livre joliment nommé Clairs Sentiers CE 1 on trouvait ce poème :
Allons au verger Simone
Avec un panier d'osier
Nous dirons à nos pommiers
Voici la saison des pommes
Allons au verger Simone (..)
Selon ma mauvaise habitude le texte m'est resté en mémoire, pas le nom de son auteur.
En mai 2023,alors que je vérifiais le sens précis du mot "litanie" car un de mes recueils en cours porte ce titre, je suis tombée sur ce texte peu connu d'un auteur que seuls les spécialistes et "amis de" semblent priser et qu'indépendamment de ses textes poétiques, j'invite à redécouvrir, car Rémy de Gourmont a beaucoup écrit et sur tous les sujets. Sa vie ne fut pas des plus heureuses et comme je dis très singulière. J'en ai retenu que défiguré par une maladie de peau grave, il vécut sa souffrance avec courage et pudeur . Il ya certes plus et mieux à garder en mémoire.
Mais ce texte sur les roses m'a littéralement séduite. Intriguée aussi, car les fleurs n'étaient pas pour une fois édulcorées et et "gnagnatisées" comme pesque toujours. Pas l'ombre d'un poncif dans ce long texte où 59 roses différentes sont évoquées. Le texte s'ouvre et se ferme par la formule :
Fleur Hypocrite
Fleur du silence .
Répétée à la fin de chaque strophe.On peut en prendre connaissance ici
Aussitôt la lecture achevée, des représentations de roses sur mes textiles m'ont en quelque sorte sauté à l'esprit J'établissais ce rapport-là qui m'est si précieux entre mots et textiles et j'ai retrouvé l'espace d'un été les émotions et impressions que j'avais éprouvées quasi 20 ans auparavant en illustrant les poètes de la LGR. Ce moment où on sent que ce tissu-là c'est exactement cela ... non pas pour "traduire le texte" mais pour l'accompagner un peu au sens d'un accompagnement musical .C'est un moment un peu magique , où pour certaines strophes un tissu s'imposait comme une évidence, pour d'autres en revanche ce fut plus difficile. Et quand je n'ai pas trouvé de tissu j'ai brodé. Ainsi cette rose rose de Chine, avec du vrai fil chinois pour la rose( ces soies si fines et si difficiles à travailler) et un brin de soie du vrai "rose de Chine) pour le texte :
Rose rose de
Chine, si douce et si fanée, miraculeux amour des femmes remontantes, rose rose de
Chine, tes épines sont mouchetées et tes griffes sont rentrées, ô patte de velours, fleur hypocrite, fleur du silence.Les strophes évoquent soit un métal : cuivre, or, argent, bronze.
Rose couleur d'or pur, ô coffre-fort de l'idéal, rose couleur d'or pur, donne-nous la clef de ton ventre, fleur hypocrite, fleur du silence.
Des pierres précieuses : opale, topaze , rubis, améthyste (et même escarboucle) :
Rose opale, ô sultane endormie dans l'odeur du harem, rose opale, langueur des constantes caresses, ton cœur connaît la paix profonde des vices satisfaits, fleur hypocrite, fleur
du silence.Mais aussi evidemment des couleurs : ponceau incarnat , vermillon et bien d'autres nuances de rouge. parfois associées à des étoffes rose de satin cerise :
Rose incarnate, rose stupide et pleine de santé, rose incarnate, tu nous abreuves et tu nous leurres d'un vin très rouge et très bénin, fleur hypocrite, fleur du
silenceDes fruits des végétaux, groseille, paille, blé :
Rose couleur de paille, diamant jaune parmi les crudités du prisme, rose couleur de paille, on t'a vue, cœur à cœur derrière un éventail, respirer le parfum des
barbes, fleur hypocrite, fleur du silenCertaines s'amusent à mimer les autres fleurs : pavot, hortensia, muguette:
Rose hortensia, ô banales délices des âmes distinguées, rose néo-chrétienne, ô rose hortensia, tu nous dégoûtes de
Jésus, fleur hypocrite, fleur du silence.Beaucoup évoquent directement une caractéristique physique féminine : yeux lèvres, chevelure :
Rose au visage peint comme une fille d'amour, rose au cœur prostitué, rose au visage peint, fais semblant d'être pitoyable, fleur hypocrite, fleur du silence.
Toutes les strophes cependant mélangent admiration et réserve de la part de l'auteur, qui pointe souvent l'hypocrisie, la tromperie, le mensonge le narcissisme ou la cruauté avec cependant toujours un abandon, voire un consentement à ce qui semble négatif et même une volupté à l'acceptation de ces défauts. L'usage de l'impératif dans l'adresse à la fleur marque une volonté justement de garder un lucide contrôle ...Derrière beaucoup de ces roses se profile la prostitution, ou la fausse innocence .. et pour illustrer cette rose un peu vampire, j'ai trouvé cct incroyable raté de teinture :
Rose aux lèvres de sang, ô mangeuse de chair, rose aux lèvres de sang, si tu veux notre sang, qu'en ferions-nous ? bois-le, fleur hypocrite, fleur du silence.
La religion est évoquée (avec réserve aussi, parfois ), leslitanies se ferment avec la rose papale :
Rose papale, rose arrosée des mains qui bénissent le monde, rose papale, ton cœur d'or est en cuivre, et les larmes qui perlent sur ta vaine corolle, ce sont les pleurs du
Christ, fleur hypocrite, fleur du silence.Certaines roses ont représenté pour moi un vrai challenge, ce fameux "comment rendre" car si je ne suis pas pour une interprétation trop lourdement littérale, je n'aime pas non plus l'évasif, le manque de rigueur. Ainsi une "Rose couleur d'aurore, couleur du temps, couleur de rien" pose un défi !
Rose couleur d'aurore, couleur du temps, couleur de rien, ô sourire du
Sphinx, rose couleur d'aurore, sourire ouvert sur le néant, nous t'aimerons, car tu mens, fleur hypocrite, fleur du silence.Ce fut aussi l'occasion de retrouver la légende d'Hylas avec la roe hyaline (et le sens de ce mot) et, avec la rose rubis, l'histoire d'Akëdysséril issue d'une nouvelle de Villiers de l'Isle Adam, ami de Rémy de Gourmont ...
Au départ je pensais écrire le texte avec un feutre fin, mais outre que c'eût été difficile voire impossible sur certains fonds, j'ai ressenti la nécessité de le broder lettre après lettre , mot après mot dans une sorte de rite d'appropriation. J'ai donc brodé 59 fois : fleur hypocrite, fleur du silence , sans chercher toutefois à calligraphier, ce n'était pas le but d'autant que mon arthrose (!!) n'aidant pas j'ai brodé parfois de la main gauche. Beaucoup de roses sont simplement appliquées à petits points invisibles, pour d'autres j'ai brodé les bords. Les points alors ne sont pas choisis au hasard cr on le sait, pour moi les points sont écriture.. L'ensemble a été appliqué page par page sur un fond de feutrine beige un peu de la couleur du papier vieilli du fac simile du texte original manuscrit que j'ai trouvé. Il m'a fallu quasiment un an de travail assidu pour venir à bout de ce projet. Il sera exposé du 14 au 21 octobre 2024 à l'hôtel de ville de Valenciennes dans le cadre de l'exposition textiliennes et -liens , si vous habitez le Nord ou la Belgique , ce sera l'occasion de découvrir l'ensemble des roses (il serait fastidieux de toutes les montrer ici et les photos ne sont pas excellentes) aussi les nombreux autres exposants !
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La loi des séries deuxième partie
- Par FISCHER JACQUELINE
- Le 01/05/2024
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On peut considérer qu'il y a série à partir de trois ouvrages ou plus créés dans la même visée. ...Ainsi la série Stigmates comporte trois tableaux dont on peut lire l'histoire ici :
exposé en 2019 à l'exposition textiliennes-liens à Valenciennes
Mes séries restent souvent ouvertes
Les petits arrangements avec la vie sont des tableaux d'improvisation avec des restes rebrodés le titre s'explique par le fait que généralement les milieux 'contemporains" ont préféré ces ouvrages presque de hasard à mes surfaces élaborées géométriques jugées artisanales ... où on ne voit que le travail, la patience, l'habileté etc. Laquelle serait la même si j'assemblais 2000 morceaux identiques ou moches ou mal assortis ... on sait que je ne suis pas en phase avec cette "hiérarchie" là . Mais je ne puis empêcher les classements jugements et préférences... de la même veine sont les "entre-deux" et les "errances textiles" à voir dans l'index.
Toujours avec des restes, mais d'ouvrages géométriques, j'ai elaboré ces Rogatons. Là, la géométrie régulière des "blocs" retrouve sa place. J'explique ici la démarche, qui est de reconstruction.
Et puis le royaume du reste et de l'improvisation ce sont "Les beaux restes" où j'aime à user de "tissus improbables" ou bien de toutes petites chutes ou bien encore de restes qui me tombent sous la main . L'ensemble peut-être vu dans l'index lettre B.
La série Enluminures,elle, regroupe de petits formats avec des techniques très diverses (index lettre E) : tapisserie à l'aiguille, feutrages rebrodés rebrodés, tissus peints etc.
La série Elégance est une incursion dans la broderie Haute-Couture , façon école Lesage (en moins prestigieux, évidemment :
Les bouquets flous et le improbables jardins sont de petits formats inspirés par des images numériques que je crée :
Les Chiffonnades appelées aussi "mises en scène sont à rapprocher de la série Sensualité tous deux crées pour le plaisir de froisser manipuler des étoffes "de luxe" soie velours dentelles :
La série Motivations est dédiée à ce que les motifs sur les tissus m'inspirent. Elle a ses prolongements dans certains livres textiles (et notamment dialogues textiles) :
Ronds dans l'O est un jeu de formes (celui de boutons ronds et du crcle , clin d'oeil à l'explosion actuelle de broderies présentées sur tambour, mais dans un esrit différent , et jeu aussi sur les textures, le relief des broderies et applications :
il faudrait évoquer aussi Archives du Nord , série créée pour endre hommage aux travailleurs de bruderie mécanique esquisseurs noamment . Oeuvre en recherche de murs... sans trop d'espoir d'en trouver. (j'ai tenté, mais..il semble qu je n'ai point été entendue) :
Pour conclure je e dirai tou cela, quand je ne l'ai pas offert, repose dans les tiroirs de la salle des machines. On peut trouver cet ensemble trop "éclectique" sans unité. Qui regarde vraiment y verra cet amour-fou que j'ai pour tissus, fils fleurs et formes. Ce n'est certes pas assez ,puisque c'est "inexposable"car "non contemporain". Ainsi va notre temps ...Cela ne m'ôte nullement ni le désir de créer ni la volonté de continuer. Je ne le souligne que pour demander à chaque fois est-ce juste ? est-ce mérité ? A vous d'en juger (et c'est mieux si vous pouvez venir voir ...
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Art : la loi des séries -première partie
- Par FISCHER JACQUELINE
- Le 21/05/2023
- Dans présentation
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Je me souviens d'une conversation , lors de mon expo en solo (la seule qu'il m'aura été permis de faire en solo s'entend, à Paris en 2004 , d'une relation qui me dit :
- Un vrai artiste ça fait des séries.
Ce qui recoupe une remarque lue plus tard dans un livre donnant des conseils pour devenir "artiste textile" faire des petits formats (pour éviter l'effet couverture!) et des séries . -on sait bien que composer une surface en patchwork non seulement n'y suffit pas, mais vous tague traditionnelle ringarde il fallait donc "faire des séries" .
Je suis donc devenue serial sewer -embroiderer.
Non non pas pour faire "artiste" et je voudrais redire ici combien je me fiche comme de mon premier lange (il n' y avait pas de couches culottes à l'époque) de ce qu'on devrait faire ou ne pas faire pour paraître-et non être!- "vrai" artiste, car si on l'est, vraiment on n 'a pas à se plier à ces modes et si on l'est pas autant faire ce qu'il nous plaît! - et encore plus "vrai artiste textile " - 'ça j'ai compris il y a longtemps ! Comme expliqué ici
Ce qui m'intéresse aussi c'est le fil.. conducteur qui pouvait se trouver entre certaines de mes oeuvres auxquelles on reproche parfois leur absence de ..monolithisme. .de filon unique .. qu'on peut appeler positivement "unité". Mon unité c'est mon goût de la diversité!
La première série que jai créée c'était pour l' exposition textes-iles et on peut la voir ici . C'était sur demande j'entends par là qu'on m'avait dit : peux-tu faire une vingtaine d'oeuvres pour illustrer des poètes de la LGR et que j'ai evidemment accepté le défi-car c'en était un fameux.Il ne s'agissait pas , comme je le voyais faire d'écrire ou de broder un texte sur du tissu .Non que ce soit "inférieur" mais différent .Vous pensez bien, moi qu'on snobait , ignorait , réduisait qu'on définissait comme "fait de jolies choses avec des petits bouts de tissu"- dans les milieux branchés art textile innovateurs de ce début des années 2000 voilà que j'exposais et en solo et en galerie d'art et à Paris ... De quoi faire des jalouses parmi celles qui justement regardaient de haut mon absence de "mixed media" ou de 3D et de caractère "contemporanéité " qui reste un critère dominant d'exclusion pour ce que jentends, moi, faire.
Elément 13 tableau de la série text-iles
Un peu après en 2005-2006 une relation que je puis plus qualifier du nom d'amie a insisté pour que je fasse avec elle le Calendrier textile et les tableaux duTextilionnaire (que j'ai rebaptisé ainsi ).
Ardeur tableau de la série le Textilionnaire
c'est aussi à cette époque que j'ai commencé le chant des couleurs solos
.. Le chant des Couleurs a été exposé à l'expo Textiliens-liennes de Valenciennes en 2022.
En même temps j"ai commencé la Série Coquelicots qui elle aussi aurait pu être exposée à la LGR si des ennuis familiaux en série ne l'avait empêché, avec ce fil conducteur : la fleur et quelques textes ou citations de poèmes et de chansons la série a été exposée à l'abbaye de Floreffe en 2010 dans le cadre d'un atelier d'écriture.
Coquelicot -1
Fin 2008 l'envie m'est venue d'assembler les textiles autrement et ce fut la série Nous que je reprendrai peut-être un jour.
Espoir tableau de la série Nous
Over-rose est une série poly-média puisqu'elle comporte un texte de départ, des tableaux textiles de style (ou de genre ?) très différents et des images numériques . Série dont plusieurs ouvrages sont encore en cours.
L'obsolète un des tableaux textiles de la série- over-rose
Vers la même époque j'ai mis en route la série Triangulations qui associe sur un format A4 le patchwork et l'impression sur soie d'une oeuvre numérique . on peut voir plus ici
Triangulations un des tableaux
(suite et fin dans un autre article)
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Broderie et écriture
- Par FISCHER JACQUELINE
- Le 07/03/2023
- Dans opinions
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Je renvoie, tout d'abord à l'article Linéaire C, présentait un sampler de points utilisés pour les crazys quilts sous forme de livre.
J'ai commencé récemment ces "rouleaux" mue par plusieurs élans, "envidées . Les rouleaux textiles sont à la mode en ce moment, mais on le sait des modes je prends ce que j'avais souvent envie de faire, parfois avant que tendance ça ne devienne. Revenir aux rouleaux, c'est aussi revenir aux formes archaïques de recueils de textes, les "volumina". Mais on le verra plus loin on écrivait aussi sur du tissu (nous n'avons rien inventé et prétendre innover en le faisant fait sourire.). .
Je suis fascinée depuis toujours par les écritures anciennes, les vieux parchemins, les grimoires, les langues non encore traduites ou incomplètement . Ces signes qui certes ont un sens, mais soit uniquement pour les spécialistes, soit encore caché, résistant à la traduction. Et même les messages dits chiffrés.
Ce qui m'attire c'est précisément cette part cachée de sens qui nous échappe et qui pourtant est. C'est pourquoi aussi je ne réprouve pas les sens multiples dans mes poésies tout au contraire ce langage verbal mais non élucidé, soit volontairement codé, (l'un se déchiffre et l'autre se décrypte), existent et sont connus. Déjà lorsque dans le Textilionnaire je travaillais sur le projet Grimoire, j'étais sur cette voie d'inspiration, et également quand je rapproche les motifs sur les étoffes en leurs lignes et intrications d'un langage.
Le langage on le sait n'est pas qu'une langue. Il inclut d'autres expressions .Il m'est apparu en collectionnant les livres de broderie, que les points en eux-mêmes selon la brodeuse qui les choisit, avaient sinon un sens rationnel, au moins un sens visuel et tactile. Chacune a son parcours, ses utilisations pour "dire"ou faire ressentir cela ou cela, ses "voies" et même si beaucoup restent dans l'objectif utilitaire-décoratif ce qui n'exclut pas le reste, il se dégage depuis quelques années d'autres possibilités. Les points sont souvent organisés en "dictionnaire" ou "encyclopédie" et chacune est différente de l'autre. Il m'apparaît aussi qu'alors qu'on peut en dénombrer jusquà 300 différents, beaucoup de brodeuses se bornent à une petite dizaine. Il est vrai : un des plus simples le point droit ou lancé suffit à lui tout seul à assurer la "peinture à l'aiguille" dans la mesure où le célèbre passé empitéant dont elle dérive est constitué de points droits, ainsi que les merveilles de la broderie blanche au point dit "passé"ou plumetis.
Egalement le nom des points dans une même langue varie, créant parfois une polysémie involontaire. Ainsi en anglais notre "point d'épine" devient "feather stitch " point de plume: nous avons sélectionné l'agressivité qui peut s'en dégager et nos voisins la légereté de ce point aéré. Pour les non initiés un lien vers ce point.
Et puis j'ai lu récemment l'histoire de la Momie de Zagreb et du liber linteus Zagrabiensis dont on trouve l'histoire ici . Ces bandelettes trouvées sur une momie égyptienne et écrites en étrusque sur du lin (l'étrusque reste une langue imparfaitement traduite), rencontrant celle de la mode des rouleaux textiles m'a donné envie de lignes de points en suivant le parcours d'une brodeuse que j'aime beaucoup Christen Brown , pour commencer. Je n'ai pas fait tous les points mais ceux qui justement me "parlaient" comme écriture ou signes et soyons honnête, j'ai laissé de côté quelques-uns que j'avais du mal à faire quitte à y revenir après entraînement . J'y ai adjoint des dentelles tant mécaniques que manuelles dont les dessins sont pour moi encore un langage . Le tout s'appelle : Les bandelettes de la momie coquette.
Trois rouleaux sont actuellement achevés .
Le voeu pieux habituel :Avec le souhait que des personnes plus autorisées que moi se mettent un jour à regarder les points autrement, et, en même temps que d'ouvrir la broderie à tout et parfois n'importe quoi, au prétexte de la renouveler, on revienne aussi de temps à autre donc explorer aussi ce langage-là autrement qu'en nous parlant de "texture" Car oui chaque point parle, comme chaque tesselle de tissu par une variété de caractéristiques : sa forme (droit courbé), son orientation sur la surface, -et là on est encore dans le dessin - mais aussi et surtout par le fil qu'on va utiliser, nombre de fils, épaisseur manière dont il est filé (crucial, cela!) plein ou torsadé, mouliné, mercerisé -son épaisseur . sa brillance ou sa matité, sa matière (lin soie coton ou tout autre chose mais ces matières-là aussi .et sans les taxer de "traditionnelles"( à ce compte un peintre est traditionnel quand il use de pigments ), Ses éléments autres que fils : plumes boutons, pierres , perles, applications diverses - écailles de poissons, élytres d'insectes. Mais n'importe quoi fixé sur n'importe quel support est-il encore de la broderie ? De l'art, je le concède quand c'en est, mais qu'on réfléchisse et au sens des mots et aux pratiques qui ont donné leur nom à cet art. Des clous plantés dans un mur sont-ils de la broderie ? Un fakir est-il un brodeur "innovant" ? Question qu'il ne faut jamais poser si on ne veut pas être taxée de ringardise ! .. J'ajouterai : il y a encore la juxtaposition, les espaces qu'on va laisser ou pas entre, les superpositions éventuelles , les hybridations, ses déformations , les combinaisons avec d'autres points , aussi . Et tout cela serait juste du joli pour décorer niaisement ? Sans aucune signification, visée , imagination originalité, profondeur ? Je n'en croirai jamais rien !
J
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Chères vieilles choses, livre textile
- Par FISCHER JACQUELINE
- Le 29/10/2022
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Chères vieilles choses ou 40 ans d'amour de l'assemblage des étoffes ...
Surtout quand rien n'est au départ assorti ! (j'ai toujours détesté viscéralement les assortiments spécial patchwork ! les kits et le pré-choisi )
Pour fêter mes quarante ans d'assemblage textile -assemblage pas forcément "couture normée", j'ai élaboré cet album autour de fragments de patchworks restant des ouvrages terminés , mais aussi de débuts d'ouvrages qui n'ont pas abouti sauf à cette page . J'y ai adjoint un peu tout ce que j'aime : des broderies blanches (pas faites par moi), des restes de vieux napperons récupérés dont les fils parfois ont déteint , des broderies personnelles créées comme "échantillons" , des dentelles et des boutons... alliant mon travail à celui d'autres inconnus ..et le passé dans mon présent.
Après la perfection à couper le souffle de l'album de Gabrielle montré dans l'article précédent , et qui ne suscite guère de regards ni d'amiration sauf outre manche et outre Atlantique, (pauvre Gabrielle !) , j'avais quelque scrupule à montrer mes pages imparfaites qui comme d'habitude échappent à un calibrage trop strict et plus encore à l'équerrage. ... et ce n'était pas le but de l'ouvrage . Pas une collection pour montrer ma maîtrise, mais une promenade dans diverses créations abouties ou inachevées.
Il fallut donc pour chaque page composer avec de l'extrême hétéroclite . Bien sûr la couleur y a aidé et le blanc qui est un des liants les plus "faciles" -mais à dire vrai c'était moins pour cette raison que je l'ai utilisé que pour mon amour des broderies blanches et du travail de blanc, avec toujours une pensée pour les brodeuses qui les ont réalisées ou, quand il s'agit de broderie mécanique, les ouvriers qui y ont contribué (ce qui a permis que ce textile-là que j'utilise existe) . Morceaux choisis à l'instinct au feeling comme on dit. ça avec ça parce que je le sentais et voulais ainsi.
Et comme c'est un livre , plutôt que des numéros , je voudrais à ces pages donner des noms. Chacune a son histoire. J'en conte ici quelques-unes.Il y a d'abord les deux pages consacrées aux quilts perdus . Le bloc (carré ou fragment) restant est donc est parfois tout ce qui en reste . L'histoire du coffret rose est racontée ici . La page s'est organisée autour de ce vestige et du souvenir de ma mère à qui il fut offert pour son avant dernier anniversaire. Et qui disparut mystérieusement jamais retrouvé à son décès.
IL ya aussi la page du quilt disparu dans un incendie, d'après le bloc dit Monkey Wrech ; de celui-là il me restait pas mal de blocs j'en ai élu un pour la douceur de ses tons pastels . Le quilt entier est visible dans l'index lettres H-I. Le quilt a été détruit dans l'incendie de la maison des amis à qui il avait été offert. Depuis la maison a été reconstruite et un autre quilt a pris sa place .
Certains ouvrages sont centrés autour d'une couleur , le rouge assez souvent . ils aboutissent ou non . Cette page comporte un début de quilt datant de mes essais d'utilisation du logiciel Quilt-Pro, je m'amusais beaucoup avec les formes . (années 98-99)
Et puis il ya les restes de quilts finis et qui exisent encore , eux, ici ou chez des proches ; Par exemple la page avec les feuilles rappelle le quilt "feuilles en folie" : (index lettre F )
Et celle consacrée aux coeurs contient un fragment du quilt Jardin d'amour et un autre d'un projet abandonné qui sera peut-être refait en "rogaton" . (lettre J1) ;
Il ya aussi la page du tissu "petit Chaperon rouge" , l'histoire du quilt "loup y es-tu " est racontée dans le livre Jeux d'étoffes. ! . Ici le tissu utilisé est un tissu de reproduction retrouvé plus tard , le quilt lui a été bâti autour du morceau d'origine , cette étoffe,je l'ai appris plus tard- a eu beaucoup de succès (d'où les rééditions avec dessins à échelle réduite) :
J'aimerais revenir sur la couverture , dont l'assemblage a été fait dans mes tout débuts au commencement des années 80 avec des tissus qu'une collègue lilloise et professeur de travaux manuels allait glâner pour moi dans les poubelles des usines textiles (las aujourd'hui fermées pour la plupart) . Début de ce qui sera une grande collection toujours en mouvement ..et une aventure comme un voyage .... ce fameux vocabulaire textile riche et varié qui m'est indispensable . -Je n'ignore pas qu'on peut créer tout aussi valablement sans, mais c'est ma manière!)
Les broderies, motifs ajoutés sur d'autres étoffes, le blanc souvent "sculpté" en bas relief par les broderies , sont un peu comme les citations dans un texte. il me frappe aussi que les blocs de patchwork ne parlent pas du tout de la même façon dans un livre et un composition autre que dans un quilt et je persiste pourtant à demander qu'on lise mes quilts comme des pages juxtaposées mais aussi des pages qui se recoupent et s'enchevêtrent et quae l'oeil peut donc découper à sa guise; cet aspect-là du patchwork n'est quasi jamais étudié puisqu'on le juge comme de la peinture (et qu'on tend depuis 20 ans à l'y faire ressembler) . J'y reviendrai plus tard. Les livres sont - tant mieux ou hélas pour moi qui aime à faire les deux- infiniment plus à la mode. Pour moi c'est deux manières différentes de publier une expression textile par assemblage. Et là la joie pure de composer et d'assembler ces 20 pages ....
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L'album merveilleux de Gabrielle
- Par FISCHER JACQUELINE
- Le 13/10/2022
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On le sait je suis collectionneuse, et notamment de cahiers ou exercices de broderie et couture. J'en possède un certain nombre, cahiers d'écolières , mais aussi d'apprentissage professionnel . J'en ai montré , ici ,plusieurs . J'ai trouvé récemment sur un site de vente aux enchères ce trésor .
C'est un album relié comportant une vingtaine de pages, chacune présentant un travail de broderie ou couture, quelques pages vierges à la fin qui ne sont pas des manques (rien n'a été décollé) réalisés par une certaine Gabrielle Gruson en 1888 au pensionnat des dames de Saint Maur d'Armentières. Pourtant on ne dirait pas un cahier scolaire (pas de notes, pas d'appréciations) et c'est présenté comme un album de collection comme si la jeune fille avait voulu rassembler les réussites d'un impeccable apprentissage .
Car la qualité d'exécution est d'une perfection à couper le souffle surtout sur des formats si petits (de l'ordre de 10 cm de haut). Les photos de détails agrandis trahissent un peu cette impression d'extrême finesse . A l'oeil nu, en grandeur réelle, c'est époustouflant ! Les toiles utilisées comme support sont extrêment fines (du linon probablement ) et même la broderie d'or qui clôt le travail textile est faite avec des cannetilles minuscules .
C'est surtout ce don pour la miniaturisation qui ici est remarquable. Qui s'est essayé à coudre une robe de mannequin pour une poupée Barbie sait combien il est difficile d'être précis et minutieux dans du si petit. De plus tout est monté avec un soin extrême les échantillons sont encadrés de dentelle (parfois frebrodée) , collés sur du satin uni lui-même tendu sur un carton . C'est impeccable ! Une majorité d'échantillons est consacrée à la broderie blanche ou au travail sur tissu blanc (plis notamment avec jours et broderies) . J'ai craqué pour ce joli motif de toile d'araignée ( 1cm et demi en taille réelle) .
Mais toutes les pages sont intéressantes de ce travail au blanc . J'en montre ci dessous quelques-unes en leur ensemble :
Parfois les broderies blanches et insertions de dentelles sont rehaussées de broderies de couleur :
Il ya plusieurs samplers aux points de croix tous très harmonieux au niveau du choix des motifs et des couleurs restées très fraîches pour un ouvrage de cette ancenneté :
Quelques détails (agrandis) :
Et v ce merveilleus mini alphabet, 10 cm environ de hauteur totale les lettres sont minuscules et le tissu très très fin
Quelques exercices de pose de pièces en couture dont une sur motifs avec des raccords qui doivent coïncider de manière à rendre la réparation moins visible.
Des échantillons de crochet, certains sont restés libres dont le petit bonnet qui fait 3 cm de haut !
Des "découpis" ces motifs découpés cans un carton perforé qui imitent les motifs brodés :
Et merveille des merveilles quatre petits vêtements (hauteur moyenne 12 cm) faits main avec un soin qui défie toute concurrence , les points sont minuscules les finitions impeccables C'est fait main naturellement avec coutures anglaises et rabattues) on imagine la dextérité nécessaire pour poser une patte de moins de 2 cm sur un si petit vêtement . La broderie anglaise du petit corsage est elle aussi faite main (sur une largeur d'un centimètre et demi j'ai agrandi pour voir !) .
Quelques détails des finitions :
Vous imaginez mon extase et mon émeveillement . Et je n'ai pas tout montré !
. J'ai cherché sur es sites de généalogie qui pouvait être cette Gabrielle aux doigts de fée , ce pourrait être celle née en 1872 à Armentières elle aurait eu 16 ans au moment de la réalisation de ces travaux et décédée hélas l'année de ses noces à Reims en 1905 . Ou une autre du même patronyme née en 1875 ce qui fait 13 ans pour ces travaux et dont la trace s'arrête là.(cela me semble un peu jeune pour une telle maîtrise de la couture,mais tout dépend de l''âge où on a commencé) .
J'ai voulu partager un peu de ce trésor (bien plus beau en réalité qu'en photographies) . Toutefois si une amie brodeuse voulait refaire un sampler ou une broderie qu'elle me le dise, je pourrai reprendre des clichés !
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Modèles: une expérience de créatrice
- Par FISCHER JACQUELINE
- Le 28/09/2022
- Dans présentation
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Je voudrais évoquer ici une expérience en liaison avec l'article précédent Modèles.
Ma première phrase sera pour regretter que dans notre pays, réaliser des modèles pour des revues de loisirs créatifs soit se déconsidérer, trop souvent, au plan artistique.C'est vrai ça ne fait pas très intellectuel, ni prestigieux , ça ! Les vrais artistes textiles, souvent plasticiens de mixed media ne s'abaissent pas à cette sorte de transmission permettant la reproduction de leurs oeuvres A la rigueur ils organisent des stages, ou écrivent des livres. pour livrer quelques "recettes"censées rendre "créatif" . Quelque chose qui peut se "reproduire" n'est pas à leurs yeux digne du titre d'oeuvre d'art (c'est oublier les faussaires ! et tous ceux qui imitent pour s'entraîner ! ) mais chut ne mélangeons pas une fois de plus torchons et toiles de maître , l'ouvrage dit de dames et les Beaux-arts.
J'aime bien , on le sait, titiller les préjugés ordinaires et universellement admis, lorsqu'ils me semblent non justifiés.
Ce n'est pas le cas aux USA ou au Royaume-uni où il n'est pas rare dans les revues on voit passer le nom d'une artiste reconnue (et qui expose parfois en galerie ou musée ) .Il n'y a pas ce clivage, ou du moins pas autant. La remarquable revue de broderie britannique Stitch à laquelle je fus longtemps abonnée est un modèle du genre qui allie aussi tradition et modernité . Un autre esprit!
J'avais déjà donné à la revue Les Nouvelles du patchwork -dès 1992-une petite dizaine de modèles , mais là je fournissais juste les photos et les rédactrices se chargaient du travail explicatif et des schémas. Et ces modèles étaient fournis gratuitement, tout le monde étant bénévole. Et puis, on a mis huit ans pour publier mon quilt Patience dans l'azur et j'ai compris à mi-mot ("les temps changent" m'avait-on dit ) qu'on n'en voulait plus, là que j'étais has been, sans doute . La mode ne m'intéressant pas en art ni en littérature, j'ai suivi mon chemin .Fin 2007 quand la revue Creation patchwork m'a demandé des modèles , comme pigiste, j'ai un peu hésité .D'autres relations contactées aussi, ont refusé pas assez prestigieux pas assez remunéré. On a même parfois sous entendu qu'on recrutait vraiment n'importe qui. Sympa pour moi ! On n'évite pas ces rosseries un tantinet mesquines.
Et puis je me suis rappelée que j'avais appris à broder et à coudre des robes grâce à des magazines. puis le patchwork non pas en copiant les modèles des autres mais en y apprenant les techniques et en m'imprégnant aussi de ce à quoi j'avais alors accès.
J'estime que lorsqu'on brode, il vaut mieux savoir maîtriser les points de broderie et explorer tout ce qu'on peut exprimer avec eux. Mais pas forcément dans une optique de perfection normée , mais d'expression personnelle. Mais pour explorer un point il faut en connaître l'existence et savoir d'abord le faire ordinairement, si je puis dire, avant de tenter d'en faire autre chose, c'est même à mes yeux ce qui fait la différence entre un(e) artiste qui sait son art et en joue , et un(e) autre qui fait du salopé ou du maladroit parce qu'elle ne sait pas faire autrement.(il est vrai si ça colle à ce qu'il ou elle veut dire, rien à reprocher, je ne fronce les sourcils que lorsque cela semble donner une plus-value ) , De même quand j'écris, j'aime disposer et d'un vocabulaire précis et riche (même si je n'en use pas toujours!) et maîtriser suffisamment les subtilités syntaxiques de notre langue . Pour écrire si j'ai beaucoup appris de l'imprégnation par la lecture et l'analyse d'oeuvres littéraires, une connaissance pointue de l'étymologie , de la phonétique du français, de la grammaire et de la conjugaison ne m'ont pas semblé inutiles. Qui peut le plus peut le moins, mais pas souvent l'inverse . Même s'il faut parfois savoir oublier ce qu'on sait , pour ne pas avoir l'esprit trop encombré. Or les points de broderie,c'est dans les revues et quelques manuels édités par lesdites revues que je les ai appris au fil de ma vie . C'était une transmission hélas féminine et populaire. Hors champ de la culture pour intelligentsias qui plus est . Sauf quand un grand nom de la littérature, je songe à Régine Desforges, vient mettre le phare sur le point compté. Si c'est Madame Lambda evidemment, le regard ne sera pas le même.
Alors je me suis dit que je pouvais tenter l'aventure. Mes grands enfants étaient étudiants, ça me faisait aussi un peu de sous pour leurs études. surtout comme je venais de prendre ma retraite ça me rendait un rôle "actif" dans la société, même si on peut trouver ce rôle ridicule et dérisoire. J'avoue que lorsque pénétrant chez mon marchand de journaux, je voyais une de mes créations sur la couverture (et parfois plusieurs) , j'ai éprouvé comme une naïve fierté .
En patchwork géométrique, je n'ai pas vraiment créée de modèles exprès pour la revue ,je proposais ce qui était déjà fait vu le temps qu'il me faut j'ai donné le mode d'emploi pour avoir un objet ressemblant. Pas semblable, c'est impossible. Le but n'était donc pas dans mon esprit d'inciter à une copie sans interprétation personnelle. Ainsi les rares fois où j'ai pu voir ce que d'autres en avaient fait, j'étais heureuse de voir que c'était des adaptations, des interprétations.
Ces quilts avaient été créés le plus souvent non pas pour la revue, mais comme toute oeuvre d'art unique pour exprimer ce que je voulais dire avec ces tissus -là dans cette surface-là. En les publiant comme "Modèles" je leur aurais enlevé, semble-t-il, leur statut d'oeuvre unique, non reproductible etc. En donnant un tutoriel, je les dévaluais , selon l'opinion admise.. Je demeure persuadée que toute oeuvre peut en décomposant chaque étape être l'objet d'un tutoriel (plus ou moins complexe) . Vrai aussi que lorque je créais ces surfaces, il entrait dans ma composition beaucoup d'instinct et d'improvisation, mais après coup on peut toujours tout decomposer pour expliquer au moins dans les grandes lignes. Le détail appartient à la "patte" de l'artiste ! Et si on songe qu'en cet art c'est le détail qui donne sa vibration, son sens, sa tonalité, son expresion à l'ensemble, mon oeuvre resterait donc "unique".Ainsi ce jardin de l'abeille -un des modèles les plus complexes à expliquer où chaque hexagone ou presque est différent des autres et signifie, pour moi quelque chose par sa couleur et ses motifs.
Le jardin de l'abeille
Donner la possibilité de reproduire n'était donc pas vraiment permettre de copier ou de démarquer de trop près .
Le vrai travail, celui qui était rémunéré en droit d'auteur (et non d'artiste!), était un travail de pigiste technique .Ce sont même les droits d'auteur "écrivant" les plus élevés que j'ai jamais perçus (la littérature ne nourrit que rarement son homme, et on en est presque à payer pour être édité!) . J'ajouterai perfidement et très immodestement que si tout le monde peut écrire et considérer que c'est original et génial - puisque de soi -moi y compris ! -, rédiger de telles piges exigeait un certain nombre de compétences spécifiques. nonobstant celles d'être capable de créer les oeuvres originales (qui ne sont pas le modèle, à elles seules!)
Il fallait d'abord évaluer le matériel nécessaire, ce qui n'est pas simple quand on use de 2000 tissus différents ou qu'on mélange les fils ... récupérés un peu partout. Ensuite il y fallait des explications, claires, si possibles -c'est là où trente ans d'enseignement ne sont pas tout à fait inutiles- et surtout des schémas conçus à l'ordinateur, et la maîtrise du logiciel quilt- pro, inégalable pour montrer comment monter les morceaux s'est révélée indispensable. Ce qui donnait des pages comme ça dans la revue (après travail de la maquettistepour la mise en page) . Je ne les regarde jamais sans une obscure et vaniteuse satisfaction . (je ris!) :
S'ajoutaient les photos dites d'ambiance. Celles-ci étaient parfois réalisées par moi parfois par la directrice de la revue ce qui exigeait des envois risqués. J'y ai perdu ainsi un couvre-livre . Sans proposition d'indemnisation , bien sûr. Et les frais d'envoi à l'aller étaient aussi à ma charge. Et même si je garde de cette expérience (qui dura jusqu'en 2012) un excellent souvenir, il y eut forcément les hiatus et les bémols , comme dans tout parcours humain ! Par exemple les titres changés , sans doute pour être plus "accrocheurs", ou bien les photos déformées sur une couverture où mon quilt Noctambule est passé au miroir déformant .. Les problèmes de résolution (nombre de pixels par centimètre ou de points par pouce. ) La difficulté d'obtenir la mention "création"et non réalisation" sur ce qui pourtant en était quand on l'attribuant d'office à d'autres , sans doute mieux cotées que moi , même quand je partais d'un dessin original . Mais j'étais toutefois plus chanceuse que les créatrices des années 60 -70 dont le nom n'était même pas cité. Il y avait eu un progrès. Plutôt que "réalisation" j'aurais aimé parfois le terme interprétation surtout en broderie où l'essentiel n'est pas, mille fois non, dans le dessin. Je tiens aussi à la rigueur des mots, et de leur sens. Ce qui me rend très chiante, je le sais.
Les crazys quilts que j'ai créés à cette époque l'ont été à la demande souvent en accord avec un thème : Noël pour cette étoile des neiges :
ou le thème Les cérémonies pour Célébration, quilt conçu comme cadeau de mariage.
Pour les crazys quilts, je n'ai jamais donné de patron de détail , juste le plan d'enemble, car pour moi l'esprit crazy d'origine, tient aussi à la forme irrégulière de morceaux à sauver et à ennoblir par la broderie dans leur forme pour en perdre le moins possible. Et trop tenir la main (ou le pied?) dans ces "pas à pas" c'est bloquer toute initiative personnelle.
Un peu plus tard la revue Broderie d'art s'est créée et j'ai été aussi du voyage !
Travail un peu différent, pas de schéma de montage, sauf en la partie couture, mais des photos décomposant chaque étape d'un point :
et évidemment l'explication de la répartition des points et des fils par zone ou détail. C'était très long pour les créations complexes. Il fallait donner pour chaque détail une photo vierge d'indications et la photo "fléchéé" plus la légende correspondante (trois documents donc pour un détail !) ,On imagine quand il y avait ue bonne vingtaine de photos (parfois plus) la maquettiste se chargeant de remodeler cela de manière plus esthétique.
Les modèles de broderie, eux , ont tous été créés -sauf un- selon un cahiér de charges , lequel indiquait souvent une technique , et un objet dans lequel la broderie devait s'inclure. la France a la passion de l'objet d'art décoratif , tandis que dans les revues du Royaume-Uni on voit beaucoup plus de broderies encadrées. il m'est arrivé de refuser de créer des maniques en broderie fine . Car si c'est pour servir vraiment de manique on n'use pas d' un ouvrage unique et fragile qui va être abîmé aux premières utlisations, et si c'est pour le décor fût-ce celui d'une cuisine autant alors encadrer l'objet et le protéger.
L'objet était imposé , la technique ou le style parfois (précieux, rustique ) mais j'étais libre du reste -ce qui est pour moi l'essentiel; J'ai usé parfois de dessins existant dans les vieilles planches d'ouvrages (toujours en le signalant) mais le travail de brodeuse était ma création : point couleurs, matières. (et ce n'est pas rien !) .
Coussin rustique, desin emprunté , mais choix personnel de tout le reste.
J'ai aussi usé de dessins personnels :
Ou de photographies personnelles ou données par ma famille :
Jardin à Madère sur une photo de Michèle Lefebvre
J'ai ainsi fait un cetain nombre de sacs et de coussins ,écharpes, châles, quelques tableaux aussi , des pochettes... En simplifiant ce qui relevait de la couture, je ne suis pas une bonne finisseuse d'objets complexes ! Cette expérience m'a appris à broder plus vite, à adapter mes points et leur régulaité à la visée de ce que je voulais obtenir. Quand les commandes arrivaient, j'acceptais ou je refusais, et je m'établissais un planning , il fallait tout envoyer à la date fixée (ah ! l'enfer des x fichiers à télécharger ) . la pensée me vient souvent que de tout ce que j'ai créé il ne restera pour un public large que ces créations dans quelques revues . Beaucoup vivant dans l'instant, trouvent que c'est vaniteux de vouloir une conservation des oeuvres textiles de la sorte, autre et digne du temps et de l'imagination qu'on y déploie .Mon avis est inverse . C'est un art aussi qui est à revaloriser, dans toutes ses facettes, pas juste celles qui ressemblent aux Beaux arts ou qui sont exercés par des plasticiennes. Pas que mes chers chiffons personnels . J'ai même rêvé d'une étude autour de tous ces créateurs et créatrices de l'ombre, d'abord anonymes, et aujourd'hui méconnus encore et ce n'est guère aisé justement . Si j'étais historienne de l'art, je crois que je me pencherais sur cet aspect-là .
Et puis un jour, on ne m'a plus passé de commandes et j'ai compris que mon "emploi" n'existait plus .J'ai constaté ultérieurement que la même pige (c'était prévu au contrat) était repassée dans d'autres numéros, voire des livres de "synthèse" sur un thème . C'est ainsi et c'était aussi bien !
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40 ans d'art textile : L'oeuvre cachée, la part de rêves.
- Par FISCHER JACQUELINE
- Le 16/06/2022
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Il y a quarante ans quand j'ai commencé mon premier patchwork-qui n'était pas un quilt - je n'avais pas idée de la place que cette activité prendrait dans ma vie. comme beaucoup je l'ai pratiquée tout au début, comme un simple loisir et avec un but utilitaire. J'espérais pouvoir adopter mon premier enfant (ce qui fut fait en 1983 ) et la rencontre avec le coussin et ce fameux : "je veux assembler des tissus" si impérieux laissaient pourtant présager que ce deviendrait pour moi, très vite,tout autre chose. Pas de l'occupe doigts donc , mais un appel impérieux vers une activité qui me semblait passionnante et apte à "dire" ce que j'avais à exprimer avec cela. Un medium, des couleurs des motifs , des formes. Il est à noter que ces premières couvertures faites sans aucun modèle étaient donc stricto sensu des créations . De l'art sans doute pas encore il est un début à tout. Et très vite, j'ai senti que ce n'était plus seulement faire de jolies couvertures dans mes moments de loisir, mais quelque chose d'aussi important pour moi que l'écriture. Et même pendant une période de multiples occupations et préoccupations professionnelles et familiales, cet art, où la géométrie m'a d'emblée attirée dès que j'en ai eu connaissance , me permettait de créer par fragments (ce que du reste j'ai toujours fait aussi pour mes récits longs . écrivant sur des post it les phrases, pensées, idées qui me venaient à l'esprit .)
Dans ma vie d'être humain, née de sexe féminin , je ne me suis pas une fois sentie inférieure au seul fait d'être une femme, Je me sens inférieure en compétence, parfois- souvent ! quand je le suis, dans un domaine précis, mais en tant que femme , jamais.Ni supérieure ni destinée à tel art plutôt que tel autre . J'entends par là que j'ai choisi librement , même si j'ai le sentiment d'avoir plutôt été choisie (je crois à la vocation, à l'appel vers une activité) . Les images numériques ou la poésie ne sont pas non plus des arts connotés "féminins". Je n'ai jamais considéré non plus que l'acte de création quand il est surtout exercé majoritairement dans un domaine par des femmes était , donc, inférieur de ce fait . . D'exercer un art classé d'office féminin mais où le moindre artiste homme est forcément distingué(et avec l'aval d'une majorité féminine!) , ne m'a pas dès l'abord préoccupée. Pour moi c'était un moyen d'expression personnelle qui m'appelait , et j'y entrevoyais d'infinies possibilités . Je n'ai donc pas eu envie d'en faire quelque chose où je devrais "faire comme les hommes" pour avoir l'illusion d'exercer un vrai art . Et comme je ne savais pas grand chose de la hierarchie entre les arts avec les Beaux-arts au sommet, je l'ai abordé , d'entrée ou presque comme si c'était un art classé Beaux-arts mais sans le faire ressembler à ce que pour moi, il n'est pas. et je n'ai pas eu conscience tout e suite du préjugé dont il était victime .
Je n'ai donc pas percu le patchwork comme une sorte de sous-genre dont le nom, qui plus est, fait toujours ricaner, L'exercer ainsi ne me serait même pas venu à l'idée j'étais déjà très attirée par l'abstraction en peinture (j'étais aussi bien avant ma découverte des quilts , fascinée par l'op art ) mais je sentais dans les abstractions géométriques du patchwork quelque chose de tout différent qui me convenait, qui correspondait à quelque chpse de fort en moi . L'amour des tissus , particulièrement des imprimés, créés par d'autres humains et leur mise en relation , donc. Je suis partie directement des tissus et de ce que j'apprenais d'un art en ce qu'il me semblait justement différent des autres. Si j'avais voulu peindre sur les étoffes, Je serais devenue peintre,, pas assembleuse d'étoffes. Mais des tissus découpés et rassemblés qui donc mettaient en oeuvre une composition des formes et des couleurs. comme la peinture ? Non pas tout à fait . L'art n'est pas le même du tout, du moins, comme j'aime à l'exercer.
Mes carnets de travail ne ressemblent pas donc à ce qu'on voit dans les livres sites et revues "branchées"de magnifiques carnets d'esquisses aquarellées qui débouchent sur des oeuvres txtiles . J'ai toujours souri devant les conseils de découper du papier ou partir d'une photo qui serait plus "artistique" que de partir des tissus. J'ai aussi dessiné mes plans de quilts à la main , mais j'ai dit combien l'usage et la maîtrise (pas si facile à acquérir) des logiciels de patchwork m'avait libérée Cf l'article composer ou dessiner .
On peut y ajouter les cahiers d'élaboration dits "de la femme aiguille" qui eux sont élaborés après coup, quand l'ouvrage est terminé Mais eux concernent l'oeuvre achevée pas cette oeuvre secrète., intérieure, sous jacente ou en cours..... d'inachèvement !
Je travaille sur énormément d'ouvrages à la fois et souvent le même ouvrage m'occupe un temps très long avec des reprises et des abandons lesquels peuvent durer des années. Et pour ne pas m'y perdre je tiens des sortes de journaux où je note aussi les idées qui me viennent des réflexions sur l'art textile , des démarches , des recensions de livres .... mes humeurs et mes états d'âme aussi mes espoirs et mes crises d'à quoibonite !
Au début des années 2000 , j'ai commencé ce que j'appelais des "carnets de rêves" :
Je décalquais et/Ou redessinais nombre de moifs, l'idée était de m'en servir pour refaire ensuite quelque chose de textile que ce soit une broderie ou un patchwork ou un mélange des deux . .Les calques numérotés et amovibles sont ainsi rangés après utilisation éventuelle ) .Certains ont servi aussi pour des séries d'images numériques.
J'ai développé ensuite ces inspirations dans plusieurs autres recueils tissus collés motifs retracés suggestion d'interprétation et je continue sur ces grands cahiers en papier kraft où j'ai collé des fragments d'étoffes et des suggestions -qui à présent sont moins pour moi que pour une éventuelle descendance" qui aimerait à en user après moi . Et si ce travail reste oublié et inconnu (probable que celui qui est achevé aussi !) il nourrit tout de même mon inspiration présente: ce que je nomme mes "envidées."
Lesquelles peuvent jaillir de tout autre chose et le plus souvent en revenant au fondamental numero 1 : l'envie de mettre ensemble tels tissus dans une surface .Les mêmes cahiers craft servent à réunir les dessins dcoupés ans les cahiers " journaux" où je les ai récemment regroupés , j'y adjoins ce que je retrouve ça et là sur des bouts de papier , et j'y griffonne parfois pour le plaisir des motifs trouvés un peu partout. mais la plupart sont des gribouillages personnels . Parfois un dessin émerge et aboutit à une création , la plupart n'ont pas été réalisés, mais j'ai besoin de ce vivier-là où parfois je me promène.
Cet attrait puissant pour tous les modes d'assemblages et aussi pour les motifs à la fois sur les étoffes mais aussi comme possibiltés d'interprétation en broderie, couplé à la recherche d'une variété toujours plus grande de textiles divers faisait que j'étais prise d'innombrables envies , et d'idées qui me traversaient . Influencées, certes aussi par la lecture des livres et les oeuvres des autres (j'ai aussi des carnets où je stocke des photos d'ouvrages qui m'ont attirée ), il ne s'agit pas là de les reproduire mais souvent tout cela s'infuse se mêle donne envie d'essayer ... Mon imagination se nourrit aussi de l'admiration que j'ai pour ce que créent d'autres artistes. et si j'emprunte quelque chose de particulier , je le signale. Mais je ne me sens pas tenue à signaler le moindre usage d'une forme simple ....
J'avais aussi cette particularité de mettre énormément de surfaces ou ouvrages en route , je devais (et dois encore davanatage aujourd'hui où le temps m'est furcément plus compté qu'à 32 ans) me freiner. J'ai bien essayé le système raisonnable qui consiste à ne mettre en route que deux ou trois ouvrages au plus, ou même un seul qu'on termine avant d'en entamer un autre. ça ne fonctionnait pas : j'étais à l'arrêt total.. Je mets douc en route à peu près tout ce qui me tente . Mais quand on est beaucoup tentée et rraversée de dix idées à la journée, ça finit par faire forcément un stock de "débuts" considérable. il fut un temps où j'en concevais comme un remords, une sorte de culpabilité (tout ça gâchait du tissu parfois de belles matières et ne servirait à rien, ni personne) . J'ai imaginé la série "les rogatons" et quelques livres comme "en vert et avec tout) pour tenter d'éponger le stock fou de sachets d'inachevés ou de restes de quilts finis (les blocs en surplus) .. périodiquement je retrie, parfois je défais, je note des suggestions de réutlisation , Il arrive aussi que j'en associe deux ou trois .. du patchwork d'ouvrages en quelque sorte. Composition en abyme.. Je me dis que somme toute ces inachèvements constituent une oeuvre parallèle certes plus encombrante que les carnets , mais qui sert de point de départ elle aussi à autre chose. Et ce qui ne sera pas utilisé de mon vivant, j'aimerais en faire don à quelque association qui saura en faire des objets à vendre. Pour l'heure ils dorment là en attente .J'en réveille un de temps à autre.
et que si tout ça fnit dans une déchetterie le monde n'en sera ni meilleur, ni pire même si cette pensée m serre forcément le coeur. . Chanceuse serai-je si un peu de ce qui est terminé échappe au retour aux chiffons . Reste la solution d'en faire des projets vagument "conceptuels" où j'expliquerai que l'inachevé c'est une manière innovante de finir ou autre subtilité de discours adéquate à justifier tout et n'importe quoi . La capacité ne m'en manque pas, la conviction, si . Si je m'y résous un jour ce sera par jeu, avec un brin de provocation et d'humour. Qui sait ?